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Guinée: Le nouveau bureau de l'Association des victimes du Camp Boiro

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Ce 2 février 2014, l’Association des victimes du Camp Boiro a tenu une Assemblée générale à Dixinn auprès de la famille de feu El Hadj Fofana, une autre victime du régime dictatorial de Sékou et sa bande de tueurs. L’ordre du jour était:

1.       Situation de caisse ;

2.       Discussion de la fixation des cotisations ;

3.       Discussion sur la structure nouvelle du bureau ;

4.       Élection du nouveau bureau ;

5.       Divers.

Décisions
Nouvelle structure du Bureau :
Présidence : 1
Vice-présidence : 1
Secrétariat Général : 2
Secrétariat à la Communication : 2
Secrétariat à l’organisation : 2 + 1 suppléant(e)
Trésorier : 2
Secrétariat administratif : 1
Coordinateur des Commissions : 1
Commissions techniques (CT) : 3
CT1 : Droit et Justice
CT2 : Archives et Livre Blanc de la « complotite »
CT3 : Veille et Alerte pour que « Plus Jamais Ça » : 1

Membres élus :
Président : Sidikiba KEITA
Vice-président : Alpha Oumar Telli DIALLO
Secrétaire Général : Abass BAH
Adjoint : Nadine BARI
Secrétaire à la coordination des commissions techniques : Mody Bacar BARRY
Secrétaire à la communication : Ahmadou TOUNKARA
Adjoint : Oumar DIALLO
Secrétaire aux relations extérieures chargé du fundraising : Moïse FILOA
Adjoint : Abdoulaye CONTE
Secrétaire à l’organisation : Bouba GUEYE
Adjoint : Cheick CAMARA
Suppléante : Hawa KASSORY
Secrétaire affaires sociales et santé :  Kadiatou TOURE
Adjoint : Bintou SAGNO
Trésorière : Mama Kara KEITA
Adjoint : Fatmé MAGASSOUBA
Présidente CT1 Droit & Justice : Nènè Ami BARRY
Président CT2 Archives et Livre Blanc sur la « complotite » : Cheick Ahmed KASSORY
Président CT3 Veille et Alerte pour que « Plus Jamais Ça » : Mamoudou CONDE.
Situation financière:
La caisse contient 6 337 000GNF à date.
Les cotisations sont mensuelles et sont fixées à 5000 GNF minimum. Ceux qui en ont la possibilité pourront contribuer davantage, sans limitation.

Au titre des divers, une cotisation spontanée de quelques membres ont permis de porter une assistance financière au fils aîné, frappé d’hémiplégie, de notre regretté Elhadj FOFANA , dont la concession a servi de cadre à la réunion. Au nom de l’AVCB, la somme a été portée par la secrétaire aux affaires sociales et santé, Mme TOURE Kadiata DIALLO.
Suite à son élection, le nouveau Président a prononcé une allocution de prise de fonctions dont l’assemblée a demandé une large diffusion sur tous média. Notamment sur  Nostalgie, a insisté M. Bouba GUEYE.

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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Camp Boiro

Voici pourquoi Sékou Touré a tué le capitaine Lamine Kouyaté

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Corrigé le 8 mars 2021

Le capitaine Lamine Kouyaté n’était pas un ange, loin de là, mais nous ne pouvons pas ne pas évoquer ici les raisons de son arrestation et de sa mise à mort par le tyran Sékou Touré. Je vous invite à lire ces pages douloureuses telles que vécues par cet autre rescapé le Lieutenant-colonel Camara Kaba 41, auteur du livre Dans la Guinée de Sékou Touré :  cela a bien eu lieu

Dans le groupe des assassinés du «complot peulh » il y avait deux officiers. Il s’agit de Kouyaté Lamine, avec lequel nous avons fait connaissance depuis Kankan et qui fut l’aide de camp de Sékou Touré , l’officier qui déposa une nuit l’adjudant Kassoum Traoré à Boiro. Le second, c’est le lieutenant Diallo Alassane du génie route de l’armée qui a fait ses études en Allemagne fédérale.

Le capitaine Kouyaté ne faisait pas partie, contrairement aux officiers arrêtés, de la liste établie par le commandant Mamady, et pour cause ! Il est le beau frère de Mamady. C’est Madame Andrée Touré, l’épouse de Sékou, qui perdit le capitaine Kouyaté Lamine. Ce dernier avant de mourir, a confié au mur de sa cellule ses ressentiments. Il s’en prenait à Moussa Diakité. Il a peut-être raison, mais il y a une vérité complémentaire, à savoir que Andrée Touré était amoureuse du beau et fort capitaine et jalouse de Mme Tolbert 37 qui trouvait également cet officier à son goût.

C’était à Monrovia, en 1975, lors de la fameuse réconciliation de Sékou avec Senghor et Houphouët. C’est là que Mme Tolbert remarqua l’athlétique aide de camp, immobile et vigilant sous la pluie.

— Votre aide de camp est formidable ! confia Madame Tolbert à Madame Sékou Touré . Vous en avez de la chance ! ajouta-t-elle.

— Oui, il est bien bâti ; répondit Andrée Touré en souriant d’un sourire contracté.

Après Monrovia, en 1976, Madame Tolbert fit un tour à Conakry et retrouva le beau capitaine au Palais. Maladroite, elle parla encore en bien de l’aide de camp de Sékou. Avant même que madame Tolbert ne quitte Conakry, Andrée Touré dit un jour à Sékou :

— Madame Tolbert est amoureuse de ton aide de camp.
En disant cela, elle avait la mine triste.
— N’est-ce pas ? questionna Sékou.
— Elle m’en a parlé à Monrovia et ici, le jour même de son arrivée.

Sékou Touré ricana. Kouyaté était perdu. Il n’est pas Peulh, mais il fit partie du « complot peulh ». Jai dit au début que je ne parlerai pas de la vie intime ni de Sékou ni de ses tortionnaires dans ce témoignage. Mais je ne suis pas le seul à savoir ce qu’il y a entre Mme Tolbert et Sékou Touré , comme d’ailleurs entre la plupart des belles femmes (épouses) de ses pairs africains et Sékou. Il faut reconnaître que peu de femmes résistent au charme de Sékou. Ce qu’il m’est impossible de savoir :

est-ce à cause d’Andrée Touré ou à cause de Mme Tolbert, ou alors à cause des deux que Sékou a tué le capitaine Lamine Kouyaté ?

Je certifie seulement que tous les aides de camp, à part le commandant Sidi Mohamed, ont été tués à cause d’Andrée Touré ; et l’un d’eux, le lieutenant Dia Gouréyssi, est mort de mort mystérieuse. On a parlé de jaunisse. C’est faux.

Le dernier officier mort dans l’affaire Telli, le lieutenant Diallo Alassane du génie-route, a été tué à cause d’Andrée Touré ; pourtant lui, n’a jamais été aide de camp. Voici ce qui s’est passé. Le ministre de l’Armée, Sagno Mamady effectua une mission au début de 1970, en Allemagne fédérale. Il y alla avec le lieutenant Diallo Alassane qui parlait couramment l’allemand. C’est en l’absence du ministre Sagno que je fus nommé attaché militaire. A son retour, il me trouva à son cabinet.

Le ministre Sagno et le lieutenant Alassane avaient trouvé Mme Andrée Touré en cure en Allemagne fédérale. Sékou était très bien informé. Il en voulut au jeune et beau officier qui accompagnait le ministre Sagno Mamady en Allemagne. Il crut fermement au début que c’était moi, l’attaché du ministre. Cette conviction de Sékou, en plus du fait que je figurais sur la liste des «douteux » dans l’Armée, me perdit ; sans compter d’autre part que je suis marié à une Peuhle. Quand Sékou et Siaka se rendirent compte, en 1972, que ce n’était pas moi qui avait accompagné Sagno Mamady mais bien le lieutenant Alassane, ils le portèrent sur la liste des gens du « complot » suivant, celui de 1976.

Avant qu’on ne mette Kouyaté Lamine en diète noire, Saran, — qui logeait dans le 2ème bâtiment aux portes de fer, bâtiment qui se trouve dans le même prolongement que celui qu’occupait le capitaine Kouyaté Lamine — aperçut un jour ce dernier au moment où on lui donnait son assiettée de riz.
— Dieu est vraiment grand, Kouyaté. Tu m’as rejointe ici. Tu aideras aussi la Révolution, mon frère.

Lire également: Camp Boiro: Tu enfanteras dans la douleur ou comment Saran confessa des crimes jamais commis

Le capitaine regarda tristement Saran qui se tenait les reins et qui riait. Elle n’oubliera jamais son vagin arraché par le capitaine Kouyaté, qu’elle voyait là, seul dans sa cellule, en tricot rouge aux manches brodées de blanc.

Saran ne se sentit plus vengée par le Bon Dieu quand on sortit en plein jour le corps recroquevillé du géant et beau capitaine Kouyaté après 14 jours de diète noire. Elle fut triste et pleura même.

Je vous ai parlé de la désintégration progressive des sentiments chez nous les détenus. La mort de nos camarades ne troublait guère plus, par exemple, nos jeux de damier ou de belote. A force de vivre dans nos cellules avec les cadavres, la mort ne nous disait plus rien.

— Enfin le cauchemar est fini pour eux ! ils sont au paradis pour l’éternité, disions-nous.

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Camp Boiro

Les membres des familles Touré et Keïta ont exercé un pouvoir sanguinaire et sans partage en Guinée de 1958 à 1984

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Au nom de sa pseudo révolution, Sékou Touré et ses acolytes ont trahi, torturé et humilié ceux qui auraient pu mettre en valeur l'énorme potentiel de la Guinée
Si le système sanguinaire instauré en Guinée par le premier président de la Guinée, Ahmed Sékou Touré, a sévi dans toutes les ethnies, toutes les régions et toutes les couches, il y a eu un noyau dur qui a été utilisé ou a servi volontairement les sinistres desseins du dictateur. Ce sont les membres de sa famille, de celle de sa femme et les béni-oui-oui qui gravitaient à leurs cotés qui ont été  les seuls parmi tous ceux qui ont été nommés à des postes de responsabilité à avoir survécu pendant toute la période sombre de l’histoire du pays, à quelques exceptions près.

Le journaliste Mohamed Selhami traite dans le chapitre intitulé « Un seul gouvernement : la famille» au rôle joué par la famille du tyran et celle de sa femme dans la gestion des affaires guinéennes dans son livre « Sékou Touré Ce qu’il fut. Ce qu’il a fait. Ce qu’il faut défaire« . 

Qu’ils s’appellent Ismaël ou SiakaMamadi ou Seydou, qu’ils appartiennent à la lignée Touré (celle de Sékou) ou à la lignée Keita (celle de Hadja Andrée), ce sont eux qui ont exercé la réalité d’un pouvoir destructeur et accaparant.

Cet éminent journaliste commence par nous faire assister à une réunion de famille à Faranah, un matin de juin 1979, la ville natale de Sékou Touré. Mais les décisions qui sont prises concernent toute la nation.

La demeure d’Amara Touré, frère aîné du président, est pleine de monde. Il y a là les cousins et les cousines, les tantes et les oncles proches et lointains. Il y a aussi la femme du président, Andrée, son fils Mohamed et sa fille Aminata. [ErratumI. Baba Kaké précise qu’Aminata est née d’une précédente union de Sékou Touré avec Marguerite Colle. — T. S. Bah]. Assis en tailleur dans un coin du salon, le frère cadet du président, Ismael Touré.

Visage crispé sous sa chevelure grise, Ismaël fixe de ses yeux de vautour les quelques ministres qui sont venus participer à cette grande réunion de famille. On reconnaît encore Siaka Touré, Chérif Sékou, Mamadi et Seydou Keïta, le général Lansana Diané et d’autres dignitaires du régime liés à Sékou Touré par le sang ou par alliance.

Lire également: Quand les pouvoirs guinéens vont-ils dévoiler à la jeunesse ces crimes de Sékou Touré du 25 janvier 1971?

« Vive “Prési” ! » lancent les femmes en direction du chef de l’Etat qui, enveloppé dans un boubou blanc immaculé, s’en va s’asseoir à côté de son épouse. Amara Touré prend la parole : « Je vous ai réunis pour m’aider à réconcilier Sékou et Ismaël. Leur rupture cause du tort à la famille et risque de la démanteler. Je suggère à Ismaël qui est notre cadet de demander pardon à notre président. » Celui-ci ne dit mot. Il écoute et acquiesce en hochant la tête. Et c’est les larmes aux yeux qu’Ismaël se lève et se dirige vers son frère qu’il embrasse sur le front. Sékou se lève à son tour et serre dans ses bras le frère repenti.

Finie la peur du démantèlement. Le clan Sékou a retrouvé son unité. Du coup, le président téléphone de Faranah à son Premier ministre Lansana Béavogui resté à Conakry et lui dicte la teneur d’un décret qui prend effet le jour même : « Ismael Touré réintègre ses fonctions officielles au sein du bureau populaire national et au gouvernement. Il devient ministre des Mines et de la Géologie. »

Trois mois auparavant, un premier décret avait annoncé son limogeage des instances politiques du pays. Et Ismaël Touré avait été mis à la disposition du ministère du Travail qui devait lui allouer une… indemnité de chômage. Mais Ismaël a ses supporters dans le clan familial. Peut-être même la neutralité de l’épouse du président, Andrée, une métisse jadis chrétienne, qui de son podium de «première dame de Guinée » influait par ses intrigues sur la vie politique du pays et par son tempérament calme et serein sur la vivacité et la rigueur de son mari. C’était l’une des pièces maîtresses du clan Sékou.

Mais qu’est-ce au juste, le clan Sékou ? Au commencement est un mariage : en 1956, à l’âge de trente-quatre ans, Sékou, de père inconnu, épouse Andrée, née d’un père français, le Dr Marie-Duplantier qui ne l’avait pas reconnue, et d’une mère guinéenne. Mais les deux époux portaient chacun le nom de leur beau-père, Touré pour l’homme et Keita pour la femme. Cette union allait établir les deux principales branches du clan Sékou : Touré et Keïta. Elles marqueront de leur sceau la jeune république guinéenne façonnée suivant leurs propres désirs Et ce sera une Guinée misérable bâillonnée sans âme et ni flamme.

Lire également: Voici comment la barbarie et le dogmatisme de Sékou Touré avec sa bande ont plombé la Guinée

Ces Touré et ces Keïta n’auront qu’une ambition : s’enrichir, fût-ce — et ce le sera — au détriment de la population qui verra les richesses du pays s’envoler vers des banques étrangères et ses enfants le plus souvent acculés à fuir vers d’autres horizons. Tentons une rapide radioscopie des deux branches.

Les Touré

Sékou a deux frères : Amara, son aîné, et Ismaël, son cadet. Frères ? Demi-frères plutôt car le futur chef dEtat était déjà adolescent lorsque sa mère épousa le père d’Amara et d’Ismaël. Il prend alors le nom de son beau-père, Touré et, comble de délire, il se proclame descendant direct de l’Almamy Samory Touré, le résistant guinéen (?) mort en déportation, en 1900, au Gabon. Du coup, il gagne des cousins et des neveux, en particulier Siaka Touré, un militaire à qui il confiera le commandement du camp Boiro avant de le nommer ministre des Transports. Un autre cousin — un vrai celui-là parce qu’il appartenait à la famille de sa mère —, Lansana Diané, qui, de simple soldat, devient général à l’occasion de sa participation, en 1961, au « maintien de l’ordre » au futur Zaïre avec les casques bleus de l’ONU. Il deviendra même ministre de la Défense.

[Erratum. Lansana Diané était civil et vétérinaire. Lire à ce sujet Sékou Touré, le héros et le tyran et First American Ambassador to Guinea — T.S. Bah]

La sœur de Sékou, Nouncoumba, épouse Chérif Sékou, qui sera ministre de l’Intérieur. Mais le plus influent de la famille est incontestablement Ismaël qui osera faire des remontrances au président en plein conseil des ministres. Telle est sa puissance qu’il fait et défait des ministres. Ses ennemis, il les envoie au Camp Boiro sans même en référer au chef de l’Etat. Sékou Touré assume de toute façon les méfaits de son cadet.

Les Keïta

Andrée a élevé Mohamed et Aminata, en général classés Keïta, bien que la jeune fille soit une fille de Sékou mais pas d’elle-même. Mohamed a fait des études d’économie à l’Institut polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry. Sa sœur, juriste, est magistrat. Elle a épousé Mamadouba ‘Maxime’ Camara, qui fut un footballeur réputé. Il était chef de cabinet du ministre de la Coopération internationale. Andrée a su faire de son clan — celui des Keïta — l’égal, en matière de privilège et de pouvoir, de celui de son mari. Ses deux demi-frères, Mamadi et Seydou, occuperont très tôt des postes importants dans la hiérarchie administrative et politique.

En épousant Tata Keita, la demi-sœur cadette d’Andrée un « roturier « , Moussa Diakité, participera plusieurs fois au gouvernement. Une autre demi-sœur, un peu plus âgée que la première, a épousé N’Faly Sangaré. Ce dernier sera gouverneur de la Banque centrale puis représentant permanent de la Guinée au Fonds monétaire international.

[Erratum. Née peut-être Bah ou d’une autre union, Mme Diakité était l’épouse d’un “non-roturier”. Son mari, Moussa, était issu d’une grande famille de Fula-Wasulu de la région de Mandiana. Née Aissatou Bah, Mme Sangaré est originaire de Pita. Les jumeaux Lansana et Louceny Keita — officiers de l’armée — et Sayon Keita, la benjamine, complètent la liste des cadets utérins de Mme. Touré. Consulter l’ouvrage de Baba Kaké — T.S. Bah]

Pour boucler la boucle, la fille aînée d’Ismaël Touré, Mama Kountou, a épousé le fils de Moussa Diakité. Cela lui a permis d’être nommé conseiller « très spécial » à l’ambassade de son pays en Belgique.

La plupart de ces membres de familles autrefois influentes ont été à leur tour victimes de la violence extra-judiciaire qu’ils ont introduite en Guinée., à Kindia le 8 juillet 1985 par le régime de Lansana Conté, sans aucun jugement.

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Camp Boiro

Les exécutants des sales besognes du tyran Sékou Touré. 2ère partie

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Almamy Fodé Sylla

Après avoir décrit les membres et les rôles néfastes des différents Touré, appartenant à sa propre  et les Keïta, appartenant à celle de sa femme, Almamy Fodé Sylla décrit dans son livre L’Itinéraire sanglant les roles des sous-fifres qui ont contribué à la destruction morale, économique et sociale de la Guinée.

Almamy Fodé Sylla, disparu depuis septembre 2016, avait eu la chance de survivre aux atrocités du camp Boiro. Il avait été vice-président de l’Assemblée nationale sous la première législature de la deuxième république; ministre secrétaire général à la présidence; ministre de la fonction publique et du travail; ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

L’auteur était  tellement proche du Général qu’il était une des rares personnes qui montaient en voiture avec ce vieux dictateur. C’était une des personnes qui oeuvraient pour une véritable réconciliation nationale, en Guinée. Il était un ami intime de la famille d’Elhadj Diallo Boubacar Telli.

En 2002, lors d’une rencontre avec une délégation de l’Association des victimes du camp Boiro, il avait confessé son échec auprès de son ami Conté dans sa tentative de réhabilitation des victimes des caps de concentration du tyran Sékou Touré.

Ce groupe est composé de toutes celles et de tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à la tragédie guinéenne : agents secrets, parents ou alliés du tyran, les nombreux marabouts complices du pouvoir tyrannique. Responsables de la plupart des sacrifices humains, qu’ils indiquaient personnellement, avec le rituel, au Chef de la Loge maçonnique de l’Ouest africain, les sacrificateurs portent la lourde responsabilité d’avoir mis le couteau à la gorge d’êtres humains, comme eux, et de l’avoir tranchée, froidement, sans frémir.

Lire également: Le gouvernement, une affaire des familles Touré et Keita

Sur ce chapitre, rappelons avec amertume le résultat d’une amitié.

Oh ! Dieu de la Clémence ! Pardonnez aux innocents ! Mais condamnez les coupables !
Ayez l’âme d’Elhadj Sidiki que l’amitié d’un fils pour un tyran a entraîné sur la voie très périlleuse de « Cheytane », du Satan trompeur. En effet, Sékou et son ami Béa (Premier Ministre) se concertent, discutent, arrêtent un plan satanique, auquel ils associent malheureusement un homme respectable, le père du Premier Ministre. Si Sékou a, 30 ans durant, choisi, adopté et gardé Béavogui Lansana comme fidèle compagnon, c’est parce qu’il le sait capable d’accepter de jouer n’importe quel rôle dans son théâtre infernal. Assis dans un coin, les deux hommes complices convoquent Elhadj Sidiki Béavogui, qui arrive précipitamment, sans savoir qu’il venait se souiller les mains dans des circonstances imprévisibles pour un fervent musulman.

— Tiens, égorge-le ! telle est la volonté de Dieu.

Les deux hommes d’État suivent avec un réel plaisir « l’exécution froide » qu’ils viennent d’ordonner. Crime parfait ! Certainement pas ! La chose, bien tenue au secret pendant un certain temps, va «filtrer ». Et, finalement, c’est dans un livre que l’humanité entière sera informée. Elhadj Sidiki Béavogui en voudra éternellement à son fils pour ce crime odieux qu’il lui a fait commettre. Toutes celles et tous ceux qui ont approché Elhadj Sidiki Béavogui peuvent témoigner de l’authenticité de cette révélation. Car le « vieux » l’a dit à tout son entourage. Et c’est pour cette raison que, très «adroitement », « ce père indiscret que l’âge fait délirer », est mis en réclusion quelque part jusqu’à sa mort. Mais comme il n’y a pas de crime parfait, c’est bien dans cette réclusion que le « Tout Guéckédou » a appris tout ce qui s’est passé.

« Je refuserai de commettre un tel crime », diront certains lecteurs.

Attention ! Sékou n’était plus un homme à partir de 1964. C’était un monstre si effrayant que tous les Guinéens le craignaient plus que Dieu, parce qu’on avait fini par accréditer l’idée d’immortalité d’Ahmed Sékou Touré, qualifié de « Cheick Mahady », le sauveur de l’humanité, le dernier prophète et le plus grand de tous les envoyés.

Lire également: Quand les pouvoirs guinéens vont-ils dévoiler à la jeunesse ces crimes de Sékou Touré du 25 janvier 1971?

Si un musulman intègre, à conviction inébranlable préfère la mort à un tel crime, ce n’est sûrement pas le cas chez un « musulman de circonstance », illettré par surcroît, récemment baptisé, peut être par conviction légère, ou par amour de certains rites, très certainement par honneur d’être dans une «société » religieuse que Sékou le musulman de « parade », l’excellent commentateur du Saint Coran, mais qui s’est interrogé pour trouver, dans sa vie, le crime qu’il n’a pas encore commis, pour qu’il le fasse allègrement avant que la mort ne le surprenne.

Si l’on peut trouver des circonstances atténuantes pour le père de Béa, le seul fait d’avoir accepté la mission de tuer pour un salaire est une circonstance très aggravante pour les tueurs a gage. Quant aux dignitaires du P.D.G. qui, par excès de zèle, se sont rendus coupables de crime de toutes sortes, ils doivent être jugés et condamnés comme tels. Par exemple, Sékou n’a dit à aucun responsable de Conakry d’aller saccager la concession de Lancéï Keita, père de Tidiane, l’agresseur du Président.

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Camp Boiro

Les exécutants des sales besognes du tyran Sékou Touré. 1ère partie

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Ce billet est tiré du livre de Almamy Fodé Sylla L’Itinéraire sanglant. Disparu depuis septembre 2016, il avait eu la chance de survivre aux atrocités du camp Boiro. Il avait été vice-président de l’Assemblée nationale sous la première législature de la deuxième république; ministre secrétaire général à la présidence; ministre de la fonction publique et du travail; ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

L’auteur était  tellement proche du Général qu’il était une des rares personnes qui montaient en voiture avec ce vieux dictateur. C’était une des personnes qui oeuvraient pour une véritable réconciliation nationale, en Guinée. Il était un ami intime de la famille d’Elhadj Diallo Boubacar Telli.

En 2002, lors d’une rencontre avec une délégation de l’Association des victimes du camp Boiro, il avait confessé son échec auprès de son ami Conté dans sa tentative de réhabilitation des victimes des caps de concentration du tyran Sékou Touré.

Que dire des traits de caractère des principaux dirigeants du P.D.G. nazi ? Sékou a trahi les Guinéens, l’Afrique et les autres peuples qui l’accueillaient en héros, en véritable champion de la liberté et de la démocratie. Il a essayé de tromper Dieu, mais celui-ci avait déjà révélé avant lui dans le Saint Coran, le verset 13 de la Souratoul Moulkou : « Je sais ce que chacun de vous trame dans les méandres de sa pensée profonde ».

Sékou était un véritable ennemi du peuple de Guinée, un politicien réactionnaire qui n’a dit la vérité qu’une seule fois de sa vie , ce jour-là, agonisant dans son lit de mort, il laissera échapper la seule expression de vérité dont il a été capable : « l’homme propose, Dieu dispose, aujourd’hui c’est fini pour Sékou ».

Lire également: Guinée: Le gouvernement, une affaire des familles Touré et Keita

Sékou était également méchant, très méchant, extrêmement méchant, mais aussi, il était petit, très petit, un lilliputien, qu’opposés ces deux traits de caractère ont limité certains dégâts de l’illuminé. Tous ses proches collaborateurs qu’il a fini par tuer ou mettre en prison pour de longues années ont été plus ou moins victimes de haine résultant de la jalousie née de cette petitesse. Constatant un jour la finesse des motifs de broderie du grand boubou d’un de ses Ministres, il s’exclama comme un bambin : « Oh là ! là ! quelle bourgeoisie. » Il n’oublie pas de faire à un autre Ministre, la remarque suivante : « Moi je suis un Président malheureux, tous mes Ministres ont de jolis salons. Chez moi, c’est une honte ».

Dès qu’il a arrêté un Ministre aisé, membre de la Direction Nationale du P.D.G., il s’est aussitôt jeté sur son bureau en marbre qu’il a immédiatement fait envoyer à la case de Belle-Vue, une de ses résidences officielles.

Tous les anciens détenus de Boiro conviendront avec moi qu’Ismael Touré est un sadique né, un criminel né pour tuer. Il n’est pas entièrement satisfait de l’exécution de ses ordres par les « cabinards » (cabine technique) : il doit faire du mal lui-même pour jouir du bonheur qui en résulte pour un sadique comme lui. C’est ainsi qu’il torturera personnellement certains détenus. Momo Soloma-nâni en sait long sur ce chapitre. Il porte de visibles séquelles de la brûlure d’un morceau de caoutchouc allumé sur son corps. D’autres détenus ont eu le « privilège » de recevoir sur leurs joues pour être éteints plus d’un mégot de cigarettes allumées.

Quand ses bourreaux de la cabine technique sont venus lui annoncer la mort, survenue des suites de tortures, du Commandant Sylla Théoury, Ismaël a répondu : «C’est bien ! il est cuit dans son jus ».

Siaka Touré, lui, est un personnage singulier. Il n’est pas facile de rencontrer un bourreau au comportement doux et affable de l’acabit de cet homme qui a trompé tous les Guinéens, surtout les jolies filles guinéennes par cette nature innocente.

Grand spécialiste du montage, de la mise en scène et de l’exécution de tant de complots imaginaires, Siaka est un homme qui a su tromper par ses sourires et ses envolées sentimentales presque affectueuses, pas comme Néron d’Agrippine qui était cruel sans malice.

Siaka vient ramasser une dizaine de détenus pour les mener au « poum-poum » (fusillade) et revenir les mains ensanglantées auprès des autres détenus qui attendent leur tour et, caressant l’épaule décharnue d’un malheureux, lui demander : « Et le moral, il est bon ? ». Quel caractère monstrueux !

Keira Karim, Seydou Keita, Cherif Sékou, Moussa Diakité, analphabètes opportunistes, sont, avec Mamadi Keita, Siké Camara, Mamadi Kaba, les meilleurs apprentis-sorciers, anthropophages. Responsables d’assassinats de cadres, ils étaient, comme leur maître Sékou, passionnément jaloux des qualités techniques, morales et intellectuelles de leurs victimes.

Sékou Touré ne s’était entouré, pour la plupart, que de tristes individus, assoiffés de sang, qui l’ont aidé à saccager la Guinée, pour laisser ce beau pays dans une parfaite incurie, une totale désolation. Conakry, cette « perte de l’AOF » est une ville qui semble dévastée et abandonnée par des croisés.
Les crimes sont nombreux et de tous ordres. Peut-on payer le sang par le sang, comme le conseillent certaines religions ?

Le Comité Militaire de Redressement National a demandé au peuple de pardonner pour tout ce qui est arrivé et de regarder l’avenir avec optimisme. C’est bien beau de pardonner mais d’abord la justice !
Pour empêcher les rescapés des geôles de se rendre justice, il y a lieu de créer un tribunal spécial chargé de juger des crimes et criminels qui ont agi en temps de paix comme en temps de guerre.

Non pas en spécialiste, en magistrat, mais en qualité de victime, constituée en partie civile, voici l’accusation principale que je porte contre Sékou Touré et ses complices : convaincus de crimes et complicité de crimes.

1er groupe.

Ils sont accusés d’avoir apporté au dictateur :

  1. L’aide nécessaire requise pour la naissance, le développement et l’entretien d’un pouvoir personnel, dictatorl al par le culte de la personnalité du tyran, « Responsable Suprême de la Révolution, Stratège infaillible »
  2. Le concours opportun et nécessaire au tyran dans l’exécution de son plan machiavélique d’élimination systématique de tous les patriotes guinéens
  3. Le soutien politique et moral au cupide, insatiable dans ses nombreux vols d’argent et de pierres précieuses

les complices actifs suivants :

  • Ismaël Touré
  • Siaka Touré
  • Amara Touré
  • Abdoulaye Touré
  • Mouloukou Touré
  • Mohamed Touré
  • Nounkoumba Touré
  • Ramata Touré
  • Andrée Touré
  • Samory Touré
  • Mamady Touré
  • Mamourou Touré
  • Karim Keira
  • Moussa Diakite
  • Sékou Cherif
  • Damantang Camara

2e groupe

Lire également : Camp Boiro: Crimes révolutionnaires et sadisme de Sékou Touré

Sékou Touré dit « Alcapone », ancien Président de la République, accusé pour:

  1. Destruction physique et morale de paisibles et innocentes personnes au nombre incalculable.
    En effet, personne ne sait le nombre de citoyens guinéens et africains innocemment tués dans les « célèbres » camps de concentration sous le régime de Sékou Touré. Témoin, ces trois camions remplis de « Mamadou Diallo », tous raflés à Labé et déposés au Camp Boiro sur instruction du Comité Révolutionnaire dont une section avait signalé l’entrée clandestine en Guinée d’un mercenaire du nom de « Mamadou Diallo ».
    — Il faut prendre dans la zone où le mercenaire a disparu après sa pénétration illégale, tous ceux qui portaient les mêmes noms et prénoms que lui.
    Cela cadre parfaitement avec le système mis en place par Sékou qui préférait les défauts de ses amis aux qualités de ses adversaires, et qui disait qu’il vaut mieux sacrifier de nombreux innocents que de laisser échapper un cadre longtemps visé, lui-même un parfait innocent.
    Après trois ans de séjour, tous les Mamadou sont morts sauf cinq sur le contenu des trois camions. Quelle justice !
    Sékou Touré devra rendre compte devant les hommes et dans l’autre monde, de tous ces cas de massacres de marginaux raflés aux frontières ou dans les centres urbains. Il y sera aidé par certaines personnalités qui occupent encore aujourd’hui les premiers rangs des dignitaires du nouveau régime.
    Le cas d’un pauvre paysan, victime de l’arbitraire et de l’injustice mérite d’être porté à la connaissance du public. De passage devant le Camp Boiro, un vieux paysan fraîchement débarqué des montagnes de l’intérieur du pays, demande des renseignements au sujet d’un certain Abou, fils de son voisin, arrêté à Conakry et conduit au Camp Boiro, selon les informations reçues au village : «
    — Est-ce ici le Camp Boiro ? si oui, je vous prie de dire à votre chef de libérer « Abou ». C’est le fils de mon ami du village , son père est très bon. Lui-même, un garçon sérieux. Il est marié avec enfants. Pardon, libérez-le, car son champ de riz est en maturité et n’attend que des bras valides pour être récolté. Vous lui remettrez ces 20 sylis pour qu’il s’achète des cigarettes. N’oubliez pas ma commission, je compte sur vous et nous attendons Abou.
    — Approche un peu vieux et assieds-toi, ordonne le garde portier.
    Entre-temps arrive le « Tout-Puissant » Siaka Touré, maître-sorcier, tortionnaire en chef, commandant en chef des « forces occultes », célèbre gardien des « loques humaines », l’homme-caméléon : « monstre » à Boiro, « ange » ailleurs.
    — Voici, mon Commandant, un vieux qui demande des nouvelles d’un agent de la 5e colonne.
    — Bon, envoyez-le.
    Et voilà le pauvre vieux qui s’en va pour une destination inconnue. Il y fera trois ans pour sortir avec trois maladies qui ne tarderont pas à l’emporter à trois mois de sa libération… Ces quelques exemples suffisent, je crois pour appuyer ma première accusation contre «Alcapone » que j’accuse encore de :
  2. Haute trahison du peuple en hypothéquant son avenir politique, économique, culturel et social.
    En effet, en donnant au socialisme guinéen une figure de fantôme, synonyme de violence, de dictature, d’injustice, il a délibérément détruit les bases morales du socialisme qui s’en remettra difficilement en Guinée. En 30 ans du règne du Parti unique, Sékou a sacrifié le développement économique aux discours creux, insensés, ennuyeux, auxquels il a habitué les Guinéens qui ont abandonné l’essentiel au profit du superflu : plus de productions industrielles, pourtant source de devises ; créer la rareté en tout pour rendre le Parti indispensable à la vie car c’est lui seul qui peut satisfaire le centième des besoins du peuple qui doit se contenter du minimum car la « Révolution est exigence » selon Sékou Tôrè (Tôrè signifie souffrance en langue soussou).
    Quant à l’aspect culturel hypothéqué, le commentaire n’est pas nécessaire car c’est une honte nationale dont le peuple de Guinée portera encore longtemps le poids. Les centres d’enseignement révolutionnaire (C.E.R.) créés pour saboter l’enseignement et l’éducation en République de Guinée, avaient pleinement joué leur rôle.
    En effet, jusqu’au 3 avril 1984, le niveau général moyen de l’élève guinéen était le plus bas de toute l’Afrique, comme le revenu par tête d’habitant en Guinée.
    Que voulait Sékou pour ce beau pays de Guinée ? Un pays dont tous les habitants seraient des abrutis, des aveugles, prêts à applaudir le tyran, à rapporter au Parti le moindre propos malveillant de la part de n’importe qui, car seule la délation permet d’avoir un bon d’achat de quelques mètres de percale ou d’imprimés à Sonatex. Une population affamée, soumise au dictateur dont le bonheur fait la joie du peuple. Ne jamais laisser au peuple le moindre temps de réfléchir sur sa propre condition. Au plan social, un peuple divisé aux mœurs corrompues : menteur, tricheur, fainéant, cupide voilà la réalité que Sékou a voulu créer en Guinée pour garantir deux choses
    – son pouvoir personnel
    – après lui, le déluge, le chaos où se noierait immanquablement son successeur que le peuple qualifierait d’incapable, regrettant ainsi le règne tyrannique de notre brave tyran. Sékou a-t-il réussi dans cette entreprise destructrice ? A chacun d’y répondre !
  3. Vol de sommes fabuleuses d’argent et de pierres précieuses.
  4. Division du peuple pour préparer une guerre civile qui serait au passif du successeur. Comme Hitler, Sékou a construit une poudrière et mis à côté un fût d’essence avec une boîte d’allumettes pour qu’après lui la bombe éclate par la moindre imprudence de la part des nouvelles autorités en place.
  5. Abus de confiance, escroquerie politique et morale tout au début. (Alabè, Annabibè, de grâce, venez à moi, je ne vous décevrai pas).
  6. Incitation et appel à peine voilé à la débauche : toutes les structures du Parti et des organismes parallèles, des travailleurs, des jeunes, des femmes favorisent ce contact très délicat de l’essence et du feu, de la jeunesse, masculine et féminine. La plupart des enfants nés entre 1958 et 1984 portent les tares très graves de cette licence insupportable.
  7. Dictature politique imposée à un peuple doux résigné parce que profondément religieux.
  8. Propos délateurs et mensongers, injurieux et alarmistes, méthode cynique de tenir le peuple sous tension permanente et de créer en lui des sentiments d’éternelle suspicion et de haine.
  9. Charlatanisme et assassinat de personnes comme sacrifices humains.
  10. Attentat à la pudeur par de nombreux viols de mineures et d’épouses de détenus politiques.
  11. Exploitation scandaleuse des initiatives et aptitudes du peuple dans des activités inutiles, ruineuses et nuisibles (manifestations artistiques populaires).
  12. Fausse déclaration d’identité pour tromper l’opinion publique sur ses origines authentiques.

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Camp Boiro

L’épopée des parachutistes basés à Labé

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Ce billet est extrait du livre du Dans la Guinée de Sékou Touré : cela a bien eu lieu du Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 [1939-1995]. Il nous livre un témoignage horrible sur comment ont été éliminés de 3 parachutistes guinéens basés à Labé.

Le corps des parachutistes, comme les autres corps de la nouvelle armée guinéenne, a pour ossature d’anciens éléments de l’armée française qui ont opté pour le nouvel Etat. Après l’Union Soviétique, de 1959 à 1961, les parachutistes firent un stage au Caire. Leur base est à Labé, tout près de l’aéroport. Le camp militaire de Labé, en 1969, était commandé par le commandant Keïta Cheick, parachutiste lui aussi, tandis que le lieutenant Koumbassa Aly, ancien enfant de troupe de Saint-Louis, commandait le corps des parachutistes. Il avait pour adjoints d’autres enfants de troupe comme :

  • Camara Boubacar dit M’Beng
  • Keita Lanciné
  • Diallo Mouctar
  • Namory Keïta

Le Général Diané Lansana avait remplacé Keïta Fodéba au Ministère de l’Armée. Le Colonel Kaman Diaby, premier pilote de chasse de l’ex-AOF, était Chef d’Etat-Major-adjoint.

Dès la création de l’Armée, Sékou Touré la divisa en ethnie (Soussous, Peulhs, Malinkés, Forestiers) et les opposa les unes aux autres. A l’intérieur de chaque ethnie, il a ses hommes, surtout parmi les subalternes qu’il oppose aux officiers. Sur dix militaires, six au moins sont ses agents. A la tête de chaque camp, de chaque armée, il a placé un officier malinké parce que lui-même se réclame de cette ethnie. Il faut tout de suite dire que les Malinkés sont les plus nombreux dans l’Armée. Sur dix militaires, on peut compter un Soussou, un Peulh et un Forestier.

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Le règne de Sékou, c’est le règne des Malinkés. Ces dispositions sont les mêmes dans l’administration, dans le Parti et cela à tous les échelons, jusqu’au sein du Bureau politique national et du Comité central.

Je vous ai dit que l’une des méthodes de Sékou est de prêcher le faux pour avoir le vrai, mais au fond le vrai même est faux. Suivez-moi, lecteurs, quand je vous dis que Sékou est un génie du mal : Sékou et Emile Cissé vont tisser savamment le complot de 1969.

Voici les faits :
A Labé, comme dans toutes les villes du pays, certains cadres, pour échapper aux critiques, pour échanger leurs idées et opinions, se retrouvaient dans des endroits cachés, généralement au domicile de l’un d’eux, évitant ainsi de se faire repérer dans les bars, dancings ou « maquis ». A Labé donc, le petit club d’amis formé par Emile Cissé, Koumbassa Saliou (inspecteur d’académie), lieutenant Koumbassa Aly, le lieutenant Boubacar M’Beng, le lieutenant Diallo Mouctar et l’adjudant Kéita Namory, sans oublier le commandant Kéita Cheick, se retrouvait chez l’Inspecteur d’Académie.

A part les deux civils, tous les autres étaient des parachutistes. Autour d’un pot de bière, ces messieurs causaient de tout, fort tard la nuit. Au centre des discussions amicales, la littérature, les femmes, la politique.

Un jour, le lieutenant parachutiste M’Beng dit à Emile Cissé:

— Cher ami, si tu ne fais pas attention en dépit de la confiance dont tu jouis auprès de Sékou, il va te cravater ».

Emile se crut blessé par ce terme. M’Beng le sous-estimait, lui, Emile qui appelait Sékou « Papa », lui, Emile, qui pouvait se permettre tout en Guinée, sans aucune inquiétude.

Le fils du « Génie du Mal », blessé dans son amour-propre, saisit la belle occasion pour dire que les parachutistes veulent « cravater » le président Sékou Touré et qu’ils sont en train de préparer un sérieux complot.

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Emile dit cela à Sékou et Sékou y crut. Sans attirer l’attention des autorités politiques et administratives de Labé, il chargea Emile, son Emile, de mener des enquêtes et de lui en rendre compte. Satan en personne se mit alors à jouer, à jouer avec la liberté et la vie des hommes.

Emile avait son organisation personnelle. Il mit à la trousse de ses propres amis, amis et proches, sa compagnie d’agents de renseignements tous dévoyés, démagogues, chercheurs de femmes pour les « patrons ».

Evidement, Emile collectait de faux renseignements qu’il envoyait à Sékou.
Un jour, un agent de Emile, le nommé Safir, poursuivit un élève parachutiste du nom de Diallo Mouctar (différent du lieutenant Diallo Mouctar). Il y eut des altercations entre le soldat et l’agent. La scène se passait précisément à Diari, assez loin de Labé-centre. Evidemment, Safir envenimait et dirigeait la querelle. Il nota des bribes malveillantes à l’endroit de Sékou. En vrai fils de son père, Emile fit de l’élève parachutiste son ami.

Il lui donnait à boire à volonté et lui offrait des cadeaux. Quand il eut assez d’éléments pouvant « coller », il fit un rapport cohérent à Sékou qui prit l’affaire au sérieux, c’est-à-dire qu’il lui accorda de l’importance sachant au fond que rien ne « collait ».

N’oublions pas que nous sommes en 1969 au lendemain du coup d’Etat au Mali. N’oublions pas non plus que Sékou, le lendemain de ce coup d’Etat, a juré qu’il n’y aurait jamais de coup d’Etat militaire en Guinée. Que cette affaire tourne autour des parachutistes, quelle chance pour toi, Sékou !

A l’époque, c’est Magassouba Moriba qui était ministre délégué à Labé. Sékou lui demanda d’instruire l’affaire. Magassouba s’exécuta. Tous ceux qui étaient sur la liste dressée par Emile furent entendus, en présence du Bureau fédéral du Parti, organisme politique. Les interrogatoires dirigés par Magassouba avaient lieu dans les belles cases de la cité de l’OERS à Labé.

Après de nombreuses et laborieuses séances d’interrogatoires, il résulta que rien de tout cela ne se rapportait à un complot quelconque. Le rapport de cette première commission d’enquête fut envoyé au Bureau politique national. Il innocentait les suspects. Dès que Emile le sut, il prit sa voiture et fonça sur Conakry pour dire à Sékou que les enquêtes avaient été sabotées et que Sékou devait envisager « quelque chose ». C’est ainsi que le rapport de Magassouba Moriba n’a pas été accepté par le BPN et l’on chargea le Général Diané Lansana, membre du BPN et Ministre de l’Armée, de reprendre les enquêtes.

Diané se rendit à Labé, accompagné par le commissaire Boiro Mamadou. Ils vinrent par route de Conakry à Labé. Diané, lui, faisait ses interrogatoires au domicile du Ministre délégué.

La deuxième commission d’enquête aboutit à la même conclusion que la première : il n’y avait pas l’ombre projetée d’un complot.

Mais Diané, en tant que Ministre de l’Armée, trouva que le petit club devrait être dispersé. Il prit sur place la décision d’affecter trois des officiers parachutistes les plus chauds sans informer les intéressés.

Ce furent M’Beng, Mouctar Diallo et Kéïta Namory : le premier à Conakry, le deuxième à N’Zérékoré et le troisième à Macenta.

Sans être menottés, les trois grands suspects furent embarqués à bord de l’AN 12. C’est le lieutenant Dian Baldé, l’inspecteur de la garde républicaine à Labé, qui fut désigné seul pour accompagner les trois parachutistes. C’est alors que le commissaire Boiro Mamadou qui, vous vous souvenez, venu par route de Conakry à Labé avec le général Diané Lansana, tenant à rentrer immédiatement, insista pour convoyer les trois suspects à la place du lieutenant Dian Baldé. Cela lui fut accordé par le Général. C’était l’erreur fatale, mais qui pouvait imaginer la suite ?

Boiro et ses trois convoyés prirent l’AN 12 devant transiter à Kankan. Il y avait avec eux, la présidente des femmes de Kankan, Diédoua, qui devait descendre là. Tous à terre, Boiro et les parachutistes se rendirent à l’aérogare pour les toilettes et pour un « petit verre ». C’est là que Boiro, fanfaron, dit à son collègue de Kankan, le commissaire de l’aéroport

— Je conduis trois parachutistes comploteurs à Conakry. Ils passeront devant le Comité révolutionnaire.

Ce sont ces deux petites phrases qui mirent le feu à la poudre, parce qu’elles furent entendues, par hasard et par malheur pour le peuple de Guinée, par le lieutenant Boubacar Camara dit M’Beng qui était aux toilettes. Le fanfaron commissaire ne le savait pas.

— Dites donc, savez-vous qu’on nous conduits à Conakry comme comploteurs? dit M’Beng, sans émotion.

Très vite, avant de regagner l’avion, les trois spécialistes du combat rapproché s’organisèrent et décidèrent de ne plus aller à Conakry.

L’avion décolla direction Conakry. C’est entre Dabola et Dinguiraye que les trois parachutistes désarmèrent aisément le commissaire Boiro qui ne s’attendait à rien.
— C’est donc ça, Boiro ? Tu nous conduis au Comité révolutionnaire ? Tu paieras avant nous, mon cher, dit M’Beng.

Le commissaire, désarmé, fut vite largué dans le vide, et armés, les trois parachutistes se précipitèrent dans la cabine de pilotage.
Le sous-lieutenant Sidibé, pilote de chasse, était aux commandes; son copilote étant Rachid Bah.

— Changez de cap ! nous allons en Côte d’Ivoire, ordonna Namory.
— Nous n’aurons pas assez d’essence pour y arriver, dit le pilote.
— Ta gueule, lieutenant ! Nous allons tous mourir plutôt que d’aller à Conakry. On nous a trahis.

M’beng ricanait, le moteur tournait bien, le pilote réfléchissait intensément. L’équipage savait ce qui était arrivé au commissaire Boiro. « Ces cocos-là sont prêts à tout », pensait le pilote ; de plus, il avait contre sa nuque un gros pistolet plutôt froid. En réalité, c’est lui qui avait chaud : pilote et copilote transpiraient à grosses gouttes.

— Dans quelques minutes, on n’aura plus de carburant. Nous volons depuis longtemps sur la réserve, dit le lieutenant Sidibé.
M’Beng se baissa : l’aiguille, celle que lui montrait le pilote, n’était pas loin du zéro.

— Atterrissons à Dabola qu’on survole, je crois, dit Mouctar.
— D’accord
Ils atterrirent et firent le plein puis repartirent sans incident.

Diallo Mouctar qui avait des notions de pilotage, ordonna sèchement sans consulter ses deux compagnons :

— On change de cap ! Nous n’allons plus en Côte d’Ivoire mais au Mali, à Bafoulabé précisément, qui n’est pas loin de la frontière.

Le cap fut changé et c’est au-dessus de Maléa, dans la région de Siguiri, que le pilote, qui n’avait pas d’autre solution, déclara très sérieusement :

— Il nous manque encore de l’essence. Nous sommes condamnés à atterrir !
Et ils firent un atterrissage forcé. Il n’était pas du tout sur la réserve. Les pilotes avaient joué et gagné. Eux aussi allaient trahir leurs camarades officiers ; ils allaient aider la Révolution en déclenchant un processus d’extermination jamais vu depuis 1965.

Je pense qu’il est inutile ici de relater comment nos trois malheureux ont pu être pris à Maléa, comment ils se sont battus comme des diables. La suite est facile non à deviner, mais à savoir, et à en être convaincu. Sachez seulement qu’il y a du sang dans la crème comme il y en a dans la dent, et le sang guinéen et la crème guinéenne vont couler en ce mois de février 1969.

De Kankan, on dépêcha le lieutenant Finando pour convoyer les trois «comploteurs » de Siguiri à Kankan. Finando, le coeur meurtri, pleurait dans son âme, ravalant ses regrets et sa profonde peine en voyant ses camarades dans cette situation et dans un état indescriptible : amarrés comme des boeufs fougueux qu’on mène à l’abattoir. Tous les trois parachutistes étaient ses jeunes frères, ses jeunes frères d’armes, de l’école d’Enfants de troupe de Saint-Louis du Sénégal. Il osa poser une question à Namory :

— Mais mon frère, pourquoi avez-vous fait cela ?

Namory qui avait la tête baissée, ne la releva pas et ne répondit pas. Il balançait la tête légèrement de gauche à droite, rongé par le regret d’avoir été pris avec ses deux compagnons. Il savait qu’ils étaient perdus, perdus pour rien puisqu’ils laissaient en vie le tyran de Guinée. Le mal est qu’ils n’avaient jamais comploté et c’est cela qui lui faisait mal. S’ils avaient échoué au moins après une tentative de complot ! Ils n’avaient pas peur de mourir, mais mourir si jeunes et si bêtement sans liquider Sékou Touré, torturait les trois héros vaincus plus que les cordes qui se perdaient dans leur vigoureuse chair.
Le jour même de l’atterrissage forcé de l’AN 12, Sékou Touré et Emile Cissé se trouvaient à Mamou, au Fouta-Djallon.

C’est là qu’on leur annonça la perdition de l’avion. C’est là qu’ils apprirent le largage du commissaire Boiro et l’arrestation des trois parachutistes par les paysans de Maléa. Sékou fit venir les autorités politiques et administratives de Labé sans oublier le général Diané Lansana. Vous vous souvenez que c’est à Labé qu’eurent lieu, au début de cette affaire, de nombreuses et infructueuses enquêtes.

Le ministre de l’Armée, Diané Lansana, et le ministre délégué de Labé, Magassouba Moriba, furent traités d’incapables et d’insuffisants par Sékou Touré avec des insanités qu’on ne saurait traduire ici. Le « complot des Paras » venait de naître. C’est là, à Mamou, que les deux pilotes Sidibé et Kourouma firent leur rapport à Sékou. C’est encore là que les trois prisonniers le trouvèrent. C’est là, à Mamou, que Namory Keïta traita Sékou Touré et son entourage de chiens :

— Tôt ou tard, vous payerez, leur dit-il, haineux et admirable quoique ficelé jusqu’aux orteils.

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Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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