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Gouvernance

Guinée: L'alliance contre nature entre le PEDN et l'UFDG démentie

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Le journal l’Observateur avait publié une information selon laquelle le Parti de l’Espoir pour le Développement National de l’ex Premier ministre de consensus Lansana Kouyaté et celui d’un autre ex PM de feu Général Lansana Conté, Cellou Dalhein Diallo, l’Union des forces démocratiques de Guinée (UDFG) aurait formé une alliance en vue des élections du 27 juin prochain.

Cette information aurait paru à plus d’un guinéen comme inquiétante. M. Kouyaté ne cachant pas ses sympathies pour le lourd héritage politique du dictateur sanguinaire Sékou Touré, toute alliance entre lui et un autre parti, à plus forte raison avec celui qui semble drainer la majorité des Guinéens de l’ethnie peulhe qui paya contre laquelle le dictateur avait déclaré la guerre, ne serait pas dans l’intéret du peuple de Guinée dans son ensemble.

Avec Kouyaté ce sont les démons du passé qui reviendraient troubler nos rêves, alors qu’ave Cellou Dalein Diallo, malgré qu’il fut considéré par de nombreux Guinéens comme le béni « Oui-oui » de Conté qui l’appelait son petit peulh, d’après moi tout ne serait pas perdu.

Heureusement que dans un communiqué daté du 3 juin, le bureau exécutif du PEDN a formellement démenti l’existence d’une telle alliance. Dans ce communiqué le bureau déclare « Une alliance ne peut être que le résultat d’une concertation, d’une négociation et d’une entente entre deux ou plusieurs organisations politiques. Or, nous n’avons jamais entamé un processus du genre avec l’UFDG. Nous entendons participer pleinement à l’élection présidentielle au premier et au deuxième tour. Rien n’entravera notre détermination à cet effet.

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

2 Comments

2 Comments

  1. Guinée50

    5 juin 2010 at 13 h 54 min

    Ce ci ne serait être « une alliance contre nature ». c’est simplement un jeu politique qui ne peut être ni surprenant ni inquiétant dans la vie d’une nation. En tout cas si les deux partis y trouvent leur intérêt. La réalité guinéenne d’aujourd’hui ne peut permettre à kouyaté d’être Sekou Touré encore moins à cellou d’être Lansana Conté. Que chacun d’entre eux se réclame fils spirituel de l’un ou de l’autre, ces idéaux s’ils sont positifs, ils seront les bienvenus et si c’est le contraire ils ne peuvent être présentés aux guinéens sous quelque forme que ce soit car le guinéen de 2010 est très diffèrent du guinéen de 1958.

    A mon avis, il serait beaucoup plus objectivement intéressant de voir cela comme un signe de consolidation de l’unité nationale et de progrès démocratique. Vous le savez autant que moi qu’une alliance- quelle soit vraie ou fausse- entre ces deux partis serait un bon exemple mettant l’intérêt de général ou d’une grande majorité de guinée au dessus de l’ethnie. Cellou ne s’est jamais présenté comme étant un symbole ou le leader d’une communauté qui a été l’unique victime des dictatures en guinée. Il en est de même pour Kouyaté qui ne s’est jamais présenté comme le futur président qui va reconstruire le camp Boiro.

  2. abdoulayebah

    6 juin 2010 at 14 h 48 min

    Je ne vois pas en quoi une alliance entre d’un coté, un leader comme Kouyaté, revendiquant le lourd l’héritage politique du PDG et de sa clique de tueurs et, de l’autre, un parti dans lequel se reconnait une bonne partie des citoyens appartenant à l’ethnie ciblée de ces assassins, pourrait servir les intérets du peuple de Guinée. C’est vrai que tous ces leaders ont été moulés dans ce que fut le PDG et ce qui l’a suivi, qui n’était que la continuation du même système auxquels ils ont appartenu et servi tous les deux, remis au gout du jour. Certains ne disaient-ils pas que le système Conté était le PDG avec le libéralisme économique en plus?

    Si l’un d’entre eux se présente avec la revendication du passé qui nous a conduit dans l’impasse actuelle, ce serait une bonne raison pour que les Guinéens s’en méfient car dans ce passé politique il n’y a rien qui puisse nous rendre fiers. Ce passé est bon pour être jugé par l’histoire afin que notre peuple reprenne confiance en son avenir, en commençant par panser ses blessures: reconnaissance des graves violations des droits humains commises depuis l’indépendance, identification des fausses communes, restitution des biens volés par le PDG et son système tortionnaire, réhabilitation des victimes et réconciliation nationale.

    Ce serait pour le bien de la Nation que tout leader se prétendant à la magistrature suprême de la Guinée ait en tête que la négation de ce lourd passé ne peut servir à la reconstruction d’un futur viable pour le pays.

    Lansana Kouyaté, lorsqu’il était PM a revendiqué la partie la plus pénible de ce lourd passé. Il a participé même à des manifestations à la mémoire du dictateur et il n’a jamais fait un geste pour honorer la mémoire des victimes de tout le passé.

    Que Cellou Dalein Diallo ne se soit jamais présenté comme le leader d’une partie seulement des Guinéens et non de tous les Guinéens va à son honneur. Mais c’est difficile de nier que la majorité de son ethnie ne se reconnaisse pas en lui. Et Sékou Touré avait déclaré la guerre justement contre cette ethnie.

    Une alliance entre ces deux leaders, à mon avis serait contre nature. Tant que Kouyaté ne se sera pas démarqué des crimes du passé, il restera le leader d’une partie des Guinéens et non de tous les Guinéens.

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Droits de l'Homme

Ces 28 militaires mauritaniens pendus le 28 novembre 1990

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Capture d’ écran des 28 soldats exécutés le jour de l’indépendance – Video de Ibrahima Sow

Révisé le 28 novembre 2020

Depuis 1990, chaque 28 novembre une partie des mauritaniens réclament que justice soit rendue pour 28 militaires pendus dans la nuit du 27 au 28 novembre pour fêter l’anniversaire de l’accession à l’indépendance de leur pays. Ils furent minutieusement sélectionnés parmi ceux qui avaient été arrêtés les jours précédents. Comble de l’horreur, ils furent pendus l’un après l’autre au même endroit.

Mais, il ne s’agit là que d’un cas parmi tant de massacres des Noirs mauritaniens, comme le révélait dans une interview concédée à Assanatou Baldé, en 2011 publiée sur le site afrik.com, le président du comité Inal-France, Youba Dianka:

Je tiens à préciser qu’Inal n’est qu’un exemple; il y’ a eu plusieurs Inal en Mauritanie. Des horreurs ont eu lieu à Azlatt, à Sory Malé, à Wothie, à Walata, à Jreida et dans toute la vallée. A l’intérieur de la caserne militaire d’Inal et environs, il y a eu des militaires écartelés, enterrés vifs, tués à bout portant, et pendus pour célébrer la fête de l’indépendance du pays en 1990.

Dans un billet publié sur cridem.org, Kaaw Elimane Bilbassi Touré dénonce le fait que tandis que tous les mauritaniens se sont retrouvés pour fêter la qualification de leur équipe nationale de football, composé uniquement de noirs, pour la 1ère fois à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN)

Les morts furent nombreux au moins 530 personnes sont mortes dans les camps de détention mais sans compter les assassinats repétés, perpétrés tout au long de la vallée du fleuve Sénégal depuis le début du conflit sénégalo-mauritanien…

Les organisateurs de ces inqualifiables sacrifices de ces boucheries d´un anniversaire à l´autre, sont toujours là et continuent à diriger notre armée raciale à commandement monocolore et restent toujours protégés par l´Etat raciste…

Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…

La video ci-dessous resume l’episode tragique du contexte de ces executions:

Le 28 novembre 2018, Kiné-Fatim Diop, chargée de campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International rappelle le contraste entre ce que toute la nation mauritanienne devrait ressentir, en ce jour anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, et ce que vivent les familles des victimes:

Chaque année, pendant que les officiels célèbrent dans la joie l’accession à la souveraineté du pays, les familles des victimes pleurent et manifestent dans la tristesse pour demander justice et réparation. Face à elles, les autorités mauritaniennes s’efforcent d’ensevelir cette face hideuse de l’histoire, comme lorsqu’elles faisaient voter, en catimini en 1993, une loi d’amnistie confirmant l’amnésie de l’Etat sur les tueries des militaires il y a 30 ans.

C’est la tragédie des deux frères Diallo pendus l’un après l’autre et le comportement inhumain de leurs bourreaux qui a retenu l’attention du site du Forum pour la lutte contre l’impunité et l’injustice en Mauritanie (fliim90.canalblog.com):

Absolument, une malédiction gratuite s’était battue sur les 28 officiers noirs ce soir-là. Telle la pendaison de deux frères Diallo Oumar Demba et son frère Diallo Ibrahima qui portaient des numéros successifs écrits par le moyen d’un feutre. Triste mort que celle d’assister placidement à la mort de son frère aîné. Les bourreaux tuaient avec précision, d’ailleurs, ils ne se limitaient pas seulement-là, ils trainaient les pendus et s’asseyaient sur leur cadavre.

Les témoignages des survivants abondent. Dans son livre L’enfer d’Inal publié en 2000, Mamadou Sy, qui a occupé les fonctions de commandant d’escadron, d’adjoint au commandant de base puis de commandant de base dans l’armée mauritanienne, avant son arrestation, décrit la scène de torture à laquelle il a été soumis avec d’autres camarades:

Le lieutenant Anne Dahirou est attache’ derrière une Land Rover, le véhicule de commandement du capitaine SIDINA OULD TALEB BOUYA, il est à l’autre extrémité sur ma gauche, ensuite viennent respectivement Mohamed Mansour, puis le lieutenant Sall Abdoulaye Moussa attachés eux derrière des Sovamags. Quant a moi, on me destine un camion… Le caporal OULD DEMBA nous met les bandeaux. On m’asperge d’eau sale et puante. Le camion, une Mercedes type 11/13 se met à rouler. J’essaie de suivre en courant mais cela ne peut durer longtemps avec des pieds enchaînes’…

Un autre militaire, qui a pu rejoindre la France pour se soigner, après sa sortie de prison, avec l’aide de l’Association catholique d’aide aux victimes de la torture (ACAT) témoignage sur flamnet.info:

Je suis un militaire de carrière, brigadier-chef de la Garde Nationale, ancien commandant de brigade de T., une ville qui se trouve non loin de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. J´ai derrière moi vingt quatre ans de service militaire.

Aussi loin que je remonte dans ma vie, depuis que j´ai commencé à comprendre, j´ai toujours constaté que les noirs n´avaient aucun droit, et que les Maures blancs étaient privilégiés. Chez nous, sur vingt ministres au gouvernement il y a un quart seulement pour les noirs, à l´armée, un seul Noir pour dix officiers. Dans un stage, si un Maure a mal travaillé, il l’emporte portant sur n´importe quel Noir. Et pas question de protester…

Il décrit une forme de torture particulièrement horrible à laquelle les victimes étaient soumises:

Les tortures étaient pratiquées de différentes facons. Par exemple, on creusait des trous dans le sable, on nous enterrait jusqu´au coup, la tête immobilisée, le visage nu tourné vers le soleil. Si on essayait de fermer les yeux, les gardes nous y jetaient du sable. Ensuite on nous remettait nos bandeaux.

Maimouna Alpha Sy, secrétaire générale du Collectif des veuves et du passif humanitaire, est la veuve de Ba Baïdy Alassane, qui fut lieutenant contrôleur des douanes qui, d’après, fut parmi les victimes:

assassiné en 1990 à la brigade de la gendarmerie de Nouadhibou”. « Nous avons fait trois mois et dix jours à la recherche de mon mari sans pouvoir le retrouver, a-t-elle expliqué. La Douane nous a dit qu’il est mort d’un arrêt cardiaque, ce qui n’est pas vrai. Il y a des témoins qui ont été arrêtés, ligotés et torturés avec lui. Il a été tué devant ces gens-là ».

Cette année, à l’occasion du 28 novembre, il y a eu la manifestation des immigrés mauritaniens en face de l’ambassade de leur pays à Paris pour dénoncer l’oubli dans lequel les autorités mauritaniennes veulent reléguer ce triste épisode. Il y a eu aussi ce discours remarquable de la députée Kardiata Malick Diallo au parlement mauritanien pour essayer d’empêcher cette tentative d’oubli:

Même si votre pouvoir ne peut être tenu comme directement responsable de ces actes qui ont définitivement souillé le 28 novembre, il n’en demeure pas moins qu’il avait la charge de trouver une solution adéquate basée sur le droit des victimes à la vérité et à la justice.

Hors, M. le Premier ministre, les actes que vous avez posés ont consisté à protéger les coupables des crimes dont certains occupent encore de très hautes fonctions dans l’état et ne proposant aux ayant droit des victimes que l’oubli.
Les grandes nations et les grands peuples ne cherchent jamais à gommer un épisode sombre de leur histoire mais le matérialisent par des symboles visibles pour les maintenir dans la mémoire afin de dire « PLUS JAMAIS CA ». M. le Premier ministre, votre pouvoir a préféré poursuivre et parachevé un processus de marginalisation et d’exclusion.

Tant qu’une minorité continuera à occuper presque tous les postes de responsabilité, il sera difficile que ces victimes connaissent un jour une réhabilitation. Hors il se retrouve que dans le dernier gouvernement (d’octobre 2018), sur 24 postes ministériels seulement 5 vont aux Noirs qui représentent de 73 à 80 pour cent, de la population selon les sources. On retrouve cette même sous-représentation de la majorité de la population parmi les élus, les membres des forces de sécurité, les fonctionnaires et les administrateurs locaux.

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Ce billet que j’ai écrit pour globalvoices.org a été publié le 4 décembre 2018

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Droits de l'Homme

Comment Houphouët-Boigny a imposé Sékou Touré au peuple guinéen à la naissance du RDA

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Extrait du livre « Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, du rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 qui n’est plus disponible gratuitement sur le site campboiro.org, qui a été piraté d’une manière irréversible. 
Il n’est point besoin, pour moi, de faire l’historique du PDG-RDA, ni de faire le portrait de Sékou Touré. Ce dernier se présentera lui-même et présentera son Parti rien que par ses actes car l’homme, au fond, qu’est-ce que c’est ? Il n’est nullement ce qu’il pense ou dit, mais ce qu’il fait. Les actes de Sékou feront son portrait mieux que moi.
Nous sommes en 1953, précisément le 2 août. Sékou Touré est élu conseiller territorial de Beyla. Les élections étaient partielles. En vérité, Sékou était battu largement par son rival Douty Camara, fils du chef de Beyla. Bernard Cornut-Gentil, gouverneur général de l’Afrique occidentale française (AOF) et Félix Houphouët-Boigny (président ivoirien du RDA) débarquèrent par hélicoptère à Beyla, cassèrent les élections contre toute attente et proclamèrent Sékou élu.
Cette tournure des événements va dans le sens de la nature profonde de Sékou Touré ; rendre vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai et prêcher toujours le faux pour avoir le vrai. C’est le fondement de la dialectique sékoutouréenne. Il s’en servira à merveille pendant les interrogatoires d’innocents détenus qui avoueront (et comment !) les fautes qu’ils n’ont pas commises.
C’est Houphouët-Boigny qui a choisi Sékou à la naissance du RDA comme dauphin. Il l’a soutenu — contre vents et marées en Guinée. Il a contribué au financement de ses campagnes. Des Ivoiriens, tels que Mamadou Coulibaly, battaient campagne pour le RDA, aux côtés de Sékou. Mais celui-ci est un petit de la vipère : il ronge le flanc de sa mère pour venir au monde. La mère de Sékou n’est-elle pas morte en couches ? L’ingratitude est dans le sang de Sékou Touré , je veux dire qu’il est ingratitude, comme il est mensonge, comme il est meurtre.
Dès 1963, il se retournera contre Houphouët-Boigny et contre tous ceux, Guinéens et non Guinéens, Blancs et Noirs, qui l’ont tenu par la main et l’ont aidé à marcher, à se nourrir, à s’affermir. Houphouët-Boigny regrettera amèrement son assistance à Sékou ; en 1976, devant l’Assemblée nationale ivoirienne, il demanda pardon au peuple de Guinée.
— Je ne le savais pas, dira-t-il. Sékou, tu es un frère mais un mauvais frère, ajouta-t-il.
A la lumière des élections de Beyla, toutes les cellules du PDG seront basées sur le trucage. Il n’y a pas eu, il n’y aura jamais de véritable suffrage universel en Guinée tant que Sékou Touré sera au pouvoir. Du comité de base à la section du Parti, de la fédération au Bureau politique national (BPN) en passant par l’Assemblée nationale elle-même, tout est truqué, téléguidé par le Responsable Suprême de la Révolution. Si un membre de comité de base ne lui plaît pas, eh bien, il ne sera pas retenu ; de même, si les habitants d’un comité ne veulent pas d’un candidat, ce dernier leur est imposé si Sékou le veut. Cela est ainsi dans les organismes du Parti, des syndicats. Quant à l’Assemblée nationale, ses membres sont purement et simplement désignés et non élus. On se retrouve un matin député de la République de Guinée sans y avoir rêvé et parfois contre son propre gré.
La grève de 70 jours de septembre à novembre 1953, de même que sa victoire pour ramener l’impôt de capitation colonial de 700 francs à 500 francs, furent des atouts considérables pour la lutte politique de cet homme. A sa candidature aux élections législatives de juin 1954 pour remplacer Yacine Diallo, alors premier député de la Guinée, mort la même année, Sékou Touré déclarait : « Dans l’intérêt de l’Union française, la politique de courte vue doit cesser ; choisir le pire par peur du mal est une action inintelligente ».
Cependant, Sékou sera battu à ces élections par Barry Diawadou, leader du Bloc africain de Guinée (BAG). Il reprendra sa revanche aux élections législatives du 2 janvier 1956 : le PDG – RDA remporte deux sièges sur trois. Quant aux élections à l’Assemblée territoriale du 3 mars 1957, il y remporte 57 sièges sur 60. C’est la consécration définitive du PDG.

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L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ?

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Dans son livre Dans la Guinée de Sékou Touré: cela a bien eu lieu, le rescapé du Camp Boiro Lieutenant-colonel Camara Kaba 41 rapporte cette question qu’une vieille dame aurait posée au tyran « L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? ».

C’est dans le chapitre « Un fleuve de sang et de larmes » qu’il nous présente le contexte dans lequel cette femme pose sa question.  Elle résume toutes les attentes déçues des guinéens depuis l’indépendance. Les violences dont les forces de (in)sécurité se rendent coupables chaque fois qu’elles en ont la possibilité n’ont jamais été épargnées à la population, en particulier aux jeunes, c’est-à-dire ceux sur lesquels repose le futur du pays.

Mon désir n’est point de juger cet homme, autrement je serai aussi violent que lui, mais de découvrir la vérité en décriant le mensonge et puis, oui ! pardonner les dix années passées entre ses griffes, dans ses camps d’extermination, d’animalisation de l’homme.

Sékou Touré est mensonge, vous ai-je dit, et le peuple de Guinée croit en lui fermement quand il lui ment. Comment ne pas croire en lui ? De mémoire d’homme et par éducation, les peuples savent que les rois, les chefs, ne mentent pas et la raison de leur conviction est très simple : le roi, le chef, le dirigeant n’a pas besoin de mentir ; il est le représentant de Dieu sur la terre. Cette conviction date des temps immémoriaux et son résidu demeure et demeurera au tréfonds de l’individu et dans la conscience des peuples.

Quand Sékou Touré ment, il est convaincu que son mensonge passera la rampe, parce que ceux auxquels il ment sont loin d’imaginer que, lui, le grand chef, le grand libérateur, peut leur mentir et ils croient tout raisonnablement. Mais malheureusement le temps est là, le temps qui ronge patiemment tout ce qui n’est pas et qui est en lui et qui ne saurait être hors de lui. Avec la complicité du temps, la vérité, l’amère vérité, pure dans sa patience parfois désarmante, finit par être mise à nu et alors « le monde saura ce jour-là qui est Sékou Touré » (Émile Cissé). « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, mais jamais tout le peuple tout le temps », dira-t-il lui-même (ce mot n’est pas de lui, on le sait).

Peut-on mentir à soi-même ? Impossible ! Et pourtant, pourtant Sékou a menti à lui-même.

« L’indépendance, Président, quand est-ce que ça va finir ? », lui demanda un jour une vieille femme, lors d’une de ses rondes à l’intérieur du pays. « Depuis le départ des Blancs, je n’ai pas mangé de sucre », poursuivit la vieille femme, appuyée sur son bâton. Sékou se contenta de la regarder, ne sachant que répondre : il souriait mais ses yeux lançaient des flammes. Sa suite était gênée, embarrassée. Pris au dépourvu, lui le verbeux, il battit en retraite. Ce n’est pas seulement la vieille qu’il a fui, mais la région administrative qu’il visitait ce jour-là.

La promesse n’a pas été tenue et la question de la vieille Guinéenne n’est qu’un implacable constat:  Sékou n’a tenu aucune de ses promesses. Aux ouvriers, il disait : « les Blancs vous payent mal ; aidez-moi à les chasser, vous aurez le même salaire qu’eux ». Quel ouvrier n’aurait-il pas voté pour lui ? Sa méthode la plus désarmante pour convaincre les Guinéens, les réduire à sa cause afin qu’ils le portent et dans leur bras et dans leur coeur, était de se coucher par terre devant un chef de canton ou devant un notable influent et de dire :

« Je suis orphelin, je suis pauvre, au nom d’Allah et de son Prophète, aidez-moi, votez pour moi.»

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Gouvernance

Où et comment se transmet vraiment la COVID-19

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Les dernières recherches indiquent que les événements de super-diffusion jouent un rôle crucial dans la pandémie, suggérant les endroits et les comportements que nous devrions éviter afin de nous défendre contre la contagion.
Nous avons appris à craindre la contagiosité du coronavirus SRAS-CoV-2, qui, selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pourrait déjà avoir infecté un dixième de la population humaine. Pourtant, aussi étonnant que cela puisse être face à la propagation de la pandémie, la plupart des personnes qui sont positives pour le prélèvement n’infectent personne. C’est la conclusion de la plus vaste étude de suivi épidémiologique menée jusqu’à présent sur COVID-19, qui vient d’être publiée par la revue Science.
L’étude qui s’est déroulée dans les États indiens de l’Andhra Pradesh et du Tamil Nadu, où les systèmes de santé disposent de systèmes de surveillance efficaces mis au point pendant l’épidémie de sida, a analysé plus d’un demi-million de personnes qui ont été soumises à un prélèvement. Les résultats confirment une suspicion qui, ces dernières semaines, est devenue beaucoup plus forte : le SRAS-CoV-2 ne se propage pas dans la population de manière uniforme mais par grappes (ou groupes, dans le jargon des épidémiologistes). Dans l’étude de Science, en effet, alors que 70 % des personnes testées positives n’ont infecté personne d’autre, 60 % de toutes les infections sont attribuables à seulement 8 % des personnes infectées.

Une autre étude menée à Hong Kong et publiée dans la revue Nature Medicine aboutit à des conclusions très similaires : moins de 20 % des personnes infectées ont causé 80 % des infections, tandis que près de 70 % des personnes positives par écouvillonnage n’ont pas infecté d’autres personnes. En comparant les résultats des différentes études disponibles, on estime aujourd’hui que 10 à 20 % des personnes positives sont responsables d’au moins 80 % des infections.

L’épidémie de COVID-19 semble donc progresser sous la pression d’événements individuels dans lesquels une personne positive se trouve au mauvais endroit au mauvais moment et finit par infecter beaucoup d’autres personnes. Le cas le plus célèbre s’est produit en février à Daegu, en Corée du Sud, lorsqu’une femme de 61 ans, appelée Patient 31, a infecté une cinquantaine de membres de sa propre église, donnant lieu à un cluster de plus de 5 000 contagions.

Un épisode plus circonscrit et aux conséquences encore plus importantes s’est produit le 26 septembre à la Maison Blanche, lors d’une cérémonie au cours de laquelle le président Donald Trump a annoncé la nomination d’Amy Coney Barrett comme juge de la Cour suprême ; bien que l’événement se soit déroulé en plein air, peu d’invités portaient des masques et respectaient la distance sociale, de sorte qu’au final, 13 contagions ont été comptées, dont le président, la première dame et deux sénateurs.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, ne parlent pas fort, ne chantent pas ou ne font pas d’exercice.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur (ou super-épandeur, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-contagieux, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

Dans la plupart des cas, le mauvais moment est un ou deux jours avant l’apparition des symptômes, lorsque la charge virale est déjà très élevée mais que la personne infectée, qui ne ressent toujours pas de gêne et ne sait pas qu’elle a contracté le COVID-19, continue de vivre comme d’habitude, risquant de se retrouver au mauvais endroit. Le mauvais endroit est presque toujours un espace clos, très fréquenté et mal aéré. Pire encore si les personnes présentes ne portent pas de masque, parlent fort, chantent et ne font pas d’exercice physique.

Dans un premier temps, les chercheurs ont essayé de dessiner un croquis du super-épandeur contagieux (ou superspreader, en anglais) et d’identifier les caractéristiques qui pourraient faciliter la transmission du coronavirus à des dizaines d’autres personnes. On a parlé de prédisposition génétique, de patients ayant une charge virale élevée ou une forte capacité à répandre des gouttelettes en parlant fort ou en toussant. La biologie semble toutefois jouer un rôle mineur par rapport au contexte environnemental. En d’autres termes, plutôt que de super-diffuseurs, il est plus approprié de parler d’environnements et de comportements à risque qui peuvent favoriser la super-diffusion.

La plupart de ces événements ont eu lieu dans des hôpitaux, des maisons de retraite, des transports, des bars et des restaurants, des salles de sport, des usines de transformation de la viande, des réunions d’affaires, des lieux de culte, des centres d’appel, des prisons, des bateaux de croisière et lors d’événements tels que des mariages, des funérailles ou des fêtes privées. Selon une enquête menée aux États-Unis, les écoles semblent être moins menacées qu’on ne le craignait; cependant, comme elles n’ont été rouvertes qu’il y a quelques semaines dans la plupart des régions du monde, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions.

Le facteur k

Dans les premiers stades de l’épidémie, la communauté scientifique s’est longtemps interrogée sur la contagiosité du nouveau coronavirus. Pour estimer la facilité avec laquelle un agent pathogène se transmet d’une personne à l’autre, on utilise le paramètre R0, qui représente le nombre moyen de personnes infectées par un seul individu si aucune précaution n’est prise. Le R0 est donc une caractéristique intrinsèque de l’agent pathogène et est estimé à environ 2,5 pour le coronavirus SARS-CoV-2. Dans le monde réel, cependant, les gens apprennent à se protéger et la contagiosité réelle a tendance à diminuer. Les épidémiologistes utilisent donc un deuxième paramètre, Rt, qui est le taux de contagiosité détecté lorsque des mesures sont prises pour contenir la propagation de la maladie.

Il existe cependant un troisième paramètre, moins connu des chroniques mais crucial pour comprendre l’évolution de la pandémie COVID-19. Il est appelé facteur de dispersion et est indiqué par la lettre k. Plus le k est grand, plus l’infection se transmet uniformément dans la population, comme c’est le cas pour la grippe saisonnière. COVID-19, au contraire, ainsi que le SRAS, semblent être caractérisés par un faible facteur de dispersion, ce qui indique que la contagion se propage à partir de quelques individus infectant de grands groupes de personnes, donnant naissance à un cluster.

Si c’est le cas, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise nouvelle est qu’il est plus difficile de prévoir l’évolution de l’épidémie car le hasard joue un rôle important. Au lieu de suivre un courbe graduelle et déterministe, comme c’est le cas pour la grippe, la COVID-19 a un cours stochastique, de sorte que ce qui s’est passé hier n’offre pas d’indications fiables sur ce qui nous attend demain. Peu d’événements de super-diffusion peuvent amplifier les contagions et dynamiser la courbe épidémique : en peu de temps, on peut passer d’une phase de calme relatif à une explosion de cas impossible à endiguer en l’absence de vaccin ou de restrictions drastiques. C’est peut-être ce qui s’est passé en Italie le 19 février dernier, lorsque le match de Ligue des champions entre l’Atalanta et Valence s’est déroulé au stade San Siro de Milan, un événement qui a provoqué environ sept mille infections qui auraient pu donner l’impulsion décisive à la première vague de l’épidémie.

La bonne nouvelle est que le rôle prépondérant de la super-diffusion peut nous montrer les endroits à éviter et les contre-mesures à prendre pour se défendre contre la contagion. Les lieux bruyants et bondés, où les gens baissent leur masque pour boire, manger ou parler, et où les gens sont obligés d’élever la voix ou de se pencher pour se parler, figurent en tête de liste des lieux à risque. Plus généralement, là où il y a beaucoup de monde, il est plus difficile de garder ses distances et la probabilité qu’une personne soit infectée parmi les personnes présentes augmente. Le risque augmente encore si l’espace est intérieur et mal ventilé ; au contraire, il diminue s’il y a un système d’échange d’air, si vous portez le masque, si vous réduisez le bruit.

Même une activité physique intense à l’intérieur peut être dangereuse parce que vous respirez plus fort, en émettant et en inhalant plus de gouttelettes potentiellement infectées. En Corée du Sud, les cours de fitness dans les gymnases de Cheonan ont déclenché une chaîne d’infection, contrairement aux cours de yoga dans les mêmes installations. Enfin, plus vous restez longtemps dans un endroit à risque, plus vous courrez le risque d’être infecté. Les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis estiment le temps nécessaire pour que la transmission virale se produise en 15 minutes au moins.

Repenser les contre-mesures

Interviewé par The Atlantic, l’épidémiologiste Samuel Scarpino de la Northeastern University (États-Unis) a expliqué que les autorités sanitaires occidentales, habituées à utiliser la grippe saisonnière comme modèle pour la gestion des épidémies, ont sous-estimé la grande capacité du coronavirus à se propager en grappes, contrairement à l’Asie, sur la base de l’expérience acquise avec le SRAS. Nous avons peut-être trop discuté de R0 et Rt, mais pas assez du facteur de dispersion k, qui est plus utile pour comprendre la dynamique de la pandémie de COVID-19 et pour aborder les restrictions visant à limiter les circonstances qui favorisent la super-diffusion.

Selon l’enquête d’Atlantic, la reconnaissance de l’importance de la diffusion des grappes devrait également remettre en question la manière dont le contact tracing (la recherche des contacts) est effectuée. Plutôt que de rechercher les personnes avec lesquelles un patient est entré en contact après avoir contracté l’infection – comme c’est le cas aujourd’hui dans la plupart des régions du monde, y compris en Italie – il pourrait être beaucoup plus efficace de revenir en arrière, en identifiant la personne à l’origine de l’infection, qui est plus susceptible d’avoir infecté d’autres personnes également. L’aide devrait bientôt venir des prélèvements anti-géniques qui, bien que moins sensibles que les prélèvements moléculaires, sont beaucoup plus rapides et moins chers, ce qui permet de mener des enquêtes à grande échelle.

Le suivi rétrospectif utilisé en Corée du Sud et au Japon semble avoir aidé à contrôler la propagation de l’épidémie. Lorsque plusieurs groupes liés aux boîtes de nuit de Séoul sont apparus plusieurs clusters ces derniers mois, les autorités ont suivi des dizaines de milliers de personnes qui avaient fréquenté les lieux où la super-diffusion s’était produite, qu’elles aient ou non été en contact avec les personnes dont le test de dépistage était positif, parvenant ainsi à maîtriser les foyers.

Au Japon, les autorités sanitaires recommandent la règle des trois C : éviter les espaces fermés mal ventilés, les espaces encombrés et les contacts rapprochés. Et quand ce n’est pas possible, comme dans le métro, il faut toujours porter un masque et ne pas parler. Même dans les stades, les supporters ne sont pas autorisés à encourager leur équipe favorite. Les parcs publics sont restés ouverts, mais vous ne pouvez ni crier ni chanter. En substance, les règles adoptées sont moins restrictives mais visent à éviter les super-émissions, en tenant compte également de tout mode de transmission par voie aérienne : non seulement les éternuements et la toux, mais aussi l’aérosol que nous émettons en respirant et en parlant.

Les risques des aérosols

Pour ne pas succomber, un virus n’a qu’une seule chance : passer d’un corps à l’autre avant que les défenses immunitaires ne prennent le dessus ou que l’organisme hôte ne meure. Depuis qu’il circule chez l’homme, le SRAS-CoV-2 a mis au point (en termes d’évolution) divers stratagèmes pour y parvenir. Elle utilise principalement les désormais tristement célèbres gouttelettes, les gouttelettes de mucus et de salive que nous expulsons en éternuant et en toussant, ou en chantant et en parlant à voix haute. Mais la transmission virale peut aussi se faire par contact direct et prolongé avec une personne infectée, comme cela se produit dans les hôpitaux et dans la famille, ou par contact indirect avec une surface contaminée.

Depuis un certain temps, les experts débattent de l’hypothèse selon laquelle le SRAS-CoV-2 peut également être transmis par l’aérosol que nous émettons lorsque nous respirons et parlons normalement. Plus petites et plus légères, les gouttelettes d’aérosol peuvent fluctuer dans les courants d’air pendant une longue période, surtout si l’environnement est fermé et non ventilé. En juillet, 239 scientifiques avaient écrit une lettre ouverte à l’OMS pour exprimer leur inquiétude quant à la transmission d’aérosols, qui, si elle était reconnue, les obligerait à revoir les règles de sécurité dans les espaces clos, en les équipant de systèmes de filtration d’air ou en ouvrant les fenêtres au moins toutes les heures.

La diffusion de l’aérosol pourrait expliquer plusieurs épisodes de super-diffusion dans les restaurants, les transports et les espaces ouverts des entreprises où la contagion s’est produite même entre des personnes qui se trouvaient à plus de deux mètres (celle qui recouvre généralement les gouttelettes avant de tomber au sol). Les preuves se sont multipliées, mais le pistolet fumant n’a pas encore été trouvé. La collecte des minuscules gouttelettes d’aérosol sans détruire le coronavirus s’est jusqu’à présent révélée être un véritable exploit, et il n’est pas certain que le CoV-2 du SRAS conserve sa capacité infectieuse même dans ces minuscules gouttelettes.

Après de nombreuses hésitations, les CDC américains ont également reconnu ces derniers jours ce mode de transmission, alors que pour l’OMS, les preuves sont encore insuffisantes. Une attitude conservatrice qui risque de retarder l’introduction de mesures de précaution dans des environnements fermés où la super-diffusion est plus susceptible de se produire. En cas de doute, comme toujours, il vaut mieux pécher par excès de prudence.

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Ce billet du Prof. Giancarlo Sturloni que j’ai traduit de l’italien a été publié  sous licence Creative Commons en premier lieu en italien oggiscienza.it le 13 octobre 2020.

Giancarlo Sturloni est journaliste scientifique expert en communication des risques. Il exerce ses activités de communication, de formation et de conseil dans les domaines de la santé et de l’environnement. Il est co-fondateur du collectif NatCom – Communiquer nature, science & environnement.

Il enseigne la communication des risques à l’École internationale d’études avancées (SISSA) de Trieste et à l’Université de Trieste.

Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « La communication des risques pour la santé et l’environnement » (Université Mondadori, 2018) et « La planète toxique » (Plan B, 2014). Avec Daniela Minerva, il a édité le livre « De quoi parlons-nous quand nous parlons de médecine » (Codice, 2007).

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Droits de l'Homme

Le cadeau de Sékou Touré à Nelson Mandela et à Oliver Thambo: Ses tomes du PDG et des francs guinéens non convertibles

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Les adulateurs du tyran Sékou Touré nous cassent les tympans avec les mensonges sur le soutien de ce tyran aux mouvements de libération nationale luttant contre la domination coloniale. Nelson Mandela n’est pas tout à fait d’accord et il apporte des éléments de démenti. C’est pour cela qu’après sa libération, il a fait le tour des pays qui l’avait soutenu dans son combat, mais sans venir en Guinée.  

Ce billet est extrait du livre autobiographique de Mandela Un long chemin Vers la liberté entièrement publié et gratuit sur le site socialgerie.net.

Au Liberia, j’ai rencontré le président Tubman, qui non seulement m’a donné 5 000 dollars pour des armes et de l’entraînement, mais m’a aussi demandé d’une voix calme : « Avez-vous de l’argent de poche ? » Je lui ai avoué qu’il ne me restait pas grand-chose, alors immédiatement un aide de camp est venu avec une enveloppe contenant 400 dollars en liquide. Du Liberia, je suis allé au Ghana où j’ai retrouvé Oliver, et nous avons été reçus par l’ambassadeur de Guinée, Abdoulaye Diallo. Quand je lui ai dit qu’en Guinée je n’avais pas vu Sékou Touré, il a immédiatement organisé notre retour dans ce pays aride.

Touré nous a impressionnés, Oliver et moi. Il habitait dans une maison modeste et portait un vieux costume aux couleurs passées qui aurait eu besoin d’aller chez le teinturier. Nous lui avons expliqué l’histoire de l’ANC et de MK et nous lui avons demandé 5 000 dollars en soutien à MK. Il nous a écoutés calmement et nous a répondu de façon formelle, comme s’il faisait un discours : « Le gouvernement et le peuple de Guinée soutiennent entièrement la lutte de nos frères d’Afrique du Sud et nous avons fait des déclarations à l’ONU en ce sens. »

Il est allé jusqu’à une bibliothèque dans laquelle il a pris deux livres de lui qu’il nous a dédicacés. Puis il nous a dit merci et nous a raccompagnés. Nous étions très ennuyés : on nous avait rappelés d’un autre pays et tout ce qu’il nous avait donné c’étaient deux exemplaires dédicacés de son livre ? Nous avions perdu notre temps.

Peu de temps après, nous étions dans notre chambre d’hôtel quand un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères a frappé à notre porte et nous a tendu une valise. Nous l’avons ouverte pour découvrir qu’elle était remplie de billets de banque : nous nous sommes regardés, très contents.

Mais Oliver a changé de visage : « Nelson, c’est de l’argent guinéen, a-t-il dit. Il ne vaut rien en dehors d’ici ; ce n’est que du papier. » Mais Oliver a eu une idée : nous avons emporté l’argent à l’ambassade de Tchécoslovaquie où il avait un ami qui l’a échangé contre une monnaie convertible. L

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Blog konakryexpress

Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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