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Gouvernance

Où et comment se transmet vraiment la COVID-19

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Les dernières recherches indiquent que les événements de super-diffusion jouent un rôle crucial dans la pandémie, suggérant les endroits et les comportements que nous devrions éviter afin de nous défendre contre la contagion.
Nous avons appris à craindre la contagiosité du coronavirus SRAS-CoV-2, qui, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait déjà avoir infecté un dixième de la population humaine. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être face à la propagation de la pandémie, la plupart des personnes qui sont positives pour le prélèvement n’infectent personne. C’est la conclusion de la plus vaste étude de suivi épidémiologique menée jusqu’à présent sur COVID-19, qui vient d’être publiée par la revue Science.
L’étude qui s’est déroulée dans les États indiens de l’Andhra Pradesh et du Tamil Nadu, où les systèmes de santé disposent de systèmes de surveillance efficaces mis au point pendant l’épidémie de sida, a analysé plus d’un demi-million de personnes qui ont été soumises à un prélèvement. Les résultats confirment une suspicion qui, ces dernières semaines, est devenue beaucoup plus forte : le SRAS-CoV-2 ne se propage pas dans la population de manière uniforme mais par grappes (ou groupes, dans le jargon des épidémiologistes). Dans l’étude de Science, en effet, alors que 70 % des personnes testées positives n’ont infecté personne d’autre, 60 % de toutes les infections sont attribuables à seulement 8 % des personnes infectées.

Une autre étude menée à Hong Kong et publiée dans la revue Nature Medicine aboutit à des conclusions très similaires : moins de 20 % des personnes infectées ont causé 80 % des infections, tandis que près de 70 % des personnes positives par écouvillonnage n’ont pas infecté d’autres personnes. En comparant les résultats des différentes études disponibles, on estime aujourd’hui que 10 à 20 % des personnes positives sont responsables d’au moins 80 % des infections.

L’épidémie de COVID-19 semble donc progresser sous la pression d’événements individuels dans lesquels une personne positive se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et finit par infecter beaucoup d’autres personnes. Le cas le plus célèbre s’est produit en février à Daegu, en Corée du Sud, lorsqu’une femme de 61 ans, appelée Patient 31, a infecté une cinquantaine de membres de sa propre église, donnant lieu à un cluster de plus de 5 000 contagions.

Un épisode plus circonscrit et aux conséquences encore plus importantes s’est produit le 26 septembre à la Maison Blanche, lors d’une cérémonie au cours de laquelle le président Donald Trump a annoncé la nomination d’Amy Coney Barrett comme juge de la Cour suprême ; bien que l’événement se soit déroulé en plein air, peu d’invités portaient des masques et respectaient la distance sociale, de sorte qu’au final, 13 contagions ont été comptées, dont le président, la première dame et deux sénateurs.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, ne parlent pas fort, ne chantent pas ou ne font pas d’exercice.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur (ou super-épandeur, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-contagieux, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre comme d’habitude, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, parlent fort, chantent et ne font pas d’exercice physique.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur contagieux (ou superspreader, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-diffuseurs, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

La plupart de ces événements ont eu lieu dans des hôpitaux, des maisons de retraite, des transports, des bars et des restaurants, des salles de sport, des usines de transformation de la viande, des réunions d’affaires, des lieux de culte, des centres d’appel, des prisons, des bateaux de croisière et lors d’événements tels que des mariages, des funérailles ou des fêtes privées. Selon une enquête menée aux États-Unis, les écoles semblent être moins menacées qu’on ne le craignait; cependant, comme elles n’ont été rouvertes qu’il y a quelques semaines dans la plupart des régions du monde, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Le facteur k

Dans les premiers stades de l’épidémie, la communauté scientifique s’est longtemps interrogée sur la contagiosité du nouveau coronavirus. Pour estimer la facilité avec laquelle un agent pathogène se transmet d’une personne à l’autre, on utilise le paramètre R0, qui représente le nombre moyen de personnes infectées par un seul individu si aucune précaution n’est prise. Le R0 est donc une caractéristique intrinsèque de l’agent pathogène et est estimé à environ 2,5 pour le coronavirus SARS-CoV-2. Dans le monde réel, cependant, les gens apprennent à se protéger et la contagiosité réelle a tendance à diminuer. Les épidémiologistes utilisent donc un deuxième paramètre, Rt, qui est le taux de contagiosité détecté lorsque des mesures sont prises pour contenir la propagation de la maladie.

Il existe cependant un troisième paramètre, moins connu des chroniques mais crucial pour comprendre l’évolution de la pandémie COVID-19. Il est appelé facteur de dispersion et est indiqué par la lettre k. Plus le k est grand, plus l’infection se transmet uniformément dans la population, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière. COVID-19, au contraire, ainsi que le SRAS, semblent être caractérisés par un faible facteur de dispersion, ce qui indique que la contagion se propage à partir de quelques individus infectant de grands groupes de personnes, donnant naissance à un cluster.

Si c’est le cas, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle est qu’il est plus difficile de prévoir l’évolution de l’épidémie car le hasard joue un rôle important. Au lieu de suivre un courbe graduelle et déterministe, comme c’est le cas pour la grippe, la COVID-19 a un cours stochastique, de sorte que ce qui s’est passé hier n’offre pas d’indications fiables sur ce qui nous attend demain. Peu d’événements de super-diffusion peuvent amplifier les contagions et dynamiser la courbe épidémique : en peu de temps, on peut passer d’une phase de calme relatif à une explosion de cas impossible à endiguer en l’absence de vaccin ou de restrictions drastiques. C’est peut-être ce qui s’est passé en Italie le 19 février dernier, lorsque le match de Ligue des champions entre l’Atalanta et Valence s’est déroulé au stade San Siro de Milan, un événement qui a provoqué environ sept mille infections qui auraient pu donner l’impulsion décisive à la première vague de l’épidémie.

La bonne nouvelle est que le rôle prépondérant de la super-diffusion peut nous montrer les endroits à éviter et les contre-mesures à prendre pour se défendre contre la contagion. Les lieux bruyants et bondés, où les gens baissent leur masque pour boire, manger ou parler, et où les gens sont obligés d’élever la voix ou de se pencher pour se parler, figurent en tête de liste des lieux à risque. Plus généralement, là où il y a beaucoup de monde, il est plus difficile de garder ses distances et la probabilité qu’une personne soit infectée parmi les personnes présentes augmente. Le risque augmente encore si l’espace est intérieur et mal ventilé ; au contraire, il diminue s’il y a un système d’échange d’air, si vous portez le masque, si vous réduisez le bruit.

Même une activité physique intense à l’intérieur peut être dangereuse parce que vous respirez plus fort, en émettant et en inhalant plus de gouttelettes potentiellement infectées. En Corée du Sud, les cours de fitness dans les gymnases de Cheonan ont déclenché une chaîne d’infection, contrairement aux cours de yoga dans les mêmes installations. Enfin, plus vous restez longtemps dans un endroit à risque, plus vous courrez le risque d’être infecté. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis estiment le temps nécessaire pour que la transmission virale se produise en 15 minutes au moins.

Repenser les contre-mesures

Interviewé par The Atlantic, l’épidémiologiste Samuel Scarpino de la Northeastern University (États-Unis) a expliqué que les autorités sanitaires occidentales, habituées à utiliser la grippe saisonnière comme modèle pour la gestion des épidémies, ont sous-estimé la grande capacité du coronavirus à se propager en grappes, contrairement à l’Asie, sur la base de l’expérience acquise avec le SRAS. Nous avons peut-être trop discuté de R0 et Rt, mais pas assez du facteur de dispersion k, qui est plus utile pour comprendre la dynamique de la pandémie de COVID-19 et pour aborder les restrictions visant à limiter les circonstances qui favorisent la super-diffusion.

Selon l’enquête d’Atlantic, la reconnaissance de l’importance de la diffusion des grappes devrait également remettre en question la manière dont le contact tracing (la recherche des contacts) est effectuée. Plutôt que de rechercher les personnes avec lesquelles un patient est entré en contact après avoir contracté l’infection – comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des régions du monde, y compris en Italie – il pourrait être beaucoup plus efficace de revenir en arrière, en identifiant la personne à l’origine de l’infection, qui est plus susceptible d’avoir infecté d’autres personnes également. L’aide devrait bientôt venir des prélèvements anti-géniques qui, bien que moins sensibles que les prélèvements moléculaires, sont beaucoup plus rapides et moins chers, ce qui permet de mener des enquêtes à grande échelle.

Le suivi rétrospectif utilisé en Corée du Sud et au Japon semble avoir aidé à contrôler la propagation de l’épidémie. Lorsque plusieurs groupes liés aux boîtes de nuit de Séoul sont apparus plusieurs clusters ces derniers mois, les autorités ont suivi des dizaines de milliers de personnes qui avaient fréquenté les lieux où la super-diffusion s’était produite, qu’elles aient ou non été en contact avec les personnes dont le test de dépistage était positif, parvenant ainsi à maîtriser les foyers.

Au Japon, les autorités sanitaires recommandent la règle des trois C : éviter les espaces fermés mal ventilés, les espaces encombrés et les contacts rapprochés. Et quand ce n’est pas possible, comme dans le métro, il faut toujours porter un masque et ne pas parler. Même dans les stades, les supporters ne sont pas autorisés à encourager leur équipe favorite. Les parcs publics sont restés ouverts, mais vous ne pouvez ni crier ni chanter. En substance, les règles adoptées sont moins restrictives mais visent à éviter les super-émissions, en tenant compte également de tout mode de transmission par voie aérienne : non seulement les éternuements et la toux, mais aussi l’aérosol que nous émettons en respirant et en parlant.

Les risques des aérosols

Pour ne pas succomber, un virus n’a qu’une seule chance : passer d’un corps à l’autre avant que les défenses immunitaires ne prennent le dessus ou que l’organisme hôte ne meure. Depuis qu’il circule chez l’homme, le SRAS-CoV-2 a mis au point (en termes d’évolution) divers stratagèmes pour y parvenir. Elle utilise principalement les désormais tristement célèbres gouttelettes, les gouttelettes de mucus et de salive que nous expulsons en éternuant et en toussant, ou en chantant et en parlant à voix haute. Mais la transmission virale peut aussi se faire par contact direct et prolongé avec une personne infectée, comme cela se produit dans les hôpitaux et dans la famille, ou par contact indirect avec une surface contaminée.

Depuis un certain temps, les experts débattent de l’hypothèse selon laquelle le SRAS-CoV-2 peut également être transmis par l’aérosol que nous émettons lorsque nous respirons et parlons normalement. Plus petites et plus légères, les gouttelettes d’aérosol peuvent fluctuer dans les courants d’air pendant une longue période, surtout si l’environnement est fermé et non ventilé. En juillet, 239 scientifiques avaient écrit une lettre ouverte à l’OMS pour exprimer leur inquiétude quant à la transmission d’aérosols, qui, si elle était reconnue, les obligerait à revoir les règles de sécurité dans les espaces clos, en les équipant de systèmes de filtration d’air ou en ouvrant les fenêtres au moins toutes les heures.

La diffusion de l’aérosol pourrait expliquer plusieurs épisodes de super-diffusion dans les restaurants, les transports et les espaces ouverts des entreprises où la contagion s’est produite même entre des personnes qui se trouvaient à plus de deux mètres (celle qui recouvre généralement les gouttelettes avant de tomber au sol). Les preuves se sont multipliées, mais le pistolet fumant n’a pas encore été trouvé. La collecte des minuscules gouttelettes d’aérosol sans détruire le coronavirus s’est jusqu’à présent révélée être un véritable exploit, et il n’est pas certain que le CoV-2 du SRAS conserve sa capacité infectieuse même dans ces minuscules gouttelettes.

Après de nombreuses hésitations, les CDC américains ont également reconnu ces derniers jours ce mode de transmission, alors que pour l’OMS, les preuves sont encore insuffisantes. Une attitude conservatrice qui risque de retarder l’introduction de mesures de précaution dans des environnements fermés où la super-diffusion est plus susceptible de se produire. En cas de doute, comme toujours, il vaut mieux pécher par excès de prudence.

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Ce billet du Prof. Giancarlo Sturloni que j’ai traduit de l’italien a été publié  sous licence Creative Commons en premier lieu en italien oggiscienza.it le 13 octobre 2020.

Giancarlo Sturloni est journaliste scientifique expert en communication des risques. Il exerce ses activités de communication, de formation et de conseil dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il est co-fondateur du collectif NatCom – Communiquer nature, science & environnement.

Il enseigne la communication des risques à l’École internationale d’études avancées (SISSA) de Trieste et à l’Université de Trieste.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La communication des risques pour la santé et l’environnement » (Université Mondadori, 2018) et « La planète toxique » (Plan B, 2014). Avec Daniela Minerva, il a édité le livre « De quoi parlons-nous quand nous parlons de médecine » (Codice, 2007).

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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Droits de l'Homme

Les positions d’Alexeï Navalny sur les migrants vont à l’encontre de son discours pro-démocratie

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Alexeï Navalny lors de la campagne de 2017 à Irkutsk en Russie Centrale. Photo par Evgeny Feldman pour navalny.feldman.photo, sous licence CC-BY-NC.

Alors qu’Alexeï Navalny [en] est devenu une figure de ralliement pour une grande partie des Russes libéraux et un symbole de l’opposition au président Vladimir Poutine, son image auprès des citoyens d’Asie Centrale – dont beaucoup sont travailleurs immigrés en Russie – est bien plus nuancée. En effet, certains le voient comme un nationaliste, tenant des propos discriminatoires dont il ne s’est jamais excusé, pas plus qu’il ne les a rétractés.

Navalny s’est imposé sur la scène politique comme lanceur d’alerte en 2010. Grâce à son blog [ru], à un usage habile des réseaux sociaux et au lancement de sa fondation anti-corruption [ru] en 2011, il est devenu un acteur majeur de la politique russe. Son dernier documentaire d’investigation sur le palace de Poutine au bord de la mer Noire, diffusé le 19 janvier, a récolté plus de 100 millions de vues sur YouTube.

Il a payé le prix fort pour ses prises de position ouvertement critiques : Navalny et son frère ont tous deux été arrêtés et emprisonnés à maintes reprises. Le 20 août 2020, il est victime d’empoisonnement mais survit après avoir reçu un traitement et se rétablit dans un hôpital en Allemagne. D’après le groupe d’investigation Bellingcat, cette tentative d’assassinat aurait été commanditée [en] par les services secrets russes.

Malgré le fait qu’il ait frôlé la mort et sachant qu’il risquait la prison dès son arrivée sur le territoire, Navalny retourne en Russie le 17 janvier. Il est immédiatement arrêté et devient l’emblème de la résistance politique et de la démocratie, inspirant des milliers de Russes à descendre massivement dans les rues le 23 janvier, dans des proportions jamais vues depuis les années 1990.

Le 2 février, il est condamné à près de trois ans de prison pour une violation présumée de son contrôle judiciaire.

Alliance avec les nationalistes russes

Si les actions de Navalny démontrent son courage, il a aussi fait des déclarations sur sa vision de l’immigration [en] en provenance de l’Asie Centrale et du Caucase – ainsi que sur le statut de la Crimée [en] – qui sont incompatibles avec le discours plus large sur les droits humains et la démocratie qu’il porte pour dénoncer la corruption d’État à l’œuvre pendant les deux décennies du règne incontesté de Poutine.

Global Voices s’est entretenu avec Sergueï Abashine, un professeur de l’Université européenne à Saint-Pétersbourg [ru] et un éminent spécialiste de l’Asie Centrale et des immigrés originaires d’Asie Centrale en Russie, afin d’analyser la position de Navalny sur cette question :

Il y a dix ans, Navalny a participé aux marches russes [en] annuelles qui sont ouvertement xénophobes. Pendant les élections municipales de 2013, l’un des principaux sujets abordés lors de ses interventions publiques était l’immigration. Un phénomène contre lequel il proposait de lutter, sa rhétorique abondant en attaques xénophobes contre les personnes originaires d’Asie Centrale et du Caucase, qu’il accusait d’être des criminels, inadaptés à la culture russe et présentant une menace terroriste.

Interviewé par Global Voices, Rashid [son nom a été modifié par mesure de sécurité], un immigré ouzbek qui vit à Moscou depuis plus de dix ans, explique :

Il [Navalny] fait partie de ces gens en Russie qui introduisent dans le discours libéral cette vision négative des migrants et de la région du Caucase, une position auparavant marginale et peu répandue.

Minimiser un passé encombrant

Depuis 2016, Navalny et son équipe tentent de minimiser ses déclarations passées et évitent de s’exprimer sur le sujet sensible de l’immigration en provenance d’Asie Centrale et du Caucase en Russie, se rendant peut-être compte que ses idées pourraient nuire à son image publique.

Cependant, quelques incidents embarrassants ont entaché son discours. Pendant la guerre entre la Géorgie et la Russie en 2008, qui a résulté en l’annexion d’une partie de la Géorgie par la Russie, Navalny a exprimé son soutien aux actions menées par Moscou, employant même des termes injurieux à l’égard des Géorgiens dans ses articles de blog [en].

En avril 2017, la veille de l’élection présidentielle à laquelle il se présentait, Navalny est l’invité de l’émission en ligne présentée par le vlogueur Youri Doud, l’un des influenceurs les plus connus en Russie. Il nie alors être un nationaliste.

 

EN SAVOIR PLUS sur l’importance et l’influence des vlogueurs en Russie : Un documentaire novateur sur l’épidémie du VIH en Russie rencontre un succès phénoménal

Pourtant, lorsque le présentateur lui demande pourquoi il voulait imposer un système de visa aux citoyens kazakh tout en réclamant que l’Allemagne mette en place un programme d’exemption de visa pour les citoyens russes, Navalny répond : « Je vois que des gens d’Asie Centrale viennent en Russie et je ne vois pas ça comme bénéfique. »

Les indicateurs économiques et démographiques, cependant, montrent tout autre chose. La population russe est en constant déclin et l’immigration [en] vers le pays empêche ces statistiques démographiques de sombrer dans l’abîme. Avant l’épidémie de COVID-19, le pays comptait plusieurs millions de travailleurs immigrés, principalement originaires d’Asie Centrale. En novembre 2020, le nombre officiel est de 1,8 million[ru]. Il n’existe pas de chiffres exacts, cependant, car beaucoup d’immigrés viennent de pays dont les citoyens sont exemptés de visa et travaillent le plus souvent illégalement.

La présence d’immigrés d’Asie Centrale est tellement indispensable pour l’industrie lourde, pour le bâtiment et pour d’autres prestations de services, qu’en janvier 2021 le gouvernement russe a dû réitérer son besoin urgent de travailleurs immigrés originaires d’Ouzbékistan et du Tadjikistan [ru].

Si l’importance des travailleurs immigrés est un fait établi, pourquoi Navalny a-t-il alors déclaré à maintes reprises par le passé que les migrants étaient un problème, une menace même ? Le professeur Abashine explique :

Navalny est un populiste et un politicien pragmatique. L’idéologie n’est pas un principe fondamental pour lui, il préfère s’adapter à l’état d’esprit de son public potentiel. Si la société russe réclame fortement un discours anti-immigration et si ce sujet occupe une place importante dans l’opinion publique, dominant les questions concernant la guerre avec l’Ukraine, le rôle de l’Occident ou le COVID-19, je pense qu’il est capable de revenir à une rhétorique anti-immigration et xénophobe.

Rashid partage cet avis :

Il est peu probable que [Navalny] ignore l’importance des immigrés pour l’économie russe. Mais il a besoin du soutien des Russes lambda, des gens qu’il peut convaincre que le gouvernement actuel est responsable de tout ce qui ne va pas, celui-là même qui offre du travail aux migrants, ce qui explique que tout aille mal en Russie aujourd’hui.

Note de la rédaction : Cet article est la première partie d’une analyse sur l’image de l’opposant russe Alexey Navalny en Asie Centrale. Retrouvez la deuxième partie ici [en].

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Ce billet a été écrit conjointement par Filip Noubel et par Yevgeniya Plakhina et traduit par Amaryllis Prémillieu pour le réseau globalvoices.org qui l’a publié le 17 février 2021.

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Droits de l'Homme

La liberté d’expression dans une spirale descendante en Afrique australe, selon une nouvelle étude

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Des jeunes posent pour une photo lors d'une conférence en Namibie. Photo par Yusuf Kalyango Jnr., sous licence CC BY-SA 2.0.

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndlt.]

Une étude récente [pdf] de la coalition de la Déclaration africaine des droits et libertés de l’Internet (AfDec) a examiné la législation existante et son impact sur le droit à la liberté d’expression dans sept pays d’Afrique australe – Afrique du Sud, Malawi, Mozambique, Namibie, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe.

Le rapport de 102 pages comptait sept contributeurs, dont Dércio Tsandzana, responsable de la rédaction lusophone de Global Voices.

Un résumé des résultats pour chaque pays est présenté ci-dessous.

Malawi

L’article 35 [pdf] de la Constitution du Malawi de 1994 (avec ses amendements) garantit la liberté d’expression, « prévoit le droit à la liberté d’opinion à l’article 34 ; la liberté de la presse à l’article 36 ; l’accès à l’information à l’article 37 ; et la liberté de réunion à l’article 38 », note le rapport.

Néanmoins, l’examen de l’AfDec a identifié trois lois qui ont fait dérailler la liberté d’expression : la Loi n°33 sur la cybersécurité et les transactions électroniques de 2016, la Loi n°10 sur le drapeau, les emblèmes et les noms protégés de 1967 (telle que modifiée par la loi n°11 de 2012) et l’article 60 du Code pénal [pdf].

Lire également : Digital rights remain under threat in Malawi despite historic win for democracy

Plus précisément, la loi sur la cybersécurité contient des clauses explicites qui bâillonnent la liberté d’expression en ligne et limitent la liberté de la presse.

Mozambique

Des femmes à Praia do Bilene, Gaza, Mozambique. 6 août 2006. Photo de Julien Lagarde via Flickr, sous licence CC BY-NC-ND 2.0.

L’article 48 [pdf] de la Constitution mozambicaine de 2004 garantit la liberté d’expression et le droit à l’information à tous les citoyens.

Lire également : Le Mozambique aurait tenté d’expulser un journaliste étranger après avoir révoqué sa carte de presse [fr]

La constitution ne contient « aucune limitation spécifique » à ces droits, mais le « droit à l’information et à l’expression est régi par des lois spécifiques », a révélé l’étude.

Namibie

La Namibie se distingue parmi les six autres pays examinés dans cette étude, grâce à un climat de liberté d’expression plus convivial. Elle dispose également de l’environnement médiatique le plus libre d’Afrique selon l’Indice mondial de la liberté de la presse 2020 [fr], un classement établi par Reporters sans frontières.

Lire également : En Namibie, le passage au numérique fait sensation mais quid de l’exclusion des populations autochtones ? [fr]

La « répression des droits humains, y compris la liberté d’expression » en Namibie « n’est en aucun cas un phénomène habituel ou normal », affirme l’étude. Cependant, certains clignotants sont au rouge, notamment en raison de l’existence de lois qui « autorisent ou permettent une telle répression si ou quand ceux qui ont des tendances ou des intentions autocratiques venaient au pouvoir, démocratiquement ou non », prévient l’étude.

Afrique du Sud

Formation technologique des jeunes en Afrique du Sud. Photo de Beyond Access via Flickr, sous licence CC BY-SA 2.0.

Le droit à la liberté d’expression est fermement ancré dans l’article 16 (1)[pdf] de la Constitution de la République d’Afrique du Sud de 1996 et protège les libertés suivantes : la presse, le partage et la réception d’informations, la créativité artistique, la recherche universitaire et scientifique.

Mais ces droits ne sont pas absolus. La première de ces limitations est énoncée à l’article 16 (2) de la Constitution, qui criminalise les discours incitant à la propagande de guerre, à la violence et à la haine ethnique, raciale, de genre ou religieuse. La deuxième est inscrite à l’article 36, qui limite le droit à la liberté d’expression tant que cette restriction est « raisonnable et justifiable dans une société ouverte et démocratique fondée sur la dignité humaine, l’égalité et la liberté », précise le chapitre de l’étude consacré à l’Afrique du Sud.

Tanzanie

Un homme regardant son téléphone portable en Tanzanie, le 9 décembre 2018. Photo de Riaz Jahanpour, pour USAID Tanzanie / Digital Development Communications via Flickr, sous licence CC BY 2.0.

Depuis 2015, la Tanzanie s’est engouffrée dans une spirale descendante vers l’autoritarisme [pdf] avec un climat de peur généralisé [fr], de censure des médias, de démembrement de l’opposition avec une répression accrue des journalistes et des militants.

Lire également : Tanzanian poll is likely to usher in a new era of authoritarianism. Here’s why.

Bien que le droit à la liberté d’expression soit protégé en vertu de l’article 18 de la Constitution tanzanienne, certaines lois comme la Loi sur les cybercrimes de 2015 [pdf], la Loi sur les médias [pdf] de 2016, et la législation de 2018 sur communications électroniques et postales, qui portait spécifiquement sur les contenus en ligne, « contiennent les dispositions les plus susceptibles d’être utilisées pour réprimer les voix dissidentes », indique le rapport.

La loi sur la cybercriminalité accorde au gouvernement un pouvoir excessif pour interdire, censurer et sanctionner arbitrairement la presse écrite et les médias sociaux. Une condamnation en vertu de cette loi entraîne une peine de prison de trois ans ou une amende d’au moins 5 millions de shillings tanzaniens (environ 2 000 USD) ou les deux.

Lire également : Une série d’enlèvements et d’arrestations signale une dégradation inquiétante des droits humains en Tanzanie [fr]

La loi sur les services de médias impose l’accréditation obligatoire des journalistes, qui peut être retirée à tout moment. Cette législation a également « conféré au ministre le pouvoir absolu d’interdire l’importation de publications et de sanctionner le contenu médiatique », indique l’étude de l’AfDec.

De même, la législation sur les communications électroniques et postales (contenu en ligne) a obligé les blogs et les forums en ligne à payer des frais d’inscription de plus de 900 USD. Tout manquement est passible d’une amende « d’au moins 5 millions de shillings tanzaniens» (environ 2 000 USD), ou d’une peine d’emprisonnement « d’au moins 12 mois ou les deux ».

Lire également : À l’approche de l’échéance pour la taxe sur les blogueurs, les principaux sites indépendants s’éteignent en Tanzanie [fr]

Zambie

Le droit à la liberté d’expression est protégé par l’article 20 [pdf] de la Constitution zambienne. Mais des lois restrictives comme celle sur les technologies de l’information [pdf] et de la communication et celles de 2009 sur les communications et les transactions électroniques [pdf] « criminalisent certaines activités en ligne qui entravent le droit à la liberté d’expression », note l’étude. L’ensemble de ces lois et la surveillance étatique ont limité la liberté d’expression dans le pays.

Zimbabwe

Un policier portant un masque anti-virus s’entretient avec un automobiliste à un point de contrôle à Bulawayo, Zimbabwe, le 20 avril 2020. Photo par KB Mpofu / BIT via Flickr, sous licence CC BY-NC-ND 2.0.

Malgré des dispositions constitutionnelles claires – l’article 61 et la Déclaration sur les droits dans la Constitution du Zimbabwe de 2013 – qui protègent la liberté d’expression, « le Zimbabwe obtient toujours de mauvais résultats dans divers classements régionaux et mondiaux de l’état de la liberté d’expression », selon l’étude [pdf].

Lire également : Confinement jusqu’à l’étouffement : comment les mesures anti-COVID19 ont débordé sur les droits numériques au Zimbabwe [fr]

L’application des protocoles contre la pandémie COVID-19 a représenté une excuse pour réprimer la liberté d’expression en ligne, comme le montre l’ordonnance pour la santé publique de 2020, qui « criminalise les fausses déclarations », indique l’étude.

Lire également : A Zimbabwean journalist, two opposition politicians jailed for tweets about police brutality

L’étude de l’AfDec affirme également que « le gouvernement zimbabwéen a été soupçonné de tolérer la torture, les enlèvements et parfois les disparitions » de critiques. Par exemple, Itai Dzamara, un critique virulent du gouvernement, a été enlevé le 9 mars 2015 et est porté disparu depuis.

Gel de la liberté d’expression

Le rapport a montré un bilan désastreux de la liberté d’expression dans certains des pays examinés. Certains pays utilisent des lois qui imposent des droits de licence et d’accréditation aux journalistes et aux blogueurs, et augmentant le coût de l’expression et de la communication dans le but de les décourager.

Il en résulte un étouffement de la dissidence et « un effet paralysant sur la libre circulation des idées et des propos sérieux », déclare l’AfDec.

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Ce billet que j’ai traduit a ete écrit par le nigérian Nwachukwu Egbunike pour le réseau globalvoices.org qui l’a publié le 18 février 2021.

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Camp Boiro

Les exécutants des sales besognes du tyran Sékou Touré. 2ère partie

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Almamy Fodé Sylla

Après avoir décrit les membres et les rôles néfastes des différents Touré, appartenant à sa propre  et les Keïta, appartenant à celle de sa femme, Almamy Fodé Sylla décrit dans son livre L’Itinéraire sanglant les roles des sous-fifres qui ont contribué à la destruction morale, économique et sociale de la Guinée.

Almamy Fodé Sylla, disparu depuis septembre 2016, avait eu la chance de survivre aux atrocités du camp Boiro. Il avait été vice-président de l’Assemblée nationale sous la première législature de la deuxième république; ministre secrétaire général à la présidence; ministre de la fonction publique et du travail; ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

L’auteur était  tellement proche du Général qu’il était une des rares personnes qui montaient en voiture avec ce vieux dictateur. C’était une des personnes qui oeuvraient pour une véritable réconciliation nationale, en Guinée. Il était un ami intime de la famille d’Elhadj Diallo Boubacar Telli.

En 2002, lors d’une rencontre avec une délégation de l’Association des victimes du camp Boiro, il avait confessé son échec auprès de son ami Conté dans sa tentative de réhabilitation des victimes des caps de concentration du tyran Sékou Touré.

Ce groupe est composé de toutes celles et de tous ceux qui sont mêlés de près ou de loin à la tragédie guinéenne : agents secrets, parents ou alliés du tyran, les nombreux marabouts complices du pouvoir tyrannique. Responsables de la plupart des sacrifices humains, qu’ils indiquaient personnellement, avec le rituel, au Chef de la Loge maçonnique de l’Ouest africain, les sacrificateurs portent la lourde responsabilité d’avoir mis le couteau à la gorge d’êtres humains, comme eux, et de l’avoir tranchée, froidement, sans frémir.

Lire également: Le gouvernement, une affaire des familles Touré et Keita

Sur ce chapitre, rappelons avec amertume le résultat d’une amitié.

Oh ! Dieu de la Clémence ! Pardonnez aux innocents ! Mais condamnez les coupables !
Ayez l’âme d’Elhadj Sidiki que l’amitié d’un fils pour un tyran a entraîné sur la voie très périlleuse de « Cheytane », du Satan trompeur. En effet, Sékou et son ami Béa (Premier Ministre) se concertent, discutent, arrêtent un plan satanique, auquel ils associent malheureusement un homme respectable, le père du Premier Ministre. Si Sékou a, 30 ans durant, choisi, adopté et gardé Béavogui Lansana comme fidèle compagnon, c’est parce qu’il le sait capable d’accepter de jouer n’importe quel rôle dans son théâtre infernal. Assis dans un coin, les deux hommes complices convoquent Elhadj Sidiki Béavogui, qui arrive précipitamment, sans savoir qu’il venait se souiller les mains dans des circonstances imprévisibles pour un fervent musulman.

— Tiens, égorge-le ! telle est la volonté de Dieu.

Les deux hommes d’État suivent avec un réel plaisir « l’exécution froide » qu’ils viennent d’ordonner. Crime parfait ! Certainement pas ! La chose, bien tenue au secret pendant un certain temps, va «filtrer ». Et, finalement, c’est dans un livre que l’humanité entière sera informée. Elhadj Sidiki Béavogui en voudra éternellement à son fils pour ce crime odieux qu’il lui a fait commettre. Toutes celles et tous ceux qui ont approché Elhadj Sidiki Béavogui peuvent témoigner de l’authenticité de cette révélation. Car le « vieux » l’a dit à tout son entourage. Et c’est pour cette raison que, très «adroitement », « ce père indiscret que l’âge fait délirer », est mis en réclusion quelque part jusqu’à sa mort. Mais comme il n’y a pas de crime parfait, c’est bien dans cette réclusion que le « Tout Guéckédou » a appris tout ce qui s’est passé.

« Je refuserai de commettre un tel crime », diront certains lecteurs.

Attention ! Sékou n’était plus un homme à partir de 1964. C’était un monstre si effrayant que tous les Guinéens le craignaient plus que Dieu, parce qu’on avait fini par accréditer l’idée d’immortalité d’Ahmed Sékou Touré, qualifié de « Cheick Mahady », le sauveur de l’humanité, le dernier prophète et le plus grand de tous les envoyés.

Lire également: Quand les pouvoirs guinéens vont-ils dévoiler à la jeunesse ces crimes de Sékou Touré du 25 janvier 1971?

Si un musulman intègre, à conviction inébranlable préfère la mort à un tel crime, ce n’est sûrement pas le cas chez un « musulman de circonstance », illettré par surcroît, récemment baptisé, peut être par conviction légère, ou par amour de certains rites, très certainement par honneur d’être dans une «société » religieuse que Sékou le musulman de « parade », l’excellent commentateur du Saint Coran, mais qui s’est interrogé pour trouver, dans sa vie, le crime qu’il n’a pas encore commis, pour qu’il le fasse allègrement avant que la mort ne le surprenne.

Si l’on peut trouver des circonstances atténuantes pour le père de Béa, le seul fait d’avoir accepté la mission de tuer pour un salaire est une circonstance très aggravante pour les tueurs a gage. Quant aux dignitaires du P.D.G. qui, par excès de zèle, se sont rendus coupables de crime de toutes sortes, ils doivent être jugés et condamnés comme tels. Par exemple, Sékou n’a dit à aucun responsable de Conakry d’aller saccager la concession de Lancéï Keita, père de Tidiane, l’agresseur du Président.

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Camp Boiro

Les exécutants des sales besognes du tyran Sékou Touré. 1ère partie

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Ce billet est tiré du livre de Almamy Fodé Sylla L’Itinéraire sanglant. Disparu depuis septembre 2016, il avait eu la chance de survivre aux atrocités du camp Boiro. Il avait été vice-président de l’Assemblée nationale sous la première législature de la deuxième république; ministre secrétaire général à la présidence; ministre de la fonction publique et du travail; ministre de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.

L’auteur était  tellement proche du Général qu’il était une des rares personnes qui montaient en voiture avec ce vieux dictateur. C’était une des personnes qui oeuvraient pour une véritable réconciliation nationale, en Guinée. Il était un ami intime de la famille d’Elhadj Diallo Boubacar Telli.

En 2002, lors d’une rencontre avec une délégation de l’Association des victimes du camp Boiro, il avait confessé son échec auprès de son ami Conté dans sa tentative de réhabilitation des victimes des caps de concentration du tyran Sékou Touré.

Que dire des traits de caractère des principaux dirigeants du P.D.G. nazi ? Sékou a trahi les Guinéens, l’Afrique et les autres peuples qui l’accueillaient en héros, en véritable champion de la liberté et de la démocratie. Il a essayé de tromper Dieu, mais celui-ci avait déjà révélé avant lui dans le Saint Coran, le verset 13 de la Souratoul Moulkou : « Je sais ce que chacun de vous trame dans les méandres de sa pensée profonde ».

Sékou était un véritable ennemi du peuple de Guinée, un politicien réactionnaire qui n’a dit la vérité qu’une seule fois de sa vie , ce jour-là, agonisant dans son lit de mort, il laissera échapper la seule expression de vérité dont il a été capable : « l’homme propose, Dieu dispose, aujourd’hui c’est fini pour Sékou ».

Lire également: Guinée: Le gouvernement, une affaire des familles Touré et Keita

Sékou était également méchant, très méchant, extrêmement méchant, mais aussi, il était petit, très petit, un lilliputien, qu’opposés ces deux traits de caractère ont limité certains dégâts de l’illuminé. Tous ses proches collaborateurs qu’il a fini par tuer ou mettre en prison pour de longues années ont été plus ou moins victimes de haine résultant de la jalousie née de cette petitesse. Constatant un jour la finesse des motifs de broderie du grand boubou d’un de ses Ministres, il s’exclama comme un bambin : « Oh là ! là ! quelle bourgeoisie. » Il n’oublie pas de faire à un autre Ministre, la remarque suivante : « Moi je suis un Président malheureux, tous mes Ministres ont de jolis salons. Chez moi, c’est une honte ».

Dès qu’il a arrêté un Ministre aisé, membre de la Direction Nationale du P.D.G., il s’est aussitôt jeté sur son bureau en marbre qu’il a immédiatement fait envoyer à la case de Belle-Vue, une de ses résidences officielles.

Tous les anciens détenus de Boiro conviendront avec moi qu’Ismael Touré est un sadique né, un criminel né pour tuer. Il n’est pas entièrement satisfait de l’exécution de ses ordres par les « cabinards » (cabine technique) : il doit faire du mal lui-même pour jouir du bonheur qui en résulte pour un sadique comme lui. C’est ainsi qu’il torturera personnellement certains détenus. Momo Soloma-nâni en sait long sur ce chapitre. Il porte de visibles séquelles de la brûlure d’un morceau de caoutchouc allumé sur son corps. D’autres détenus ont eu le « privilège » de recevoir sur leurs joues pour être éteints plus d’un mégot de cigarettes allumées.

Quand ses bourreaux de la cabine technique sont venus lui annoncer la mort, survenue des suites de tortures, du Commandant Sylla Théoury, Ismaël a répondu : «C’est bien ! il est cuit dans son jus ».

Siaka Touré, lui, est un personnage singulier. Il n’est pas facile de rencontrer un bourreau au comportement doux et affable de l’acabit de cet homme qui a trompé tous les Guinéens, surtout les jolies filles guinéennes par cette nature innocente.

Grand spécialiste du montage, de la mise en scène et de l’exécution de tant de complots imaginaires, Siaka est un homme qui a su tromper par ses sourires et ses envolées sentimentales presque affectueuses, pas comme Néron d’Agrippine qui était cruel sans malice.

Siaka vient ramasser une dizaine de détenus pour les mener au « poum-poum » (fusillade) et revenir les mains ensanglantées auprès des autres détenus qui attendent leur tour et, caressant l’épaule décharnue d’un malheureux, lui demander : « Et le moral, il est bon ? ». Quel caractère monstrueux !

Keira Karim, Seydou Keita, Cherif Sékou, Moussa Diakité, analphabètes opportunistes, sont, avec Mamadi Keita, Siké Camara, Mamadi Kaba, les meilleurs apprentis-sorciers, anthropophages. Responsables d’assassinats de cadres, ils étaient, comme leur maître Sékou, passionnément jaloux des qualités techniques, morales et intellectuelles de leurs victimes.

Sékou Touré ne s’était entouré, pour la plupart, que de tristes individus, assoiffés de sang, qui l’ont aidé à saccager la Guinée, pour laisser ce beau pays dans une parfaite incurie, une totale désolation. Conakry, cette « perte de l’AOF » est une ville qui semble dévastée et abandonnée par des croisés.
Les crimes sont nombreux et de tous ordres. Peut-on payer le sang par le sang, comme le conseillent certaines religions ?

Le Comité Militaire de Redressement National a demandé au peuple de pardonner pour tout ce qui est arrivé et de regarder l’avenir avec optimisme. C’est bien beau de pardonner mais d’abord la justice !
Pour empêcher les rescapés des geôles de se rendre justice, il y a lieu de créer un tribunal spécial chargé de juger des crimes et criminels qui ont agi en temps de paix comme en temps de guerre.

Non pas en spécialiste, en magistrat, mais en qualité de victime, constituée en partie civile, voici l’accusation principale que je porte contre Sékou Touré et ses complices : convaincus de crimes et complicité de crimes.

1er groupe.

Ils sont accusés d’avoir apporté au dictateur :

  1. L’aide nécessaire requise pour la naissance, le développement et l’entretien d’un pouvoir personnel, dictatorl al par le culte de la personnalité du tyran, « Responsable Suprême de la Révolution, Stratège infaillible »
  2. Le concours opportun et nécessaire au tyran dans l’exécution de son plan machiavélique d’élimination systématique de tous les patriotes guinéens
  3. Le soutien politique et moral au cupide, insatiable dans ses nombreux vols d’argent et de pierres précieuses

les complices actifs suivants :

  • Ismaël Touré
  • Siaka Touré
  • Amara Touré
  • Abdoulaye Touré
  • Mouloukou Touré
  • Mohamed Touré
  • Nounkoumba Touré
  • Ramata Touré
  • Andrée Touré
  • Samory Touré
  • Mamady Touré
  • Mamourou Touré
  • Karim Keira
  • Moussa Diakite
  • Sékou Cherif
  • Damantang Camara

2e groupe

Lire également : Camp Boiro: Crimes révolutionnaires et sadisme de Sékou Touré

Sékou Touré dit « Alcapone », ancien Président de la République, accusé pour:

  1. Destruction physique et morale de paisibles et innocentes personnes au nombre incalculable.
    En effet, personne ne sait le nombre de citoyens guinéens et africains innocemment tués dans les « célèbres » camps de concentration sous le régime de Sékou Touré. Témoin, ces trois camions remplis de « Mamadou Diallo », tous raflés à Labé et déposés au Camp Boiro sur instruction du Comité Révolutionnaire dont une section avait signalé l’entrée clandestine en Guinée d’un mercenaire du nom de « Mamadou Diallo ».
    — Il faut prendre dans la zone où le mercenaire a disparu après sa pénétration illégale, tous ceux qui portaient les mêmes noms et prénoms que lui.
    Cela cadre parfaitement avec le système mis en place par Sékou qui préférait les défauts de ses amis aux qualités de ses adversaires, et qui disait qu’il vaut mieux sacrifier de nombreux innocents que de laisser échapper un cadre longtemps visé, lui-même un parfait innocent.
    Après trois ans de séjour, tous les Mamadou sont morts sauf cinq sur le contenu des trois camions. Quelle justice !
    Sékou Touré devra rendre compte devant les hommes et dans l’autre monde, de tous ces cas de massacres de marginaux raflés aux frontières ou dans les centres urbains. Il y sera aidé par certaines personnalités qui occupent encore aujourd’hui les premiers rangs des dignitaires du nouveau régime.
    Le cas d’un pauvre paysan, victime de l’arbitraire et de l’injustice mérite d’être porté à la connaissance du public. De passage devant le Camp Boiro, un vieux paysan fraîchement débarqué des montagnes de l’intérieur du pays, demande des renseignements au sujet d’un certain Abou, fils de son voisin, arrêté à Conakry et conduit au Camp Boiro, selon les informations reçues au village : «
    — Est-ce ici le Camp Boiro ? si oui, je vous prie de dire à votre chef de libérer « Abou ». C’est le fils de mon ami du village , son père est très bon. Lui-même, un garçon sérieux. Il est marié avec enfants. Pardon, libérez-le, car son champ de riz est en maturité et n’attend que des bras valides pour être récolté. Vous lui remettrez ces 20 sylis pour qu’il s’achète des cigarettes. N’oubliez pas ma commission, je compte sur vous et nous attendons Abou.
    — Approche un peu vieux et assieds-toi, ordonne le garde portier.
    Entre-temps arrive le « Tout-Puissant » Siaka Touré, maître-sorcier, tortionnaire en chef, commandant en chef des « forces occultes », célèbre gardien des « loques humaines », l’homme-caméléon : « monstre » à Boiro, « ange » ailleurs.
    — Voici, mon Commandant, un vieux qui demande des nouvelles d’un agent de la 5e colonne.
    — Bon, envoyez-le.
    Et voilà le pauvre vieux qui s’en va pour une destination inconnue. Il y fera trois ans pour sortir avec trois maladies qui ne tarderont pas à l’emporter à trois mois de sa libération… Ces quelques exemples suffisent, je crois pour appuyer ma première accusation contre «Alcapone » que j’accuse encore de :
  2. Haute trahison du peuple en hypothéquant son avenir politique, économique, culturel et social.
    En effet, en donnant au socialisme guinéen une figure de fantôme, synonyme de violence, de dictature, d’injustice, il a délibérément détruit les bases morales du socialisme qui s’en remettra difficilement en Guinée. En 30 ans du règne du Parti unique, Sékou a sacrifié le développement économique aux discours creux, insensés, ennuyeux, auxquels il a habitué les Guinéens qui ont abandonné l’essentiel au profit du superflu : plus de productions industrielles, pourtant source de devises ; créer la rareté en tout pour rendre le Parti indispensable à la vie car c’est lui seul qui peut satisfaire le centième des besoins du peuple qui doit se contenter du minimum car la « Révolution est exigence » selon Sékou Tôrè (Tôrè signifie souffrance en langue soussou).
    Quant à l’aspect culturel hypothéqué, le commentaire n’est pas nécessaire car c’est une honte nationale dont le peuple de Guinée portera encore longtemps le poids. Les centres d’enseignement révolutionnaire (C.E.R.) créés pour saboter l’enseignement et l’éducation en République de Guinée, avaient pleinement joué leur rôle.
    En effet, jusqu’au 3 avril 1984, le niveau général moyen de l’élève guinéen était le plus bas de toute l’Afrique, comme le revenu par tête d’habitant en Guinée.
    Que voulait Sékou pour ce beau pays de Guinée ? Un pays dont tous les habitants seraient des abrutis, des aveugles, prêts à applaudir le tyran, à rapporter au Parti le moindre propos malveillant de la part de n’importe qui, car seule la délation permet d’avoir un bon d’achat de quelques mètres de percale ou d’imprimés à Sonatex. Une population affamée, soumise au dictateur dont le bonheur fait la joie du peuple. Ne jamais laisser au peuple le moindre temps de réfléchir sur sa propre condition. Au plan social, un peuple divisé aux mœurs corrompues : menteur, tricheur, fainéant, cupide voilà la réalité que Sékou a voulu créer en Guinée pour garantir deux choses
    – son pouvoir personnel
    – après lui, le déluge, le chaos où se noierait immanquablement son successeur que le peuple qualifierait d’incapable, regrettant ainsi le règne tyrannique de notre brave tyran. Sékou a-t-il réussi dans cette entreprise destructrice ? A chacun d’y répondre !
  3. Vol de sommes fabuleuses d’argent et de pierres précieuses.
  4. Division du peuple pour préparer une guerre civile qui serait au passif du successeur. Comme Hitler, Sékou a construit une poudrière et mis à côté un fût d’essence avec une boîte d’allumettes pour qu’après lui la bombe éclate par la moindre imprudence de la part des nouvelles autorités en place.
  5. Abus de confiance, escroquerie politique et morale tout au début. (Alabè, Annabibè, de grâce, venez à moi, je ne vous décevrai pas).
  6. Incitation et appel à peine voilé à la débauche : toutes les structures du Parti et des organismes parallèles, des travailleurs, des jeunes, des femmes favorisent ce contact très délicat de l’essence et du feu, de la jeunesse, masculine et féminine. La plupart des enfants nés entre 1958 et 1984 portent les tares très graves de cette licence insupportable.
  7. Dictature politique imposée à un peuple doux résigné parce que profondément religieux.
  8. Propos délateurs et mensongers, injurieux et alarmistes, méthode cynique de tenir le peuple sous tension permanente et de créer en lui des sentiments d’éternelle suspicion et de haine.
  9. Charlatanisme et assassinat de personnes comme sacrifices humains.
  10. Attentat à la pudeur par de nombreux viols de mineures et d’épouses de détenus politiques.
  11. Exploitation scandaleuse des initiatives et aptitudes du peuple dans des activités inutiles, ruineuses et nuisibles (manifestations artistiques populaires).
  12. Fausse déclaration d’identité pour tromper l’opinion publique sur ses origines authentiques.

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Droits de l'Homme

Les États arabes réconciliés avec le Qatar, mais les militants saoudiens pour cette cause restent derrière les barreaux

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[Sauf mention contraire tous les liens mènent vers des sites en anglais, ndt.]

Une rupture entre le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), Bahreïn et l’Égypte a conduit à un boycott ainsi qu’à un blocus absolus du Qatar en juin 2017. Alors que ces pays arabes se réconcilient [fr] beaucoup de gens se demandent ce qu’il adviendra des citoyens saoudiens détenus pour avoir exprimé leur opposition à ce boycott et milité pour l’unité du monde arabe.

Depuis le mouvement connu sous le nom de Printemps arabe, les alliances régionales ont éclaté, laissant d’un côté le Qatar et de l’autre un quatuor de pays qui accusent les Qataris d’ingérence dans leurs affaires intérieures.

Doha, capitale du Qatar et siège du pouvoir, a accueilli avec faveur les changements politiques dans les pays touchés par les soulèvements et soutenu les Frères musulmans en Égypte ainsi qu’ailleurs, alors que les dirigeants des quatre autres États jugeaient ces changements politiques préjudiciables à leurs intérêts et considéraient les Frères musulmans comme une organisation terroriste islamiste. 

En fin de compte, les tensions se sont intensifiées, conduisant les quatre pays à boycotter et à bloquer le petit État du Golfe riche en gaz, le poussant plus profondément dans les bras de leurs rivaux régionaux que sont la Turquie et l’Iran.

À la suite de plusieurs tentatives de rapprochement entre les États du Golfe, le 5 janvier, les dirigeants jadis opposés de l’Arabie saoudite et du Qatar ont signé un accord négocié par le Koweït et les États-Unis, pour régler leurs différends et rétablir leurs relations diplomatiques.

À l’aéroport saoudien d’al-Ula, au nord de Médine, le dirigeant de facto du royaume, le prince héritier Mohammed ben Salmane, communément connu sous ses initiales MBS, a accueilli son rival, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, les deux dirigeants arborant des masques chirurgicaux en raison du coronavirus.

Presque immédiatement après l’annonce de la réconciliation, les médias proches de chacun des deux côtés dans la querelle et qui, pendant des années, s’étaient livrés [ar] une guerre médiatique féroce consistant à élaborer des théories du complot et à dénigrer leurs rivaux, ont commencé à louer [ar] la réconciliation et à saluer l’unité dans les rangs des frères du Golfe.

Pendant ce temps, au moins 20 citoyens saoudiens qui ont exprimé des sentiments allant dans le sens de cette réconciliation au début de la querelle et semblaient donc s’opposer à leurs dirigeants à Riyad, restent en prison, sous le coup d’une multitude d’accusations.

Un compte Twitter appelé «Prisoners of Conscience» (en français : Prisonniers de conscience), visant à soutenir les Saoudiens emprisonnés pour avoir exprimé leurs opinions, a tweeté :

🔴 NOUS DEMANDONS LA LIBÉRATION IMMÉDIATE DE TOUS LES PRISONNIERS DE CONSCIENCE QUI SONT DÉTENUS JUSTE PARCE QU’ILS ONT SOUHAITÉ UNE RÉCONCILIATION AVEC LE QATAR, IL Y A 3 ANS.

Parmi ces prisonniers se trouve l’éminent religieux islamique Salman al-Odah, dont la détention en 2017 est intervenue quelques heures après la publication du tweet suivant le 8 septembre :

Ô Dieu, louange à Toi. Mettez l’harmonie dans leurs cœurs pour qu’ils agissent dans le meilleur intérêt de leurs nations.

Depuis lors, M. Odah, âgé de 63 ans, est détenu principalement à l’isolement, avec des périodes d’accès limité ou sans accès à sa famille, et dans des conditions qui, selon son fils, reflètent l’intention des autorités de «le tuer à petit feu».

Ô Seigneur, ramène-le dans sa famille, auprès de ses proches, parmi les nations musulmanes arabes et dans le monde. #Ne_Tuez_Pas_Salman_Al_Odah

Le fils de M. Al-Odah, Abdullah, qui réside aux États-Unis, décrit la situation sanitaire du religieux :

Au cours de la procédure judiciaire du 18 novembre à Riyad, mes frères et sœurs ont été frappés par la faiblesse et l’émaciation de notre père. Ayant perdu la moitié de son audition et de sa vision en prison, il était incohérent et avait du mal à les entendre et à les voir clairement. Ils ont estimé que notre père fier et déterminé semblait complètement soumis et hochait la tête à tout ce qu’on lui disait. Ils craignaient que, dans son état précaire, il ne soit contraint de signer tout type de confession.

Après un an de détention sans procès, le procureur général saoudien a demandé la peine de mort pour M. Odah pour 37 chefs d’accusation, notamment incitation à agir contre le dirigeant, appel au changement de gouvernement et possession de livres interdits.

Salman al-Odah boit un jus de fruit à la paille dans le même verre que son petit-fils, dans un restaurant.

Le religieux saoudien détenu Salman al-Odah avec l’un de ses petits-enfants. Image tirée de Twitter.

Alors que les camps rivaux font amende honorable, les appels à la libération de M. Odah, ainsi que d’autres prisonniers, se sont multipliés.

Michael Page, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch, a tweeté :

Maintenant que l’Arabie saoudite apaise les tensions et ouvre la frontière avec le #Qatar, que diriez-vous de libérer des détenus comme @salman_alodah, accusés de s’opposer à un blocus (qui n’a abouti qu’à séparer les familles, bloquer les travailleurs et interrompre les soins médicaux des malades) ?

Awad al-Qarni et Ali al-Omari sont d’autres détenus notables sur lesquels pèsent des accusations similaires. On leur reproche notamment d’avoir entretenu des liens avec les Frères musulmans et le gouvernement qatari, et exprimé publiquement leur soutien aux dissidents emprisonnés :

🔴Dernière minute 2
Nous confirmons que
Cheikh Salman al-Odah
Cheikh Awad al-Qarni
Cheikh Naser al-Omar
sont toujours à l’isolement dans de très mauvaises conditions.

Parmi les autres détenus éminents figurent l’universitaire Mustafa al-Hasan, l’écrivain Abdullah al-Malki, et l’économiste Essam al-Zamil.

Leur arrestation a eu lieu il y a plus de trois ans, à peu près au même moment où plusieurs militantes revendiquant le droit de conduire pour les femmes ont été interpellées. Parmi elles se trouvait l’activiste emblématique Loujain al-Hathloul [fr].

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Ce billet que j’ai traduit de l’anglais en français a été écrit par Dahlia Kholaif pour le réseau globalvoices.org qui l’a publié le 2 février 2021.

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Blog konakryexpress

Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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