L’origine de ces noms de quartiers à Conakry: Bambéto, Hamdallaye, Dar-Es-Salam et Bomboli

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Sékou Touré
Sékou Touré

Dans la capitale guinéenne, Conakry, il y a des quartiers principalement peuplés de peuls, considérés fiefs de l’opposition qui portent des noms de villages situés au Fouta-Djallon.

Tout est parti de la période de la dictature de Sékou Touré, lorsque sa démagogie et sa mauvaise gouvernance ont provoqué des dégâts dans le tissus social et la psychologie de la société guinéenne.

Mamadou Lamine Bah, grand reporter de l’hebdomadaire satyrique Le Lynx nous en donne une explication. Il nous explique aussi comment et pourquoi les jeunes de ces quartiers sont devenus l’arme que l’opposition agite à chaque contentieux avec le gouvernement.

Du 07 au 11 Juin 1965 s’est tenue à Nzérékoré la 3è Session du Conseil National de la Révolution. A cette occasion, une seule et tragique décision significative, l’institution des normes de production ciblant particulièrement les paysans et les éleveurs.

Ce qu’ils produisent, graines ou bétail, il faut qu’ils le vendent au prix fixé par la Révolution. . Conséquence : l’élevage et l’agriculture meurent.

Au Fouta, l’exode rural s’accélère. Des gens traditionnellement éleveurs se transforment en vendeurs. Ceux qui persistent dans l’élevage émigrent vers la Sierra Léone ou la Guinée-Bissau, pays également Peulh, en particulier, respectivement dans le Kabala et dans le Ngabou.

Ou encore en Guinée Maritime, dans Fria, Dubréka, Boffa, Boké, Forécariah ou dans les bas-fonds de Kindia. Ceux qui se transforment en vendeurs émigrent vers Conakry et la Sous-région. Ils vont encore plus loin en Angola, au Togo, en Belgique ( Rue de Brabant à Bruxelles), Etats-Unis d’Amérique…

Parmi ces émigrants figurent en bonne place les ressortissants de Pita. Sékou Touré qui, depuis 1949 n’a jamais raté l’occasion de casser du Fouta et du Peulh n’a pas raté l’occasion pour arroser les gens de Pita de féroces injures.

Et, il les a fait massacrer le long de la frontière sénégalaise de Koundara à Balaki, Mali avec des escadrons de la mort dirigés notamment par le sinistre Wara Liila dans les années 1970.

Parmi ces émigrants un fort contingent de ressortissants de Gongorè de Pita. Cette sous-préfecture est fortement peuplée avec une densité kilométrique de plus de 120 habitants au Km2 !( Selon le recensement de 1996) Elle est très pauvre avec ses sols caillouteux et très peu propices à la culture.

L’un des indicateurs de la forte émigration est un taux de féminité très élevé : sur cent habitants résidant dans Gongorè, il y a soixante-dix femmes ! Ils ont littéralement envahi Conakry, dans la Commune de Ratoma et plus modestement dans Matoto.

Ils y sont arrivés avec les noms de leurs villages d’origine : Bambéto, Hamdallaye, Dar-Es-Salam, des districts ou villages de Gongorè, Bomboli, un district de Bourouwal Tappè, Pita.

Arrive la démocratie pluraliste avec Conté dans les années 1990. UNR de Mamadou Banque Route, Sira de Novembre avec dans ses bras le PRP, PUP de Fory-Coco, PGP de Portos… A l’époque, le PUP était l’adversaire à abattre : FLUG, CODEM… Mr Thierno Ousmane était un mordu de l’UNR.

Mr Barry, Maire de Ratoma et lui-même chef du quartier de Kaporo Rails. Cette zone de Bambéto-Cosa était déjà un fief de l’Opposition d’alors. Il abritait entre autres le siège du RPG. Qui était aussi bien membre de la Codem que du Flug, un front qui unissait l’UNR, le PGP et le RPG.

C’est au cours de cette période que les Jeunes de Bambéto ont été « montés » principalement par l’UNR pour casser les pieds du PUP. Kaporo Rails a été l’une des réponses de Fory Coco contre cette opposition, fidèle à son maître Sékou Touré de criminaliser les opposants.

Aujourd’hui, roulant pour le Grimpeur, vous marchez sur les pas de Conté en criminalisant l’opposition et ses militants. L’axe Bambéto-Cosa, pour vous, c’est l’Axe du Mal. Etre opposant au Chef, au Landho, au Mansa, c’est mauvais. C’est contraire à la volonté de Dieu qui donne le Pouvoir.

Le Chef a toujours raison. Nous sommes tous ses sujets et lui devons une obéissance aveugle et servile. Ce discours est aux antipodes de la Démocratie. On ne peut pas vouloir de la Démocratie et détruire les contre-pouvoirs dont le principal, c’est l’Opposition. Le Pouvoir et l’Opposition, sont comme cul et chemise, INSEPARABLES.

Entre les Années 1990 et aujourd’hui, la situation des Jeunes de l’Axe a évolué. Ils sont devenus plus nombreux et, proportionnellement à la répression dont ils sont l’objet, eux et leurs parents, la seule que les gouvernants guinéens donnent face à la demande sociopolitique, les Jeunes se sont radicalisés.

Mais, qui sont ces jeunes ?

Ce sont les descendants des gens qui avaient fui la pauvreté. Ils sont originaires principalement de Pita, de Mamou et de Dalaba et plus globalement du Fouta. A Gnaari-Wada, on rencontre principalement des citoyens de Gongorè( Djellitorguel, Deben, Djindji, Madina Lèguè…) et des ressortissants de Maci, Palaga, Ndirè…

La zone c’est aussi des Soussous et des Malinkés. On y trouve également le siège du RPG. C’est une zone quasiment abandonnée en termes d’accès aux services sociaux de base. Peu ou pas d’écoles et de services de santé publics, pas d’emplois disponibles, pas de sécurité y compris foncière.

Pour survivre, ils ont le choix entre être vendeurs à la sauvette ou au Marché de Madina ou se débrouiller dans le secteur non formel : tailleurs, cordonniers, cireurs, chauffeurs, coiffeurs, taximen ou pilotes de taxi-moto, mécaniciens…

Pourtant, parmi eux beaucoup de diplômés, des ingénieurs, des économistes, des informaticiens, des médecins, des infirmiers… Sous l’actuel régime, du fait de leur origine ethnique et/ou de leur conviction politique, ils n’ont aucune chance de trouver le moindre boulot avec l’Etat.

                                                                                                                    

28 COMMENTAIRES

  1. Arreter de victimiser eternellement le peulh cette histoire bidon na autre sens qu’inciter les ignorants a durcir leur caractere dans l’obscurentisme pour pertidurer la division et l’incomprehension sociale en Guinee. Si tu es historien ecrit un livre avec une sincerete morale qui permet a nous jeunes de savoir qu’est ce que le peulh aussi a fait pas toujours ce qu’il a subit.

    • L’ambition de ce site est de faire connaitre la Vérité sur notre pays en partant de ce qui en ont été témoins ont écrit. Dans le cas de ce billet, il s’agit de Mamadou Lamine Bah, qui était journaliste à Horoya aux moments de la 3è Session du Conseil National de la Révolution qui s’est tenue à Nzérékoré en 1965. Et en tant que guinéen vivant dans le pays ou en exil, il n’a jamais perdu de vue l’évolution de notre pays.

    • au lieu de dire darêté dinsité lè peul prkoi ne pa dire a no dirigean darêté d persékité lè peul car ceci è une vérité ke u réconè o fon d ton cœur !

      • Le but de ce blog est de dénoncer les exécutions extra-judiciaires et autres formes de violence commises par l’état guinéen. Il refuse de se lancer dans une revendication à caractère ethnique.

        Pour moi, le peuple de Guinée est un et indivisible.

  2. Je trouve que ceci n’est autre qu’une opinion personnelle qui ne reflete pas exactement la realite et non constructif. Tous les peulhs ne sont pas ce qu’il decrit ici. Je suis revolte. Selment la face negative. Pourquoi? Nous sommea mieux que ce que tu dis ici.

    • Bah Mamadou Lamine, auteur de ce billet a personnellement vécu les évènements qu’il relate. Il était journaliste à Horoya. Si vous êtes en mesure de produire un article qui donne d’autres explications, ce blog n’aura aucun problème à le publier, s’i vous apportez des preuves de ce que vous soutenez.

      Merci M. Barry, pour votre intérêt pour ce blog.

  3. C’est honteux de la part de qu’un qui se dit intellectuel et qui cultive la haine entre les fils d’un même pays;si tu as servi aux nations unies c’est plus que rançon de la trahison qune quelconques compétence. T’AS DE MAUDITS SEKOU TOURE AVAIT RAISON CAR DES TRAÎTRES COMME TOI ÉTAIT PLUS BON À L’OMBRE DE BOIRE QUE DANS LA NATURE EN RÉPONDANT LA HAINE ETHNIQUE. SEKOU TOURE FUT UN BON GUINEEN

  4. Il ne suffit pas seulement de citer ce que les peulhs ont subit comme mal, il faut aussi leurs rappeler ce qu’ils ont fait comme mal pour subir toute cette injustice comme vous le dites sinon vous risquez de révolter les ignorants dans le vide. je crois bien qu’il sera meilleur d’être claire avec les jeunes car une chose reste claire tout les politiciens sont pareils donc même si ces in peulh qui viens au pouvoir actuellement il ne fera pas mieux que les autres donc soyons claire et unissons nous les jeunes laissons les politiciens avec leurs politique destructive. mercie!!!!!!!!!!!

    • Si vous suivez ce blog, vous aurez sans doute remarqué que parler d’ethnie ne fait pas partie de mon langage personnel. Pour moi la diversité culturelle, c’est du vécu. Ma famille d’origine s’est installée à Guékédou dans les années ’40. Et par des liens de mariage, parmi mes frères, cousins et neveux, vous trouvez toutes les ethnies. Mon arrière grand-père maternel était un sofa de Samori, qui s’est exilé au Fouta, après la bataille de Fougoumba, si mes souvenirs sont bons.

      A mon retour en Guinée, après la mort du tyran, je me suis fixé comme obligation de ne pas adhéré à un parti dont le leader était de la meme ethnie que moi. Et, actuellement les étudiants que je soutiens aux études sont loin d’être tous des peuls. Ce sont des jeunes que j’ai choisis sur la anse de leurs résultats universitaires, malgré leur manque de moyens. Je ne les connais même pas.

      Décomplexez-vous!

  5. je pense que si nous accordons de l’importance à ces blogs,je peux dire qu’un jour la jeunesse guineene sera debloquée.il sagit pas de prendre parti en lisant ces textes mais plutot à essayer de comprendre la vrai histoire de pays la Guinee car dans nos livres il n’y a que des histoires flous qu’on ne peut ni verifier ni demander des explications relatives auprès d’un sage.merci à mr Bah.

  6. Ridicule! Toute la Guinée a suffere cette période du temps de Sekou Touré. Autant les peulhs partaient à conakry ou au Sénégal autant les malinkés ont envahit la Forêt et la Côte d’ivoire. Il n y pas une seule famille en haute Guinée qui n’a pas plusieur ressortissants en Côte d’Ivoire et beaucoup ont changé de nom pour ne pas être reconnu la comme étrangers. Combien de konianke ont élu le Liberia comme patrie en ces moments? Give us a break! Nous avons tous suffere. Toute la Guinée.

    • Qui a soutenu le contraire? Au lieu de vous lancer dans la répétition de discours que vous avez déjà répétés autant de fois, lisez l’article que vous commentez. Ayant vécu, presque toujours à l’étranger, j’ai eu des amis parmi les guinéens provenant de toutes les régions et ethnies. Et la solidarité entre nous était totale.

      Ma réussite dans la vie est due en grande partie à cette solidarité qui nous a réunis.

  7. Vous êtes Guinéens , il est temps d’ enterrer la hache de guerre et éviter les discours politiques qui ne servent qu’ à attiser la violence en réveillant les vieux démons ! Il s’ est passé des choses abominables en Guinée et personne ne peut nier les purges perpétrées par le régime de Cheikhou Touré à l’ encontre du peuple guinéen et particulièrement peulh . Les intellectuels guinéens doivent se réconcilier et réconcilier ce peuple !

    • Cher ami Niane, pour commencer, à mon avis il n’y a aucune réconciliation nécessaire entre les différentes composantes du peuple guinéen. Il y a certes des tensions ethniques passagères qui sont créées de temps à autre par des politiciens en manque d’idées.

      Mais si vous prenez par exemple un avis de mariage, de naissance ou de décès, vous ne trouvez aucun dont les familles intéressées sont de la meme ethnie. Comme vous vous appelez Niane, vous savez sans doute que l’une des plus belles femmes guinéennes depuis toujours est de mère peule et de père malinké. Je veux parler de Katiuscia, une des premières mannequins africaines.

      C’est l’état qui doit se réconcilier avec ses citoyens.

      Mais si vous reconnaissez que le tyran Sékou Touré a commis des crimes contre le peuple guinéen, vous m’excuserez de ne pas comprendre que vous nous invitiez, nous fils de victimes, mais aussi militants des droits humains, à tout oublier au nom d’une réconciliation mal posée. Pensez-vous que nous pouvons nous y engager avec le meme état d’esprit que vous alors que l’état ne nous dit pas dans quelles fosses collectives gisent les corps de nos parents que tous nos biens volés par cet état prédateur ne nous ont pas été restitués?

  8. Chers frères BAH,
    C’est avec une attention soutenue que je viens de lire votre article;celui de la honte au regard des talents dont vous revendiqué.A chaque phase de l’évolution humaine,s’impose une révolution globale aussi bien intellectuelle,physique qu’ethnique.J’ose croire que le malheur de la communauté PEUHL,est moins AHMED SEKOU TOURE que des intellectuels peuhl à la petite tête et en panne d’idées sincères comme cette fratrie de BAH,venus je ne sais d’où.Chacune des composantes de notre pays a connu à des période donnée des jours sombres qu’elles sont su oubliées très vite.Il en est du l’extinction génocidaire des hordes de Peuhl contre les DJALONKES .Ces derniers ont été décimé jusqu’aux noms de familles.
    En 1985 les Malinkés connaissaient leurs jours sombres.Aujourd’hui ils l’ont oublié au nom de l’unité nationale et de la communauté de foi.
    Puisse le Seigneur épargné notre peuple de l’influence des intellectuels revanchard dont le seul rêve est de voir un Peuhl s’empare du pouvoir suprême pour une GUINÉE MONO ETHNIQUE.

    • J’ose croire que vous m’insulter par pur sanakouya!Je voudrais vous signaler, cependant, que lors de mon bref retour en Guinée, j’ai posé comme condition pour mon engagement dans les files d’un parti politique qu’il ne soit pas dirigé par un leader de la meme ethnie que moi.

      Je maintiens encore cette position, malgré les nombreuses insultes que me lancent des gens comme vous, qui n’ont pas tous connu la période noire que nous a imposée le tyran sanguinaire Sékou Touré.

  9. hey slt a tous coté amboche ou chomage je c’est quoi j’ai lus et jaimerai bien te signaler que ce n’est pas seulement les peuhl qui choment dans ce pays voila so renseigne toi tres bien et tu vera que ceux qui choment plus sont loin d’etre peuhl,taximetre ,vendeur,ou je c’est pas quoi evalue leur niveau d’études voir avant de lancer quoi ce soit comme accusation.thanks to all

    • M. Claver, qui a dit que c’était simplement les peuls qui chômaient en Guinée, pays qui se trouve avec une économie sinistrée? Ce site est pour tous les guinéens qui pensent que notre diversité est la plus grande richesse de notre pays.

      Si vous avez d’autres problèmes à débattre, vous vous etes trompé d’adresse.

  10. Bien faire et laisser braire. Les noms de ces quartiers sont tirés dans la culture arabes musulmane. Loin d’être ethnique je vais vous instruire de chercher davantage la vérité historique au lieu de vous cramponner mordicus sur vos haines sociales qui ne vous feront que maigrir.

    • Les noms de ces quartiers ne sont nullement de quelque ethnie que ce soit, c’est vrai. Mais, cela n’empêche qu’ils reflètent ceux de villages du Fouta-Djallon d’où est originaire le nombre le plus importants de leurs habitants.

      M. Maha Mady, détendez-vous et utilisez un langage moins agressifs.

  11. Bien dit mon frère
    Mr Abdoulaye je voulait juste savoir quelque chose Sur camp boiro est ce que ces les peul seulement qui on été assasine ou maltraite au camp boiro pourquoi vous ne parle jamais des Autre ethnie tel que le malingue noumoudja Keita kaba 44 fangama aliou cisse les Bangoura ousmane les beavogui je suis née en 1987 mes je me suis vraiment intéressé a ce qui ces Passer au camp boiro j’ai lit le livre de Mr portos camp boiro l’usine de La Mort mes qui est different de ce que vous dit Sur camarade hamed Sekou Touré rien n’ait claire pour moi chacun dit sa couleur mes sent preuve je veut vraiment que vous me guide merci pour la compreation

    • Mon fils, vous lisez un article qui ne parle que des noms de quartiers de Conakry pour me dire que je ne parle que des peuls. Je vous encourage à lire d’autres articles de mon blog, vous verrez que c’est une impression non justifiée car je me place au-dessus de cette vision ethnique de mon peuple.

      S’il y a eu une majorité de peuls au Camp Boiro, cela est du peut-être au fait que cette ethnie représente 40 pour cent de la population et elle est très entreprenante. Comme le régime dictatorial, à l’édification du quel des membres de toutes les ethnies ont participé, avant qu’elle les dévore, s’en prenait surtout aux intellectuels et à ceux qui avaient fait fortune, ces deux faits pourraient être la raison pour laquelle, les membres de cette ethnie ont été particulièrement ciblés.

      Dans la liste très partiel du Mémorial Camp Boiro http://www.campboiro.org/victimes/names-index.html, vous serez étonné de voir le nombre des membres des autres ethnies qui ont été victimes. Seulement pour les Keita il y a 23 victimes.

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