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Burundi : des enquêteurs de l’ONU dénoncent un climat de peur et d’intimidation avant les élections de 2020

Le document décrit comment des autorités locales et des Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD intimident la population locale afin de la forcer à adhérer, soutenir ou contribuer au parti gouvernemental.

Il montre aussi comment des Imbonerakure ont commis des meurtres, des disparitions, des arrestations et détentions arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements, ainsi que des viols contre des membres de l’opposition politique, réels ou présumés.

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© UNHCR/Georgina Goodwin
Des réfugiés burundais dans le camp de Mulongwe au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo (photo d’archives).
Le 4 septembre 2019 news.un.org, le site d’information des Nations unies, a publié une dénonciation des graves violations des droits humains en cours au Burundi

La Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi a dénoncé mercredi les violations graves des droits de l’homme commises pendant la période préélectorale dans ce pays. Les enquêteurs onusiens ont estimé qu’un « climat de peur » règne, à moins d’un an des élections présidentielle, parlementaires et locales en 2020.

« Aujourd’hui au Burundi, il est extrêmement dangereux de s’exprimer de manière critique », a constaté le Président de la Commission d’enquête, Doudou Diène. Dans son rapport publié aujourd’hui à Genève, la Commission conclut à l’existence d’un climat d’intimidation de toutes les personnes qui ne démontrent pas leur soutien envers le parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Le document décrit comment des autorités locales et des Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD intimident la population locale afin de la forcer à adhérer, soutenir ou contribuer au parti gouvernemental.

Il montre aussi comment des Imbonerakure ont commis des meurtres, des disparitions, des arrestations et détentions arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements, ainsi que des viols contre des membres de l’opposition politique, réels ou présumés.

Photo ONU / Jean-Marc Ferré
Doudou Diène, le Président de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi. (archive)

La crise de 2015, loin d’être résolue, a évolué au point de toucher l’ensemble du pays

La Commission d’enquête est arrivée au constat que ce niveau de violence alarmant est alimenté par l’impunité généralisée qui prévaut au Burundi.

« L’étouffement » des voix critiques « est ce qui permet au pays de présenter une illusion de calme », relève Lucy Asuagbor, membre de la Commission. Pour Françoise Hampson, également membre de la Commission, il s’agit d’un « calme qui repose sur la terreur, comme le démontre la persistance des crimes contre l’humanité et des violations graves des droits de l’homme que nous avons documentés ».

Par ailleurs, les enquêteurs ont rappelé que des femmes et des filles ont été victimes de viol collectif par des Imbonerakure lors d’attaques sur leur foyer ou pendant qu’elles essayaient de fuir le pays. Des hommes – mais également des femmes – ont subi des tortures à caractère sexuel pendant leur détention par le Service national de renseignement.

« Etant donné les restrictions sévères imposées aux médias indépendants et à la société civile, le dysfonctionnement du système judiciaire et la fermeture récente du bureau pays du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ces violations se produisent quasiment à huis-clos », ont regretté les enquêteurs onusiens.

Pour la Commission, la crise de 2015, « loin d’être résolue, a évolué au point de toucher l’ensemble du pays », avec des « Imbonerakure », des agents du Service national de renseignement et de la police ainsi que des autorités locales qui « continuent à commettre de graves violations des droits de l’homme contre des citoyens burundais ».

La Commission lance un système d’alertes précoces

Le premier tour de la présidentielle, qui aura lieu le 20 mai de l’an prochain, a été couplé aux élections législatives et communales. A cet égard, la Commission a insisté sur le fait que la situation au Burundi doit être suivie de « avec la plus grande vigilance par la communauté internationale ».

Les enquêteurs de l’ONU ont également mis un accent particulier sur l’urgence de mettre en œuvre des mesures en vue de prévenir la détérioration de la situation des droits de l’homme dans le contexte des élections de 2020.

Et compte tenu de la période électorale à venir, politiquement sensible, la Commission d’enquête a décidé d’adopter une démarche prospective. En appliquant le « Cadre d’analyse des atrocités criminelles », élaboré en 2014 par le Bureau du conseiller spécial pour la prévention du génocide et la responsabilité de protéger, la Commission a constaté que les huit facteurs de risque communs pour les atrocités criminelles sont présents au Burundi.

« Ces signes avant-coureurs sont suffisamment éloquents », a déclaré le Président de la Commission. « Notre analyse doit être soigneusement prise en compte pour que les engagements réitérés en matière de prévention aient une quelconque signification ».

Les conclusions de la Commission sont basées sur plus de 1.200 témoignages de victimes, de témoins, d’auteurs présumés de violations des droits de l’homme et d’autres sources. Le rapport de Doudou Diène et son équipe sera présenté le 17 septembre prochain devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève.

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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Comment Houphouët-Boigny a imposé Sékou Touré au peuple guinéen à la naissance du RDA

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Extrait du livre « Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, du rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 qui n’est plus disponible gratuitement sur le site campboiro.org, qui a été piraté d’une manière irréversible. 
Il n’est point besoin, pour moi, de faire l’historique du PDG-RDA, ni de faire le portrait de Sékou Touré. Ce dernier se présentera lui-même et présentera son Parti rien que par ses actes car l’homme, au fond, qu’est-ce que c’est ? Il n’est nullement ce qu’il pense ou dit, mais ce qu’il fait. Les actes de Sékou feront son portrait mieux que moi.
Nous sommes en 1953, précisément le 2 août. Sékou Touré est élu conseiller territorial de Beyla. Les élections étaient partielles. En vérité, Sékou était battu largement par son rival Douty Camara, fils du chef de Beyla. Bernard Cornut-Gentil, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF) et Félix Houphouët-Boigny (président ivoirien du RDA) débarquèrent par hélicoptère à Beyla, cassèrent les élections contre toute attente et proclamèrent Sékou élu.
Cette tournure des événements va dans le sens de la nature profonde de Sékou Touré ; rendre vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai et prêcher toujours le faux pour avoir le vrai. C’est le fondement de la dialectique sékoutouréenne. Il s’en servira à merveille pendant les interrogatoires d’innocents détenus qui avoueront (et comment !) les fautes qu’ils n’ont pas commises.
C’est Houphouët-Boigny qui a choisi Sékou à la naissance du RDA comme dauphin. Il l’a soutenu — contre vents et marées en Guinée. Il a contribué au financement de ses campagnes. Des Ivoiriens, tels que Mamadou Coulibaly, battaient campagne pour le RDA, aux côtés de Sékou. Mais celui-ci est un petit de la vipère : il ronge le flanc de sa mère pour venir au monde. La mère de Sékou n’est-elle pas morte en couches ? L’ingratitude est dans le sang de Sékou Touré , je veux dire qu’il est ingratitude, comme il est mensonge, comme il est meurtre.
Dès 1963, il se retournera contre Houphouët-Boigny et contre tous ceux, Guinéens et non Guinéens, Blancs et Noirs, qui l’ont tenu par la main et l’ont aidé à marcher, à se nourrir, à s’affermir. Houphouët-Boigny regrettera amèrement son assistance à Sékou ; en 1976, devant l’Assemblée nationale ivoirienne, il demanda pardon au peuple de Guinée.
— Je ne le savais pas, dira-t-il. Sékou, tu es un frère mais un mauvais frère, ajouta-t-il.
A la lumière des élections de Beyla, toutes les cellules du PDG seront basées sur le trucage. Il n’y a pas eu, il n’y aura jamais de véritable suffrage universel en Guinée tant que Sékou Touré sera au pouvoir. Du comité de base à la section du Parti, de la fédération au Bureau politique national (BPN) en passant par l’Assemblée nationale elle-même, tout est truqué, téléguidé par le Responsable Suprême de la Révolution. Si un membre de comité de base ne lui plaît pas, eh bien, il ne sera pas retenu ; de même, si les habitants d’un comité ne veulent pas d’un candidat, ce dernier leur est imposé si Sékou le veut. Cela est ainsi dans les organismes du Parti, des syndicats. Quant à l’Assemblée nationale, ses membres sont purement et simplement désignés et non élus. On se retrouve un matin député de la République de Guinée sans y avoir rêvé et parfois contre son propre gré.
La grève de 70 jours de septembre à novembre 1953, de même que sa victoire pour ramener l’impôt de capitation colonial de 700 francs à 500 francs, furent des atouts considérables pour la lutte politique de cet homme. A sa candidature aux élections législatives de juin 1954 pour remplacer Yacine Diallo, alors premier député de la Guinée, mort la même année, Sékou Touré déclarait : « Dans l’intérêt de l’Union française, la politique de courte vue doit cesser ; choisir le pire par peur du mal est une action inintelligente ».
Cependant, Sékou sera battu à ces élections par Barry Diawadou, leader du Bloc africain de Guinée (BAG). Il reprendra sa revanche aux élections législatives du 2 janvier 1956 : le PDG – RDA remporte deux sièges sur trois. Quant aux élections à l’Assemblée territoriale du 3 mars 1957, il y remporte 57 sièges sur 60. C’est la consécration définitive du PDG.

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L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ?

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Dans son livre Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, le rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 rapporte cette question qu’une vieille dame aurait posée au tyran « L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? ».

C’est dans le chapitre « Un fleuve de sang et de larmes » qu’il nous présente le contexte dans lequel cette femme pose sa question.  Elle résume toutes les attentes déçues des guinéens depuis l’indépendance. Les violences dont les forces de (in)sécurité se rendent coupables chaque fois qu’elles en ont la possibilité n’ont jamais été épargnées à la population, en particulier aux jeunes, c’est-à-dire ceux sur lesquels repose le futur du pays.

Mon désir n’est point de juger cet homme, autrement je serai aussi violent que lui, mais de découvrir la vérité en décriant le mensonge et puis, oui ! pardonner les dix années passées entre ses griffes, dans ses camps d’extermination, d’animalisation de l’homme.

Sékou Touré est mensonge, vous ai-je dit, et le peuple de Guinée croit en lui fermement quand il lui ment. Comment ne pas croire en lui ? De mémoire d’homme et par éducation, les peuples savent que les rois, les chefs, ne mentent pas et la raison de leur conviction est très simple : le roi, le chef, le dirigeant n’a pas besoin de mentir ; il est le représentant de Dieu sur la terre. Cette conviction date des temps immémoriaux et son résidu demeure et demeurera au tréfonds de l’individu et dans la conscience des peuples.

Quand Sékou Touré ment, il est convaincu que son mensonge passera la rampe, parce que ceux auxquels il ment sont loin d’imaginer que, lui, le grand chef, le grand libérateur, peut leur mentir et ils croient tout raisonnablement. Mais malheureusement le temps est là, le temps qui ronge patiemment tout ce qui n’est pas et qui est en lui et qui ne saurait être hors de lui. Avec la complicité du temps, la vérité, l’amère vérité, pure dans sa patience parfois désarmante, finit par être mise à nu et alors « le monde saura ce jour-là qui est Sékou Touré » (Émile Cissé). « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais jamais tout le peuple tout le temps », dira-t-il lui-même (ce mot n’est pas de lui, on le sait).

Peut-on mentir à soi-même ? Impossible ! Et pourtant, pourtant Sékou a menti à lui-même.

« L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? », lui demanda un jour une vieille femme, lors d’une de ses rondes à l’intérieur du pays. « Depuis le départ des Blancs, je n’ai pas mangé de sucre », poursuivit la vieille femme, appuyée sur son bâton. Sékou se contenta de la regarder, ne sachant que répondre : il souriait mais ses yeux lançaient des flammes. Sa suite était gênée, embarrassée. Pris au dépourvu, lui le verbeux, il battit en retraite. Ce n’est pas seulement la vieille qu’il a fui, mais la région administrative qu’il visitait ce jour-là.

La promesse n’a pas été tenue et la question de la vieille Guinéenne n’est qu’un implacable constat:  Sékou n’a tenu aucune de ses promesses. Aux ouvriers, il disait : « les Blancs vous payent mal ; aidez-moi à les chasser, vous aurez le même salaire qu’eux ». Quel ouvrier n’aurait-il pas voté pour lui ? Sa méthode la plus désarmante pour convaincre les Guinéens, les réduire à sa cause afin qu’ils le portent et dans leur bras et dans leur coeur, était de se coucher par terre devant un chef de canton ou devant un notable influent et de dire :

« Je suis orphelin, je suis pauvre, au nom d’Allah et de son Prophète, aidez-moi, votez pour moi.»

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Connaissez-vous l’histoire de la première députée noire du Brésil ?

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Petite fille, Antonieta de Barros gambadait dans la pension de sa mère en essayant d’apprendre les lettres de l’alphabet. En se faufilant parmi les élèves, tout comme sa soeur Leonor, elle a appris à lire et à écrire. Antonieta ne pouvait imaginer que l’étude de l’alphabet la mettait sur le chemin pour devenir la première femme noire législatrice dans l’histoire du Brésil. On était en 1934 et l’esclavage avait été aboli moins de 50 ans auparavant [fr].

Peu de gens connaissent l’histoire d’Antonieta ou même savent qui elle était. À Florianopolis, la capitale de l’Etat de Santa Catarina au sud du Brésil, des rues, des écoles et des tunnels portent son nom. Il y a même un monument qui lui est dédié. Cependant, comme beaucoup d’autres noms sur les plaques des rues, pour de nombreux citoyens, c’est juste une adresse – quelque chose que la cinéaste Flávia Person a décidé de changer.

Née à São Paulo, Flávia a vécu à Florianópolis pendant sept ans. Elle a découvert Antonieta lors d’une recherche sur l’histoire du peuple noir de Santa Catarina, l’Etat brésilien avec la plus faible proportion de cette population: seulement 15% des catarinenses se déclarent noirs ou partiellement noirs. Lors des élections de 2014, il a été le seul Etat à ne pas avoir élu une seule personne noire. Pourtant, c’est là que 82 ans auparavant, une femme noire a pris ses fonctions après avoir été élue par un vote populaire.

La cinéaste Flavia Person a été fascinée, comme elle l’a dit à Global Voices :

Faire un film sur Antonieta me semblait urgent. Après avoir découvert qu’elle a été enseignante, directrice d’un institut de formation, chroniqueuse pour l’un des journaux les plus importants de l’Etat, la première femme à être élue à Santa Catarina et la première femme noire à être élue dans tout le Brésil, et malgré cela, personne parmi les natifs de Florianópolis ne savait grand-chose sur elle, j’ai pensé que c’était le moment de faire un film sur son histoire pour la révéler à autant de personnes que possible.

Son court métrage documentaire est sorti en octobre, après une année de recherches. Pour réaliser le documentaire “Antonieta”, Flávia a fouillé dans les thèses académiques et les archives publiques, mais elle a été sauvée par les documents personnels, sans aucune image, d’un parent d’Antonieta.

Signé, Maria ‘de l’île “

Florianópolis, capitale de l'Etat de Santa Catarina, au moment de l'enfance de Antonieta. Publiée avec l'autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Florianópolis, capitale de l’Etat de Santa Catarina, lors de l’enfance d’Antonieta. Photo publiée avec l’autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

La mère d’Antonieta, une esclave affranchie, devenue veuve très tôt, a dû élever ses filles toute seule en travaillant comme blanchisseuse. Mme Catarina a toujours considéré l’éducation comme l’héritage le plus précieux qu’elle pouvait laisser à ses filles. Elle a fini par élever deux enseignantes. A 21 ans, Antonieta avait déjà fondé sa propre école, l’”Antonieta de Barros Tutorat Cours”, dédié à les adultes analphabètes et pauvres. Pour elle, “l’analphabétisme est ce qui empêche les gens d’être des personnes“. Flávia ajoute :

Antonieta a fait de l’éducation le combat de sa vie. Elle croyait en l’éducation comme la seule voie possible pour l’émancipation des pauvres et des femmes. Elle a toujours préconisé l’éducation pour tous, sans distinction de race, de croyance ou de sexe.

L’écriture était un autre moyen à travers lequel Antonieta s’est taillé une place dans la société. Comme l’a noté la journaliste Ângela Bastos dans un portrait d’Antonieta publié en 2013, elle tenait une rubrique sous le pseudonyme de Maria da Ilha (Maria “de l’île”), pour la défense des droits civils des femmes – à un moment où presque personne ne le faisait au Brésil, surtout hors de Rio de Janeiro et de São Paulo :

Maria da Ilha avait une sensibilité pour différents sujets comme l’éducation, la civilité, la religiosité, les vertus morales, éthiques et civiques. Elle aimait aussi aborder les questions des relations entre les sexes ainsi que la vie politique et sociale des années 1930 au Brésil et dans le monde.

Les Brésiliennes n’ont officiellement obtenu le droit de vote qu’en 1932 [fr]. Deux ans plus tard, Antonieta, qui avait occupé des postes de haut niveau et débattu à égalité avec des hommes et des intellectuels, allait devenir l’une des premières femmes élues députées, remportant un siège dans l’assemblée de l’État (dans la même année, le médecin Carlota Pereira de Queiroz [fr], qui était blanche, a été élu députée fédérale de l’Etat de São Paulo).

Antonieta savait que la marginalisation des femmes dans le monde politique“ n’était pas due à la nature”, mais elle savait que c’était le cas dans d’autres domaines aussi. Comme l’explique Flavia :

Antonieta a toujours été active politiquement. Après avoir obtenu son diplôme, elle a fait partie de la Ligue de l’enseignement, une organisation qui défendait les droits des enseignants de sexe féminin. J’ai découvert que, jusqu’au milieu des années 1930, dans les écoles publiques, il était interdit aux enseignantes de se marier ; il y avait une loi qui leur interdisait de le faire. La justification était que les enfants pouvaient poser des questions inappropriées sur la sexualité de leurs enseignants.

Une députée moderne

Antonieta avec un groupe de politiciens et d'intellectuels de son temps. Publié avec l'autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Antonieta avec un groupe de politiciens et d’intellectuels de son temps. Publié avec l’autorisation de Magnolia Produções / Traitement par Yannet Briggiler

Antonieta a réussi en politique avec l’aide de Nereu Ramos [fr] du Parti libéral de Santa Catarina, qui allait devenir le 20e président du Brésil. La mère d’Antonieta avait travaillé dans la maison de son père, Vidal Ramos, homme politique lui aussi, et entretenait de bonnes relations avec la famille. Flávia explique :

Le parti, sentant que la société était en train de changer dans les années 1930, et voulant afficher une image de modernité, a vu une opportunité en Antonieta, déjà très respectée par l’élite en raison de son travail dans l’éducation. Certes, elle a dû affronter les préjugés en raison de sa couleur de peau et à cause de son sexe. Dans les années 1930, il y avait encore des discussions sur les prédispositions biologiques des femmes, qui les prétendaient incapables d’occuper des fonctions publiques. A cette époque, socialement on les acceptait seulement dans les fonctions liées à l’enseignement et à la vie familiale.

L’école créée par Antonieta a continué à fonctionner pendant près de 10 ans après sa mort. Et les débats qu’elle a introduits dans l’assemblée de l’Etat sont toujours pertinents. Pour Flávia Person, cela montre comment l’histoire oublie souvent les femmes, même quand elles en sont des protagonistes.

Le nom de la première députée noire survit d’autres manières encore. Dans l’Etat de Santa Catarina, un groupe d’enseignantes noires débattent de l’éducation, de l’égalité et de la politique publique sur une page Facebook intitulée “Autres Antonietas”. Cette année, le ministère de la promotion des politiques sociales pour l’égalité raciale du gouvernement fédéral a lancé le prix Antonieta de Barros pour distinguer de jeunes communicants noirs.

Quand on lui demande ce que penserait Antonieta du Brésil d’aujourd’hui, où les gouverneurs combattent les étudiants qui demandent plus d’écoles, où les femmes sont encore minoritaires dans la vie politique et voient leurs droits menacés au Congrès, mais aussi où le débat entre les sexes est en plein essor, Flávia répond :

C’est sûr qu’elle aurait elle aussi crié Fora Cunha [“Cunha, dehors”; Eduardo Cunha est le président de la Chambre des députés, la chambre basse du Congrès du Brésil]

Pour plus d’informations sur le documentaire “Antonieta”, consultez la page officielle du film (en portugais).

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Ce billet a été écrit en portugais par Fernanda Canofre traduit en anglais par Taisa Sganzerla et en français par moi pour globalvoices.org. Fernanda Canovre est une brésilienne diplômée en journalisme de l’Université de Passo Fundo et détient un Master en histoire de l’Université de Coimbra.

Taisa Sganzerla est rédactrice en chef de Global Voices. Elle s’intéresse principalement au Brésil, mais aussi à l’Asie du Sud-Est et à l’Europe.

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Le conflit entre le Ghana et la Guinée ne cesse de s’envenimer

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Ce texte est extrait du mensuel français monde-diplomatique.fr, écrit par Philippe Decraene, chef de la rubrique Afrique noire au journal Le Monde et rédacteur en chef de La Revue française d’études politiques africaines.

 Sous prétexte que M. Sekou Touré détiendrait illégalement dans son pays des citoyens ghanéens, le gouvernement du général Ankrah faisait procéder, à la veille de l’ouverture du sommet de l’O.U.A., à l’arrestation de la délégation guinéenne à cette conférence. Conduits par M. Lansana Beavogui, ministre des affaires étrangères, dix-neuf ressortissants guinéens, dont l’avion avait fait escale à Accra, y étaient interceptés par la police ghanéenne, puis séquestrés pendant plusieurs jours, placés dans l’impossibilité de se rendre à Addis-Abéba.

Cet acte contraire au droit international a eu de graves répercussions immédiates. Il contribua notamment à faire peser une atmosphère de malaise sur les travaux du quatrième sommet de l’organisation panafricaine. Il a surtout gravement affecté les relations entre la Guinée et le Ghana, dont tout porte à croire qu’elles ne vont cesser de se détériorer.

Certes, passé le moment de stupéfaction, aussitôt connue la nouvelle de l’arrestation à l’escale d’Accra de la délégation guinéenne, les offres de « bons offices » affluèrent. C’est ainsi que l’empereur Hailé Sélassié, dont la capitale abrite le siège du secrétariat général de l’O.U.A., envoya immédiatement auprès du général Ankrah son ministre de la justice. Soucieux d’assurer le succès d’une réunion qui se tenait pour la deuxième fois en Ethiopie, le Roi des rois entendait ne négliger aucun effort qui pût amener les dirigeants du Ghana à entendre raison.

L’initiative éthiopienne devait être accompagnée de plusieurs autres, les unes prises à l’échelon national — ce qui fut le cas pour le Nigeria, — d’autres mises au point dans le cadre de l’O.U.A. C’est en définitive à l’action de la mission spéciale dépêchée dans la capitale ghanéenne par l’organisation panafricaine que l’on doit la remise en liberté des Guinéens arbitrairement arrêtés. Cependant, si M. Justin Bomboko, ministre des affaires étrangères du Congo-Kinshasa, se montra assez habile pour faire lâcher prise aux dirigeants du Conseil national de libération d’Accra, les dirigeants de l’O.U.A. se révélèrent, pour leur part, impuissants à réconcilier Guinéens et Ghanéens.

Comme il arrive souvent en pareil cas dans les organisations internationales, une motion de félicitations fut décernée au « Comité des sages » et à la mission de paix de l’O.U.A. pour « les efforts qu’ils ont déployés en vue de résoudre la crise survenue entre le Ghana et la Guinée ». Cependant, la controverse entre Conakry et Accra a pris un tour si aigu que l’on voit mal comment les points de vue des deux gouvernements pourraient aujourd’hui se rapprocher.

Une querelle vieille de dix mois

En fait, la querelle entre Guinéens et Ghanéens remonte à février dernier. Au cours des dix mois qui suivirent l’éviction du Dr Kwame Nkrumah de la scène politique ghanéenne, le fossé n’a cessé de s’agrandir entre les deux Républiques de Guinée et du Ghana.

Les dirigeants du Conseil national de libération reprochent d’abord à M. Sekou Touré d’avoir accordé asile au président de la République ghanéenne déchu de son poste au moment où il se trouvait en voyage en Chine populaire. Ils admettent surtout fort mal que le leader guinéen ait estimé utile d’offrir au Dr Kwame Nkrumah de partager avec lui la présidence de la République de Guinée. Certes, ce geste ne paraît guère devoir revêtir d’autre signification que symbolique, mais il irrite les auteurs du putsch de février.

On peut faire les mêmes remarques au sujet des projets prêtés à M. Sekou Touré de nommer son ancien collègue Kwame Nkrumah chef de la délégation guinéenne à l’O.N.U. afin de donner à ce dernier une tribune internationale. D’autre part, il ne faut pas oublier que les autorités guinéennes apportent une aide directe au Dr Nkrumah en l’autorisant notamment à lancer à partir de Conakry des appels réguliers invitant la population du Ghana à se soulever en sa faveur. Apparemment sans effet, ces messages radiophoniques que le président déchu adresse régulièrement à ses compatriotes constituent autant d’actes d’hostilité à l’encontre des nouveaux dirigeants ghanéens.

L’attitude agressive adoptée dès le début du printemps par M. Sekou Touré à l’égard de la République de Côte-d’Ivoire, un moment menacée par lui d’invasion, n’est évidemment pas spécialement apte à créer un climat de détente. C’est en effet parce qu’il envisageait -ou feignait d’envisager – une action militaire contre le Ghana que le président de la République guinéenne suscita une telle psychose d’insécurité que les troupes ivoiriennes firent mouvement vers les confins proches de la Haute-Guinée.

La tension artificiellement créée en Côte-d’Ivoire et au Ghana par les dirigeants guinéens a évidemment contribué à isoler ces derniers. Et, toutes proportions gardées, M. Sekou Touré se trouve, en décembre 1966, entouré par un véritable « cordon sanitaire » qui n’est pas sans rappeler celui qui enserrait encore le Ghana avant la chute du Dr Kwame Nkrumah.

En souvenir de l’union Guinée-Ghana …

L’attitude de M. Sekou Touré à l’égard de l’ancien président de la République ghanéenne ne saurait s’expliquer sans faire référence à l’Union des Etats africains. Cet ensemble géopolitique dont beaucoup ignorent jusqu’au nom même, groupe théoriquement la Guinée, le Ghana et le Mali.

C’est le 23 novembre 1958 que, dans une première étape, MM. Sekou Touré et Kwame Nkrumah décidèrent de lier le sort de leurs Etats pour en faire le noyau des Etats-Unis d’Afrique chers au cœur de l’apôtre du panafricanisme. A cette date, moins d’un mois après le « non » de M. Sekou Touré à la Communauté franco-africaine proposée par le général de Gaulle, le gouvernement ghanéen préleva un crédit de 10 000 livres sur les fonds de réserves du Cocoa Marketing Board pour aider la jeune République guinéenne à consolider son indépendance.

Certes, par la suite, l’union Guinée-Ghana devait rester « mort-née ». Cette situation s’explique à la fois par des considérations financières, économiques et linguistiques, sans omettre, bien sûr, quelques explications de caractère politique. En dépit de sa sortie de la zone franc en mars 1960, la Guinée ne donna en effet jamais son adhésion à la zone sterling à laquelle appartient le Ghana. Le déséquilibre économique existant entre un Ghana prospère, producteur de cacao, de manganèse, de diamants, de bois tropicaux, et une Guinée aux ressources modestes (essentiellement bananes et bauxite) risquant d’entraîner une véritable mise en tutelle de l’un des Etats par l’autre, les rapports restèrent en fait toujours réduits à leur plus simple expression.

L’adhésion du Mali en 1960 à l’union Guinée-Ghana ne parvint pas à donner vie à un ensemble dont rien n’est officiellement venu sanctionner l’échec — contrairement à ce qui s’est produit en août 1960 pour la Fédération du Mali — mais dont rien ne justifie en fait l’existence.

En tout état de cause, que l’union Guinée-Ghana-Mali fût effectivement restée dans les limbes, que cette organisation se soit ou non mal accommodée de la forte personnalité des présidents Sekou-Touré et Kwame Nkrumah, le premier de ces hommes a conservé à l’égard du second une fidélité dont il faut rechercher les raisons dans l’attitude de coopération adoptée par le Dr Kwame Nkrumah à l’égard de la Guinée dès l’accession de cette dernière à la souveraineté nationale.

De profondes divergences idéologiques

Au surplus, tout sépare aujourd’hui le Ghana du général Ankrah de la Guinée de M. Sekou Touré. Les options idéologiques sont en effet profondément différentes à Accra et à Conakry.

Depuis qu’ils se sont emparés du pouvoir par la force, les dirigeants du Conseil national de libération s’efforcent en effet de multiplier les ouvertures en direction de leurs voisins francophones, ainsi qu’en direction des puissances occidentales. Sans rompre formellement avec le gouvernement de Pékin, ils ont chassé de leur pays les experts et diplomates communistes chinois. Enfin, tournant résolument le dos aux « voies socialistes » ghanéennes tracées par le Dr Kwame Nkrumah, ils ont proclamé leurs préférences pour le capitalisme libéral.

Une des premières initiatives du général Ankrah a été de normaliser les rapports du Ghana avec la Haute-Volta, la Côte d’Ivoire, le Togo et le Niger, pays dans lesquels on prêtait à l’ancien président de la République ghanéenne des projets subversifs. Longtemps closes, les frontières du Ghana avec le Togo d’abord, puis la Haute-Volta et la Côte-d’Ivoire ont ainsi été rouvertes. Des accords de coopération ont même été récemment conclus, notamment en matière de défense, entre le Ghana et ses voisins, tandis qu’une mission ghanéenne de bonne volonté se rendait en France pour renouer un dialogue que l’attitude hostile adoptée par le Dr Nkrumah à l’égard de ses collègues francophones avait momentanément rompu.

De son côté, M. Sekou Touré reste en très mauvais termes avec les Etats modérés de l’Organisation commune africaine et malgache (O.C.A.M.), notamment avec les cinq pays membres du Conseil de l’Entente dont la Côte-d’Ivoire est le chef de file. Les relations entre la Guinée et les Etats-Unis se sont d’autre part brutalement détériorées depuis que M. Sekou Touré a décidé l’expulsion de Guinée des membres du Corps de la Paix afin de protester contre ce qu’il qualifie de « complicité » entre Washington et Accra. En effet, on est convaincu à Conakry que le fait que l’avion à bord duquel voyageait la délégation guinéenne au « sommet » de l’O.U.A. appartienne à la compagnie américaine Panam n’est pas étranger à l’arrestation de M. Lansana Beauogui et de sa suite.

Et, tandis que le gouvernement américain a pratiquement décidé la suspension de son aide économique et financière aux dirigeants guinéens, ces derniers ne cessent de renforcer leur coopération avec la Chine communiste. C’est ainsi que le 16 novembre, après que M. Chou En-Lai eut reçu M. Ismaël Touré, un accord prévoyant l’octroi d’un important prêt chinois et un protocole commercial pour l’année fiscale 1967 ont été conclus à Pékin.

Dans ces circonstances, il est donc aisé de constater tout ce qui oppose Guinéens et Ghanéens — dont les Etats restent théoriquement unis au Mali au sein de l’Union des Etats africains (U.E.A.), — tandis qu’on perçoit en revanche fort mal ce qui peut les rapprocher les uns des autres.

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Droits de l'Homme

Le cadeau de Sékou Touré à Nelson Mandela et à Oliver Thambo: Ses tomes du PDG et des francs guinéens non convertibles

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Les adulateurs du tyran Sékou Touré nous cassent les tympans avec les mensonges sur le soutien de ce tyran aux mouvements de libération nationale luttant contre la domination coloniale. Nelson Mandela n’est pas tout à fait d’accord et il apporte des éléments de démenti. C’est pour cela qu’après sa libération, il a fait le tour des pays qui l’avait soutenu dans son combat, mais sans venir en Guinée.  

Ce billet est extrait du livre autobiographique de Mandela Un long chemin Vers la liberté entièrement publié et gratuit sur le site socialgerie.net.

Au Liberia, j’ai rencontré le président Tubman, qui non seulement m’a donné 5 000 dollars pour des armes et de l’entraînement, mais m’a aussi demandé d’une voix calme : « Avez-vous de l’argent de poche ? » Je lui ai avoué qu’il ne me restait pas grand-chose, alors immédiatement un aide de camp est venu avec une enveloppe contenant 400 dollars en liquide. Du Liberia, je suis allé au Ghana où j’ai retrouvé Oliver, et nous avons été reçus par l’ambassadeur de Guinée, Abdoulaye Diallo. Quand je lui ai dit qu’en Guinée je n’avais pas vu Sékou Touré, il a immédiatement organisé notre retour dans ce pays aride.

Touré nous a impressionnés, Oliver et moi. Il habitait dans une maison modeste et portait un vieux costume aux couleurs passées qui aurait eu besoin d’aller chez le teinturier. Nous lui avons expliqué l’histoire de l’ANC et de MK et nous lui avons demandé 5 000 dollars en soutien à MK. Il nous a écoutés calmement et nous a répondu de façon formelle, comme s’il faisait un discours : « Le gouvernement et le peuple de Guinée soutiennent entièrement la lutte de nos frères d’Afrique du Sud et nous avons fait des déclarations à l’ONU en ce sens. »

Il est allé jusqu’à une bibliothèque dans laquelle il a pris deux livres de lui qu’il nous a dédicacés. Puis il nous a dit merci et nous a raccompagnés. Nous étions très ennuyés : on nous avait rappelés d’un autre pays et tout ce qu’il nous avait donné c’étaient deux exemplaires dédicacés de son livre ? Nous avions perdu notre temps.

Peu de temps après, nous étions dans notre chambre d’hôtel quand un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères a frappé à notre porte et nous a tendu une valise. Nous l’avons ouverte pour découvrir qu’elle était remplie de billets de banque : nous nous sommes regardés, très contents.

Mais Oliver a changé de visage : « Nelson, c’est de l’argent guinéen, a-t-il dit. Il ne vaut rien en dehors d’ici ; ce n’est que du papier. » Mais Oliver a eu une idée : nous avons emporté l’argent à l’ambassade de Tchécoslovaquie où il avait un ami qui l’a échangé contre une monnaie convertible. L

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Blog konakryexpress

Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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