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Sans justice, pas de développement. Crédit photo Human Right Watch
Sans justice, pas de développement. Crédit photo Human Right Watch

La Guinée, un pays en lambeaux

Depuis toujours les élites politiques guinéennes se sont fait le devoir de détruire notre pays. Par leurs discours, leurs actes. En violation flagrante de notre Constitution, de nos lois. Présidents de la République (PRG), ministres, députés, activistes politiques. Tout le monde y va de son tribalisme, de son régionalisme, de son quant à soi. Injures  et violence verbales à caractère ethnique, enfermements injustifiés, brutalités haineuses, investissements publics discriminatoires, recrutements dans la Fonction Publique privilégiant l’ethnie du Président… Sur fond de Corruption généralisée. Le Président, pour l’être à vie transforme les Militaires et les forces de sécurité (FDS) en milices ethnico politiques dont la vocation est de tuer les adversaires politiques sous prétexte de maintien de l’ordre. Ou en multipliant les Camps Boiro et en tuant la Justice. Tous les PRG sont tombés dans ce topo, de Sékou Touré à Alpha Condé.

Dans tous les Etats qui se construisent la détribalisation des citoyens est un préalable que poursuit l’Education Civique. « Je suis Guinéen avant d’être de telle ou telle ethnie, de telle ou telle Région ».  Une éducation omniprésente dans les programmes de tous les cursus scolaires, de la Maternelle au Supérieur. Et dans l’éducation non formelle.

Les séminaires ne suffisent pas pour ça. On ne nait pas citoyen ; on le devient. En se faisant former sur les Lois et les Institutions Nationales. Tout comme on ne peut naitre Médecin, Infirmier, Comptable, Informaticien…on l’apprend. C’est dans le cadre de cette éducation civique qu’on forme au civisme fiscal. On ne peut pas construire un pays, une économie en ne comptant que sur l’épargne des autres, des Blancs.

Sous Conté, les USA ont appuyé l’émergence du Guinéen détribalisé, avec le Projet « Faisons Ensemble ». L’Etat ne s’est pas approprié l’idée en intégrant l’éducation civique dans l’enseignement formel. Le résultat est là.

Toute l’équipe gouvernementale présente à Tanènè est coupable. Pire que la culpabilité, il y a une réelle complicité avec  Sekhouna Soumah.  Aucune réaction condamnant ces propos si destructeurs de l’unité nationale… Ce silence signifie qu’ils sont d’accord avec lui. Surtout qu’ils sont tous fils de ce terroir.

Le plus coupable c’est incontestablement le PM. Dans son Gouvernement il y a un Ministère de l’Unité Nationale de  la Citoyenneté. De fait, il lui fait la guerre.

Sans oublier les multiples violations des Lois du Pays dont la principale, la Loi Fondamentale qui doit être son livre de chevet.

Devant les stupidités de Soumah, le silence le plus assourdissant a été celui du Ministère de l’Unité Nationale et de la Citoyenneté. Ce silence n’est pas justifiable, même au nom de la solidarité gouvernementale. La raison d’être de ce Ministère est menacée par les propos mortels du Kountigui. Sa réaction était espérée, attendue.

Il faut se rappeler qu’à côté de ce PM qui cherche à détruire la Guinée, il y avait le Médiateur National. Un personnage sorti des obscurités du 3 Avril 1984. Il fait partie des Putschistes qui, avec courage avaient attendu la mort de Sékou pour se taper un coup d’Etat. Ce n’est pas un Démocrate.  C’est l’un des pires ennemis de l’unité nationale.

Toujours à ses côtés, Mme Makalé Camara, Ministre des Affaires Etrangères et des Guinéens de l’Extérieur. Ex Ministre de l’Agriculture et des Eaux et Forêts de Fory Coco, faisant preuve d’un tribalisme très primitif, elle fait partie de ceux qui ont détruit l’environnement végétal guinéen.

Autre silence, celui de la Justice. Ne peut-elle pas s’autosaisir devant pareille forfaiture ?

Et que dire des Partis Politiques, Mouvance comme Opposition ? Même silence criminel. Si la Guinée éclate ou entre en guerre civile, ils n’ont plus de raison d’être. Leurs leaders de nationalités multiples vont traverser les Océans avec leurs familles en laissant les Guinéens s’entretuer. Comme le font actuellement les Sud Soudanais, les Centrafricains, Sélékas et anti Balakas et autres Maliens.

Quant à la Société Civile, nous nous sommes adressé à certains de ses segments. « Nous allons faire une Déclaration », nous a-t-on  annoncé.

Avec des dirigeants sourds, muets et aveugles…

Rendons grâce aux médias et autres réseaux sociaux qui sont, avec les Ressortissants de la Basse Côte, les seuls à avoir réagi avec promptitude.

La Guinée fait partie des Etats fragiles c’est-à-dire qui sont incapables de fonctionner et d’offrir le moindre service à ses citoyens. Les institutions étatiques à tous les niveaux ne fonctionnent plus. Faute de ressources, humaines, matérielles, financières et organisationnelles. Chaque agent public fait comme le mouton du dicton, « il bouffe là où il est attaché ».

Une corruption alimentée par les incapacités et l’impunité d’une Justice à qui l’Etat fait la guerre depuis toujours.

Les replis identitaires encouragés par les gouvernants guinéens sont très faciles à déclencher et à aggraver.  A nos quatre Régions Naturelles correspondent, grosso modo, quatre Régions Culturelles. Notre pays est en Afrique Zone CEDEAO, celui qui a le plus faible niveau d’investissements publics. Les rares investissements en infrastructures sont discriminatoires.  Vu cette gouvernance tribale et régionaliste, la plupart des Régions ont des raisons de protester, de se replier sur elles-mêmes. Les déclarations de Soumah de Tanènè protégé par le PM et ses complices du Gouvernement  peuvent déclencher des mouvements irrédentistes un peu partout en Guinée.

Elles doivent être sanctionnées en portant plainte simultanément chez le Procureur de la République, auprès du Ministre de la Justice et auprès du Tribunal de la CEDEAO.

Par Bah Mamadou Lamine, Grand reporter de l’hebdomadaire Le Lynx                                                                                                           

À propos konakryexpress

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie. Elle est vieille de bientôt 4 ans, mais entretemps il n'y a pas eu beaucoup de changement: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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