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Gouvernance

L'origine de ces noms de quartiers à Conakry: Bambéto, Hamdallaye, Dar-Es-Salam et Bomboli

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Dans la capitale guinéenne, Conakry, il y a des quartiers principalement peuplés de peuls, considérés fiefs de l’opposition qui portent des noms de villages situés au Fouta-Djallon.

Tout est parti de la période de la dictature de Sékou Touré, lorsque sa démagogie et sa mauvaise gouvernance ont provoqué des dégâts dans le tissus social et la psychologie de la société guinéenne.

Mamadou Lamine Bah, grand reporter de l’hebdomadaire satyrique Le Lynx nous en donne une explication. Il nous explique aussi comment et pourquoi les jeunes de ces quartiers sont devenus l’arme que l’opposition agite à chaque contentieux avec le gouvernement.

Du 07 au 11 Juin 1965 s’est tenue à Nzérékoré la 3è Session du Conseil National de la Révolution. A cette occasion, une seule et tragique décision significative, l’institution des normes de production ciblant particulièrement les paysans et les éleveurs.

Ce qu’ils produisent, graines ou bétail, il faut qu’ils le vendent au prix fixé par la Révolution. . Conséquence : l’élevage et l’agriculture meurent.

Au Fouta, l’exode rural s’accélère. Des gens traditionnellement éleveurs se transforment en vendeurs. Ceux qui persistent dans l’élevage émigrent vers la Sierra Léone ou la Guinée-Bissau, pays également Peulh, en particulier, respectivement dans le Kabala et dans le Ngabou.

Ou encore en Guinée Maritime, dans Fria, Dubréka, Boffa, Boké, Forécariah ou dans les bas-fonds de Kindia. Ceux qui se transforment en vendeurs émigrent vers Conakry et la Sous-région. Ils vont encore plus loin en Angola, au Togo, en Belgique ( Rue de Brabant à Bruxelles), Etats-Unis d’Amérique…

Parmi ces émigrants figurent en bonne place les ressortissants de Pita. Sékou Touré qui, depuis 1949 n’a jamais raté l’occasion de casser du Fouta et du Peulh n’a pas raté l’occasion pour arroser les gens de Pita de féroces injures.

Et, il les a fait massacrer le long de la frontière sénégalaise de Koundara à Balaki, Mali avec des escadrons de la mort dirigés notamment par le sinistre Wara Liila dans les années 1970.

Parmi ces émigrants un fort contingent de ressortissants de Gongorè de Pita. Cette sous-préfecture est fortement peuplée avec une densité kilométrique de plus de 120 habitants au Km2 !( Selon le recensement de 1996) Elle est très pauvre avec ses sols caillouteux et très peu propices à la culture.

L’un des indicateurs de la forte émigration est un taux de féminité très élevé : sur cent habitants résidant dans Gongorè, il y a soixante-dix femmes ! Ils ont littéralement envahi Conakry, dans la Commune de Ratoma et plus modestement dans Matoto.

Ils y sont arrivés avec les noms de leurs villages d’origine : Bambéto, Hamdallaye, Dar-Es-Salam, des districts ou villages de Gongorè, Bomboli, un district de Bourouwal Tappè, Pita.

Arrive la démocratie pluraliste avec Conté dans les années 1990. UNR de Mamadou Banque Route, Sira de Novembre avec dans ses bras le PRP, PUP de Fory-Coco, PGP de Portos… A l’époque, le PUP était l’adversaire à abattre : FLUG, CODEM… Mr Thierno Ousmane était un mordu de l’UNR.

Mr Barry, Maire de Ratoma et lui-même chef du quartier de Kaporo Rails. Cette zone de Bambéto-Cosa était déjà un fief de l’Opposition d’alors. Il abritait entre autres le siège du RPG. Qui était aussi bien membre de la Codem que du Flug, un front qui unissait l’UNR, le PGP et le RPG.

C’est au cours de cette période que les Jeunes de Bambéto ont été « montés » principalement par l’UNR pour casser les pieds du PUP. Kaporo Rails a été l’une des réponses de Fory Coco contre cette opposition, fidèle à son maître Sékou Touré de criminaliser les opposants.

Aujourd’hui, roulant pour le Grimpeur, vous marchez sur les pas de Conté en criminalisant l’opposition et ses militants. L’axe Bambéto-Cosa, pour vous, c’est l’Axe du Mal. Etre opposant au Chef, au Landho, au Mansa, c’est mauvais. C’est contraire à la volonté de Dieu qui donne le Pouvoir.

Le Chef a toujours raison. Nous sommes tous ses sujets et lui devons une obéissance aveugle et servile. Ce discours est aux antipodes de la Démocratie. On ne peut pas vouloir de la Démocratie et détruire les contre-pouvoirs dont le principal, c’est l’Opposition. Le Pouvoir et l’Opposition, sont comme cul et chemise, INSEPARABLES.

Entre les Années 1990 et aujourd’hui, la situation des Jeunes de l’Axe a évolué. Ils sont devenus plus nombreux et, proportionnellement à la répression dont ils sont l’objet, eux et leurs parents, la seule que les gouvernants guinéens donnent face à la demande sociopolitique, les Jeunes se sont radicalisés.

Mais, qui sont ces jeunes ?

Ce sont les descendants des gens qui avaient fui la pauvreté. Ils sont originaires principalement de Pita, de Mamou et de Dalaba et plus globalement du Fouta. A Gnaari-Wada, on rencontre principalement des citoyens de Gongorè( Djellitorguel, Deben, Djindji, Madina Lèguè…) et des ressortissants de Maci, Palaga, Ndirè…

La zone c’est aussi des Soussous et des Malinkés. On y trouve également le siège du RPG. C’est une zone quasiment abandonnée en termes d’accès aux services sociaux de base. Peu ou pas d’écoles et de services de santé publics, pas d’emplois disponibles, pas de sécurité y compris foncière.

Pour survivre, ils ont le choix entre être vendeurs à la sauvette ou au Marché de Madina ou se débrouiller dans le secteur non formel : tailleurs, cordonniers, cireurs, chauffeurs, coiffeurs, taximen ou pilotes de taxi-moto, mécaniciens…

Pourtant, parmi eux beaucoup de diplômés, des ingénieurs, des économistes, des informaticiens, des médecins, des infirmiers… Sous l’actuel régime, du fait de leur origine ethnique et/ou de leur conviction politique, ils n’ont aucune chance de trouver le moindre boulot avec l’Etat.

                                                                                                                    

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

30 Comments

30 Comments

  1. Guinee24news

    13 septembre 2015 at 12 h 25 min

    Plus qu’une opinion politique mais une belle leçon d’histoire de notre pays. merci au doyen Abdoulaye pour cet article. reste plus qu’à liker et à partager =D

  2. barry

    13 septembre 2015 at 12 h 48 min

    This is one of the correct story of all times concerning the people around the said zone..thank you for such a story

  3. Koulibaly

    13 septembre 2015 at 22 h 54 min

    Arreter de victimiser eternellement le peulh cette histoire bidon na autre sens qu’inciter les ignorants a durcir leur caractere dans l’obscurentisme pour pertidurer la division et l’incomprehension sociale en Guinee. Si tu es historien ecrit un livre avec une sincerete morale qui permet a nous jeunes de savoir qu’est ce que le peulh aussi a fait pas toujours ce qu’il a subit.

    • Abdoulaye

      14 septembre 2015 at 8 h 30 min

      L’ambition de ce site est de faire connaitre la Vérité sur notre pays en partant de ce qui en ont été témoins ont écrit. Dans le cas de ce billet, il s’agit de Mamadou Lamine Bah, qui était journaliste à Horoya aux moments de la 3è Session du Conseil National de la Révolution qui s’est tenue à Nzérékoré en 1965. Et en tant que guinéen vivant dans le pays ou en exil, il n’a jamais perdu de vue l’évolution de notre pays.

    • BAH

      15 juin 2016 at 20 h 45 min

      au lieu de dire darêté dinsité lè peul prkoi ne pa dire a no dirigean darêté d persékité lè peul car ceci è une vérité ke u réconè o fon d ton cœur !

      • Abdoulaye

        16 juin 2016 at 8 h 32 min

        Le but de ce blog est de dénoncer les exécutions extra-judiciaires et autres formes de violence commises par l’état guinéen. Il refuse de se lancer dans une revendication à caractère ethnique.

        Pour moi, le peuple de Guinée est un et indivisible.

  4. Barry

    15 septembre 2015 at 13 h 34 min

    Je trouve que ceci n’est autre qu’une opinion personnelle qui ne reflete pas exactement la realite et non constructif. Tous les peulhs ne sont pas ce qu’il decrit ici. Je suis revolte. Selment la face negative. Pourquoi? Nous sommea mieux que ce que tu dis ici.

    • Abdoulaye

      16 septembre 2015 at 21 h 30 min

      Bah Mamadou Lamine, auteur de ce billet a personnellement vécu les évènements qu’il relate. Il était journaliste à Horoya. Si vous êtes en mesure de produire un article qui donne d’autres explications, ce blog n’aura aucun problème à le publier, s’i vous apportez des preuves de ce que vous soutenez.

      Merci M. Barry, pour votre intérêt pour ce blog.

  5. Keita

    16 avril 2016 at 0 h 44 min

    C’est honteux de la part de qu’un qui se dit intellectuel et qui cultive la haine entre les fils d’un même pays;si tu as servi aux nations unies c’est plus que rançon de la trahison qune quelconques compétence. T’AS DE MAUDITS SEKOU TOURE AVAIT RAISON CAR DES TRAÎTRES COMME TOI ÉTAIT PLUS BON À L’OMBRE DE BOIRE QUE DANS LA NATURE EN RÉPONDANT LA HAINE ETHNIQUE. SEKOU TOURE FUT UN BON GUINEEN

  6. Bangoura

    19 avril 2016 at 6 h 44 min

    Il ne suffit pas seulement de citer ce que les peulhs ont subit comme mal, il faut aussi leurs rappeler ce qu’ils ont fait comme mal pour subir toute cette injustice comme vous le dites sinon vous risquez de révolter les ignorants dans le vide. je crois bien qu’il sera meilleur d’être claire avec les jeunes car une chose reste claire tout les politiciens sont pareils donc même si ces in peulh qui viens au pouvoir actuellement il ne fera pas mieux que les autres donc soyons claire et unissons nous les jeunes laissons les politiciens avec leurs politique destructive. mercie!!!!!!!!!!!

    • Abdoulaye

      20 avril 2016 at 14 h 34 min

      Si vous suivez ce blog, vous aurez sans doute remarqué que parler d’ethnie ne fait pas partie de mon langage personnel. Pour moi la diversité culturelle, c’est du vécu. Ma famille d’origine s’est installée à Guékédou dans les années ’40. Et par des liens de mariage, parmi mes frères, cousins et neveux, vous trouvez toutes les ethnies. Mon arrière grand-père maternel était un sofa de Samori, qui s’est exilé au Fouta, après la bataille de Fougoumba, si mes souvenirs sont bons.

      A mon retour en Guinée, après la mort du tyran, je me suis fixé comme obligation de ne pas adhéré à un parti dont le leader était de la meme ethnie que moi. Et, actuellement les étudiants que je soutiens aux études sont loin d’être tous des peuls. Ce sont des jeunes que j’ai choisis sur la anse de leurs résultats universitaires, malgré leur manque de moyens. Je ne les connais même pas.

      Décomplexez-vous!

  7. Doukoure

    19 avril 2016 at 14 h 03 min

    je pense que si nous accordons de l’importance à ces blogs,je peux dire qu’un jour la jeunesse guineene sera debloquée.il sagit pas de prendre parti en lisant ces textes mais plutot à essayer de comprendre la vrai histoire de pays la Guinee car dans nos livres il n’y a que des histoires flous qu’on ne peut ni verifier ni demander des explications relatives auprès d’un sage.merci à mr Bah.

  8. Kaba

    19 avril 2016 at 19 h 46 min

    Ridicule! Toute la Guinée a suffere cette période du temps de Sekou Touré. Autant les peulhs partaient à conakry ou au Sénégal autant les malinkés ont envahit la Forêt et la Côte d’ivoire. Il n y pas une seule famille en haute Guinée qui n’a pas plusieur ressortissants en Côte d’Ivoire et beaucoup ont changé de nom pour ne pas être reconnu la comme étrangers. Combien de konianke ont élu le Liberia comme patrie en ces moments? Give us a break! Nous avons tous suffere. Toute la Guinée.

    • Abdoulaye

      20 avril 2016 at 14 h 14 min

      Qui a soutenu le contraire? Au lieu de vous lancer dans la répétition de discours que vous avez déjà répétés autant de fois, lisez l’article que vous commentez. Ayant vécu, presque toujours à l’étranger, j’ai eu des amis parmi les guinéens provenant de toutes les régions et ethnies. Et la solidarité entre nous était totale.

      Ma réussite dans la vie est due en grande partie à cette solidarité qui nous a réunis.

  9. Diallo Mahmoud

    20 avril 2016 at 0 h 12 min

    Histoire vraiment intéressante

  10. Niane

    20 avril 2016 at 17 h 59 min

    Vous êtes Guinéens , il est temps d’ enterrer la hache de guerre et éviter les discours politiques qui ne servent qu’ à attiser la violence en réveillant les vieux démons ! Il s’ est passé des choses abominables en Guinée et personne ne peut nier les purges perpétrées par le régime de Cheikhou Touré à l’ encontre du peuple guinéen et particulièrement peulh . Les intellectuels guinéens doivent se réconcilier et réconcilier ce peuple !

    • Abdoulaye

      21 avril 2016 at 16 h 25 min

      Cher ami Niane, pour commencer, à mon avis il n’y a aucune réconciliation nécessaire entre les différentes composantes du peuple guinéen. Il y a certes des tensions ethniques passagères qui sont créées de temps à autre par des politiciens en manque d’idées.

      Mais si vous prenez par exemple un avis de mariage, de naissance ou de décès, vous ne trouvez aucun dont les familles intéressées sont de la meme ethnie. Comme vous vous appelez Niane, vous savez sans doute que l’une des plus belles femmes guinéennes depuis toujours est de mère peule et de père malinké. Je veux parler de Katiuscia, une des premières mannequins africaines.

      C’est l’état qui doit se réconcilier avec ses citoyens.

      Mais si vous reconnaissez que le tyran Sékou Touré a commis des crimes contre le peuple guinéen, vous m’excuserez de ne pas comprendre que vous nous invitiez, nous fils de victimes, mais aussi militants des droits humains, à tout oublier au nom d’une réconciliation mal posée. Pensez-vous que nous pouvons nous y engager avec le meme état d’esprit que vous alors que l’état ne nous dit pas dans quelles fosses collectives gisent les corps de nos parents que tous nos biens volés par cet état prédateur ne nous ont pas été restitués?

  11. KEITA

    21 avril 2016 at 11 h 45 min

    Chers frères BAH,
    C’est avec une attention soutenue que je viens de lire votre article;celui de la honte au regard des talents dont vous revendiqué.A chaque phase de l’évolution humaine,s’impose une révolution globale aussi bien intellectuelle,physique qu’ethnique.J’ose croire que le malheur de la communauté PEUHL,est moins AHMED SEKOU TOURE que des intellectuels peuhl à la petite tête et en panne d’idées sincères comme cette fratrie de BAH,venus je ne sais d’où.Chacune des composantes de notre pays a connu à des période donnée des jours sombres qu’elles sont su oubliées très vite.Il en est du l’extinction génocidaire des hordes de Peuhl contre les DJALONKES .Ces derniers ont été décimé jusqu’aux noms de familles.
    En 1985 les Malinkés connaissaient leurs jours sombres.Aujourd’hui ils l’ont oublié au nom de l’unité nationale et de la communauté de foi.
    Puisse le Seigneur épargné notre peuple de l’influence des intellectuels revanchard dont le seul rêve est de voir un Peuhl s’empare du pouvoir suprême pour une GUINÉE MONO ETHNIQUE.

    • Abdoulaye

      21 avril 2016 at 16 h 07 min

      J’ose croire que vous m’insulter par pur sanakouya!Je voudrais vous signaler, cependant, que lors de mon bref retour en Guinée, j’ai posé comme condition pour mon engagement dans les files d’un parti politique qu’il ne soit pas dirigé par un leader de la meme ethnie que moi.

      Je maintiens encore cette position, malgré les nombreuses insultes que me lancent des gens comme vous, qui n’ont pas tous connu la période noire que nous a imposée le tyran sanguinaire Sékou Touré.

  12. diallo

    20 juin 2016 at 5 h 12 min

    Histoire très importante.
    Je me demande pourquoi Sékou Touré torturait les gens au camp boiro .

  13. No where

    19 juillet 2016 at 9 h 54 min

    Jai bien lire c bloc.mai ya pa un fait San San cause. Si vs pouvez ns expliqué 1p les fait ds victimes.dan c ka on pura cnnaitre la verité merci.

    • Abdoulaye

      22 juillet 2016 at 19 h 00 min

      Au fil de mes publications, vous trouverez ce que je veux publier. Si vous avez d’autres intérêts, écrivez un billet que je serai heureux de publier.

  14. claver

    22 juillet 2016 at 8 h 32 min

    hey slt a tous coté amboche ou chomage je c’est quoi j’ai lus et jaimerai bien te signaler que ce n’est pas seulement les peuhl qui choment dans ce pays voila so renseigne toi tres bien et tu vera que ceux qui choment plus sont loin d’etre peuhl,taximetre ,vendeur,ou je c’est pas quoi evalue leur niveau d’études voir avant de lancer quoi ce soit comme accusation.thanks to all

    • Abdoulaye

      22 juillet 2016 at 18 h 59 min

      M. Claver, qui a dit que c’était simplement les peuls qui chômaient en Guinée, pays qui se trouve avec une économie sinistrée? Ce site est pour tous les guinéens qui pensent que notre diversité est la plus grande richesse de notre pays.

      Si vous avez d’autres problèmes à débattre, vous vous etes trompé d’adresse.

  15. Maha Mady

    25 juillet 2016 at 14 h 04 min

    Bien faire et laisser braire. Les noms de ces quartiers sont tirés dans la culture arabes musulmane. Loin d’être ethnique je vais vous instruire de chercher davantage la vérité historique au lieu de vous cramponner mordicus sur vos haines sociales qui ne vous feront que maigrir.

    • Abdoulaye

      25 juillet 2016 at 21 h 06 min

      Les noms de ces quartiers ne sont nullement de quelque ethnie que ce soit, c’est vrai. Mais, cela n’empêche qu’ils reflètent ceux de villages du Fouta-Djallon d’où est originaire le nombre le plus importants de leurs habitants.

      M. Maha Mady, détendez-vous et utilisez un langage moins agressifs.

  16. Keita

    9 septembre 2016 at 2 h 34 min

    Bien dit mon frère
    Mr Abdoulaye je voulait juste savoir quelque chose Sur camp boiro est ce que ces les peul seulement qui on été assasine ou maltraite au camp boiro pourquoi vous ne parle jamais des Autre ethnie tel que le malingue noumoudja Keita kaba 44 fangama aliou cisse les Bangoura ousmane les beavogui je suis née en 1987 mes je me suis vraiment intéressé a ce qui ces Passer au camp boiro j’ai lit le livre de Mr portos camp boiro l’usine de La Mort mes qui est different de ce que vous dit Sur camarade hamed Sekou Touré rien n’ait claire pour moi chacun dit sa couleur mes sent preuve je veut vraiment que vous me guide merci pour la compreation

    • Abdoulaye

      9 septembre 2016 at 20 h 36 min

      Mon fils, vous lisez un article qui ne parle que des noms de quartiers de Conakry pour me dire que je ne parle que des peuls. Je vous encourage à lire d’autres articles de mon blog, vous verrez que c’est une impression non justifiée car je me place au-dessus de cette vision ethnique de mon peuple.

      S’il y a eu une majorité de peuls au Camp Boiro, cela est du peut-être au fait que cette ethnie représente 40 pour cent de la population et elle est très entreprenante. Comme le régime dictatorial, à l’édification du quel des membres de toutes les ethnies ont participé, avant qu’elle les dévore, s’en prenait surtout aux intellectuels et à ceux qui avaient fait fortune, ces deux faits pourraient être la raison pour laquelle, les membres de cette ethnie ont été particulièrement ciblés.

      Dans la liste très partiel du Mémorial Camp Boiro http://www.campboiro.org/victimes/names-index.html, vous serez étonné de voir le nombre des membres des autres ethnies qui ont été victimes. Seulement pour les Keita il y a 23 victimes.

  17. Soumah

    28 janvier 2017 at 10 h 20 min

    Commenter:cert1 peul com vs mr bah vs nête pa bon pour la guiné,cè pa seulmn lè peul ki on été victim tte lè otr ètni en ont été.Sékou touré,lansana conté,dadis,sékouba é alpha vs navé aprécié ok1 d cè personalité 1portante,mè pluto vs saboté pourtan c ké cè persone on fè pr la guiné vs navé pa fè é dailleur vs ne pouré pa fèr avek vo èspri ètnocentrik,vo coeur pl1 d hène contr tte lè otr ètni d la guiné,avan saché ké le fouta djalon ne vs aparti1 pa cè la region djallonsossé cè tt dernièrmn vs ète venu laba en massacran cè djalonké par la force pr y rèsté vs nète mêmpa d la guiné vs av trouv lè nom d cè lieu comxa o fouta djalon retené bi1 ké vs ne pouré ri1 contr le bloc(forè-hoteguiné-basscôte) ri1 du tt.Ns ns avon dpassé l stad dètnocentrism é d soulèvmn dè histwr comune ns voulon la pè la solidarit le dvlopman,tu è bel é bi1 entr1 d joué o feu comxa dnc cèss…

    • Abdoulaye

      31 janvier 2017 at 8 h 53 min

      Malheureusement, je n’arrive pas à vous lire. Mais je comprends la teneur de votre message. Ceux qui me suivent savent que ce que vous affirmez ne correspond pas à la vérité.

      J’en prends note et vous remercie.

      Bonne journée

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Droits de l'Homme

Ces 28 militaires mauritaniens pendus le 28 novembre 1990

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Capture d’ écran des 28 soldats exécutés le jour de l’indépendance – Video de Ibrahima Sow

Révisé le 28 novembre 2020

Depuis 1990, chaque 28 novembre une partie des mauritaniens réclament que justice soit rendue pour 28 militaires pendus dans la nuit du 27 au 28 novembre pour fêter l’anniversaire de l’accession à l’indépendance de leur pays. Ils furent minutieusement sélectionnés parmi ceux qui avaient été arrêtés les jours précédents. Comble de l’horreur, ils furent pendus l’un après l’autre au même endroit.

Mais, il ne s’agit là que d’un cas parmi tant de massacres des Noirs mauritaniens, comme le révélait dans une interview concédée à Assanatou Baldé, en 2011 publiée sur le site afrik.com, le président du comité Inal-France, Youba Dianka:

Je tiens à préciser qu’Inal n’est qu’un exemple; il y’ a eu plusieurs Inal en Mauritanie. Des horreurs ont eu lieu à Azlatt, à Sory Malé, à Wothie, à Walata, à Jreida et dans toute la vallée. A l’intérieur de la caserne militaire d’Inal et environs, il y a eu des militaires écartelés, enterrés vifs, tués à bout portant, et pendus pour célébrer la fête de l’indépendance du pays en 1990.

Dans un billet publié sur cridem.org, Kaaw Elimane Bilbassi Touré dénonce le fait que tandis que tous les mauritaniens se sont retrouvés pour fêter la qualification de leur équipe nationale de football, composé uniquement de noirs, pour la 1ère fois à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN)

Les morts furent nombreux au moins 530 personnes sont mortes dans les camps de détention mais sans compter les assassinats repétés, perpétrés tout au long de la vallée du fleuve Sénégal depuis le début du conflit sénégalo-mauritanien…

Les organisateurs de ces inqualifiables sacrifices de ces boucheries d´un anniversaire à l´autre, sont toujours là et continuent à diriger notre armée raciale à commandement monocolore et restent toujours protégés par l´Etat raciste…

Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…

La video ci-dessous resume l’episode tragique du contexte de ces executions:

Le 28 novembre 2018, Kiné-Fatim Diop, chargée de campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International rappelle le contraste entre ce que toute la nation mauritanienne devrait ressentir, en ce jour anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, et ce que vivent les familles des victimes:

Chaque année, pendant que les officiels célèbrent dans la joie l’accession à la souveraineté du pays, les familles des victimes pleurent et manifestent dans la tristesse pour demander justice et réparation. Face à elles, les autorités mauritaniennes s’efforcent d’ensevelir cette face hideuse de l’histoire, comme lorsqu’elles faisaient voter, en catimini en 1993, une loi d’amnistie confirmant l’amnésie de l’Etat sur les tueries des militaires il y a 30 ans.

C’est la tragédie des deux frères Diallo pendus l’un après l’autre et le comportement inhumain de leurs bourreaux qui a retenu l’attention du site du Forum pour la lutte contre l’impunité et l’injustice en Mauritanie (fliim90.canalblog.com):

Absolument, une malédiction gratuite s’était battue sur les 28 officiers noirs ce soir-là. Telle la pendaison de deux frères Diallo Oumar Demba et son frère Diallo Ibrahima qui portaient des numéros successifs écrits par le moyen d’un feutre. Triste mort que celle d’assister placidement à la mort de son frère aîné. Les bourreaux tuaient avec précision, d’ailleurs, ils ne se limitaient pas seulement-là, ils trainaient les pendus et s’asseyaient sur leur cadavre.

Les témoignages des survivants abondent. Dans son livre L’enfer d’Inal publié en 2000, Mamadou Sy, qui a occupé les fonctions de commandant d’escadron, d’adjoint au commandant de base puis de commandant de base dans l’armée mauritanienne, avant son arrestation, décrit la scène de torture à laquelle il a été soumis avec d’autres camarades:

Le lieutenant Anne Dahirou est attache’ derrière une Land Rover, le véhicule de commandement du capitaine SIDINA OULD TALEB BOUYA, il est à l’autre extrémité sur ma gauche, ensuite viennent respectivement Mohamed Mansour, puis le lieutenant Sall Abdoulaye Moussa attachés eux derrière des Sovamags. Quant a moi, on me destine un camion… Le caporal OULD DEMBA nous met les bandeaux. On m’asperge d’eau sale et puante. Le camion, une Mercedes type 11/13 se met à rouler. J’essaie de suivre en courant mais cela ne peut durer longtemps avec des pieds enchaînes’…

Un autre militaire, qui a pu rejoindre la France pour se soigner, après sa sortie de prison, avec l’aide de l’Association catholique d’aide aux victimes de la torture (ACAT) témoignage sur flamnet.info:

Je suis un militaire de carrière, brigadier-chef de la Garde Nationale, ancien commandant de brigade de T., une ville qui se trouve non loin de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. J´ai derrière moi vingt quatre ans de service militaire.

Aussi loin que je remonte dans ma vie, depuis que j´ai commencé à comprendre, j´ai toujours constaté que les noirs n´avaient aucun droit, et que les Maures blancs étaient privilégiés. Chez nous, sur vingt ministres au gouvernement il y a un quart seulement pour les noirs, à l´armée, un seul Noir pour dix officiers. Dans un stage, si un Maure a mal travaillé, il l’emporte portant sur n´importe quel Noir. Et pas question de protester…

Il décrit une forme de torture particulièrement horrible à laquelle les victimes étaient soumises:

Les tortures étaient pratiquées de différentes facons. Par exemple, on creusait des trous dans le sable, on nous enterrait jusqu´au coup, la tête immobilisée, le visage nu tourné vers le soleil. Si on essayait de fermer les yeux, les gardes nous y jetaient du sable. Ensuite on nous remettait nos bandeaux.

Maimouna Alpha Sy, secrétaire générale du Collectif des veuves et du passif humanitaire, est la veuve de Ba Baïdy Alassane, qui fut lieutenant contrôleur des douanes qui, d’après, fut parmi les victimes:

assassiné en 1990 à la brigade de la gendarmerie de Nouadhibou”. « Nous avons fait trois mois et dix jours à la recherche de mon mari sans pouvoir le retrouver, a-t-elle expliqué. La Douane nous a dit qu’il est mort d’un arrêt cardiaque, ce qui n’est pas vrai. Il y a des témoins qui ont été arrêtés, ligotés et torturés avec lui. Il a été tué devant ces gens-là ».

Cette année, à l’occasion du 28 novembre, il y a eu la manifestation des immigrés mauritaniens en face de l’ambassade de leur pays à Paris pour dénoncer l’oubli dans lequel les autorités mauritaniennes veulent reléguer ce triste épisode. Il y a eu aussi ce discours remarquable de la députée Kardiata Malick Diallo au parlement mauritanien pour essayer d’empêcher cette tentative d’oubli:

Même si votre pouvoir ne peut être tenu comme directement responsable de ces actes qui ont définitivement souillé le 28 novembre, il n’en demeure pas moins qu’il avait la charge de trouver une solution adéquate basée sur le droit des victimes à la vérité et à la justice.

Hors, M. le Premier ministre, les actes que vous avez posés ont consisté à protéger les coupables des crimes dont certains occupent encore de très hautes fonctions dans l’état et ne proposant aux ayant droit des victimes que l’oubli.
Les grandes nations et les grands peuples ne cherchent jamais à gommer un épisode sombre de leur histoire mais le matérialisent par des symboles visibles pour les maintenir dans la mémoire afin de dire « PLUS JAMAIS CA ». M. le Premier ministre, votre pouvoir a préféré poursuivre et parachevé un processus de marginalisation et d’exclusion.

Tant qu’une minorité continuera à occuper presque tous les postes de responsabilité, il sera difficile que ces victimes connaissent un jour une réhabilitation. Hors il se retrouve que dans le dernier gouvernement (d’octobre 2018), sur 24 postes ministériels seulement 5 vont aux Noirs qui représentent de 73 à 80 pour cent, de la population selon les sources. On retrouve cette même sous-représentation de la majorité de la population parmi les élus, les membres des forces de sécurité, les fonctionnaires et les administrateurs locaux.

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Ce billet que j’ai écrit pour globalvoices.org a été publié le 4 décembre 2018

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Droits de l'Homme

Comment Houphouët-Boigny a imposé Sékou Touré au peuple guinéen à la naissance du RDA

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Extrait du livre « Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, du rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 qui n’est plus disponible gratuitement sur le site campboiro.org, qui a été piraté d’une manière irréversible. 
Il n’est point besoin, pour moi, de faire l’historique du PDG-RDA, ni de faire le portrait de Sékou Touré. Ce dernier se présentera lui-même et présentera son Parti rien que par ses actes car l’homme, au fond, qu’est-ce que c’est ? Il n’est nullement ce qu’il pense ou dit, mais ce qu’il fait. Les actes de Sékou feront son portrait mieux que moi.
Nous sommes en 1953, précisément le 2 août. Sékou Touré est élu conseiller territorial de Beyla. Les élections étaient partielles. En vérité, Sékou était battu largement par son rival Douty Camara, fils du chef de Beyla. Bernard Cornut-Gentil, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF) et Félix Houphouët-Boigny (président ivoirien du RDA) débarquèrent par hélicoptère à Beyla, cassèrent les élections contre toute attente et proclamèrent Sékou élu.
Cette tournure des événements va dans le sens de la nature profonde de Sékou Touré ; rendre vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai et prêcher toujours le faux pour avoir le vrai. C’est le fondement de la dialectique sékoutouréenne. Il s’en servira à merveille pendant les interrogatoires d’innocents détenus qui avoueront (et comment !) les fautes qu’ils n’ont pas commises.
C’est Houphouët-Boigny qui a choisi Sékou à la naissance du RDA comme dauphin. Il l’a soutenu — contre vents et marées en Guinée. Il a contribué au financement de ses campagnes. Des Ivoiriens, tels que Mamadou Coulibaly, battaient campagne pour le RDA, aux côtés de Sékou. Mais celui-ci est un petit de la vipère : il ronge le flanc de sa mère pour venir au monde. La mère de Sékou n’est-elle pas morte en couches ? L’ingratitude est dans le sang de Sékou Touré , je veux dire qu’il est ingratitude, comme il est mensonge, comme il est meurtre.
Dès 1963, il se retournera contre Houphouët-Boigny et contre tous ceux, Guinéens et non Guinéens, Blancs et Noirs, qui l’ont tenu par la main et l’ont aidé à marcher, à se nourrir, à s’affermir. Houphouët-Boigny regrettera amèrement son assistance à Sékou ; en 1976, devant l’Assemblée nationale ivoirienne, il demanda pardon au peuple de Guinée.
— Je ne le savais pas, dira-t-il. Sékou, tu es un frère mais un mauvais frère, ajouta-t-il.
A la lumière des élections de Beyla, toutes les cellules du PDG seront basées sur le trucage. Il n’y a pas eu, il n’y aura jamais de véritable suffrage universel en Guinée tant que Sékou Touré sera au pouvoir. Du comité de base à la section du Parti, de la fédération au Bureau politique national (BPN) en passant par l’Assemblée nationale elle-même, tout est truqué, téléguidé par le Responsable Suprême de la Révolution. Si un membre de comité de base ne lui plaît pas, eh bien, il ne sera pas retenu ; de même, si les habitants d’un comité ne veulent pas d’un candidat, ce dernier leur est imposé si Sékou le veut. Cela est ainsi dans les organismes du Parti, des syndicats. Quant à l’Assemblée nationale, ses membres sont purement et simplement désignés et non élus. On se retrouve un matin député de la République de Guinée sans y avoir rêvé et parfois contre son propre gré.
La grève de 70 jours de septembre à novembre 1953, de même que sa victoire pour ramener l’impôt de capitation colonial de 700 francs à 500 francs, furent des atouts considérables pour la lutte politique de cet homme. A sa candidature aux élections législatives de juin 1954 pour remplacer Yacine Diallo, alors premier député de la Guinée, mort la même année, Sékou Touré déclarait : « Dans l’intérêt de l’Union française, la politique de courte vue doit cesser ; choisir le pire par peur du mal est une action inintelligente ».
Cependant, Sékou sera battu à ces élections par Barry Diawadou, leader du Bloc africain de Guinée (BAG). Il reprendra sa revanche aux élections législatives du 2 janvier 1956 : le PDG – RDA remporte deux sièges sur trois. Quant aux élections à l’Assemblée territoriale du 3 mars 1957, il y remporte 57 sièges sur 60. C’est la consécration définitive du PDG.

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Droits de l'Homme

L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ?

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Dans son livre Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, le rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 rapporte cette question qu’une vieille dame aurait posée au tyran « L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? ».

C’est dans le chapitre « Un fleuve de sang et de larmes » qu’il nous présente le contexte dans lequel cette femme pose sa question.  Elle résume toutes les attentes déçues des guinéens depuis l’indépendance. Les violences dont les forces de (in)sécurité se rendent coupables chaque fois qu’elles en ont la possibilité n’ont jamais été épargnées à la population, en particulier aux jeunes, c’est-à-dire ceux sur lesquels repose le futur du pays.

Mon désir n’est point de juger cet homme, autrement je serai aussi violent que lui, mais de découvrir la vérité en décriant le mensonge et puis, oui ! pardonner les dix années passées entre ses griffes, dans ses camps d’extermination, d’animalisation de l’homme.

Sékou Touré est mensonge, vous ai-je dit, et le peuple de Guinée croit en lui fermement quand il lui ment. Comment ne pas croire en lui ? De mémoire d’homme et par éducation, les peuples savent que les rois, les chefs, ne mentent pas et la raison de leur conviction est très simple : le roi, le chef, le dirigeant n’a pas besoin de mentir ; il est le représentant de Dieu sur la terre. Cette conviction date des temps immémoriaux et son résidu demeure et demeurera au tréfonds de l’individu et dans la conscience des peuples.

Quand Sékou Touré ment, il est convaincu que son mensonge passera la rampe, parce que ceux auxquels il ment sont loin d’imaginer que, lui, le grand chef, le grand libérateur, peut leur mentir et ils croient tout raisonnablement. Mais malheureusement le temps est là, le temps qui ronge patiemment tout ce qui n’est pas et qui est en lui et qui ne saurait être hors de lui. Avec la complicité du temps, la vérité, l’amère vérité, pure dans sa patience parfois désarmante, finit par être mise à nu et alors « le monde saura ce jour-là qui est Sékou Touré » (Émile Cissé). « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais jamais tout le peuple tout le temps », dira-t-il lui-même (ce mot n’est pas de lui, on le sait).

Peut-on mentir à soi-même ? Impossible ! Et pourtant, pourtant Sékou a menti à lui-même.

« L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? », lui demanda un jour une vieille femme, lors d’une de ses rondes à l’intérieur du pays. « Depuis le départ des Blancs, je n’ai pas mangé de sucre », poursuivit la vieille femme, appuyée sur son bâton. Sékou se contenta de la regarder, ne sachant que répondre : il souriait mais ses yeux lançaient des flammes. Sa suite était gênée, embarrassée. Pris au dépourvu, lui le verbeux, il battit en retraite. Ce n’est pas seulement la vieille qu’il a fui, mais la région administrative qu’il visitait ce jour-là.

La promesse n’a pas été tenue et la question de la vieille Guinéenne n’est qu’un implacable constat:  Sékou n’a tenu aucune de ses promesses. Aux ouvriers, il disait : « les Blancs vous payent mal ; aidez-moi à les chasser, vous aurez le même salaire qu’eux ». Quel ouvrier n’aurait-il pas voté pour lui ? Sa méthode la plus désarmante pour convaincre les Guinéens, les réduire à sa cause afin qu’ils le portent et dans leur bras et dans leur coeur, était de se coucher par terre devant un chef de canton ou devant un notable influent et de dire :

« Je suis orphelin, je suis pauvre, au nom d’Allah et de son Prophète, aidez-moi, votez pour moi.»

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Gouvernance

Où et comment se transmet vraiment la COVID-19

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Les dernières recherches indiquent que les événements de super-diffusion jouent un rôle crucial dans la pandémie, suggérant les endroits et les comportements que nous devrions éviter afin de nous défendre contre la contagion.
Nous avons appris à craindre la contagiosité du coronavirus SRAS-CoV-2, qui, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait déjà avoir infecté un dixième de la population humaine. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être face à la propagation de la pandémie, la plupart des personnes qui sont positives pour le prélèvement n’infectent personne. C’est la conclusion de la plus vaste étude de suivi épidémiologique menée jusqu’à présent sur COVID-19, qui vient d’être publiée par la revue Science.
L’étude qui s’est déroulée dans les États indiens de l’Andhra Pradesh et du Tamil Nadu, où les systèmes de santé disposent de systèmes de surveillance efficaces mis au point pendant l’épidémie de sida, a analysé plus d’un demi-million de personnes qui ont été soumises à un prélèvement. Les résultats confirment une suspicion qui, ces dernières semaines, est devenue beaucoup plus forte : le SRAS-CoV-2 ne se propage pas dans la population de manière uniforme mais par grappes (ou groupes, dans le jargon des épidémiologistes). Dans l’étude de Science, en effet, alors que 70 % des personnes testées positives n’ont infecté personne d’autre, 60 % de toutes les infections sont attribuables à seulement 8 % des personnes infectées.

Une autre étude menée à Hong Kong et publiée dans la revue Nature Medicine aboutit à des conclusions très similaires : moins de 20 % des personnes infectées ont causé 80 % des infections, tandis que près de 70 % des personnes positives par écouvillonnage n’ont pas infecté d’autres personnes. En comparant les résultats des différentes études disponibles, on estime aujourd’hui que 10 à 20 % des personnes positives sont responsables d’au moins 80 % des infections.

L’épidémie de COVID-19 semble donc progresser sous la pression d’événements individuels dans lesquels une personne positive se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et finit par infecter beaucoup d’autres personnes. Le cas le plus célèbre s’est produit en février à Daegu, en Corée du Sud, lorsqu’une femme de 61 ans, appelée Patient 31, a infecté une cinquantaine de membres de sa propre église, donnant lieu à un cluster de plus de 5 000 contagions.

Un épisode plus circonscrit et aux conséquences encore plus importantes s’est produit le 26 septembre à la Maison Blanche, lors d’une cérémonie au cours de laquelle le président Donald Trump a annoncé la nomination d’Amy Coney Barrett comme juge de la Cour suprême ; bien que l’événement se soit déroulé en plein air, peu d’invités portaient des masques et respectaient la distance sociale, de sorte qu’au final, 13 contagions ont été comptées, dont le président, la première dame et deux sénateurs.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, ne parlent pas fort, ne chantent pas ou ne font pas d’exercice.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur (ou super-épandeur, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-contagieux, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre comme d’habitude, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, parlent fort, chantent et ne font pas d’exercice physique.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur contagieux (ou superspreader, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-diffuseurs, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

La plupart de ces événements ont eu lieu dans des hôpitaux, des maisons de retraite, des transports, des bars et des restaurants, des salles de sport, des usines de transformation de la viande, des réunions d’affaires, des lieux de culte, des centres d’appel, des prisons, des bateaux de croisière et lors d’événements tels que des mariages, des funérailles ou des fêtes privées. Selon une enquête menée aux États-Unis, les écoles semblent être moins menacées qu’on ne le craignait; cependant, comme elles n’ont été rouvertes qu’il y a quelques semaines dans la plupart des régions du monde, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Le facteur k

Dans les premiers stades de l’épidémie, la communauté scientifique s’est longtemps interrogée sur la contagiosité du nouveau coronavirus. Pour estimer la facilité avec laquelle un agent pathogène se transmet d’une personne à l’autre, on utilise le paramètre R0, qui représente le nombre moyen de personnes infectées par un seul individu si aucune précaution n’est prise. Le R0 est donc une caractéristique intrinsèque de l’agent pathogène et est estimé à environ 2,5 pour le coronavirus SARS-CoV-2. Dans le monde réel, cependant, les gens apprennent à se protéger et la contagiosité réelle a tendance à diminuer. Les épidémiologistes utilisent donc un deuxième paramètre, Rt, qui est le taux de contagiosité détecté lorsque des mesures sont prises pour contenir la propagation de la maladie.

Il existe cependant un troisième paramètre, moins connu des chroniques mais crucial pour comprendre l’évolution de la pandémie COVID-19. Il est appelé facteur de dispersion et est indiqué par la lettre k. Plus le k est grand, plus l’infection se transmet uniformément dans la population, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière. COVID-19, au contraire, ainsi que le SRAS, semblent être caractérisés par un faible facteur de dispersion, ce qui indique que la contagion se propage à partir de quelques individus infectant de grands groupes de personnes, donnant naissance à un cluster.

Si c’est le cas, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle est qu’il est plus difficile de prévoir l’évolution de l’épidémie car le hasard joue un rôle important. Au lieu de suivre un courbe graduelle et déterministe, comme c’est le cas pour la grippe, la COVID-19 a un cours stochastique, de sorte que ce qui s’est passé hier n’offre pas d’indications fiables sur ce qui nous attend demain. Peu d’événements de super-diffusion peuvent amplifier les contagions et dynamiser la courbe épidémique : en peu de temps, on peut passer d’une phase de calme relatif à une explosion de cas impossible à endiguer en l’absence de vaccin ou de restrictions drastiques. C’est peut-être ce qui s’est passé en Italie le 19 février dernier, lorsque le match de Ligue des champions entre l’Atalanta et Valence s’est déroulé au stade San Siro de Milan, un événement qui a provoqué environ sept mille infections qui auraient pu donner l’impulsion décisive à la première vague de l’épidémie.

La bonne nouvelle est que le rôle prépondérant de la super-diffusion peut nous montrer les endroits à éviter et les contre-mesures à prendre pour se défendre contre la contagion. Les lieux bruyants et bondés, où les gens baissent leur masque pour boire, manger ou parler, et où les gens sont obligés d’élever la voix ou de se pencher pour se parler, figurent en tête de liste des lieux à risque. Plus généralement, là où il y a beaucoup de monde, il est plus difficile de garder ses distances et la probabilité qu’une personne soit infectée parmi les personnes présentes augmente. Le risque augmente encore si l’espace est intérieur et mal ventilé ; au contraire, il diminue s’il y a un système d’échange d’air, si vous portez le masque, si vous réduisez le bruit.

Même une activité physique intense à l’intérieur peut être dangereuse parce que vous respirez plus fort, en émettant et en inhalant plus de gouttelettes potentiellement infectées. En Corée du Sud, les cours de fitness dans les gymnases de Cheonan ont déclenché une chaîne d’infection, contrairement aux cours de yoga dans les mêmes installations. Enfin, plus vous restez longtemps dans un endroit à risque, plus vous courrez le risque d’être infecté. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis estiment le temps nécessaire pour que la transmission virale se produise en 15 minutes au moins.

Repenser les contre-mesures

Interviewé par The Atlantic, l’épidémiologiste Samuel Scarpino de la Northeastern University (États-Unis) a expliqué que les autorités sanitaires occidentales, habituées à utiliser la grippe saisonnière comme modèle pour la gestion des épidémies, ont sous-estimé la grande capacité du coronavirus à se propager en grappes, contrairement à l’Asie, sur la base de l’expérience acquise avec le SRAS. Nous avons peut-être trop discuté de R0 et Rt, mais pas assez du facteur de dispersion k, qui est plus utile pour comprendre la dynamique de la pandémie de COVID-19 et pour aborder les restrictions visant à limiter les circonstances qui favorisent la super-diffusion.

Selon l’enquête d’Atlantic, la reconnaissance de l’importance de la diffusion des grappes devrait également remettre en question la manière dont le contact tracing (la recherche des contacts) est effectuée. Plutôt que de rechercher les personnes avec lesquelles un patient est entré en contact après avoir contracté l’infection – comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des régions du monde, y compris en Italie – il pourrait être beaucoup plus efficace de revenir en arrière, en identifiant la personne à l’origine de l’infection, qui est plus susceptible d’avoir infecté d’autres personnes également. L’aide devrait bientôt venir des prélèvements anti-géniques qui, bien que moins sensibles que les prélèvements moléculaires, sont beaucoup plus rapides et moins chers, ce qui permet de mener des enquêtes à grande échelle.

Le suivi rétrospectif utilisé en Corée du Sud et au Japon semble avoir aidé à contrôler la propagation de l’épidémie. Lorsque plusieurs groupes liés aux boîtes de nuit de Séoul sont apparus plusieurs clusters ces derniers mois, les autorités ont suivi des dizaines de milliers de personnes qui avaient fréquenté les lieux où la super-diffusion s’était produite, qu’elles aient ou non été en contact avec les personnes dont le test de dépistage était positif, parvenant ainsi à maîtriser les foyers.

Au Japon, les autorités sanitaires recommandent la règle des trois C : éviter les espaces fermés mal ventilés, les espaces encombrés et les contacts rapprochés. Et quand ce n’est pas possible, comme dans le métro, il faut toujours porter un masque et ne pas parler. Même dans les stades, les supporters ne sont pas autorisés à encourager leur équipe favorite. Les parcs publics sont restés ouverts, mais vous ne pouvez ni crier ni chanter. En substance, les règles adoptées sont moins restrictives mais visent à éviter les super-émissions, en tenant compte également de tout mode de transmission par voie aérienne : non seulement les éternuements et la toux, mais aussi l’aérosol que nous émettons en respirant et en parlant.

Les risques des aérosols

Pour ne pas succomber, un virus n’a qu’une seule chance : passer d’un corps à l’autre avant que les défenses immunitaires ne prennent le dessus ou que l’organisme hôte ne meure. Depuis qu’il circule chez l’homme, le SRAS-CoV-2 a mis au point (en termes d’évolution) divers stratagèmes pour y parvenir. Elle utilise principalement les désormais tristement célèbres gouttelettes, les gouttelettes de mucus et de salive que nous expulsons en éternuant et en toussant, ou en chantant et en parlant à voix haute. Mais la transmission virale peut aussi se faire par contact direct et prolongé avec une personne infectée, comme cela se produit dans les hôpitaux et dans la famille, ou par contact indirect avec une surface contaminée.

Depuis un certain temps, les experts débattent de l’hypothèse selon laquelle le SRAS-CoV-2 peut également être transmis par l’aérosol que nous émettons lorsque nous respirons et parlons normalement. Plus petites et plus légères, les gouttelettes d’aérosol peuvent fluctuer dans les courants d’air pendant une longue période, surtout si l’environnement est fermé et non ventilé. En juillet, 239 scientifiques avaient écrit une lettre ouverte à l’OMS pour exprimer leur inquiétude quant à la transmission d’aérosols, qui, si elle était reconnue, les obligerait à revoir les règles de sécurité dans les espaces clos, en les équipant de systèmes de filtration d’air ou en ouvrant les fenêtres au moins toutes les heures.

La diffusion de l’aérosol pourrait expliquer plusieurs épisodes de super-diffusion dans les restaurants, les transports et les espaces ouverts des entreprises où la contagion s’est produite même entre des personnes qui se trouvaient à plus de deux mètres (celle qui recouvre généralement les gouttelettes avant de tomber au sol). Les preuves se sont multipliées, mais le pistolet fumant n’a pas encore été trouvé. La collecte des minuscules gouttelettes d’aérosol sans détruire le coronavirus s’est jusqu’à présent révélée être un véritable exploit, et il n’est pas certain que le CoV-2 du SRAS conserve sa capacité infectieuse même dans ces minuscules gouttelettes.

Après de nombreuses hésitations, les CDC américains ont également reconnu ces derniers jours ce mode de transmission, alors que pour l’OMS, les preuves sont encore insuffisantes. Une attitude conservatrice qui risque de retarder l’introduction de mesures de précaution dans des environnements fermés où la super-diffusion est plus susceptible de se produire. En cas de doute, comme toujours, il vaut mieux pécher par excès de prudence.

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Ce billet du Prof. Giancarlo Sturloni que j’ai traduit de l’italien a été publié  sous licence Creative Commons en premier lieu en italien oggiscienza.it le 13 octobre 2020.

Giancarlo Sturloni est journaliste scientifique expert en communication des risques. Il exerce ses activités de communication, de formation et de conseil dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il est co-fondateur du collectif NatCom – Communiquer nature, science & environnement.

Il enseigne la communication des risques à l’École internationale d’études avancées (SISSA) de Trieste et à l’Université de Trieste.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La communication des risques pour la santé et l’environnement » (Université Mondadori, 2018) et « La planète toxique » (Plan B, 2014). Avec Daniela Minerva, il a édité le livre « De quoi parlons-nous quand nous parlons de médecine » (Codice, 2007).

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Droits de l'Homme

Le cadeau de Sékou Touré à Nelson Mandela et à Oliver Thambo: Ses tomes du PDG et des francs guinéens non convertibles

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Les adulateurs du tyran Sékou Touré nous cassent les tympans avec les mensonges sur le soutien de ce tyran aux mouvements de libération nationale luttant contre la domination coloniale. Nelson Mandela n’est pas tout à fait d’accord et il apporte des éléments de démenti. C’est pour cela qu’après sa libération, il a fait le tour des pays qui l’avait soutenu dans son combat, mais sans venir en Guinée.  

Ce billet est extrait du livre autobiographique de Mandela Un long chemin Vers la liberté entièrement publié et gratuit sur le site socialgerie.net.

Au Liberia, j’ai rencontré le président Tubman, qui non seulement m’a donné 5 000 dollars pour des armes et de l’entraînement, mais m’a aussi demandé d’une voix calme : « Avez-vous de l’argent de poche ? » Je lui ai avoué qu’il ne me restait pas grand-chose, alors immédiatement un aide de camp est venu avec une enveloppe contenant 400 dollars en liquide. Du Liberia, je suis allé au Ghana où j’ai retrouvé Oliver, et nous avons été reçus par l’ambassadeur de Guinée, Abdoulaye Diallo. Quand je lui ai dit qu’en Guinée je n’avais pas vu Sékou Touré, il a immédiatement organisé notre retour dans ce pays aride.

Touré nous a impressionnés, Oliver et moi. Il habitait dans une maison modeste et portait un vieux costume aux couleurs passées qui aurait eu besoin d’aller chez le teinturier. Nous lui avons expliqué l’histoire de l’ANC et de MK et nous lui avons demandé 5 000 dollars en soutien à MK. Il nous a écoutés calmement et nous a répondu de façon formelle, comme s’il faisait un discours : « Le gouvernement et le peuple de Guinée soutiennent entièrement la lutte de nos frères d’Afrique du Sud et nous avons fait des déclarations à l’ONU en ce sens. »

Il est allé jusqu’à une bibliothèque dans laquelle il a pris deux livres de lui qu’il nous a dédicacés. Puis il nous a dit merci et nous a raccompagnés. Nous étions très ennuyés : on nous avait rappelés d’un autre pays et tout ce qu’il nous avait donné c’étaient deux exemplaires dédicacés de son livre ? Nous avions perdu notre temps.

Peu de temps après, nous étions dans notre chambre d’hôtel quand un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères a frappé à notre porte et nous a tendu une valise. Nous l’avons ouverte pour découvrir qu’elle était remplie de billets de banque : nous nous sommes regardés, très contents.

Mais Oliver a changé de visage : « Nelson, c’est de l’argent guinéen, a-t-il dit. Il ne vaut rien en dehors d’ici ; ce n’est que du papier. » Mais Oliver a eu une idée : nous avons emporté l’argent à l’ambassade de Tchécoslovaquie où il avait un ami qui l’a échangé contre une monnaie convertible. L

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Blog konakryexpress

Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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