Ethiopie: Une loi retire aux journalistes le droit à la protection des sources

Selon une dépêche de rfi.fr, reprise par plusieurs médias dont guinee-plurielle.com, le gouvernement éthiopien vient de prendre des mesures qui rendent le métier de journaliste encore plus difficile à exercer dans un pays qui était déjà 140ème pays dans le classement mondial pour la liberté de la presse.

Voici la dépêche:

En Ethiopie, à l’approche des élections générales de mai 2010, l’espace public diminue comme une peau de chagrin. Le secrétaire d’Etat à la Communication, a annoncé ce samedi 7 février 2010 que la loi anti-terroriste votée par le Parlement éthiopien le 7 juillet 2009, retire dans certains cas aux journalistes le droit de protéger leurs sources.

Dans un communiqué diffusé par l’Agence éthiopienne d’information (Ena, officielle), Shimeles Kemal, le secrétaire d’Etat éthiopien à la Communication affirme que « selon la nouvelle loi, les journalistes doivent dévoiler leurs sources lorsqu’ils font des reportages sur le terrorisme ».

Le gouvernement reproche aux médias de ne pas tenir compte des victimes du terrorisme, en mettant en avant « la gravité et l’ampleur des désastres causés par le terrorisme ».

Problème de taille souligné par Human Rights Watch au moment du vote de la loi en juillet 2009, la définition du terrorisme en Ethiopie est pour le moins flou.
Le nouvel arsenal juridique contre le terrorisme autorise notamment des arrestations et des fouilles par les forces de sécurité sans le mandat d’un juge.

L’UDJ, l’Unité pour la démocratie et la justice, l’un des principaux partis d’opposition assure que la loi anti-terroriste vient de permettre de détenir pendant un mois l’un des ses candidats au sud du pays. Craignant également d’être accusés de terrorisme, plusieurs journalistes de l’hebdomadaire Addis Neger, proche de l’opposition, ont pris la fuite et le journal a cessé de paraître en novembre 2009.

Symptomatique du climat qui prévaut en Ethiopie, il y a un mois, un journaliste américain de l’agence Bloomberg a été détenu pendant trois jours, il était parti interroger les responsables d’un parti d’opposition au nord du pays.

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