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Politique

9 Celebrities who have spoken out about being photoshopped

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Photo: Shutterstock

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Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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Droits de l'Homme

Comment Houphouët-Boigny a imposé Sékou Touré au peuple guinéen à la naissance du RDA

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Extrait du livre « Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, du rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 qui n’est plus disponible gratuitement sur le site campboiro.org, qui a été piraté d’une manière irréversible. 
Il n’est point besoin, pour moi, de faire l’historique du PDG-RDA, ni de faire le portrait de Sékou Touré. Ce dernier se présentera lui-même et présentera son Parti rien que par ses actes car l’homme, au fond, qu’est-ce que c’est ? Il n’est nullement ce qu’il pense ou dit, mais ce qu’il fait. Les actes de Sékou feront son portrait mieux que moi.
Nous sommes en 1953, précisément le 2 août. Sékou Touré est élu conseiller territorial de Beyla. Les élections étaient partielles. En vérité, Sékou était battu largement par son rival Douty Camara, fils du chef de Beyla. Bernard Cornut-Gentil, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF) et Félix Houphouët-Boigny (président ivoirien du RDA) débarquèrent par hélicoptère à Beyla, cassèrent les élections contre toute attente et proclamèrent Sékou élu.
Cette tournure des événements va dans le sens de la nature profonde de Sékou Touré ; rendre vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai et prêcher toujours le faux pour avoir le vrai. C’est le fondement de la dialectique sékoutouréenne. Il s’en servira à merveille pendant les interrogatoires d’innocents détenus qui avoueront (et comment !) les fautes qu’ils n’ont pas commises.
C’est Houphouët-Boigny qui a choisi Sékou à la naissance du RDA comme dauphin. Il l’a soutenu — contre vents et marées en Guinée. Il a contribué au financement de ses campagnes. Des Ivoiriens, tels que Mamadou Coulibaly, battaient campagne pour le RDA, aux côtés de Sékou. Mais celui-ci est un petit de la vipère : il ronge le flanc de sa mère pour venir au monde. La mère de Sékou n’est-elle pas morte en couches ? L’ingratitude est dans le sang de Sékou Touré , je veux dire qu’il est ingratitude, comme il est mensonge, comme il est meurtre.
Dès 1963, il se retournera contre Houphouët-Boigny et contre tous ceux, Guinéens et non Guinéens, Blancs et Noirs, qui l’ont tenu par la main et l’ont aidé à marcher, à se nourrir, à s’affermir. Houphouët-Boigny regrettera amèrement son assistance à Sékou ; en 1976, devant l’Assemblée nationale ivoirienne, il demanda pardon au peuple de Guinée.
— Je ne le savais pas, dira-t-il. Sékou, tu es un frère mais un mauvais frère, ajouta-t-il.
A la lumière des élections de Beyla, toutes les cellules du PDG seront basées sur le trucage. Il n’y a pas eu, il n’y aura jamais de véritable suffrage universel en Guinée tant que Sékou Touré sera au pouvoir. Du comité de base à la section du Parti, de la fédération au Bureau politique national (BPN) en passant par l’Assemblée nationale elle-même, tout est truqué, téléguidé par le Responsable Suprême de la Révolution. Si un membre de comité de base ne lui plaît pas, eh bien, il ne sera pas retenu ; de même, si les habitants d’un comité ne veulent pas d’un candidat, ce dernier leur est imposé si Sékou le veut. Cela est ainsi dans les organismes du Parti, des syndicats. Quant à l’Assemblée nationale, ses membres sont purement et simplement désignés et non élus. On se retrouve un matin député de la République de Guinée sans y avoir rêvé et parfois contre son propre gré.
La grève de 70 jours de septembre à novembre 1953, de même que sa victoire pour ramener l’impôt de capitation colonial de 700 francs à 500 francs, furent des atouts considérables pour la lutte politique de cet homme. A sa candidature aux élections législatives de juin 1954 pour remplacer Yacine Diallo, alors premier député de la Guinée, mort la même année, Sékou Touré déclarait : « Dans l’intérêt de l’Union française, la politique de courte vue doit cesser ; choisir le pire par peur du mal est une action inintelligente ».
Cependant, Sékou sera battu à ces élections par Barry Diawadou, leader du Bloc africain de Guinée (BAG). Il reprendra sa revanche aux élections législatives du 2 janvier 1956 : le PDG – RDA remporte deux sièges sur trois. Quant aux élections à l’Assemblée territoriale du 3 mars 1957, il y remporte 57 sièges sur 60. C’est la consécration définitive du PDG.

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L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ?

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Dans son livre Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, le rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 rapporte cette question qu’une vieille dame aurait posée au tyran « L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? ».

C’est dans le chapitre « Un fleuve de sang et de larmes » qu’il nous présente le contexte dans lequel cette femme pose sa question.  Elle résume toutes les attentes déçues des guinéens depuis l’indépendance. Les violences dont les forces de (in)sécurité se rendent coupables chaque fois qu’elles en ont la possibilité n’ont jamais été épargnées à la population, en particulier aux jeunes, c’est-à-dire ceux sur lesquels repose le futur du pays.

Mon désir n’est point de juger cet homme, autrement je serai aussi violent que lui, mais de découvrir la vérité en décriant le mensonge et puis, oui ! pardonner les dix années passées entre ses griffes, dans ses camps d’extermination, d’animalisation de l’homme.

Sékou Touré est mensonge, vous ai-je dit, et le peuple de Guinée croit en lui fermement quand il lui ment. Comment ne pas croire en lui ? De mémoire d’homme et par éducation, les peuples savent que les rois, les chefs, ne mentent pas et la raison de leur conviction est très simple : le roi, le chef, le dirigeant n’a pas besoin de mentir ; il est le représentant de Dieu sur la terre. Cette conviction date des temps immémoriaux et son résidu demeure et demeurera au tréfonds de l’individu et dans la conscience des peuples.

Quand Sékou Touré ment, il est convaincu que son mensonge passera la rampe, parce que ceux auxquels il ment sont loin d’imaginer que, lui, le grand chef, le grand libérateur, peut leur mentir et ils croient tout raisonnablement. Mais malheureusement le temps est là, le temps qui ronge patiemment tout ce qui n’est pas et qui est en lui et qui ne saurait être hors de lui. Avec la complicité du temps, la vérité, l’amère vérité, pure dans sa patience parfois désarmante, finit par être mise à nu et alors « le monde saura ce jour-là qui est Sékou Touré » (Émile Cissé). « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais jamais tout le peuple tout le temps », dira-t-il lui-même (ce mot n’est pas de lui, on le sait).

Peut-on mentir à soi-même ? Impossible ! Et pourtant, pourtant Sékou a menti à lui-même.

« L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? », lui demanda un jour une vieille femme, lors d’une de ses rondes à l’intérieur du pays. « Depuis le départ des Blancs, je n’ai pas mangé de sucre », poursuivit la vieille femme, appuyée sur son bâton. Sékou se contenta de la regarder, ne sachant que répondre : il souriait mais ses yeux lançaient des flammes. Sa suite était gênée, embarrassée. Pris au dépourvu, lui le verbeux, il battit en retraite. Ce n’est pas seulement la vieille qu’il a fui, mais la région administrative qu’il visitait ce jour-là.

La promesse n’a pas été tenue et la question de la vieille Guinéenne n’est qu’un implacable constat:  Sékou n’a tenu aucune de ses promesses. Aux ouvriers, il disait : « les Blancs vous payent mal ; aidez-moi à les chasser, vous aurez le même salaire qu’eux ». Quel ouvrier n’aurait-il pas voté pour lui ? Sa méthode la plus désarmante pour convaincre les Guinéens, les réduire à sa cause afin qu’ils le portent et dans leur bras et dans leur coeur, était de se coucher par terre devant un chef de canton ou devant un notable influent et de dire :

« Je suis orphelin, je suis pauvre, au nom d’Allah et de son Prophète, aidez-moi, votez pour moi.»

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Droits de l'Homme

Connaissez-vous l’histoire de la première députée noire du Brésil ?

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Petite fille, Antonieta de Barros gambadait dans la pension de sa mère en essayant d’apprendre les lettres de l’alphabet. En se faufilant parmi les élèves, tout comme sa soeur Leonor, elle a appris à lire et à écrire. Antonieta ne pouvait imaginer que l’étude de l’alphabet la mettait sur le chemin pour devenir la première femme noire législatrice dans l’histoire du Brésil. On était en 1934 et l’esclavage avait été aboli moins de 50 ans auparavant [fr].

Peu de gens connaissent l’histoire d’Antonieta ou même savent qui elle était. À Florianopolis, la capitale de l’Etat de Santa Catarina au sud du Brésil, des rues, des écoles et des tunnels portent son nom. Il y a même un monument qui lui est dédié. Cependant, comme beaucoup d’autres noms sur les plaques des rues, pour de nombreux citoyens, c’est juste une adresse – quelque chose que la cinéaste Flávia Person a décidé de changer.

Née à São Paulo, Flávia a vécu à Florianópolis pendant sept ans. Elle a découvert Antonieta lors d’une recherche sur l’histoire du peuple noir de Santa Catarina, l’Etat brésilien avec la plus faible proportion de cette population: seulement 15% des catarinenses se déclarent noirs ou partiellement noirs. Lors des élections de 2014, il a été le seul Etat à ne pas avoir élu une seule personne noire. Pourtant, c’est là que 82 ans auparavant, une femme noire a pris ses fonctions après avoir été élue par un vote populaire.

La cinéaste Flavia Person a été fascinée, comme elle l’a dit à Global Voices :

Faire un film sur Antonieta me semblait urgent. Après avoir découvert qu’elle a été enseignante, directrice d’un institut de formation, chroniqueuse pour l’un des journaux les plus importants de l’Etat, la première femme à être élue à Santa Catarina et la première femme noire à être élue dans tout le Brésil, et malgré cela, personne parmi les natifs de Florianópolis ne savait grand-chose sur elle, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film sur son histoire pour la révéler à autant de personnes que possible.

Son court métrage documentaire est sorti en octobre, après une année de recherches. Pour réaliser le documentaire “Antonieta”, Flávia a fouillé dans les thèses académiques et les archives publiques, mais elle a été sauvée par les documents personnels, sans aucune image, d’un parent d’Antonieta.

Signé, Maria ‘de l’île “

Florianópolis, capitale de l'Etat de Santa Catarina, au moment de l'enfance de Antonieta. Publiée avec l'autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Florianópolis, capitale de l’Etat de Santa Catarina, lors de l’enfance d’Antonieta. Photo publiée avec l’autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

La mère d’Antonieta, une esclave affranchie, devenue veuve très tôt, a dû élever ses filles toute seule en travaillant comme blanchisseuse. Mme Catarina a toujours considéré l’éducation comme l’héritage le plus précieux qu’elle pouvait laisser à ses filles. Elle a fini par élever deux enseignantes. A 21 ans, Antonieta avait déjà fondé sa propre école, l’”Antonieta de Barros Tutorat Cours”, dédié à les adultes analphabètes et pauvres. Pour elle, “l’analphabétisme est ce qui empêche les gens d’être des personnes“. Flávia ajoute :

Antonieta a fait de l’éducation le combat de sa vie. Elle croyait en l’éducation comme la seule voie possible pour l’émancipation des pauvres et des femmes. Elle a toujours préconisé l’éducation pour tous, sans distinction de race, de croyance ou de sexe.

L’écriture était un autre moyen à travers lequel Antonieta s’est taillé une place dans la société. Comme l’a noté la journaliste Ângela Bastos dans un portrait d’Antonieta publié en 2013, elle tenait une rubrique sous le pseudonyme de Maria da Ilha (Maria “de l’île”), pour la défense des droits civils des femmes – à un moment où presque personne ne le faisait au Brésil, surtout hors de Rio de Janeiro et de São Paulo :

Maria da Ilha avait une sensibilité pour différents sujets comme l’éducation, la civilité, la religiosité, les vertus morales, éthiques et civiques. Elle aimait aussi aborder les questions des relations entre les sexes ainsi que la vie politique et sociale des années 1930 au Brésil et dans le monde.

Les Brésiliennes n’ont officiellement obtenu le droit de vote qu’en 1932 [fr]. Deux ans plus tard, Antonieta, qui avait occupé des postes de haut niveau et débattu à égalité avec des hommes et des intellectuels, allait devenir l’une des premières femmes élues députées, remportant un siège dans l’assemblée de l’État (dans la même année, le médecin Carlota Pereira de Queiroz [fr], qui était blanche, a été élu députée fédérale de l’Etat de São Paulo).

Antonieta savait que la marginalisation des femmes dans le monde politique“ n’était pas due à la nature”, mais elle savait que c’était le cas dans d’autres domaines aussi. Comme l’explique Flavia :

Antonieta a toujours été active politiquement. Après avoir obtenu son diplôme, elle a fait partie de la Ligue de l’enseignement, une organisation qui défendait les droits des enseignants de sexe féminin. J’ai découvert que, jusqu’au milieu des années 1930, dans les écoles publiques, il était interdit aux enseignantes de se marier ; il y avait une loi qui leur interdisait de le faire. La justification était que les enfants pouvaient poser des questions inappropriées sur la sexualité de leurs enseignants.

Une députée moderne

Antonieta avec un groupe de politiciens et d'intellectuels de son temps. Publié avec l'autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Antonieta avec un groupe de politiciens et d’intellectuels de son temps. Publié avec l’autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Antonieta a réussi en politique avec l’aide de Nereu Ramos [fr] du Parti libéral de Santa Catarina, qui allait devenir le 20e président du Brésil. La mère d’Antonieta avait travaillé dans la maison de son père, Vidal Ramos, homme politique lui aussi, et entretenait de bonnes relations avec la famille. Flávia explique :

Le parti, sentant que la société était en train de changer dans les années 1930, et voulant afficher une image de modernité, a vu une opportunité en Antonieta, déjà très respectée par l’élite en raison de son travail dans l’éducation. Certes, elle a dû affronter les préjugés en raison de sa couleur de peau et à cause de son sexe. Dans les années 1930, il y avait encore des discussions sur les prédispositions biologiques des femmes, qui les prétendaient incapables d’occuper des fonctions publiques. A cette époque, socialement on les acceptait seulement dans les fonctions liées à l’enseignement et à la vie familiale.

L’école créée par Antonieta a continué à fonctionner pendant près de 10 ans après sa mort. Et les débats qu’elle a introduits dans l’assemblée de l’Etat sont toujours pertinents. Pour Flávia Person, cela montre comment l’histoire oublie souvent les femmes, même quand elles en sont des protagonistes.

Le nom de la première députée noire survit d’autres manières encore. Dans l’Etat de Santa Catarina, un groupe d’enseignantes noires débattent de l’éducation, de l’égalité et de la politique publique sur une page Facebook intitulée “Autres Antonietas”. Cette année, le ministère de la promotion des politiques sociales pour l’égalité raciale du gouvernement fédéral a lancé le prix Antonieta de Barros pour distinguer de jeunes communicants noirs.

Quand on lui demande ce que penserait Antonieta du Brésil d’aujourd’hui, où les gouverneurs combattent les étudiants qui demandent plus d’écoles, où les femmes sont encore minoritaires dans la vie politique et voient leurs droits menacés au Congrès, mais aussi où le débat entre les sexes est en plein essor, Flávia répond :

C’est sûr qu’elle aurait elle aussi crié Fora Cunha [“Cunha, dehors”; Eduardo Cunha est le président de la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès du Brésil]

Pour plus d’informations sur le documentaire “Antonieta”, consultez la page officielle du film (en portugais).

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Ce billet a été écrit en portugais par Fernanda Canofre traduit en anglais par Taisa Sganzerla et en français par moi pour globalvoices.org. Fernanda Canovre est une brésilienne diplômée en journalisme de l’Université de Passo Fundo et détient un Master en histoire de l’Université de Coimbra.

Taisa Sganzerla est rédactrice en chef de Global Voices. Elle s’intéresse principalement au Brésil, mais aussi à l’Asie du Sud-Est et à l’Europe.

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Droits de l'Homme

Le conflit entre le Ghana et la Guinée ne cesse de s’envenimer

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Ce texte est extrait du mensuel français monde-diplomatique.fr, écrit par Philippe Decraene, chef de la rubrique Afrique noire au journal Le Monde et rédacteur en chef de La Revue française d’études politiques africaines.

 Sous prétexte que M. Sekou Touré détiendrait illégalement dans son pays des citoyens ghanéens, le gouvernement du général Ankrah faisait procéder, à la veille de l’ouverture du sommet de l’O.U.A., à l’arrestation de la délégation guinéenne à cette conférence. Conduits par M. Lansana Beavogui, ministre des affaires étrangères, dix-neuf ressortissants guinéens, dont l’avion avait fait escale à Accra, y étaient interceptés par la police ghanéenne, puis séquestrés pendant plusieurs jours, placés dans l’impossibilité de se rendre à Addis-Abéba.

Cet acte contraire au droit international a eu de graves répercussions immédiates. Il contribua notamment à faire peser une atmosphère de malaise sur les travaux du quatrième sommet de l’organisation panafricaine. Il a surtout gravement affecté les relations entre la Guinée et le Ghana, dont tout porte à croire qu’elles ne vont cesser de se détériorer.

Certes, passé le moment de stupéfaction, aussitôt connue la nouvelle de l’arrestation à l’escale d’Accra de la délégation guinéenne, les offres de « bons offices » affluèrent. C’est ainsi que l’empereur Hailé Sélassié, dont la capitale abrite le siège du secrétariat général de l’O.U.A., envoya immédiatement auprès du général Ankrah son ministre de la justice. Soucieux d’assurer le succès d’une réunion qui se tenait pour la deuxième fois en Ethiopie, le Roi des rois entendait ne négliger aucun effort qui pût amener les dirigeants du Ghana à entendre raison.

L’initiative éthiopienne devait être accompagnée de plusieurs autres, les unes prises à l’échelon national — ce qui fut le cas pour le Nigeria, — d’autres mises au point dans le cadre de l’O.U.A. C’est en définitive à l’action de la mission spéciale dépêchée dans la capitale ghanéenne par l’organisation panafricaine que l’on doit la remise en liberté des Guinéens arbitrairement arrêtés. Cependant, si M. Justin Bomboko, ministre des affaires étrangères du Congo-Kinshasa, se montra assez habile pour faire lâcher prise aux dirigeants du Conseil national de libération d’Accra, les dirigeants de l’O.U.A. se révélèrent, pour leur part, impuissants à réconcilier Guinéens et Ghanéens.

Comme il arrive souvent en pareil cas dans les organisations internationales, une motion de félicitations fut décernée au « Comité des sages » et à la mission de paix de l’O.U.A. pour « les efforts qu’ils ont déployés en vue de résoudre la crise survenue entre le Ghana et la Guinée ». Cependant, la controverse entre Conakry et Accra a pris un tour si aigu que l’on voit mal comment les points de vue des deux gouvernements pourraient aujourd’hui se rapprocher.

Une querelle vieille de dix mois

En fait, la querelle entre Guinéens et Ghanéens remonte à février dernier. Au cours des dix mois qui suivirent l’éviction du Dr Kwame Nkrumah de la scène politique ghanéenne, le fossé n’a cessé de s’agrandir entre les deux Républiques de Guinée et du Ghana.

Les dirigeants du Conseil national de libération reprochent d’abord à M. Sekou Touré d’avoir accordé asile au président de la République ghanéenne déchu de son poste au moment où il se trouvait en voyage en Chine populaire. Ils admettent surtout fort mal que le leader guinéen ait estimé utile d’offrir au Dr Kwame Nkrumah de partager avec lui la présidence de la République de Guinée. Certes, ce geste ne paraît guère devoir revêtir d’autre signification que symbolique, mais il irrite les auteurs du putsch de février.

On peut faire les mêmes remarques au sujet des projets prêtés à M. Sekou Touré de nommer son ancien collègue Kwame Nkrumah chef de la délégation guinéenne à l’O.N.U. afin de donner à ce dernier une tribune internationale. D’autre part, il ne faut pas oublier que les autorités guinéennes apportent une aide directe au Dr Nkrumah en l’autorisant notamment à lancer à partir de Conakry des appels réguliers invitant la population du Ghana à se soulever en sa faveur. Apparemment sans effet, ces messages radiophoniques que le président déchu adresse régulièrement à ses compatriotes constituent autant d’actes d’hostilité à l’encontre des nouveaux dirigeants ghanéens.

L’attitude agressive adoptée dès le début du printemps par M. Sekou Touré à l’égard de la République de Côte-d’Ivoire, un moment menacée par lui d’invasion, n’est évidemment pas spécialement apte à créer un climat de détente. C’est en effet parce qu’il envisageait -ou feignait d’envisager – une action militaire contre le Ghana que le président de la République guinéenne suscita une telle psychose d’insécurité que les troupes ivoiriennes firent mouvement vers les confins proches de la Haute-Guinée.

La tension artificiellement créée en Côte-d’Ivoire et au Ghana par les dirigeants guinéens a évidemment contribué à isoler ces derniers. Et, toutes proportions gardées, M. Sekou Touré se trouve, en décembre 1966, entouré par un véritable « cordon sanitaire » qui n’est pas sans rappeler celui qui enserrait encore le Ghana avant la chute du Dr Kwame Nkrumah.

En souvenir de l’union Guinée-Ghana …

L’attitude de M. Sekou Touré à l’égard de l’ancien président de la République ghanéenne ne saurait s’expliquer sans faire référence à l’Union des Etats africains. Cet ensemble géopolitique dont beaucoup ignorent jusqu’au nom même, groupe théoriquement la Guinée, le Ghana et le Mali.

C’est le 23 novembre 1958 que, dans une première étape, MM. Sekou Touré et Kwame Nkrumah décidèrent de lier le sort de leurs Etats pour en faire le noyau des Etats-Unis d’Afrique chers au cœur de l’apôtre du panafricanisme. A cette date, moins d’un mois après le « non » de M. Sekou Touré à la Communauté franco-africaine proposée par le général de Gaulle, le gouvernement ghanéen préleva un crédit de 10 000 livres sur les fonds de réserves du Cocoa Marketing Board pour aider la jeune République guinéenne à consolider son indépendance.

Certes, par la suite, l’union Guinée-Ghana devait rester « mort-née ». Cette situation s’explique à la fois par des considérations financières, économiques et linguistiques, sans omettre, bien sûr, quelques explications de caractère politique. En dépit de sa sortie de la zone franc en mars 1960, la Guinée ne donna en effet jamais son adhésion à la zone sterling à laquelle appartient le Ghana. Le déséquilibre économique existant entre un Ghana prospère, producteur de cacao, de manganèse, de diamants, de bois tropicaux, et une Guinée aux ressources modestes (essentiellement bananes et bauxite) risquant d’entraîner une véritable mise en tutelle de l’un des Etats par l’autre, les rapports restèrent en fait toujours réduits à leur plus simple expression.

L’adhésion du Mali en 1960 à l’union Guinée-Ghana ne parvint pas à donner vie à un ensemble dont rien n’est officiellement venu sanctionner l’échec — contrairement à ce qui s’est produit en août 1960 pour la Fédération du Mali — mais dont rien ne justifie en fait l’existence.

En tout état de cause, que l’union Guinée-Ghana-Mali fût effectivement restée dans les limbes, que cette organisation se soit ou non mal accommodée de la forte personnalité des présidents Sekou-Touré et Kwame Nkrumah, le premier de ces hommes a conservé à l’égard du second une fidélité dont il faut rechercher les raisons dans l’attitude de coopération adoptée par le Dr Kwame Nkrumah à l’égard de la Guinée dès l’accession de cette dernière à la souveraineté nationale.

De profondes divergences idéologiques

Au surplus, tout sépare aujourd’hui le Ghana du général Ankrah de la Guinée de M. Sekou Touré. Les options idéologiques sont en effet profondément différentes à Accra et à Conakry.

Depuis qu’ils se sont emparés du pouvoir par la force, les dirigeants du Conseil national de libération s’efforcent en effet de multiplier les ouvertures en direction de leurs voisins francophones, ainsi qu’en direction des puissances occidentales. Sans rompre formellement avec le gouvernement de Pékin, ils ont chassé de leur pays les experts et diplomates communistes chinois. Enfin, tournant résolument le dos aux « voies socialistes » ghanéennes tracées par le Dr Kwame Nkrumah, ils ont proclamé leurs préférences pour le capitalisme libéral.

Une des premières initiatives du général Ankrah a été de normaliser les rapports du Ghana avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Niger, pays dans lesquels on prêtait à l’ancien président de la République ghanéenne des projets subversifs. Longtemps closes, les frontières du Ghana avec le Togo d’abord, puis la Haute-Volta et la Côte-d’Ivoire ont ainsi été rouvertes. Des accords de coopération ont même été récemment conclus, notamment en matière de défense, entre le Ghana et ses voisins, tandis qu’une mission ghanéenne de bonne volonté se rendait en France pour renouer un dialogue que l’attitude hostile adoptée par le Dr Nkrumah à l’égard de ses collègues francophones avait momentanément rompu.

De son côté, M. Sekou Touré reste en très mauvais termes avec les Etats modérés de l’Organisation commune africaine et malgache (O.C.A.M.), notamment avec les cinq pays membres du Conseil de l’Entente dont la Côte-d’Ivoire est le chef de file. Les relations entre la Guinée et les Etats-Unis se sont d’autre part brutalement détériorées depuis que M. Sekou Touré a décidé l’expulsion de Guinée des membres du Corps de la Paix afin de protester contre ce qu’il qualifie de « complicité » entre Washington et Accra. En effet, on est convaincu à Conakry que le fait que l’avion à bord duquel voyageait la délégation guinéenne au « sommet » de l’O.U.A. appartienne à la compagnie américaine Panam n’est pas étranger à l’arrestation de M. Lansana Beauogui et de sa suite.

Et, tandis que le gouvernement américain a pratiquement décidé la suspension de son aide économique et financière aux dirigeants guinéens, ces derniers ne cessent de renforcer leur coopération avec la Chine communiste. C’est ainsi que le 16 novembre, après que M. Chou En-Lai eut reçu M. Ismaël Touré, un accord prévoyant l’octroi d’un important prêt chinois et un protocole commercial pour l’année fiscale 1967 ont été conclus à Pékin.

Dans ces circonstances, il est donc aisé de constater tout ce qui oppose Guinéens et Ghanéens — dont les Etats restent théoriquement unis au Mali au sein de l’Union des Etats africains (U.E.A.), — tandis qu’on perçoit en revanche fort mal ce qui peut les rapprocher les uns des autres.

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Gouvernance

Où et comment se transmet vraiment la COVID-19

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Les dernières recherches indiquent que les événements de super-diffusion jouent un rôle crucial dans la pandémie, suggérant les endroits et les comportements que nous devrions éviter afin de nous défendre contre la contagion.
Nous avons appris à craindre la contagiosité du coronavirus SRAS-CoV-2, qui, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait déjà avoir infecté un dixième de la population humaine. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être face à la propagation de la pandémie, la plupart des personnes qui sont positives pour le prélèvement n’infectent personne. C’est la conclusion de la plus vaste étude de suivi épidémiologique menée jusqu’à présent sur COVID-19, qui vient d’être publiée par la revue Science.
L’étude qui s’est déroulée dans les États indiens de l’Andhra Pradesh et du Tamil Nadu, où les systèmes de santé disposent de systèmes de surveillance efficaces mis au point pendant l’épidémie de sida, a analysé plus d’un demi-million de personnes qui ont été soumises à un prélèvement. Les résultats confirment une suspicion qui, ces dernières semaines, est devenue beaucoup plus forte : le SRAS-CoV-2 ne se propage pas dans la population de manière uniforme mais par grappes (ou groupes, dans le jargon des épidémiologistes). Dans l’étude de Science, en effet, alors que 70 % des personnes testées positives n’ont infecté personne d’autre, 60 % de toutes les infections sont attribuables à seulement 8 % des personnes infectées.

Une autre étude menée à Hong Kong et publiée dans la revue Nature Medicine aboutit à des conclusions très similaires : moins de 20 % des personnes infectées ont causé 80 % des infections, tandis que près de 70 % des personnes positives par écouvillonnage n’ont pas infecté d’autres personnes. En comparant les résultats des différentes études disponibles, on estime aujourd’hui que 10 à 20 % des personnes positives sont responsables d’au moins 80 % des infections.

L’épidémie de COVID-19 semble donc progresser sous la pression d’événements individuels dans lesquels une personne positive se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et finit par infecter beaucoup d’autres personnes. Le cas le plus célèbre s’est produit en février à Daegu, en Corée du Sud, lorsqu’une femme de 61 ans, appelée Patient 31, a infecté une cinquantaine de membres de sa propre église, donnant lieu à un cluster de plus de 5 000 contagions.

Un épisode plus circonscrit et aux conséquences encore plus importantes s’est produit le 26 septembre à la Maison Blanche, lors d’une cérémonie au cours de laquelle le président Donald Trump a annoncé la nomination d’Amy Coney Barrett comme juge de la Cour suprême ; bien que l’événement se soit déroulé en plein air, peu d’invités portaient des masques et respectaient la distance sociale, de sorte qu’au final, 13 contagions ont été comptées, dont le président, la première dame et deux sénateurs.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, ne parlent pas fort, ne chantent pas ou ne font pas d’exercice.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur (ou super-épandeur, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-contagieux, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre comme d’habitude, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, parlent fort, chantent et ne font pas d’exercice physique.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur contagieux (ou superspreader, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-diffuseurs, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

La plupart de ces événements ont eu lieu dans des hôpitaux, des maisons de retraite, des transports, des bars et des restaurants, des salles de sport, des usines de transformation de la viande, des réunions d’affaires, des lieux de culte, des centres d’appel, des prisons, des bateaux de croisière et lors d’événements tels que des mariages, des funérailles ou des fêtes privées. Selon une enquête menée aux États-Unis, les écoles semblent être moins menacées qu’on ne le craignait; cependant, comme elles n’ont été rouvertes qu’il y a quelques semaines dans la plupart des régions du monde, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Le facteur k

Dans les premiers stades de l’épidémie, la communauté scientifique s’est longtemps interrogée sur la contagiosité du nouveau coronavirus. Pour estimer la facilité avec laquelle un agent pathogène se transmet d’une personne à l’autre, on utilise le paramètre R0, qui représente le nombre moyen de personnes infectées par un seul individu si aucune précaution n’est prise. Le R0 est donc une caractéristique intrinsèque de l’agent pathogène et est estimé à environ 2,5 pour le coronavirus SARS-CoV-2. Dans le monde réel, cependant, les gens apprennent à se protéger et la contagiosité réelle a tendance à diminuer. Les épidémiologistes utilisent donc un deuxième paramètre, Rt, qui est le taux de contagiosité détecté lorsque des mesures sont prises pour contenir la propagation de la maladie.

Il existe cependant un troisième paramètre, moins connu des chroniques mais crucial pour comprendre l’évolution de la pandémie COVID-19. Il est appelé facteur de dispersion et est indiqué par la lettre k. Plus le k est grand, plus l’infection se transmet uniformément dans la population, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière. COVID-19, au contraire, ainsi que le SRAS, semblent être caractérisés par un faible facteur de dispersion, ce qui indique que la contagion se propage à partir de quelques individus infectant de grands groupes de personnes, donnant naissance à un cluster.

Si c’est le cas, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle est qu’il est plus difficile de prévoir l’évolution de l’épidémie car le hasard joue un rôle important. Au lieu de suivre un courbe graduelle et déterministe, comme c’est le cas pour la grippe, la COVID-19 a un cours stochastique, de sorte que ce qui s’est passé hier n’offre pas d’indications fiables sur ce qui nous attend demain. Peu d’événements de super-diffusion peuvent amplifier les contagions et dynamiser la courbe épidémique : en peu de temps, on peut passer d’une phase de calme relatif à une explosion de cas impossible à endiguer en l’absence de vaccin ou de restrictions drastiques. C’est peut-être ce qui s’est passé en Italie le 19 février dernier, lorsque le match de Ligue des champions entre l’Atalanta et Valence s’est déroulé au stade San Siro de Milan, un événement qui a provoqué environ sept mille infections qui auraient pu donner l’impulsion décisive à la première vague de l’épidémie.

La bonne nouvelle est que le rôle prépondérant de la super-diffusion peut nous montrer les endroits à éviter et les contre-mesures à prendre pour se défendre contre la contagion. Les lieux bruyants et bondés, où les gens baissent leur masque pour boire, manger ou parler, et où les gens sont obligés d’élever la voix ou de se pencher pour se parler, figurent en tête de liste des lieux à risque. Plus généralement, là où il y a beaucoup de monde, il est plus difficile de garder ses distances et la probabilité qu’une personne soit infectée parmi les personnes présentes augmente. Le risque augmente encore si l’espace est intérieur et mal ventilé ; au contraire, il diminue s’il y a un système d’échange d’air, si vous portez le masque, si vous réduisez le bruit.

Même une activité physique intense à l’intérieur peut être dangereuse parce que vous respirez plus fort, en émettant et en inhalant plus de gouttelettes potentiellement infectées. En Corée du Sud, les cours de fitness dans les gymnases de Cheonan ont déclenché une chaîne d’infection, contrairement aux cours de yoga dans les mêmes installations. Enfin, plus vous restez longtemps dans un endroit à risque, plus vous courrez le risque d’être infecté. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis estiment le temps nécessaire pour que la transmission virale se produise en 15 minutes au moins.

Repenser les contre-mesures

Interviewé par The Atlantic, l’épidémiologiste Samuel Scarpino de la Northeastern University (États-Unis) a expliqué que les autorités sanitaires occidentales, habituées à utiliser la grippe saisonnière comme modèle pour la gestion des épidémies, ont sous-estimé la grande capacité du coronavirus à se propager en grappes, contrairement à l’Asie, sur la base de l’expérience acquise avec le SRAS. Nous avons peut-être trop discuté de R0 et Rt, mais pas assez du facteur de dispersion k, qui est plus utile pour comprendre la dynamique de la pandémie de COVID-19 et pour aborder les restrictions visant à limiter les circonstances qui favorisent la super-diffusion.

Selon l’enquête d’Atlantic, la reconnaissance de l’importance de la diffusion des grappes devrait également remettre en question la manière dont le contact tracing (la recherche des contacts) est effectuée. Plutôt que de rechercher les personnes avec lesquelles un patient est entré en contact après avoir contracté l’infection – comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des régions du monde, y compris en Italie – il pourrait être beaucoup plus efficace de revenir en arrière, en identifiant la personne à l’origine de l’infection, qui est plus susceptible d’avoir infecté d’autres personnes également. L’aide devrait bientôt venir des prélèvements anti-géniques qui, bien que moins sensibles que les prélèvements moléculaires, sont beaucoup plus rapides et moins chers, ce qui permet de mener des enquêtes à grande échelle.

Le suivi rétrospectif utilisé en Corée du Sud et au Japon semble avoir aidé à contrôler la propagation de l’épidémie. Lorsque plusieurs groupes liés aux boîtes de nuit de Séoul sont apparus plusieurs clusters ces derniers mois, les autorités ont suivi des dizaines de milliers de personnes qui avaient fréquenté les lieux où la super-diffusion s’était produite, qu’elles aient ou non été en contact avec les personnes dont le test de dépistage était positif, parvenant ainsi à maîtriser les foyers.

Au Japon, les autorités sanitaires recommandent la règle des trois C : éviter les espaces fermés mal ventilés, les espaces encombrés et les contacts rapprochés. Et quand ce n’est pas possible, comme dans le métro, il faut toujours porter un masque et ne pas parler. Même dans les stades, les supporters ne sont pas autorisés à encourager leur équipe favorite. Les parcs publics sont restés ouverts, mais vous ne pouvez ni crier ni chanter. En substance, les règles adoptées sont moins restrictives mais visent à éviter les super-émissions, en tenant compte également de tout mode de transmission par voie aérienne : non seulement les éternuements et la toux, mais aussi l’aérosol que nous émettons en respirant et en parlant.

Les risques des aérosols

Pour ne pas succomber, un virus n’a qu’une seule chance : passer d’un corps à l’autre avant que les défenses immunitaires ne prennent le dessus ou que l’organisme hôte ne meure. Depuis qu’il circule chez l’homme, le SRAS-CoV-2 a mis au point (en termes d’évolution) divers stratagèmes pour y parvenir. Elle utilise principalement les désormais tristement célèbres gouttelettes, les gouttelettes de mucus et de salive que nous expulsons en éternuant et en toussant, ou en chantant et en parlant à voix haute. Mais la transmission virale peut aussi se faire par contact direct et prolongé avec une personne infectée, comme cela se produit dans les hôpitaux et dans la famille, ou par contact indirect avec une surface contaminée.

Depuis un certain temps, les experts débattent de l’hypothèse selon laquelle le SRAS-CoV-2 peut également être transmis par l’aérosol que nous émettons lorsque nous respirons et parlons normalement. Plus petites et plus légères, les gouttelettes d’aérosol peuvent fluctuer dans les courants d’air pendant une longue période, surtout si l’environnement est fermé et non ventilé. En juillet, 239 scientifiques avaient écrit une lettre ouverte à l’OMS pour exprimer leur inquiétude quant à la transmission d’aérosols, qui, si elle était reconnue, les obligerait à revoir les règles de sécurité dans les espaces clos, en les équipant de systèmes de filtration d’air ou en ouvrant les fenêtres au moins toutes les heures.

La diffusion de l’aérosol pourrait expliquer plusieurs épisodes de super-diffusion dans les restaurants, les transports et les espaces ouverts des entreprises où la contagion s’est produite même entre des personnes qui se trouvaient à plus de deux mètres (celle qui recouvre généralement les gouttelettes avant de tomber au sol). Les preuves se sont multipliées, mais le pistolet fumant n’a pas encore été trouvé. La collecte des minuscules gouttelettes d’aérosol sans détruire le coronavirus s’est jusqu’à présent révélée être un véritable exploit, et il n’est pas certain que le CoV-2 du SRAS conserve sa capacité infectieuse même dans ces minuscules gouttelettes.

Après de nombreuses hésitations, les CDC américains ont également reconnu ces derniers jours ce mode de transmission, alors que pour l’OMS, les preuves sont encore insuffisantes. Une attitude conservatrice qui risque de retarder l’introduction de mesures de précaution dans des environnements fermés où la super-diffusion est plus susceptible de se produire. En cas de doute, comme toujours, il vaut mieux pécher par excès de prudence.

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Ce billet du Prof. Giancarlo Sturloni que j’ai traduit de l’italien a été publié  sous licence Creative Commons en premier lieu en italien oggiscienza.it le 13 octobre 2020.

Giancarlo Sturloni est journaliste scientifique expert en communication des risques. Il exerce ses activités de communication, de formation et de conseil dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il est co-fondateur du collectif NatCom – Communiquer nature, science & environnement.

Il enseigne la communication des risques à l’École internationale d’études avancées (SISSA) de Trieste et à l’Université de Trieste.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La communication des risques pour la santé et l’environnement » (Université Mondadori, 2018) et « La planète toxique » (Plan B, 2014). Avec Daniela Minerva, il a édité le livre « De quoi parlons-nous quand nous parlons de médecine » (Codice, 2007).

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Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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