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Politique

Pourquoi Google Translate sonne souvent faux en yorùbá, et dans bien d’autres langues

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Groupe d’utilisateurs de Wikimedia au Nigéria, octobre 2018 via Wikimedia Commons, sous licence CC.BY.2.0.

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndt]

L’anglais domine le discours en ligne en tant que langue de communication « universelle » depuis la création d’Internet. En février 2020, plus de la moitié des sites [fr] Web étaient en anglais, selon WebTech3.

Mais comme de plus en plus de personnes se connectent sur Internet et utilisent différentes langues, cela a déclenché une révolution numérique linguistique : un accès immédiat aux traductions en anglais de plusieurs langues en un seul clic.

De nombreuses entreprises technologiques ont récemment fait des efforts pour documenter des mots de langues autres que l’anglais sur Internet, ouvrant la voie à la numérisation de plusieurs langues. Google, Yoruba Names, Masakhane MT et ALC sont des exemples d’entreprises et de start-ups qui ont essayé d’associer la technologie avec l’usage de ces diverses langues.

Fin février 2020, Google a annoncé l’ajout de cinq nouvelles langues à ses services Google Translate, dont le kinyarwanda, l’ouïghur, le tatar, le turkmène et l’odia, après une période de latence de quatre ans, pendant laquelle aucune nouvelle langue n’a été ajoutée.

Un homme a l’air perplexe en lisant un texte en ligne. Photo par Oladimeji Ajegbile, open-source via Pexels.

Mais avez-vous déjà cliqué sur l’option de traduction et réalisé que la traduction anglaise était, au mieux, juste passable ? Et au pire, pas du tout exacte ? Twitter propose dans la mesure du possible une traduction en yorùbá depuis l’anglais grâce à Google Translate et en général, les résultats ne sont pas si mauvais. Certains mots sont sans doute traduits correctement.

En tout état de cause, ce travail de traduction en vue de l’accessibilité linguistique est semé d’embûches et sujet à controverses. Ces défis s’expliquent par le fait que les entreprises technologiques collectent généralement leurs données linguistiques pour la traduction en anglais à partir d’Internet. Ces données peuvent fonctionner pour certaines langues, mais sont difficiles à exploiter pour le yorùbá et l’ὶgbò par exemple (deux langues principales du Nigéria), en raison de l’accentuation tonale approximative ou inexacte.

Questionné sur les raisons pour lesquelles il a fallu quatre ans à Google pour ajouter cinq nouvelles langues, un porte-parole de l’entreprise a expliqué :

Google Translate learns from existing translations found on the web, and when languages don’t have an abundance of web content, it’s been difficult for our system to support them effectively. … However, due to recent advances in our machine learning technology, and active involvement from our Google Translate Community members, we’ve been able to add support for these languages.

Google Translate apprend à travers les traductions existantes trouvées sur le Web, et lorsque des langues n’avaient pas suffisamment de contenu en ligne, il a été difficile pour notre système de les prendre en charge efficacement… Cependant, en raison des progrès récents de notre technologie d’apprentissage automatique et de la participation active de nos membres de la communauté Google Translate, nous avons pu ajouter la prise en charge de ces langues.

De plus, la plupart des gens ne sont pas très au fait de l’orthographe dans ces langues. Par conséquent, les bonnes traductions ne sont pas prises en compte car ces erreurs fréquentes ne sont pas signalées comme inadéquates.

La plupart des traductions automatiques comportent des erreurs, en particulier sur les mots culturellement nuancés. Par exemple, les mots yorùbá ayaba et obabìnrin ont une signification située dans un contexte culturel. La plupart des machines traduisent les deux mots par « reine ». Cependant, d’un point de vue traditionnel et culturel, il est essentiel de noter que les significations de l’ayaba et de l’obabìnrin sont différentes : le premier signifie « épouse du roi » tandis que le second désigne la reine.

Malgré ces complications dans la traduction, la technologie a contribué à l’avancement des langues africaines dans les espaces numériques, stimulant la formation de nouveaux mots. Les langues africaines se sont développées avec l’afflux de nouveaux gadgets comme les smartphones et les tablettes, et de nouveaux mots ont été inventés pour nommer ces outils et concepts technologiques. Ce processus a ainsi élargi les domaines d’utilisation et la fonctionnalité de ces langues.

Avec l’émergence de nouvelles technologies, les vocabulaires de nombreuses langues africaines sont devenus plus sophistiqués. Par exemple, la langue yorùbá a désormais des mots tels que erọ amúlétutù (climatiseur), erọ ìbánisọ̀rọ̀ (téléphone) et erọ ìlọta (grinder). De même, la langue ὶgbò a des mots tels que ekwè nti (téléphone) et ugbọ̀ àlà (véhicule). Les utilisateurs de ces langues ont donné à ces objets des noms décrivant leur utilité [par exemple, amúlétutù signifie littéralement « machine qui rend la maison fraîche », et erọ ìbánisọ̀rọ̀ « machine pour parler à quelqu’un », ndt].

Dans les cours sur la radiodiffusion et la publicité en yorùbá, les étudiants apprennent que la plupart des gens appellent la télévision  erọ amóhùnmáwòrán [littéralement : machine qui transmet le son et l’image]. Ces créations de nouveaux mots soulèvent de nombreuses questions et opinions – certains étudiants affirment que, du fait de leurs fonctionnalités, les caméras vidéo et les enregistreurs peuvent également être désignés pas le terme erọ amóhùnmáwòrán.

Ces défis linguistiques dans l’espace technologique sont positifs pour les langues, en ce qu’ils stimulent la pensée critique pour le progrès linguistique et technologique.

En 2019, Google a ouvert son premier Google Artificial Intelligence (AI) (Centre de recherche en intelligence artificielle) à Accra, au Ghana, axé sur l’amélioration de « la capacité de Google Translate à capturer plus précisément les langues africaines », selon CNN. Le chercheur Moustapha Cisse, qui dirige le travail des centres Google AI en Afrique, estime qu’« un continent avec plus de 2 000 dialectes [sic] mérite de meilleurs services », comme l’a également rapporté CNN.

Mozilla et BMZ ont récemment annoncé leur coopération pour ouvrir la technologie vocale aux langues africaines. Avec de telles initiatives, il y a fort à espérer pour l’avenir des études en langues africaines.

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Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit par le nigérian Aremu Adeola linguiste, lexicographe et traducteur. Il a été publié en premier lieu sur le site de globalvoices. org.

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Droits de l'Homme

Gouvernance rwandaise pendant la pandémie : le temps de l’introspection

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Note de la rédaction : Cet article a été initialement publié par Louis Gitinwya sur le blog du Friedrich Ebert Stiftung (en anglais et en français). Une version légèrement modifiée est reproduite ici avec l’autorisation de l’auteur. 

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndt.]

Après la désignation par l’Organisation Mondiale de Santé (OMS) du coronavirus (SARS-CoV-2) en tant que pandémie mondiale, le Rwanda était le premier pays d’Afrique à entrer dans une phase de confinement. Le 23 mars, le gouvernement a ordonné un confinement strict, restreignant les voyages et fermant les universités afin de réduire la propagation du virus dans le pays. Depuis lors, il y a eu 7 970 cas confirmés de COVID-19, avec 74 décès et 6 289 cas de guérison au Rwanda, selon l’Université Johns Hopkins.

Le modèle de gouvernance du Rwanda est construit sur deux modèles concurrents : parallèlement à l’histoire de l’« enfant chéri de l’aide », le pays est généralement considéré comme un exemple réussi de développement en Afrique. C’est également un État autoritaire basé sur un pouvoir économique et politique étroitement centralisé au sein du parti au pouvoir, le FPR (Front patriotique rwandais), qui contrôle l’appareil de sécurité de l’État et possède les principales entreprises du pays. Ce modèle de gouvernance a fondé sa légitimité sur le progrès socio-économique rapide du pays.

Certains commentateurs politiques suggèrent à juste titre d’utiliser l’épidémie comme barème pour tester la nature et la qualité de nos institutions. Et le point de départ évident est d’examiner les forces et faiblesses de l’appareil d’État et la façon dont le pouvoir répond aux besoins du peuple.

Peu de temps après que le gouvernement ait annoncé un confinement à l’échelle nationale, les citoyens se sont tournés vers les médias sociaux, plus particulièrement vers les Rwandais sur Twitter (surnommés RWoT), exhortant le gouvernement à fournir des secours alimentaires d’urgence aux familles les plus vulnérables et à mettre en œuvre des mesures économiques palliatives dès que possible.

Cette subvention de 12 millions de dollars de l’ADEPR atteindra-t-elle les pauvres touchés par le #COVID19 ? Ou sera-t-elle spoliée aux villageois et aux chefs des communautés, comme ce fut le cas lors du dernier épisode en date dans presque tout le district de Gasabo  ? Que manque-t-il à ce programme ?

En outre, il est important de comprendre le contexte national où l’on ne voit pas souvent les Rwandais critiquer publiquement l’État ; en particulier sur les réseaux sociaux en raison de la réticence du régime à tolérer les critiques. Souvent, les gens ont peur d’exprimer leurs préoccupations à cause de la répression étatique et de l’utilisation de son pouvoir coercitif.

Certains citoyens sont allés loin en demandant plus de transparence sur la gestion du « Fonds Agaciro » (Agaciro, qui signifie « dignité » en kinyarwanda, est essentiellement un fonds fiduciaire national). Les Rwandais se demandent aussi pourquoi le gouvernement n’a pas encore décidé d’utiliser une partie de ses propres fonds pour atténuer les effets socio-économiques de cette crise plutôt que de demander à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international des plans de sauvetage et des prêts.

En raison du confinement de 6 semaines au #Rwanda à la suite de la pandémie de #Covid19, les approvisionnements alimentaires sont le besoin le plus urgent pour les pauvres et les nécessiteux. Solace Ministries essaie de soutenir ses bénéficiaires avec une aide alimentaire. Pour en savoir plus, accédez à https://t.co/BsoqoXcodp.

Les citoyens s’inspirent du monde extérieur pour savoir comment d’autres pays ont réagi aux effets économiques de cette crise. Par ailleurs, il est essentiel de comprendre le réveil soudain des citoyens, en particulier dans un contexte d’une nation où les opinions officielles du gouvernement dominent les médias nationaux, avec une liberté d’expression limitée couplée d’une société civile très affaiblie.

Quand bien même le produit national brut ait oscillé autour de 7% [fr] au cours de la dernière décennie, la majorité des Rwandais, pour la plupart jeunes et instruits, restent pauvres, sans emploi et en situation de précarité financière. En revanche, on observe une expression forte et croissante des frustrations des citoyens, en particulier dans les zones urbaines, envers le discours officiel sur le développement et le progrès socio-économique du pays.

Pendant ce temps, les États membres voisins de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) comme le Kenya ont déjà annoncé des plans de relance économique pour faire face à l’impact économique dévastateur de l’épidémie de coronavirus. L’Ouganda, également, a déjà demandé [pdf] un budget supplémentaire de 284 milliards de shillings ougandais (environ 75 millions USD) pour lutter contre l’épidémie de COVID-19 et ses effets. Pour sa part, le Rwanda a annoncé une stratégie globale d’atténuation économique pour aider les entreprises et le secteur privé à faire face aux effets économiques de cette crise, bien que les détails de ce plan ne soient pas encore rendus publics et que neuf mois plus tard, le secteur privé n’ait pas reçu un centime.

Plusieurs mois après la mise en œuvre de la décision de confinement, le gouvernement est resté muet sur la demande des citoyens en matière d’aide alimentaire ; en particulier sur les controverses qui ont émergé dans les médias locaux dénonçant le fait que les autorités ont accordé si peu ou pas de soutien aux familles vulnérables.

Fait intéressant, cette crise a mis en lumière les frictions politiques croissantes au sein du gouvernement, compte tenu des récents limogeages du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Patrick Nyamvumba, et du ministre d’État au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération est-africaine, l’ambassadeur Oliver Nduhungirehe. On peut donc affirmer que ces turbulences illustrent l’absence d’une stratégie claire du gouvernement pour faire face à cette crise. Officiellement, les deux ministres ont été limogés pour avoir menti au chef de l’État, pour négligence et pour avoir constamment agi en fonction de leurs opinions personnelles plutôt que de mettre en œuvre des politiques nationales dans le cadre de leurs rôles respectifs.

Aujourd’hui, il semble qu’à travers cette pandémie, le mythe d’un État organisé et efficace soit brisé.

Avec cette crise pandémique, des questions se posent sur la maturité et la légitimité de notre modèle de gouvernance. Un modèle autoritaire de développement est-il efficace ou non pour absorber les inégalités sociales et les conflits ? Malgré son hégémonie, le modèle politique actuel reste vulnérable.

À la lumière de la frustration croissante d’une population qui souffre déjà de difficultés diverses, notamment le chômage et la pauvreté, il est clair que la réticence du régime à tolérer la critique peut compromettre la longévité de son modèle.

Le plein potentiel perturbateur de la crise du coronavirus prendra des mois, voire des années, pour se révéler. En attendant, et si cela vous préoccupe, alors il pourrait être utile de réfléchir à la façon dont cette épidémie pourrait éventuellement changer notre société pour le mieux.

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Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit par Louis Gitinwya pour le blog du Friedrich Ebert Stiftung (en anglais et en français). Le réseau globalvoices.org l’a repris et publié le 31 décembre 2020

Louis Gitinwya est un avocat rwandais, membre du Media Defence East African Lawyers Network, une ONG basée au Royaume-Uni.

Il a été.

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Camp Boiro

Une exécution publique aura lieu ce matin à Boulbinet

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Source: Wikipedia

Revu et corrigé le 15 janvier 2021

Mahmoud Bah (né en 1940 à Labé) auteur du livre Construire la Guinée après Sékou Touré, d’où ce texte a été extrait, est un technicien dans l’industrie agro-alimentaire et enseignant. Après l’arrestation de son frère, Ibrahima Kaba Bah, lors d’une grève des enseignants en Guinée, Bah a cherché l’exil, d’abord à Dakar, puis en France. Mais fatigué de l’exil, à partir de Dakar il rejoint Conakry en 1979. Dès son arrivée il est arrêté et interné au camp de concentration Boiro. Malgré l’intervention en sa faveur de la Ligue française des Droits de l’Homme et d’Amnesty International ce n’est qu’à la mort du dictateur Sékou Touré et le coup d’état des  militaires qu’il sera libéré, le 3 avril 1984. Il rentre alors en France et reprend son enseignement au lycée jusqu’à sa retraite en 2005 .

Une dictature à visages multiples étouffe la concorde nationale qui a permis d’obtenir l’indépendance, confisque brutalement en quelques mois toutes les libertés fondamentales, enserre les populations dans un vaste réseau de polices occultes et parallèles, arrête, emprisonne et liquide des milliers de paysans, ouvriers, intellectuels et cadres. Finalement, ce régime qui se disait révolutionnaire se révèle particulièrement rétrograde et brise les ressorts de la vie économique et sociale d’un pays où les gens ne demandaient qu’à travailler et à vivre en paix.

Janvier 1959: Premières exécutions publiques

Le lycée de Donka s’est agrandi au fil des ans, occupant maintenant les deux tiers de la plaine de Donka. En ces premiers mois d’indépendance, le complexe scolaire groupe une vingtaine de bâtiments. Les élèves sont internes à 90%. Ils sont nourris, logés et habillés correctement. Quelque 2500 élèves suivent les cours du Lycée Technique, du Lycée classique et moderne ainsi que du Centre d’apprentissage.
Ce matin de janvier 1959, les élèves du Lycée prennent leur petit-déjeuner dans le grand réfectoire. Arrive un messager qui monte sur une chaise, au milieu de la salle, et demande le silence.
— Je vais vous lire un communiqué du Comité PDG de Donka, annonce-t-il.
Silence complet. Et l’homme poursuit:
— Une exécution publique aura lieu ce matin à Boulbinet. Des hommes indignes de la Nation se sont rendus coupables de vol après avoir été graciés en octobre dernier par le Président. Les élèves, comme tous les militants de notre Parti, doivent assister au châtiment suprême que le Parti infligera à tous les fauteurs de troubles.
L’homme s’en va et les élèves avalent dans un lourd silence la déclaration qu’ils viennent d’entendre.
Une heure après, trois cars s’arrêtent devant la salle de permanence du Lycée. Quelque cent cinquante élèves y prennent place, des élèves du second cycle.
A Boulbinet un des quartiers de la presqu’île de Tombo (Conakry), il y a foule: hommes et femmes de tous âges. Un condamné est attaché à un poteau. Ses yeux sont bandés. Il fait dos à la mer. J’apprendrai quelques minutes plus tard qu’il s’appelle Chérif Camara.
Un peloton d’exécution est là, l’arme au pied. Un homme s’avance, lit une sentence puis le Chef du peloton lance les ordres. Un bruit sec et la tête du condamné tombe sur son épaule. Le Chef du peloton s’avance à quelques pas du condamné, arme son pistolet et donne trois coups de grâce. Le sang coule à flots jusqu’à terre. Les soldats détachent le cadavre, le recouvrent d’un linge et le jettent dans un camion.
Le Chef de Peloton déclare:
— Mission accomplie.
On voit alors des jeunes et des vieux pleurer et perdre connaissance. C’est la première fois qu’ils subissent une telle scène. Un jeune homme crie:
— Pourquoi nous oblige-t-on à voir ça?
Pas de réponse. Chacun s’en va, hébété, abasourdi. On se disperse dans la tourmente.
Renseignements pris, le condamné avait volé des bananes en plein marché de Conakry alors qu’il venait d’être gracié. Deux autres exécutions pour les mêmes raisons ont eu lieu à Kindia (Samba Diallo fusillé) et à Friguiagbé

L’année 1959 démarre ainsi sous le signe du sang et de la liquidation physique. Pour ceux qui pensent que le décompte des morts s’est arrêté au lendemain du référendum, la désillusion est arrière. La peur revient par la volonté du Président.
Fidèle à ses méthodes d’action de masse, le PDG, devenu Parti Unique de la Guinée, implante partout des Comités de Quartier.
Partout on entend, on affiche un mot d’ordre: « Reconversion ». Tout est prétexte pour les agents du Parti, à parler de « reconversion », à accuser tel ou tel de ne pas être « reconverti ».
Cela signifie en fait que tout le monde, sans exception, doit intégrer le Parti et obéir aux ordres du Parti.

Dissolution du mouvement étudiant
Création de la Jeunesse du Parti

Dès février 1959, le Gouvernement annonce la tenue prochaine d’un important Congrès, le Congrès constitutif de la Jeunesse du Rassemblement Démocratique Africain (JRDA). Ce Congrès devra consacrer l’unification de toutes les Organisations de Jeunes existant dans le pays, quels que soient leurs buts et leurs activités.
Apprenant cela, les étudiants guinéens, organisés au sein de l’Union Générale des Elèves et Etudiants de Guinée (UGEEG), décident de tenir un Congrès pour définir leur place et leur rôle dans la JRDA naissante.
A la Délégation de l’UGEEG venue demander à Saïfoulaye Diallo, Secrétaire politique du PDG, l’autorisation de tenir un Congrès, Saïfoulaye répond:
— « Vous pouvez tenir votre Congrès entre ciel et terre si vous voulez, mais pas en Territoire guinéen »…
Il est donc clair que les étudiants n’ont plus droit à la parole, eux qui ont été, durant les années 40 et 50, les porte-drapeaux de l’éveil socioculturel et de la lutte anticoloniale en Guinée.
De ce point de vue, force est de constater que le régime colonial tolérait la liberté d’expression alors que le PDG l’interdit purement et simplement.
Le coup n’est pas moins dur que les exécutions de janvier. Adieu liberté d’association, de réunion, d’expression !

Le 26 mars 1959, avec tout le cérémonial que le Parti est capable de déployer, la JRDA est constituée. Désormais, il n’y a plus d’UGEEG, plus d’Association socioculturelle régionale ou nationale, plus de club sports-loisirs, mais des Comités JRDA partout, à l’instar des Comités du Parti et des Comités de Femmes.
Il est précisé aux étudiants guinéens à l’étranger (Europe, Afrique, Amérique, Asie) que toutes leurs activités doivent être supervisées par le Parti; qu’ils ne doivent pas, par exemple, se marier à l’extérieur sans le consentement du Parti, faire des déclarations ou des publications sans en référer au Parti…
Les étudiants, qui avaient une solide tradition de lutte pour les Droits et les Libertés de l’Homme, ne peuvent se résigner à un rôle de « béni-oui-oui ». Ils entendent participer pleinement à tout ce qui fait la vie du peuple guinéen.
C’est alors que commence une longue guerre entre le pouvoir et les étudiants.
L’intégration de la Jeunesse au sein du Parti ayant été consommée, l’imagination intarissable de Sékou Touré lance un autre mot d’ordre…

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Droits de l'Homme

Une nouvelle taxe sur les appareils mobiles menace l’inclusion numérique en République démocratique du Congo

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Photo de Pixabay.

En septembre 2020, le gouvernement congolais, par l’intermédiaire du ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, a annoncé la mise en place du Registre des Appareils Mobiles (RAM). 

Dans cette annonce, le ministre a exprimé sa grande confiance dans le fait que le registre serait un outil essentiel pour la protection des utilisateurs congolais d’appareils mobiles :

Nous sommes heureux de mettre en œuvre le RAM. Cette base de données nous permettra de limiter le marché des appareils mobiles contrefaits, de lutter contre le vol d’appareils mobiles et d’améliorer la qualité du réseau de téléphonie mobile en bloquant les appareils non conformes aux normes internationales.

Avec ce nouveau registre, tous les appareils mobiles sur le territoire congolais doivent payer une redevance mensuelle allant de l’équivalent de 0,17 USD pour les appareils 2G à plus de 1,17 USD pour les appareils 3G et 4G sur une période de six mois.

Selon le site datareportal [en] le nombre de connexions mobiles en République démocratique du Congo a augmenté de près d’un million entre 2019 et 2020. Les organisations de la société civile ont exprimé des craintes de voir cette tendance s’inverser en raison de la mise en place de cette nouvelle taxe sur les appareils mobiles.

«Ce décret vient ainsi ajouter une 6e taxe aux cinq autres dont bénéficie déjà l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo qu’elle prélève sur les opérateurs de son secteur», déclaré l’organisation à but non lucratif Rudi International dans un communiqué condamnant la RAM.

GSMA [en] une organisation internationale représentant les intérêts des entreprises de téléphonie mobile, avait proposé au gouvernement, par l’intermédiaire du ministre en charge des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, un système gratuit qui n’aurait eu aucun impact sur le coût d’utilisation d’un appareil mobile dans le pays.

GSMA a même présenté au gouvernement congolais des méthodes de financement alternatives basées sur les modèles adoptés dans d’autres pays sub-sahariens, qui utilisent une combinaison de réglementation et d’un cadre juridique pour empêcher la falsification et la vente d’appareils mobiles volés ou contrefaits.

Une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young dans le cadre d’une analyse des bénéfices potentiels d’une structure fiscale plus efficace pour le secteur de la téléphonie mobile en RDC, a conclu que la fiscalité était également un frein à l’inclusion numérique en République démocratique du Congo.

«Au lieu de faire des efforts pour renforcer le taux de pénétration de la téléphonie mobile dans le pays, cette taxe n’aura que l’effet inverse car les téléphones deviendront beaucoup plus chers sur le marché», a déclaré Rudi International dans son communiqué critiquant la taxe. Selon l’organisation à but non lucratif, la RAM devrait simplement être suspendue.

Le Collectif 24 a également déclaré qu’une taxe sur les appareils mobiles porterait un coup dur à la liberté d’expression et au droit d’accès à l’information :

La mise en place de cette nouvelle taxe, ne fera que réduire le nombre d’utilisateurs des télécommunications en RDC et contribuera à renforcer le fossé numérique. En effet, l’accès aux services des télécommunications deviendra de plus en plus cher pour le paisible citoyen déjà touché par la crise économique actuelle. La mise en place de ce service aura une incidence négative pour les opérateurs de la téléphonie mobile, car leur chiffre d’affaires connaîtra une baisse sensible avec la réduction du nombre des abonnés. Le secteur risquerait de subir une stagnation avec notamment la réduction des investissements. Ce qui ne manquera pas également de toucher négativement le PIB national.

Évoquant la violation du principe universel consacré à l’article 4 point 30 de la loi-cadre du 16 octobre 2002 [pdf] relative aux télécommunications en République démocratique du Congo, le député national Auguy Kalonji a approché le Premier ministre avec la requête que la taxe sur les appareils mobiles soit annulée :

L’esprit du principe du service universel oblige les pouvoirs publics à fournir à la population des services de communication électronique à un prix abordable, quelle que soit sa situation géographique sur le territoire national.
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Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit pour globalvoices.org par Providence Baraka informaticien travaillant sur les droits humains numériques et les questions liées à la gouvernance de l’Internet en RD Congo et au-delà du continent africain.
Le billet a été publié sur globalvoices.org le 2 janvier 2021

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Camp Boiro

Voici pourquoi Sékou Touré a tué le capitaine Lamine Kouyaté

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Corrigé le 8 janvier 2021

Le capitaine Lamine Kouyaté n’était pas un ange, loin de là, mais nous ne pouvons pas ne pas évoquer ici les raisons de son arrestation et de sa mise à mort par le tyran Sékou Touré. Je vous invite à lire ces pages douloureuses telles que vécues par cet autre rescapé le Lieutenant-colonel Camara Kaba 41, auteur du livre Dans la Guinée de Sékou Touré :  cela a bien eu lieu

Dans le groupe des assassinés du «complot peulh » il y avait deux officiers. Il s’agit de Kouyaté Lamine, avec lequel nous avons fait connaissance depuis Kankan et qui fut l’aide de camp de Sékou Touré , l’officier qui déposa une nuit l’adjudant Kassoum Traoré à Boiro. Le second, c’est le lieutenant Diallo Alassane du génie route de l’armée qui a fait ses études en Allemagne fédérale.

Le capitaine Kouyaté ne faisait pas partie, contrairement aux officiers arrêtés, de la liste établie par le commandant Mamady, et pour cause ! Il est le beau frère de Mamady. C’est Madame Andrée Touré, l’épouse de Sékou, qui perdit le capitaine Kouyaté Lamine. Ce dernier avant de mourir, a confié au mur de sa cellule ses ressentiments. Il s’en prenait à Moussa Diakité. Il a peut-être raison, mais il y a une vérité complémentaire, à savoir que Andrée Touré était amoureuse du beau et fort capitaine et jalouse de Mme Tolbert 37 qui trouvait également cet officier à son goût.

C’était à Monrovia, en 1975, lors de la fameuse réconciliation de Sékou avec Senghor et Houphouët. C’est là que Mme Tolbert remarqua l’athlétique aide de camp, immobile et vigilant sous la pluie.

— Votre aide de camp est formidable ! confia Madame Tolbert à Madame Sékou Touré . Vous en avez de la chance ! ajouta-t-elle.

— Oui, il est bien bâti ; répondit Andrée Touré en souriant d’un sourire contracté.

Après Monrovia, en 1976, Madame Tolbert fit un tour à Conakry et retrouva le beau capitaine au Palais. Maladroite, elle parla encore en bien de l’aide de camp de Sékou. Avant même que madame Tolbert ne quitte Conakry, Andrée Touré dit un jour à Sékou :

— Madame Tolbert est amoureuse de ton aide de camp.
En disant cela, elle avait la mine triste.
— N’est-ce pas ? questionna Sékou.
— Elle m’en a parlé à Monrovia et ici, le jour même de son arrivée.

Sékou Touré ricana. Kouyaté était perdu. Il n’est pas Peulh, mais il fit partie du « complot peulh ». Jai dit au début que je ne parlerai pas de la vie intime ni de Sékou ni de ses tortionnaires dans ce témoignage. Mais je ne suis pas le seul à savoir ce qu’il y a entre Mme Tolbert et Sékou Touré , comme d’ailleurs entre la plupart des belles femmes (épouses) de ses pairs africains et Sékou. Il faut reconnaître que peu de femmes résistent au charme de Sékou. Ce qu’il m’est impossible de savoir :

est-ce à cause d’Andrée Touré ou à cause de Mme Tolbert, ou alors à cause des deux que Sékou a tué le capitaine Lamine Kouyaté ?

Je certifie seulement que tous les aides de camp, à part le commandant Sidi Mohamed, ont été tués à cause d’Andrée Touré ; et l’un d’eux, le lieutenant Dia Gouréyssi, est mort de mort mystérieuse. On a parlé de jaunisse. C’est faux.

Le dernier officier mort dans l’affaire Telli, le lieutenant Diallo Alassane du génie-route, a été tué à cause d’Andrée Touré ; pourtant lui, n’a jamais été aide de camp. Voici ce qui s’est passé. Le ministre de l’Armée, Sagno Mamady effectua une mission au début de 1970, en Allemagne fédérale. Il y alla avec le lieutenant Diallo Alassane qui parlait couramment l’allemand. C’est en l’absence du ministre Sagno que je fus nommé attaché militaire. A son retour, il me trouva à son cabinet.

Le ministre Sagno et le lieutenant Alassane avaient trouvé Mme Andrée Touré en cure en Allemagne fédérale. Sékou était très bien informé. Il en voulut au jeune et beau officier qui accompagnait le ministre Sagno Mamady en Allemagne. Il crut fermement au début que c’était moi, l’attaché du ministre. Cette conviction de Sékou, en plus du fait que je figurais sur la liste des «douteux » dans l’Armée, me perdit ; sans compter d’autre part que je suis marié à une Peuhle. Quand Sékou et Siaka se rendirent compte, en 1972, que ce n’était pas moi qui avait accompagné Sagno Mamady mais bien le lieutenant Alassane, ils le portèrent sur la liste des gens du « complot » suivant, celui de 1976.

Avant qu’on ne mette Kouyaté Lamine en diète noire, Saran, — qui logeait dans le 2ème bâtiment aux portes de fer, bâtiment qui se trouve dans le même prolongement que celui qu’occupait le capitaine Kouyaté Lamine — aperçut un jour ce dernier au moment où on lui donnait son assiettée de riz.
— Dieu est vraiment grand, Kouyaté. Tu m’as rejointe ici. Tu aideras aussi la Révolution, mon frère.

Lire également: Camp Boiro: Tu enfanteras dans la douleur ou comment Saran confessa des crimes jamais commis

Le capitaine regarda tristement Saran qui se tenait les reins et qui riait. Elle n’oubliera jamais son vagin arraché par le capitaine Kouyaté, qu’elle voyait là, seul dans sa cellule, en tricot rouge aux manches brodées de blanc.

Saran ne se sentit plus vengée par le Bon Dieu quand on sortit en plein jour le corps recroquevillé du géant et beau capitaine Kouyaté après 14 jours de diète noire. Elle fut triste et pleura même.

Je vous ai parlé de la désintégration progressive des sentiments chez nous les détenus. La mort de nos camarades ne troublait guère plus, par exemple, nos jeux de damier ou de belote. A force de vivre dans nos cellules avec les cadavres, la mort ne nous disait plus rien.

— Enfin le cauchemar est fini pour eux ! ils sont au paradis pour l’éternité, disions-nous.

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Gouvernance

Peuls, Forestiers et minorités depuis toujours marginalisés dans l’armée guinéenne

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Pas de place pour les peuls, les forestiers et les minorités dans les hautes sphères de la hiérarchie. Source: journalguinee.com
Depuis son irruption sur la scène politique guinéenne, le Président Alpha Condé a utilisé la fibre ethnique pour conquérir le pouvoir. Mais c’est depuis la présidence de Sékou Touré et de Lansana Conté que les politiques ont usé de leur talent pour allumer et attiser les tensions ethniques en Guinée. Pour mieux mener à terme leur dessein ils ont marginalisé les Peuls, Forestiers et les minorités. 

Le regretté Mamadou Kaly Bah, disparu au début de novembre 2020 avait acquis une certaine notoriété au début des années ’90 par la pertinence de ses critiques et analyses de la perversion de la politique guinéenne, au point de recevoir des menaces.

Dans ce pamphlet intitulé Regard Rétrospectif sur l’Armée Guinéenne publié le 1er Novembre 1993, il analyse les pervers de l’armée guinéenne qui s’est soldée par l’exclusion des peuls, forestiers et autres minorités dans les postes de commandement sous les gouvernements de Sékou Touré et Lansana Conté.

Je n’ai pas les données actuelles, mais il est fort probable que la marginalisation  de ces composantes de la société guinéenne n’ait pas changé, tant Alpha Condé a utilisé l’ethnie comme moyen pour se maintenir au pouvoir, notamment sa réthorique anti-peule. 

L’occasion du 35ème Anniversaire de la création de notre Armée Nationale, me donne l’opportunité de jeter un regard rétrospectif sur elle.

L’Armée Guinéenne, on le sait, vit le jour le 1er Novembre 1958, soit un mois après notre accession à l’indépendance nationale dans l’euphorie à la suite de notre vote négatif au référendum gaulliste du 28 Septembre 1958.

Nos compatriotes qui servaient alors dans l’Armée coloniale la rallièrent spontanément et volontairement en masse en rejetant les promesses alléchantes de nos anciens maîtres. Et ceux d’entre eux qui se trouvaient en dehors de la Guinée eurent à subir brimades et humiliations pour leur décision de regagner leur patrie, la République de Guinée.

C’est dire qu’elle a démarré avec des hommes dévoués à leur patrie et fermement engagés à la défendre. Mais force est de constater aujourd’hui que cette Armée n’a retenu l’attention de nos Gouvernants que dans les périodes turbulentes – pour la répression.

Les dirigeants de notre Etat temporaire  – eh oui, je dirai Etat Temporaire car 35 ans après notre indépendance on n’a pas encore commencé à fixer l’Etat guinéen sur le sol guinéen par la réalisation des attributs et des symboles de l’Etat : Présidence de la République, Casernes, Commissariats de Police, Brigades de Gendarmerie, Palais de Justice, Centres pénitentiares, Blocs administratifs, etc. se sont peu soucié du devenir heureux de cette Armée. Nos dirigeants de 1958 à nos jours se sont montrés incapables de rénover les casernes que l’armée a héritées des colons à plus forte raison les étendres (même le Gouvernement militaire a été incapable de faire en dix ans).

Et pourtant nousdevons mettre tous les corps militaires et para-militaires en casernes. C’est le minimum que nous puissions faire si nous voulons d’une Armée efficace, dynamique et disciplinée.

Le népotisme, l’ethnocentrisme et le favoritisme et leur corollaire la délation, la suspicion et l’iniquité ont empêché notre Armée de connaître des jours heureux. On a ainsi perverti notre Armée initialement dévouée et engagée. Et on en a fait autre chose qu’une école et un haut lieu de patriotisme.

Pour illustrer mon assertion sur le népotisme et l’ethnocentrisme, je propose

  • un tableau sur le commandement de Monsieur Sékou Touré en Mars 1984 que j’ai tenté de reconstituer et
  • un autre tableau sur le commandement actuel de Mr. Lansana Conté.

Tableau sur le commandement de Monsieur Sékou Touré (Mars 1984)

  • Etat Major Général Inter-Armes
    Chef : Général Toya Condé
  • Etat Major Armée de Terre
    Chef : Général Soma
  • Adjoint : Colonel Lansana Conté
  • Zone militaire de Kindia
    Commandant : Capitaine Babacar N’Diaye
  • Zone militaire de Boké
    Commandant : Cdt. Finando Tiani
  • Zone militaire de Labé
    Commandant : Cdt. Lancei Camara
  • Zone militaire de Kankan
    Commandant : Cdt. Mory Traoré
  • Zone militaire de Faranah
    Commandant : Cdt. Noumoukè Keita
  • Zone militaire de N’Zerekore
    Commandant : Idrissa Condé
  • Bataillon du Quartier Général (Camp Almamy Samory Touré)
    Commandant : Capitaine Kerfalla Camara
  • Bataillon Spécial de Conakry (Camp Alfa Yaya Diallo)
    Commandant : Cdt. Sidiki Condé
  • Bataillon des Chars
    Commandant : Capitaine Baourou Condé
  • Bataillon des Troupes aéroportées (Parachutistes)
    Commandant : Capitaine Lanciné Fangama Kéita
  • Etat-Major de l’Armée de l’Air
    Chef : Cdt. Abdourahmane Kéita
  • Etat-Major de la Marine
    Chef : Capitaine Mohamed Lamine Sacko
  • Etat-Major de la Gendarmerie Nationale
    Chef : Cdt. Makan Camara
  • Etat-Major de la Milice Populaire
    Chef : Capitaine Mamadi Bayo

Dans ce tableau de Monsieur Sékou Touré, sur les 17 postes clefs, nous avons :

Ethnie
Officiers supérieurs
Malinké (ethnie du Président Touré)
13
Soussou
4
Peulh
0
Forestier
0
Minorités
0

 

Hierarchie superieure de l'armee sous Sekou Toure
Et voici le tableau de Monsieur Lansana Conté

  • Etat Major Général Inter-Armes
    Chef : Lieutenant-Colonel Sanoussi Condé
  • Adjoint : Lieutenant-Colonel Oumar Soumah
  • Etat Etat Major Armée de Terre
    Chef: Lieutenant-Colonel Kaba 43
  • Adjoint : Cdt. Naby Camara
  • 1ère Région militaire – Kindia
    Commandant : Cdt. Sinkoun Keita
  • Garnison de Boké
    Commandant : Cdt. Cissoko
  • 2ème Région militaire – Labé
    Commandant : Cdt. Souleymane Camara
  • 3ème Region militaire – Kankan
    Commandant : Cdt. Sény Bangoura
  • Garnison de Faranah
    Commandant : Commandant Momo Camara
  • 4ème Région militaire – N’Zérékoré
    Commandant : Cdt. Saliou Coumbassa
  • Bataillon du Quartier Général (Camp Almamy Samory Touré)
    Commandant : Cdt. Ibrahima Cissé
  • Bataillon Spécial de Conakry – Alfa Yaya Diallo
    Commandant : Cdt. Souaré
  • Garnison du Km 36
    Commandant : Capitaine Sama Panival Bangoura
  • Bataillon des Chars
    Commandant : Capitaine Aly Badara Soumah
  • Bataillon des Troupes aéroportées (Parachutistes)
    Commandant : Capitaine Kader Doumbouya
  • Armements et Munitions
    Chef : Capitaine Abdourahmane Kébé
  • Etat-Major de l’Armée de l’Air
    Chef : Cdt. Abdourahmane Kéita
  • Etat-Major de la Marine
    Chef : Lieutenant-Colonel Amara Bangoura
  • Région Opérationnelle du Nord
    Commandant : Cdt. Morlaye Camara
  • Région Opérationnelle du Sud
    Commandant : Cdt. Fodé Moussa Camara
  • Etat-Major de la Gendarmerie Nationale
    Chef : Cdt. Mamadouba Bangoura
  • Adjoint : Capitaine Abdourahmane Kaba
  • Commandant du 1er Bureau : Capitaine Sampil
  • Commandant du 2ème Bureau : Capitaine Amy Fodé
  • Commandant du 3ème Bureau : Capitaine Somparé
  • Officier Section Judiciaire : Capitaine Sankon

Et dans ce tableau de Monsieur Lansana Conté sur les 29 postes-clés nous avons :

Ethnie
Officiers supérieurs
Soussou (ethnie du Président Conté) 20
Malinke 8
Peulh 1
Forestier 0
Minorités 0

 

Hierarchie superieure de l'armee sous Lansana Conte
Tout un chacun peut se faire une idée sur les mobiles et les arrières-pensées qui motivent les auteurs de ces aberrations. Mais force est de constater que dans les deux cas on a ignoré le Peulh, le Forestier et les minorités.

Alors a-t-on peur d’eux ? Ou bien ne les aime-t-on pas ? Ou encore ne sont-ils pas dignes de confiance ? Et pourtant la Guinée étant au pluriel, il faut absolument faire confiance à tous les Guinéens de toutes les ethnies sinon nous allons sûrement casser la Guinée un jour et tout le monde en pâtirait.

Alors je demande solennellement à tous les Chefs et Commandants actuels des Armées de se remettre en cause et démissionner afin de permettre à Mr. Lansana Conté de répartir les postes de commandement proportionnellement entre toutes les ethnies guinéennes. Moi je conteste à Mr Lansana Conté le droit de nommer uniquement les siens – s’il ne me fait pas confiance moi non plus je ne lui ferai pas confiance car son principe sacro-saint selon lequel «ton parent peut te tromper mais il ne te trahira jamais » est aussi vrai pour moi. Et je suis bien averti par l’assassinat de feu Mamadou Alpha Diallo, cuisinier à Sogetrag, à Matam le 28 Septembre 1993 à 10h 30 par ce militaire qui a haineusement crié en tirant sur lui à bout portant :

N’gbe fe muna carte fema Fule naara.
« Je me moque du problème de carte car c’est un Peulh. »

Et ce n’est pas non plus la vaine tentative de l’avocat du diable Mr. Mohamed Sampil, Directeur adjoint de Sogetrag, de faire dire au témoin oculaire, Abdoul Kabirou Diallo, conducteur à Sogetrag, que Mamadou Alpha Diallo a été victime d’une balle perdue ou les menaces proférées contre lui à la suite de son refus de cacher la vérité comme on le voulait, qui me feront démordre. Je suis aussi averti par la descente du « vaillant et valeureux chef guerrier » Sama Panival Bangoura à Simbaya, le 29 Septembre 1993, à la tête d’une compagnie de Bérets Rouges assoiffés de sang. Laquelle compagnie sema la terreur dans le quartier et se distingua horriblement en assassinant gratuitement et lâchement des gamins

  • Ibrahima Diallo, 14 ans
  • Abdourahmane Diallo, 13 ans

dont le seul crime était d’appartenir à une autre ethnie qu’eux.

L’Armée et les forces de sécurité doivent être au service de la Nation et non à la dévotion d’un individu ou d’une ethnie. C’est pourquoi nous ne devons plus et ne pouvons plus accepter, admettre ou tolérer que leurs chefs soient de la même ethnie.

Il faut aussi renvoyer toutes les recrues de cette année afin de mettre définitivement fin à la tentative de soussouiser l’Armée Guinéenne. Nos forces armées doivent fidèlement refléter la physionomie de la Guinée tout entière : ce qui nous éviterait les malheurs du Togo ou du Burundi.

Et pourquoi les commandos que les Marines américains sont entrain de former à Labé dans les anciens locaux de l’ex-4ème Compagnie des Paras sont à 80% Soussous ?

Pourquoi encore certains militaires n’ont eu aucun avancement alors que les favoris sont avancés de 4 à 5 fois depuis 1984 ?

Les camarades de classe de Harouna Conté, jeune frère de Monsieur Lansana Conté, – classe 1970 – se demandent et moi avec eux comment et pourquoi ce sieur qui ne sait ni lire ni écrire est aujourd’hui Sous-Lieutenant alors que eux ils sont sergents ou sergents-chef et eux ils savent lire, compter et écrire ?

Il y a aussi lieu de se demander pourquoi Nestor Bangoura, frère de Mme Henriette Conté, qui s’est rendu coupable de vol de plus de 400,000 000 de FG à Kindia a été promu Sous-lieutenant et affecté à Monrovia (Ecomog) dans les mêmes fonctions de Trésorier au lieu d’aller en prison ?

Notre Armée est assurément malade de ses chefs mais j’espère qu’elle se portera mieux après le changement que Mr. Lansana Conté est obligé de faire. Chacun se sentira mieux car seront du passé les anomalies par exemple de la Marine que son Chef, le Lt. Col. Amara Bangoura a transformée en une entreprise soussou à sa dévotion :

  1. Chef d’Etat-Major : Lt-Col. Amara Bangoura
  2. Adjoint : Cdt. Morlaye Camara
  3. Commandant ROM Nord : Cdt. Fode Boubacar Camara
  4. Commandant ROM Sud : Cdt. Fode O. Moussa Camara
  5. Administration : Cdt. Kanfory Sylla
  6. Commandant Dock Flottant : Cdt. Aboubacar Diarra

Cette entreprise soussou, disé-je, est au seul service de son Président-Directeur général, le Lt.-Col. Amara Bangoura, et ses sources sont :

  1. Les recettes du transport effectué par les chalans
  2. Les recettes du Dock Flottant (en devises)
  3. Les saisies en mer
  4. Le trafic de carburant et lubrifiants

Ou encore, le cas de l’aviation militaire où le Lt. Colonel Raymond Bangoura, le Chef d’Etat-major, est personnellement et directement impliqué dans le trafic de kérosène.

Armée Guinéenne, il est regrettable de constater que tous les véhicules en situation irrégulière du point de vue immatriculation ou taxes uniques appartiennent à des hommes en tenu. Quel dommage, il est souhaitable que les auteurs de ces pratiques anormales fassent amende honorable afin de préserver le prestige et la réputation de l’Armée.

Officiers, sous-officiers et hommes de troupes de l’Armée Guinéenne, pour l’amour de la patrie, refusez d’être les bourreaux de vos concitoyens. Votre noble mission est de défendre la Guinée et tous les citoyens guinéens et leurs biens. Vous ne devez en aucun cas verser le sang de vos concitoyens.

Armée Guinéenne, la traversée du désert a été jusqu’à maintenant rude et longue, mais un jour que je souhaite être très prochain elle finira. Et tu auras tes casernes, ton équipement et même ton Centre hospitalier entre autres, ta patrie te le doit, elle te le donnera. Les injustices et les iniquités disparaîtront définitivement de la réalité de l’Armée, qui deviendra le creuset de l’unité nationale.

Armée Guinéenne, Bon Anniversaire.
Vive la Guinée – Vive la République.

Conakry, le 1er Novembre 1993

Mamadou Kaly Bah

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Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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