Guinée: 'protocole d'accord' en vue sur le sort de Dadis Camara

L’AFP vient de lancer qui nous tient en haleine. Voici ce que je viens de lire sur la version en ligne du journal économique français LesEchos,fr:

Un « protocole d’accord sur le dossier guinéen », portant sur un maintien en exil ou un retour en Guinée du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, doit être signé à Ouagadougou vendredi à 16H00 (locales et GMT), a annoncé la présidence burkinabè.

« Une signature d’un protocole d’accord sur le dossier guinéen est prévue à 16H00 », a indiqué à l’AFP une source au service de presse de la présidence, sans donner d’autre précision sur la teneur de ce « protocole ». Le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré est médiateur dans la crise guinéenne.

« Les discussions se sont très bien passées. Nous nous acheminons vers de bons résultats. Il est prévu une rencontre à 16H00 pour signer un document sur le processus de sortie de crise en Guinée », a précisé à l’AFP une source proche de la médiation.

« Le document va préciser le rôle que chacun des acteurs va jouer. Tous sont d’accord pour travailler à une sortie de crise rapide », a-t-il assuré.

Selon deux sources proches de la junte, l’accord devrait confirmer la « poursuite de la convalescence » du capitaine Camara au Burkina.

L’annonce surprise d’un accord intervient après de difficiles tractations de haut niveau entamées mercredi soir à Ouagadougou sur le sort du capitaine Camara, une question capitale pour une sortie de crise de ce pays instable d’Afrique de l’Ouest.

Ce dernier est arrivé d’une manière inopinée mardi soir dans la capitale burkinabè, après plus d’un mois d’hospitalisation au Maroc à la suite d’une blessure par balle à la tête lors d’une tentative d’assassinat le 3 décembre par son aide de camp.

Reflétant la position de la communauté internationale, les Etats-Unis ont souhaité jeudi que le président Compaoré « persuade » le chef de la junte de ne pas retourner en Guinée.

« Nous voudrions que Blaise Compaoré garde Dadis, qu’il lui permette de poursuivre sa convalescence, parce que je pense qu’il n’est pas pleinement rétabli, et que (le dirigeant intérimaire) Sékouba Konaté ait la possibilité de rentrer en Guinée, et de poursuivre la transition avec les civils », a indiqué à l’AFP William Fitzgerald, responsable-adjoint des affaires africaines au sein de la diplomatie américaine.
© AFP/Archives – Seyllou
© AFP/Archives – Seyllou

Née du coup d’Etat du 23 décembre 2008, la crise dans ce pays, premier exportateur mondial de bauxite, s’était brutalement aggravée avec la répression sanglante d’une manifestation de l’opposition le 28 septembre dans un stade de Conakry ayant fait, selon l’ONU, plus de 150 morts.

Jeudi après-midi, les partisans du capitaine Camara ont fait monter la pression à Conakry en organisant un sit-in près de l’aéroport ayant réuni plusieurs centaines de personnes demandant son retour.

Dans la soirée, un « collectif » composé des membres de la junte et « des chefs d’Etat-major des armées » a ensuite « exigé le retour en Guinée du président de la République », le capitaine Camara, selon un communiqué lu à la télévision publique guinéenne.

Ce « collectif » a envoyé à Ouagadougou une délégation menée par le ministre-secrétaire permanent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD, junte) Moussa Kéita, proche du capitaine Camara.

La délégation, exclusivement composée de partisans d’un retour du chef de la junte, a rencontré jeudi soir le président intérimaire, soutenu par la communauté internationale, effrayée d’un retour au pays du capitaine Camara, mis en cause avec d’autres par l’ONU dans le massacre du 28 septembre.

Les échanges entre les deux parties ont été vifs. Les membres de la délégation ont « voulu coûte que coûte » ramener à Conakry le capitaine Camara, selon un témoin joint au téléphone par l’AFP.

« Puisqu’il en est ainsi, je vous offre ma démission et vous allez voir comment vous allez rentrer en Guinée », leur a répondu le général Sékouba Konaté, selon la même source s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

« La France, avec tous ses partenaires, Africains en particulier, ne ménagera aucun effort pour que la Guinée puisse mener à son terme et réussir la transition en cours », a déclaré lors d’un point de presse le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

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