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Barry Diawadou, une des plus célèbres victimes de Sékou Touré
Barry Diawadou, une des plus célèbres victimes de Sékou Touré

Quand Sékou Touré reconnaissait les qualités de Barry Diawadou

Chaque année les célébrations de l’anniversaire du choix historique du peuple de Guinée pour son accès à l’indépendance, le 28 septembre 1958,ont lieu avec des chants et des danses sur tout l’étendue du territoire national, mais surtout à la Présidence. Ce lieu hautement symbolique pour une nation, en Guinée qui continue à porter le nom du tyran qui est la base de l’échec de notre pays.

Pourtant le peuple a démontré lors des élections présidentielles de 2010, malgré une importante allocation de fonds publics au Parti démocratique de Guinée, qu’il ne regrettait en rien le dictateur Ahmed Sékou Touré. Malgré tout, c’est lui qui est chaque fois encensé, alors que ses milliers de victimes sont oubliées. Parmi elles, on retrouve tous les leaders des partis politiques qui avaient oeuvré pour que le peuple de Guinée choisisse de voter “NON” au référendum proposé par le Général de Gaulle, seul parmi tous les peuples sous la domination coloniale française en Afrique francophone.

Pas un mot n’est prononcé pour commémorer les Barry Ibrahima, dit Barry III, ni Barry Diawadou, comme tant d’autres, qui gisent tous dans des fosses inconnues de leurs familles, après avoir été couverts de mensonges, arrêtés, humiliés, torturés et leurs biens confisqués. Aucune tentative de réhabilitation à leur égard n’a été initiée, alors que leur bourreau est glorifié.

Dans ce billet, qui traite de Barry Diawadou, on va voir ce que le tyran Ahmed Sékou Touré lui-meme pensait de cette éminente personnalité.

Diplômé de l’Ecole Normale William Ponty de Gorée, section administration, il participa à la 2ème Guerre mondiale et obtint le grade de Sergent chef de l’armée française. Il fut élu député plusieurs fois à l’Assemblée nationale française. Dans un article publié sur le site laplumeplus.canalblog.com, Mody Boubakar Diallo écrit:

…. il fut le premier leader guinéen à donner le mot d’ordre à ses militants de voter ‘’ Non’’ au référendum proposé par le général De Gaulle, en vue d’une indépendance de la Guinée. Par ailleurs, il fut le premier leader à renoncer à tous les avantages dont il bénéficiait auprès de la France à savoir: Sa pension d’ancien combattant, ses biens matériels, sa pension de député à l’assemblée nationale française, sa nationalité française, tout ceci dans le seul but de favoriser l’accession de son pays à l’indépendance totale par patriotisme.

… A noter que Barry Diawadou sauva de justesse le président Sékou Touré en lui recommandant de refuser de monter dans l’avion militaire devant le conduire à Dakar. La raison était très simple, les français voulaient le larguer en haute mer après son discours du 25 août 1958 à De Gaulle.

Dans son livre intitulé Guinée. Le temps des fripouilles, Sako Kondé le décrit ainsi, en citant une phrase de Sékou Touré :

“Un homme d’une honnêteté intellectuelle et d’un sens du bien public exemplaires. Certains ont pu dire de lui qu’il était « trop droit pour réussir en politique ». C’est sans doute, vrai… Beaucoup d’entre eux se souviennent de cette entrevue qu’il eut avec Sékou Touré à la veille du référendum : celui-ci vint le trouver pour lui dire en substance : « Le sort de la Guinée est entre tes mains ; tout dépendra de toi … “

Dans son livre Expérience guinéenne et Unité africaine, Sékou Touré, avant sa dérive autoritaire, a écrit:

A l’avance, je vous dirai que chez ce camarade nous avons constaté une parfaite loyauté.

Sako_Kondé nous décrit la situation politique qui prévalait en Guinée et son évolution, suite à l’accession à  l’indépendance:

A la veille du référendum il y avait, outre la section guinéenne du R.D.A., deux principales formations politiques minoritaires : le Bloc Africain de Guinée (B.A.G.) et le Mouvement Africain Socialiste (M.S.A.), dirigées respectivement par Barry Diawadou et Barry Ibrahima dit Barry III, tous deux assassinés depuis par leur ancien adversaire. L’« accord » entre ces deux partis et le P.D.G. intervint dans les tout premiers jours de l’indépendance. 

Sékou Touré pouvait alors exulter et déclarer que « notre peuple avait » transcendé les contradictions mineures qui le divisaient en de nombreux partis politiques » ; et que leur « unité » « donnait à l’option de la Guinée son entière signification politique et morale ».

La population venait de rejeter la Communauté à plus de 94 %, conformément aux consignes concordantes de tous les dirigeants de parti. Mais s’agissait-il véritablement d’accord, d’unité ? Les faits n’allaient pas tarder à montrer que cette obscure convention entre états-majors n’était rien d’autre que l’arrêt de mort des partis minoritaires. Certes, leurs deux dirigeants étaient entrés dans le gouvernement P.D.G. Mais, en pratique, ils étaient désormais coupés de leur base, laquelle fut, en quelque sorte, aussitôt phagocytée par le parti unique. Et, déjà, le chef de cette dernière formation fourbissait ses armes et construisait, pièce par pièce sa machine à asservir.

Et d’ajouter à son analyse de la fourberie et des tendances dictatoriales de Sékou Touré, qui profita de la bonne foi de ces deux dirigeants authentiquement nationalistes:

…. Barry Diawadou est tombé victime d’un adversaire (Sékou Touré) bien plus à l’aise dans les marécages de la basse « politique politicienne » que sur le chantier de la construction nationale. L’histoire sait jouer des tours révoltants où l’on voit les tricheurs, les ignares, prendre le pas sur les honnêtes, les capables. Ce fut bien à un de ces tours qu’on assista en Guinée dans les premiers jours de l’indépendance. Que retenir de tout cela ?

Le site campboiro.org décrit l’acharnement de Sékou Touré contre Barry Diawadou et sa famille. Son père, ses frères, un de ses fils, deux neveux et un gendre connurent la prison. Tout comme lui,  son frère n’en survivra pas.

Camara Kaba 41, dans son livre Dans la Guinée de Sékou Touré : cela a bien eu lieu, nous donne une description à faire couler les larmes, même après tant d’années:

Ils étaient méconnaissables avec leur maigreur extrême et surtout avec leur barbe de plusieurs mois. A gauche de Fodéba, son ami Fofana Karim, ministre des Mines et de la Géologie. Kaman était à l’extrême droite. Il creusait sa tombe sous les baïonnettes de ses soldats d’hier. Depuis 2 heures du matin, ces infortunés creusent. A 4 heures 15 le trou du plus vaillant arrivait tout juste à ses genoux.

Lors des célébrations de l’indépendance, il n’y aura que les parents et amis pour se rappeler de ces illustres disparus. Avec les fausses accusations montées de toute pièce et la manière dont ces dignes fils de Guinée ont été éliminés, le cynisme et la folie meurtrière aveugle du dictateur Ahmed Sékou Touré ont atteint des sommets ignobles.

À propos konakryexpress

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

2 plusieurs commentaires

  1. Malgré tout diabolisation du président sekou Touré, l”avenir lui a donné raison, car depuit sa mort notre pays n’a jamais connu la stabilité, le guinéen est devenu encor plus feneant qu’ils n’a jamais été, plus manteurs qu’ils n’a jamais été et plus tricheurs qu’ils n’a jamais été, quoi qu’il en soit il faudra coûte que coûte au président quelque soit ce président d’adopter le système du président sekou Touré pour que notre pays prend la marche pour le développement, je parle de ce soit disent système dictatorial,au détriment de soit disent système democratique mensongère des occidentaux, l’avenire nous le diras, wait and see

    • Cher lecteur, ce tyran a tellement mal géré notre pays qu’à sa mort, lorsque les militaires ont pris le pouvoir, ils ont du procéder à une dévaluation de notre monnaie de 90 pour cent. Après 26 ans de dictature, il n’a rien laissé à la postérité qui puisse améliorer ses conditions de vie.

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