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Migrations: Viols et esclavage, le calvaire des subsahariens au Maghreb

Mangua Dantouma Camara, un guinéen qui vit en Algérie, m’a donné l’autorisation de reproduire sur ce blog le témoignage qui suit, publié sur sa page Facebook, à propos des conditions de vie des migrants sub-sahariens au Maghreb. Le texte est entièrement de lui. Son commentaire a été publié le 2 novembre, 18:34 sur sa page Facebook.
M. Camara offre la vision d’un jeune de 18 ans qui se trouve dans un des pays par où passent certains migrants. Ces informations sont de première main. Je n’y ai apporté quelques révisions rédactionnelles.
Halte à l’immigration clandestine
LE CALVAIRE DES NOIRS AFRICAINS AU MAGHREB. PREMIÈRE ÉDITION

Comment quitter l’Afrique noire pour se retrouver dans les ghettos en Algérie?? Avoir une bonne idée du danger de l’enfer peut nous permettre d’emprunter le chemin du paradis! Mangua Dantouma Camara

L’impérialisme occidental avec la complicité de nos inconscients dirigeants et la pression des parents empêchent certains de trouver le bonheur de vivre dans nos pays! Sans espoir, obligés d’entreprendre ce périlleux voyage, c’est “Courir vers l’enfer”.

Ce voyage est organisé par des Africains sub-sahariens vivant au Maghreb et en Europe en collaboration avec les rebelles Touaregs du Mali, et d’Algérie. Leurs correspondants en Europe ont pour rôle :”d’inciter leurs frères, sœurs et amis de la ville ou du village à entreprendre le périlleux voyage”. C’est pourquoi la plupart des migrants sont mal informés et n’ont pas conscience du danger de la route.

Nombreux sont ceux qui versent une partie de leur argent sur le compte des corresponds de leurs convoyeurs avant de bouger. De Bamako, ils seront accueillis par d’autres correspondants qui à leur tour, les feront embarquer à Gao (ville sous l’autorité malienne, où circulent les rebelles Touaregs). Ils seront empilés par les Touaregs dans des camions comme des sardines. Car pour les certains Touaregs “Tuer un noir, c’est tout simplement comme abattre une bête sauvage”. Et c’est là où commence le véritable enfer.

Depuis que le Mali est entrée en guerre, en 2012 (frontières algéro-maliennes fermées),son désert est devenu le territoire de jeu des rebelles Touaregs ainsi que d’autres groupes djihadistes et des criminels. Tous sont en conflit et chaque groupe profite de ce trafic qui génère des millions de dollars (par le trafic de la drogue, des armes et d’hommes…). L’aventure des migrants se transforme en cauchemar, avec des champs de mines et de barrages partout. Les trafiquants réclament de l’argent, ils massacrent ceux qui n’ont pas assez d’argent, torturent, braquent, violent des femmes et égorgent d’autres.

À la frontière avec l’Algérie (Talhantal) se trouve le royaume du chef rebelle. Tous les passagers seront enfermés dans un grand camp pour les fouiller, leur retirer de l’argent et des objets de valeurs. Les femmes seront réduites en esclaves sexuelles. C’est à partir de là-bas qu’ils seront embarqués par ces mêmes rebelles jusqu’à Finissons (première ville sur le territoire algérien) et enfermés dans les ghettos de leurs convoyeurs. Pour ce trajet, seul le chef rebelle décide la somme à payer. Le versement se fera à Bamako chez son correspondant (pour ceux dont les parents doivent expédier de l’argent). Ces migrants seront enfermés dans les cours par ces convoyeurs noirs, les obligeant d’appeler leurs parents pour leur expédier l’argent pour le droit de vivre dans le ghetto et le transport pour la continuation du voyage. Les femmes sont à nouveau réduites en esclaves sexuelles, les plus attirantes seront rettenues. Une fois l’argent versé, ces migrants seront vendus à d’autres convoyeurs dans la ville de Tamanrasset (ville sécurisée). Comment y arriver???????

Ils négocieront avec les chauffeurs touaregs algériens qui ne peuvent même pas les faire rentrer dans la ville de Silet. Ils seront obligés de les abandonner dans le désert par crainte de l’autorité. Sous un soleil de plus 50°et à 250km de la ville de Silet. C’est dans ces conditions qu’ils doivent continuer le trajet à pieds.

“La traversée du Sahara, pire que celle de la mer”. Les plus résistants et qui ont à boire et à manger arrivent à Silet, les autres périssent dans le Sahara. Dans cette ville se trouvent les chauffeurs qui les conduiront chez les nouveaux maîtres dans la ville de Tamanrasset où ils sont encore enfermés et torturés en attendant l’expédition de l’argent par les parents. Ceux dont les parents n’ont pas les moyens seront massacrés. À noter que l’autorité algérienne n’intervient pas dans ces problèmes entre noirs. D’autres parents versent le droit du ghetto pour libérer leurs enfants, une somme décidée par les chefs de ghettos.
Il faut maintenant travailler en Algérie, pays où il y a des racistes ayant pour slogan “Les noirs transmettent les épidémies à nos citoyens”.

Le drame est que nombreuses femmes abandonnent leurs foyers pour emprunter cette voie, d’autres pour rejoindre leurs maris, d’autres enceintes veulent accoucher en Europe et d’autres sont ici en Algérie à la recherche des hommes pour les enceinter car on leur leur a inculqué dans la tete la conviction: “Ton enfant bénéficiera des papiers quand tu accouche en Europe”. Aussi des jeunes diplômes, talentueux abandonnent leurs études et travaux pour s’embarquer dans ce voyage d’nfer.

La jeunesse africaine doit comprendre que le suicide n’est pas la solution. Nous devons affronter notre destin sur ce continent qui ne compte que sur nous pour sécher ses larmes. Il est vrai que notre continent est gouverné par des inconscients, des irresponsables sans aucune notion de patriotisme. Mais je pense qu’au lieu de prendre cette route dangereuse <<Enfer=Suicide>> il faut se battre contre ses dirigeants corrompus et l’impérialisme.
Ils ne nous aiment pas, mais en revanche, aimons nos âmes à cause de Dieu. Sachons aussi que la somme dépensée pour ce périlleux voyage peut nous permettre de vivre dignement au pays en l’investissant.

Luttons tous ensemble contre la fuite des ressources humaines! Tous ensemble contre le suicide. Tous ensemble contre l’immigration clandestine! Ensemble nous vaincrons.

DIEU BÉNISSE L’AFRIQUE!

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À propos konakryexpress

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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