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BML, s’il fallait mourir pour que le monde sache qui on était, toi tu en es un parfait exemple

Lamine, cela fait un mois depuis que tu n'es plus parmi nous et que tu ne le seras jamais plus avant que l'on te rejoigne dans l’au-delà. Malgré le deuil profond dans lequel ta disparition nous a plongés, j'ai fait un recueil des témoignages publiés sur les différents medias nationaux ou réseaux sociaux

Ta disparition a créé une onde d’émoi au sein de toute la presse guinéenne. Les nécrologies, condoléances et témoignages de sympathie sont venus de toute part: Association des victimes du Camp Boiro, Facebook, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH), Twitter et appels téléphoniques. Il y a des gens dont j’ignorais même jusqu’à l’existence qui m’ont téléphoné de partout.  

Bah Mamadou Lamine, BML. Photo fournie par sa femme
Bah Mamadou Lamine, BML. Photo fournie par sa femme

Les sites guinee28.info conakrylemag.com et conakrylive.info et d’autres publient une lettre de condoléances du président international de l’Union des Journalistes de la Presse Libre Africaine (UJPLA) à Mouctar Bah, correspondant Radio France Internationale (RFI) depuis Conakry, Président désigné de la section nationale UJPLA dans laquelle il exprime ses condoléances et rappelle combien tous ceux qui ont travaillé avec toi se rappellent de toi comme un « homme affable, toujours chaleureux et dévoué et appliqué dans sa tâche. Que [ton] bel exemple professionnel et [ta] mémoire inspirent les générations actuelles de journalistes et de correcteurs de presse. »

Ton ancien collègue Azoka Bah exprime sur libreopinionguinee.com sa consternation d’apprendre ton décès et combien tu as été un modèle pour les jeunes stagiaires et puis reporters du groupe de presse Le Lynx-La Lance. Il ajoute aussi que tu étais un homme humble, taquin et d’une gentillesse extraordinaire. Il se rappelle que tu l’appelais  » Azucar ».

Le site guineenews.org retiendra de ce Grand journaliste que tu as été , l’homme humble et très critique et ajoute que ce n’est pas fortuit si au Lynx-Lance tu étais appelé le Grand Reporter et révèle que c’était à cause de tes grands dossiers dévoilés aux Guinéens tous les lundis matins et l’investigation journalistique que tu savais bien mener parmi tant de journalistes guinéens. Ton ami fraternel Diallo Souleymane est inconsolable. Il rappelle dans le lelynx.net:

« A travers le rappel à Dieu de Bah Mamadou Lamine, BML, sa famille biologique, professionnelle, Le Lynx et ses fidèles lecteurs déplorent la disparition d’un journaliste accompli, sincère, juste, fidèle à ses convictions, à la république, dans le sens le plus noble du terme. Vendredi 8 juillet, il a rejoint par la volonté du Créateur, d’autres célébrités, acerbes bien sûr envers l’injustice, mais honnêtes en tout point de vue, courageuses, sincères, qui ont constitué la sève nourricière de votre satirique du lundi. La liste est déjà bien garnie : Alassane Diomandé, Williams Sassine, Sékou Amadou Condé, Sacko Sambry, Ahmed Tidjani Cissé, Prosper Doré, Assan Abraham Keita, Thierno Diallo, Koro Mory, Mohamed Diallo et j’en passe avec toutes les peines du monde. « Partir, disaient les anciens, c’est mourir un peu. » Mais rester ne signifie pas, a priori, vivre pleinement. »

Avant de révéler des faits encore inconnus au grand public sur les raisons de ton kidnapping dans la classe où tu enseignais à Abidjan le 27 avril 1981, soit 10 ans jour pour jour depuis l’arrestation de notre père, par la DST, la Direction de Surveillance du Territoire et ton transfèrement au Camp Boiro dans l’avion spécial du Président Houphouët-Boigny, accompagné par son ministre de la défense et d’autres pauvres bougres qui avaient le malheur de porter ton nom..

Bah Mamadou Lamine, BML. Photo fournie par sa femme
Bah Mamadou Lamine, BML. Photo fournie par sa femme

Keamou Bogola HABA Coordinateur National du Front National pour la Defense de la Transition (FNDT) apporte lui aussi son témoignage sur couleurguinee.com:

Aujourd’hui, en toi Bah Lamine, la Guinée perd un bon guinéen, un travailleur inlassablement, un historien, un activiste des droits de l’homme, un journaliste d’investigation et d’analyse courageux et libre dans l’expression de sa pensée et de ses convictions, un amoureux de sa communauté. Le Fouta Djallon perd en Bah Lamine, l’un de ses dignes fils, une de ses bibliothèques et l’un de ses fervents défenseurs et têtes pensantes.

In inbox et dans ton compte whatsapp, je continuerai toujours de t’écrire comme si rien n’était et cela dans l’espoir de trouver en ta progéniture un autre Bah Lamine encore plus ouvert á la diversité, au travail bien fait et á l’humour comme tu l’as été.

Alpha Ousmane Aob Bah  a confié son témoignage et sa marque d’affection à Facebook dans laquelle il dit entre autre:

A chaque fois que tu prenais la plume, tu occupais tous les feuillets du journal de #Le_Lynx sans faire de la place pour les autres.
 
Je me rappelle de la belle plume d’hommage a l’endroit de feu AAK que tu appelais #Hassanawel Votre enfance avec lui à Pita, vos premiers jours classe tenue par Mme Barry Neene. L’amitié née entre vos familles à travers votre père Elhadj Amadou Bailo Bah et Elhadj Sory Keita, père de feu AAK qui a sa maison à la devanture. Vos années de galère en Côte d’Ivoire dans l’enseignement jusqu’à la naissance du Lynx dans les années 1992.
Toujours sur Facebook, Algassimou Isic Baldez a écrit:

Paix à l’âme de ce monument de la presse. #BML (c’était sa signature). Je me rappelle encore d’une de ses phrases cultes qu’il me lança lors d’une rencontre conjointe des rédactions du groupe (Lynx-lance-Lynx FM). C’était au siège de la radio à Kaporo Rails. Il me disait:  »Petit, le journaliste radio est complet , mais il doit beaucoup lire ». La lecture était une valeur inaliénable pour lui si l’on veut trouver ses marques dans la presse. #BML, c’est aussi l’engagement social à travers la plateforme de la société civile  » la baïonnette intelligente » dont il était l’une des têtes pensantes. C’est une icône qui nous quitte. Un homme merveilleux qui aura su faire briller les autres en acceptant de vivre dans l’anonymat.

Pour le célèbre écrivain guinéen Tierno Monénembo Diallo, récipiendaire de nombreux prix littéraires, trouve que  tu n’étais pas suffisamment connu en Guinée pour la bonne et simple raison que tu avais « une sainte horreur du tapage dans un pays où le paraître a été élevé au rang de valeur cardinale », mais il te classe dans un article publié sur lelynx.net parmi les personnes incluses dans sa « shirt list » comprenant « le journaliste sénégalo-guinéen, Jean-Pierre N’Diaye, pour l’écrivain camerounais Mongo Béti et pour  mes deux amis les plus proches : notre compatriote Williams Sassine et  l’anthropologue sénégalais, Mangoné Niang. »

Ton ami et condisciple Alpha Sidoux Barry, ancien journaliste de Jeune Afrique, te qualifie sur le site couleurguinee.com de journaliste de haut niveau, de grand combattant de la liberté contre les dictatures qui se succèdent sans discontinuer en Guinée (l’une engendrant l’autre), un homme qui a accompli son destin. Il décrit ton parcours scolaire depuis Rabat en 1961 où le papa, un des hommes d’affaires les plus prospères au moment de l’accession de la Guinée à l’indépendance, t’avait envoyé dès l’âge de 15 ans. 

Il raconte comment tu as du fuir la Révolution de Sékou Touré après que celui-ci ait arrêté notre père malgré les grands services rendus à l’Etat en riche entrepreneur ayant notamment payé les salaires des fonctionnaires guinéens durant le premier mois de l’indépendance car les caisses du Trésor public étaient vides. Il parle de vos années d’études à Abidjan en colocataires dans un appartement à la cité Sogefiha de Cocody.

Mamadou Bowoi Barry dit Petit Barry, ancien directeur du Bureau de presse de la présidence de la République. sous le tyran Sékou Touré qui fit la prison en partie avec notre père, qui fut d’ailleurs une des rares sources d’information crédible sur lui, après avoir révélé qu’il a pu parler avec toi le 3 juillet, soit 3 jours avant ton décès, porte ce jugement sur ta personne, dans un message privé qu’il m’a envoyé sur WhatsApp après avoir exprimé ses condoléances à ton épouse, Oumou Hawa:  

Lamine était très affectueux mais il a été un courageux combattant pour la promotion et la protection des droits de l’homme, ainsi que pour la democratie.

Je suis sur, te connaissant, tu aurais trouvé une réponse humoristique pour liquider tous cet encensement, mais c’est ainsi que les personnes qui t’ont connu dans la vie ou qui ont lu tes prises de gueule contre les voleurs et violeurs de nos droits humains, voleurs des biens communs ainsi que contre toute autre forme d’injustice.

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