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Gouvernance

Tortures à la machette sur les immigrés dans l'industrie minière en Angola

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Ces jours-ci, les médias s’intéressant aux problèmes africains et de violation des droits humains en Angola sont pleins de titres concernant la chasse aux ouest-africains, en général et aux musulmans en particulier. Dans une communication publiée le 26 décembre, les organisations de défense des droits humains africaines et internationales ci-dessous mentionnées ont condamné les actes de violences dont se sont rendues coupables les forces de sécurités anglaises:

FIDH – Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme

AMDH – Association malienne des droits de l’Homme

AMDH – Association mauritanienne des droits de l’Homme

AME – Association Malienne des Expulsés

AI-Mali- Amnesty International Mali

LSDH – Ligue sénégalaise des droits humains

OGDH – Organisation guinéenne de défense des droits de l’Homme et du citoyen

ONDH – Organisation nationale des droits de l’Homme

RADDHO – Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme

Dans ce communiqué, elles déclarent notamment:

Les autorités angolaises se sont engagées dans une nouvelle opération de lutte contre l’immigration clandestine qui s’apparente à une véritable traque aux migrants, 3000 personnes ayant été raflées dans les rues de Luanda ces dix derniers jours. Les ressortissants africains sont violemment arrêtés dans les rues de Luanda, à leurs domiciles ou sur leurs lieux de travail avant d’être transportés vers le centre de rétention de Trinita, à 30 kilomètres de Luanda, et certains rapatriés de force. Là-bas, ils sont détenus dans des conditions cruelles, inhumaines, humiliantes et dégradantes. Les personnes sont entassées dans des cellules exiguës, sans eau ni nourriture. Certaines femmes enceintes, dont deux originaires du Mali et de la Guinée, ont été contraintes d’accoucher dans la promiscuité de ces lieux. Des actes de torture et d’extorsion de fonds auraient également été rapportés.

Ces violations des droits humains des personnes migrantes sont perpétrées sur fond de stigmatisation et d’attaques répétées à l’encontre des populations immigrées en Angola, et particulièrement des ressortissants ouest-africains. Les arrestations seraient aussi entachées de discrimination à caractère ethnique et religieux car ayant majoritairement ciblé des ressortissants musulmans originaires surtout de la Guinée, la Mauritanie, du Mali et du Sénégal. Des témoignages ont fait état d’encerclement des mosquées par les services de l’immigration le vendredi 19 décembre 2014.

Ce n’est pas la première fois que les autorités angolaises se livrent à des actes de violences extrêmes accompagnés de viols, de pillage des biens et d’expulsions arbitraires contre les immigrés. Un article de Manuel Ribeiro publié récemment sur le réseau Global Voices online sous le litre en français de Une vidéo révèle de nouveaux cas de torture dans l’industrie minière en Angola, grâce à la traduction de Noelle Aboya Chevanne nous révèle le comportement des employés d’une compagnie minière privée qui torturent à la machette des chercheurs de diamant originaires de la RDC.

La vidéo a été bloquée sur Youtube, mais il y a un très grand nombre de personnes qui semblent l’avoir vue car il y a beaucoup de commentaires d’angolais condamnant ces violences. Mais il est possible de la voir sur le portail de France 24.

 Début de l’article de Global Voices online

Une vidéo qui assure montrer des employés d’une compagnie minière privée en train de torturer à la machette deux mineurs de diamants congolais en Angola a suscité la colère de beaucoup d’utilisateurs de médias sociaux.

Le journaliste et militant des droits de l’homme Rafael Marques, auteur du livre “Blood Diamonds: Corruption and Torture in Angola,” [Les diamants du sang : corruption et torture en Angola] qui décrit la face la plus sombre de l’industrie du diamant, a diffusé la séquence vidéo secrète le 3 novembre sur le site web MakaAngola.

Selon la description de Marques, la vidéo ”montre les employés de K&P Mineira en train de frapper à la machette deux mineurs de diamants”, connus sous le nom de “garimpeiros” en portugais. Elle était datée du 8 septembre 2014 et semblait être filmée depuis l’intérieur de la concession minière de diamants Luminas dans la province de Lunda-Norte au Nord de l’Angola.

 Une compagnie privée de sécurité des chefs de la police nationale angolaise torture les mineurs artisans de diamants.

La société, K&P Mineira, dirigée par le magnat israélien Lev Leviev, a été accusée de nombreuses violations des droits de l’homme telles que la torture et les abus sexuels. L’enseignante, écrivain et militante Marcy Jane Knopf-Newman a décrit quelques unes des allégations passées dans un post daté de 2008, publié sur son blog body on the line.

Marques a passé la plupart de sa carrière à signaler les violations des droits de l’homme dans son pays d’origine, l’Angola, plus spécifiquement dans la région où l’industrie minière est très active. “Durant les 20 dernières années, les affrontements sanglants et l’industrie minière ont constitué les deux revers de la même médaille,” a-t-il rapporté durant un séminaire donné à l’Université d’Oxford en 2007. L’activiste a expliqué comment, durant les 30 années de guerre civile en Angola, les champs de diamants de la Cuango Valley ont fait l’objet de féroces conflits entre le gouvernement et le mouvement des rebelles, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA – acronyme portugais). Les puissances de la guerre froide ont armé et financé les deux parties, mais l’UNITA a perdu l’appui de ses anciens alliés à Washington et en Afrique du sud au début des années 1990.  L’armée rebelle s’est tournée vers la vente de diamants pour combler le déficit de financement.

C’est au cours de cette période que les militants ont commencé à exposer les liens entre les diamants et la guerre, aussi bien en Angola qu’en Sierra Leone. Le terme “diamants du sang” a commencé à être utilisé pour désigner les pierres précieuses qui ont été trouvées dans les zones contrôlées par les rebelles et par conséquent susceptibles de financer la guerre. Les Nations Unies définissent “les diamants du sang” comme étant “des diamants provenant de zones contrôlées par des forces ou des factions opposées aux gouvernements légitimes et internationalement reconnus, et utilisés pour financer des actions militaires d’opposition à ces gouvernements”.

Les cas des milices militaires privées qui prennent les “garimpeiros” pour cible ne constituent pas un phénomène nouveau en Angola. Marques a rapporté que les “garimpeiros” contribuent en fait davantage aux bénéfices de quelques sociétés minières nationales exploitant le diamant qu’aux grandes opérations industrielles. Ce sont souvent des gens désespérés qui, en raison des défaillances du gouvernement angolais, sont contraints à exercer des activités illégales d’extraction artisanale de diamants pour survivre.

Alors que son travail lui a valu des éloges – Marques s’est vu récemment décerné un“Integrity Award” [Prix de l’intégrité] par l’ONG anti-corruption Transparency International – il a également été accusé de diffamer l’armée angolaise qu’il dit complice des compagnies minières.

Les lecteurs de la page Facebook de Maka Angola ont exprimé leur indignation envers les agissements exposés dans la vidéo publiée par Marques. André Cesalpini a écrit:

LES DIAMANTS DU SANG ET L’HISTOIRE SE RÉPÈTE

Miguel De Jesus Migas a commenté:

Quelle qu’en soit la rasion, ces actes de barbarie sont très tristes et ne sont pas dignes, c’est très triste. Le pire, c’est que même avec cette vidéo, ils continueront de dire que l’Angola respecte pleinement les droits de l’homme.

Amadeu Lausana a exprimé sa peur:

C’est triste ! Après avoir été battus, on les force à travailler. On dirait que quelque chose de pire encore s’est déroulé après que la scène ait été filmée…

Pour une compréhension plus approfondie de l’histoire des diamants en Afrique; regardez le documentaire “The Diamond Empire” [l’empire du diamant] de Janine Roberts. Vous pouvez prévisualiser le documentaire tourné en 1994 ici :

Je revendique le titre de premier clandestin à entrer en Italie, le jour où la mort de Che Guevara a été annoncée. Mais comme ce serait long de tout décrire, je vous invite à lire cette interview accordée à un blogger et militant pour les droits humains qui retrace mon parcours dans la vie: https://fr.globalvoices.org/2013/05/20/146487/

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Droits de l'Homme

Gouvernance rwandaise pendant la pandémie : le temps de l’introspection

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Note de la rédaction : Cet article a été initialement publié par Louis Gitinwya sur le blog du Friedrich Ebert Stiftung (en anglais et en français). Une version légèrement modifiée est reproduite ici avec l’autorisation de l’auteur. 

[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en anglais, ndt.]

Après la désignation par l’Organisation Mondiale de Santé (OMS) du coronavirus (SARS-CoV-2) en tant que pandémie mondiale, le Rwanda était le premier pays d’Afrique à entrer dans une phase de confinement. Le 23 mars, le gouvernement a ordonné un confinement strict, restreignant les voyages et fermant les universités afin de réduire la propagation du virus dans le pays. Depuis lors, il y a eu 7 970 cas confirmés de COVID-19, avec 74 décès et 6 289 cas de guérison au Rwanda, selon l’Université Johns Hopkins.

Le modèle de gouvernance du Rwanda est construit sur deux modèles concurrents : parallèlement à l’histoire de l’« enfant chéri de l’aide », le pays est généralement considéré comme un exemple réussi de développement en Afrique. C’est également un État autoritaire basé sur un pouvoir économique et politique étroitement centralisé au sein du parti au pouvoir, le FPR (Front patriotique rwandais), qui contrôle l’appareil de sécurité de l’État et possède les principales entreprises du pays. Ce modèle de gouvernance a fondé sa légitimité sur le progrès socio-économique rapide du pays.

Certains commentateurs politiques suggèrent à juste titre d’utiliser l’épidémie comme barème pour tester la nature et la qualité de nos institutions. Et le point de départ évident est d’examiner les forces et faiblesses de l’appareil d’État et la façon dont le pouvoir répond aux besoins du peuple.

Peu de temps après que le gouvernement ait annoncé un confinement à l’échelle nationale, les citoyens se sont tournés vers les médias sociaux, plus particulièrement vers les Rwandais sur Twitter (surnommés RWoT), exhortant le gouvernement à fournir des secours alimentaires d’urgence aux familles les plus vulnérables et à mettre en œuvre des mesures économiques palliatives dès que possible.

Cette subvention de 12 millions de dollars de l’ADEPR atteindra-t-elle les pauvres touchés par le #COVID19 ? Ou sera-t-elle spoliée aux villageois et aux chefs des communautés, comme ce fut le cas lors du dernier épisode en date dans presque tout le district de Gasabo  ? Que manque-t-il à ce programme ?

En outre, il est important de comprendre le contexte national où l’on ne voit pas souvent les Rwandais critiquer publiquement l’État ; en particulier sur les réseaux sociaux en raison de la réticence du régime à tolérer les critiques. Souvent, les gens ont peur d’exprimer leurs préoccupations à cause de la répression étatique et de l’utilisation de son pouvoir coercitif.

Certains citoyens sont allés loin en demandant plus de transparence sur la gestion du « Fonds Agaciro » (Agaciro, qui signifie « dignité » en kinyarwanda, est essentiellement un fonds fiduciaire national). Les Rwandais se demandent aussi pourquoi le gouvernement n’a pas encore décidé d’utiliser une partie de ses propres fonds pour atténuer les effets socio-économiques de cette crise plutôt que de demander à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international des plans de sauvetage et des prêts.

En raison du confinement de 6 semaines au #Rwanda à la suite de la pandémie de #Covid19, les approvisionnements alimentaires sont le besoin le plus urgent pour les pauvres et les nécessiteux. Solace Ministries essaie de soutenir ses bénéficiaires avec une aide alimentaire. Pour en savoir plus, accédez à https://t.co/BsoqoXcodp.

Les citoyens s’inspirent du monde extérieur pour savoir comment d’autres pays ont réagi aux effets économiques de cette crise. Par ailleurs, il est essentiel de comprendre le réveil soudain des citoyens, en particulier dans un contexte d’une nation où les opinions officielles du gouvernement dominent les médias nationaux, avec une liberté d’expression limitée couplée d’une société civile très affaiblie.

Quand bien même le produit national brut ait oscillé autour de 7% [fr] au cours de la dernière décennie, la majorité des Rwandais, pour la plupart jeunes et instruits, restent pauvres, sans emploi et en situation de précarité financière. En revanche, on observe une expression forte et croissante des frustrations des citoyens, en particulier dans les zones urbaines, envers le discours officiel sur le développement et le progrès socio-économique du pays.

Pendant ce temps, les États membres voisins de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) comme le Kenya ont déjà annoncé des plans de relance économique pour faire face à l’impact économique dévastateur de l’épidémie de coronavirus. L’Ouganda, également, a déjà demandé [pdf] un budget supplémentaire de 284 milliards de shillings ougandais (environ 75 millions USD) pour lutter contre l’épidémie de COVID-19 et ses effets. Pour sa part, le Rwanda a annoncé une stratégie globale d’atténuation économique pour aider les entreprises et le secteur privé à faire face aux effets économiques de cette crise, bien que les détails de ce plan ne soient pas encore rendus publics et que neuf mois plus tard, le secteur privé n’ait pas reçu un centime.

Plusieurs mois après la mise en œuvre de la décision de confinement, le gouvernement est resté muet sur la demande des citoyens en matière d’aide alimentaire ; en particulier sur les controverses qui ont émergé dans les médias locaux dénonçant le fait que les autorités ont accordé si peu ou pas de soutien aux familles vulnérables.

Fait intéressant, cette crise a mis en lumière les frictions politiques croissantes au sein du gouvernement, compte tenu des récents limogeages du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, le général Patrick Nyamvumba, et du ministre d’État au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération est-africaine, l’ambassadeur Oliver Nduhungirehe. On peut donc affirmer que ces turbulences illustrent l’absence d’une stratégie claire du gouvernement pour faire face à cette crise. Officiellement, les deux ministres ont été limogés pour avoir menti au chef de l’État, pour négligence et pour avoir constamment agi en fonction de leurs opinions personnelles plutôt que de mettre en œuvre des politiques nationales dans le cadre de leurs rôles respectifs.

Aujourd’hui, il semble qu’à travers cette pandémie, le mythe d’un État organisé et efficace soit brisé.

Avec cette crise pandémique, des questions se posent sur la maturité et la légitimité de notre modèle de gouvernance. Un modèle autoritaire de développement est-il efficace ou non pour absorber les inégalités sociales et les conflits ? Malgré son hégémonie, le modèle politique actuel reste vulnérable.

À la lumière de la frustration croissante d’une population qui souffre déjà de difficultés diverses, notamment le chômage et la pauvreté, il est clair que la réticence du régime à tolérer la critique peut compromettre la longévité de son modèle.

Le plein potentiel perturbateur de la crise du coronavirus prendra des mois, voire des années, pour se révéler. En attendant, et si cela vous préoccupe, alors il pourrait être utile de réfléchir à la façon dont cette épidémie pourrait éventuellement changer notre société pour le mieux.

__

Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit par Louis Gitinwya pour le blog du Friedrich Ebert Stiftung (en anglais et en français). Le réseau globalvoices.org l’a repris et publié le 31 décembre 2020

Louis Gitinwya est un avocat rwandais, membre du Media Defence East African Lawyers Network, une ONG basée au Royaume-Uni.

Il a été.

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Droits de l'Homme

Une nouvelle taxe sur les appareils mobiles menace l’inclusion numérique en République démocratique du Congo

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Photo de Pixabay.

En septembre 2020, le gouvernement congolais, par l’intermédiaire du ministre des Postes, des Télécommunications et des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, a annoncé la mise en place du Registre des Appareils Mobiles (RAM). 

Dans cette annonce, le ministre a exprimé sa grande confiance dans le fait que le registre serait un outil essentiel pour la protection des utilisateurs congolais d’appareils mobiles :

Nous sommes heureux de mettre en œuvre le RAM. Cette base de données nous permettra de limiter le marché des appareils mobiles contrefaits, de lutter contre le vol d’appareils mobiles et d’améliorer la qualité du réseau de téléphonie mobile en bloquant les appareils non conformes aux normes internationales.

Avec ce nouveau registre, tous les appareils mobiles sur le territoire congolais doivent payer une redevance mensuelle allant de l’équivalent de 0,17 USD pour les appareils 2G à plus de 1,17 USD pour les appareils 3G et 4G sur une période de six mois.

Selon le site datareportal [en] le nombre de connexions mobiles en République démocratique du Congo a augmenté de près d’un million entre 2019 et 2020. Les organisations de la société civile ont exprimé des craintes de voir cette tendance s’inverser en raison de la mise en place de cette nouvelle taxe sur les appareils mobiles.

«Ce décret vient ainsi ajouter une 6e taxe aux cinq autres dont bénéficie déjà l’Autorité de régulation des postes et télécommunications du Congo qu’elle prélève sur les opérateurs de son secteur», déclaré l’organisation à but non lucratif Rudi International dans un communiqué condamnant la RAM.

GSMA [en] une organisation internationale représentant les intérêts des entreprises de téléphonie mobile, avait proposé au gouvernement, par l’intermédiaire du ministre en charge des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, un système gratuit qui n’aurait eu aucun impact sur le coût d’utilisation d’un appareil mobile dans le pays.

GSMA a même présenté au gouvernement congolais des méthodes de financement alternatives basées sur les modèles adoptés dans d’autres pays sub-sahariens, qui utilisent une combinaison de réglementation et d’un cadre juridique pour empêcher la falsification et la vente d’appareils mobiles volés ou contrefaits.

Une étude réalisée par le cabinet Ernst & Young dans le cadre d’une analyse des bénéfices potentiels d’une structure fiscale plus efficace pour le secteur de la téléphonie mobile en RDC, a conclu que la fiscalité était également un frein à l’inclusion numérique en République démocratique du Congo.

«Au lieu de faire des efforts pour renforcer le taux de pénétration de la téléphonie mobile dans le pays, cette taxe n’aura que l’effet inverse car les téléphones deviendront beaucoup plus chers sur le marché», a déclaré Rudi International dans son communiqué critiquant la taxe. Selon l’organisation à but non lucratif, la RAM devrait simplement être suspendue.

Le Collectif 24 a également déclaré qu’une taxe sur les appareils mobiles porterait un coup dur à la liberté d’expression et au droit d’accès à l’information :

La mise en place de cette nouvelle taxe, ne fera que réduire le nombre d’utilisateurs des télécommunications en RDC et contribuera à renforcer le fossé numérique. En effet, l’accès aux services des télécommunications deviendra de plus en plus cher pour le paisible citoyen déjà touché par la crise économique actuelle. La mise en place de ce service aura une incidence négative pour les opérateurs de la téléphonie mobile, car leur chiffre d’affaires connaîtra une baisse sensible avec la réduction du nombre des abonnés. Le secteur risquerait de subir une stagnation avec notamment la réduction des investissements. Ce qui ne manquera pas également de toucher négativement le PIB national.

Évoquant la violation du principe universel consacré à l’article 4 point 30 de la loi-cadre du 16 octobre 2002 [pdf] relative aux télécommunications en République démocratique du Congo, le député national Auguy Kalonji a approché le Premier ministre avec la requête que la taxe sur les appareils mobiles soit annulée :

L’esprit du principe du service universel oblige les pouvoirs publics à fournir à la population des services de communication électronique à un prix abordable, quelle que soit sa situation géographique sur le territoire national.
____
Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit pour globalvoices.org par Providence Baraka informaticien travaillant sur les droits humains numériques et les questions liées à la gouvernance de l’Internet en RD Congo et au-delà du continent africain.
Le billet a été publié sur globalvoices.org le 2 janvier 2021

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Autres

Sept gouvernements africains utilisent des logiciels espions de surveillance, selon une nouvelle étude

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[Tous les liens renvoient vers des pages web en anglais, ndt.]

Les gouvernements de sept pays africains – le Botswana, la Guinée équatoriale, le Kenya, le Maroc, le Nigéria, la Zambie et le Zimbabwe – utilisent la technologie des logiciels espions, selon un nouveau rapport de Citizen Lab, une unité de recherche interdisciplinaire de l’Université de Toronto, au Canada.

L’étude a identifié au moins 25 pays à travers le monde qui ont déployé un logiciel de surveillance produit par Circles, une entreprise affiliée au groupe israélien NSO. L’étude indique que Circles affirme ne traiter qu’avec les États-nations.

Le rapport, rédigé par Bill Marczak et quatre autres, a découvert «une signature unique associée aux noms d’hôte des pare-feu Check Point utilisés dans les déploiements de Circles, nous permettant d’identifier leurs déploiements». Check Point est une société de cybersécurité américano-israélienne de premier plan.

Selon l’étude, la technologie de Circles fonctionne en exploitant une faille de signal commune dans le système mondial de téléphonie mobile pour permettre la surveillance des appels et des SMS ainsi que le suivi des téléphones.

La technique de surveillance utilisée par Circles s’appelle Signaling System 7 (SS7), une «suite de protocoles développée en 1975 pour échanger des informations et acheminer les appels téléphoniques entre différentes sociétés de télécommunications filaires», indique le rapport. Le SS7 est actuellement utilisé dans les réseaux mobiles 2G et 3G lors de la facturation trans-frontalière des appels itinérants.

Thomas Brewster, un analyste en cybersécurité chez Forbes qui a rendu compte de l’étude Citizen Lab, explique en outre que lorsque l’on se rend dans un autre pays, «le réseau SS7 est utilisé pour transférer votre téléphone vers un fournisseur de télécommunications partenaire et ajuster la facturation en conséquence.» Cependant, une distorsion se produit dans ce processus normal si «un fournisseur de surveillance» est capable d’accéder aux réseaux SS7, «soit par piratage, soit par acquisition». Le SS7 envoie alors «des commandes au “réseau domestique” d’un abonné, indiquant à tort que l’abonné est en itinérance. Cela révélera ensuite son emplacement, mais uniquement via les coordonnées de l’antenne de téléphonie cellulaire la plus proche du téléphone », explique Brewster. 

Les clients de Circles en Afrique, identifiés par Citizen Lab, sont les suivants : la Direction des services de renseignement et de sécurité du Botswana (DISS), le ministère marocain de l’Intérieur, l’Agence nigériane de renseignement de l’armée (DIA) et une agence inconnue en Zambie.

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Ce billet que j’ai traduit de l’anglais a été écrit par le poète et essayiste nigérian Nwachukwu Egbunike pour le réseau globalvoices.org qui l’a publié le 28 décembre 2020.  

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Gouvernance

Peuls, Forestiers et minorités depuis toujours marginalisés dans l’armée guinéenne

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Pas de place pour les peuls, les forestiers et les minorités dans les hautes sphères de la hiérarchie. Source: journalguinee.com
Depuis son irruption sur la scène politique guinéenne, le Président Alpha Condé a utilisé la fibre ethnique pour conquérir le pouvoir. Mais c’est depuis la présidence de Sékou Touré et de Lansana Conté que les politiques ont usé de leur talent pour allumer et attiser les tensions ethniques en Guinée. Pour mieux mener à terme leur dessein ils ont marginalisé les Peuls, Forestiers et les minorités. 

Le regretté Mamadou Kaly Bah, disparu au début de novembre 2020 avait acquis une certaine notoriété au début des années ’90 par la pertinence de ses critiques et analyses de la perversion de la politique guinéenne, au point de recevoir des menaces.

Dans ce pamphlet intitulé Regard Rétrospectif sur l’Armée Guinéenne publié le 1er Novembre 1993, il analyse les pervers de l’armée guinéenne qui s’est soldée par l’exclusion des peuls, forestiers et autres minorités dans les postes de commandement sous les gouvernements de Sékou Touré et Lansana Conté.

Je n’ai pas les données actuelles, mais il est fort probable que la marginalisation  de ces composantes de la société guinéenne n’ait pas changé, tant Alpha Condé a utilisé l’ethnie comme moyen pour se maintenir au pouvoir, notamment sa réthorique anti-peule. 

L’occasion du 35ème Anniversaire de la création de notre Armée Nationale, me donne l’opportunité de jeter un regard rétrospectif sur elle.

L’Armée Guinéenne, on le sait, vit le jour le 1er Novembre 1958, soit un mois après notre accession à l’indépendance nationale dans l’euphorie à la suite de notre vote négatif au référendum gaulliste du 28 Septembre 1958.

Nos compatriotes qui servaient alors dans l’Armée coloniale la rallièrent spontanément et volontairement en masse en rejetant les promesses alléchantes de nos anciens maîtres. Et ceux d’entre eux qui se trouvaient en dehors de la Guinée eurent à subir brimades et humiliations pour leur décision de regagner leur patrie, la République de Guinée.

C’est dire qu’elle a démarré avec des hommes dévoués à leur patrie et fermement engagés à la défendre. Mais force est de constater aujourd’hui que cette Armée n’a retenu l’attention de nos Gouvernants que dans les périodes turbulentes – pour la répression.

Les dirigeants de notre Etat temporaire  – eh oui, je dirai Etat Temporaire car 35 ans après notre indépendance on n’a pas encore commencé à fixer l’Etat guinéen sur le sol guinéen par la réalisation des attributs et des symboles de l’Etat : Présidence de la République, Casernes, Commissariats de Police, Brigades de Gendarmerie, Palais de Justice, Centres pénitentiares, Blocs administratifs, etc. se sont peu soucié du devenir heureux de cette Armée. Nos dirigeants de 1958 à nos jours se sont montrés incapables de rénover les casernes que l’armée a héritées des colons à plus forte raison les étendres (même le Gouvernement militaire a été incapable de faire en dix ans).

Et pourtant nousdevons mettre tous les corps militaires et para-militaires en casernes. C’est le minimum que nous puissions faire si nous voulons d’une Armée efficace, dynamique et disciplinée.

Le népotisme, l’ethnocentrisme et le favoritisme et leur corollaire la délation, la suspicion et l’iniquité ont empêché notre Armée de connaître des jours heureux. On a ainsi perverti notre Armée initialement dévouée et engagée. Et on en a fait autre chose qu’une école et un haut lieu de patriotisme.

Pour illustrer mon assertion sur le népotisme et l’ethnocentrisme, je propose

  • un tableau sur le commandement de Monsieur Sékou Touré en Mars 1984 que j’ai tenté de reconstituer et
  • un autre tableau sur le commandement actuel de Mr. Lansana Conté.

Tableau sur le commandement de Monsieur Sékou Touré (Mars 1984)

  • Etat Major Général Inter-Armes
    Chef : Général Toya Condé
  • Etat Major Armée de Terre
    Chef : Général Soma
  • Adjoint : Colonel Lansana Conté
  • Zone militaire de Kindia
    Commandant : Capitaine Babacar N’Diaye
  • Zone militaire de Boké
    Commandant : Cdt. Finando Tiani
  • Zone militaire de Labé
    Commandant : Cdt. Lancei Camara
  • Zone militaire de Kankan
    Commandant : Cdt. Mory Traoré
  • Zone militaire de Faranah
    Commandant : Cdt. Noumoukè Keita
  • Zone militaire de N’Zerekore
    Commandant : Idrissa Condé
  • Bataillon du Quartier Général (Camp Almamy Samory Touré)
    Commandant : Capitaine Kerfalla Camara
  • Bataillon Spécial de Conakry (Camp Alfa Yaya Diallo)
    Commandant : Cdt. Sidiki Condé
  • Bataillon des Chars
    Commandant : Capitaine Baourou Condé
  • Bataillon des Troupes aéroportées (Parachutistes)
    Commandant : Capitaine Lanciné Fangama Kéita
  • Etat-Major de l’Armée de l’Air
    Chef : Cdt. Abdourahmane Kéita
  • Etat-Major de la Marine
    Chef : Capitaine Mohamed Lamine Sacko
  • Etat-Major de la Gendarmerie Nationale
    Chef : Cdt. Makan Camara
  • Etat-Major de la Milice Populaire
    Chef : Capitaine Mamadi Bayo

Dans ce tableau de Monsieur Sékou Touré, sur les 17 postes clefs, nous avons :

Ethnie
Officiers supérieurs
Malinké (ethnie du Président Touré)
13
Soussou
4
Peulh
0
Forestier
0
Minorités
0

 

Hierarchie superieure de l'armee sous Sekou Toure
Et voici le tableau de Monsieur Lansana Conté

  • Etat Major Général Inter-Armes
    Chef : Lieutenant-Colonel Sanoussi Condé
  • Adjoint : Lieutenant-Colonel Oumar Soumah
  • Etat Etat Major Armée de Terre
    Chef: Lieutenant-Colonel Kaba 43
  • Adjoint : Cdt. Naby Camara
  • 1ère Région militaire – Kindia
    Commandant : Cdt. Sinkoun Keita
  • Garnison de Boké
    Commandant : Cdt. Cissoko
  • 2ème Région militaire – Labé
    Commandant : Cdt. Souleymane Camara
  • 3ème Region militaire – Kankan
    Commandant : Cdt. Sény Bangoura
  • Garnison de Faranah
    Commandant : Commandant Momo Camara
  • 4ème Région militaire – N’Zérékoré
    Commandant : Cdt. Saliou Coumbassa
  • Bataillon du Quartier Général (Camp Almamy Samory Touré)
    Commandant : Cdt. Ibrahima Cissé
  • Bataillon Spécial de Conakry – Alfa Yaya Diallo
    Commandant : Cdt. Souaré
  • Garnison du Km 36
    Commandant : Capitaine Sama Panival Bangoura
  • Bataillon des Chars
    Commandant : Capitaine Aly Badara Soumah
  • Bataillon des Troupes aéroportées (Parachutistes)
    Commandant : Capitaine Kader Doumbouya
  • Armements et Munitions
    Chef : Capitaine Abdourahmane Kébé
  • Etat-Major de l’Armée de l’Air
    Chef : Cdt. Abdourahmane Kéita
  • Etat-Major de la Marine
    Chef : Lieutenant-Colonel Amara Bangoura
  • Région Opérationnelle du Nord
    Commandant : Cdt. Morlaye Camara
  • Région Opérationnelle du Sud
    Commandant : Cdt. Fodé Moussa Camara
  • Etat-Major de la Gendarmerie Nationale
    Chef : Cdt. Mamadouba Bangoura
  • Adjoint : Capitaine Abdourahmane Kaba
  • Commandant du 1er Bureau : Capitaine Sampil
  • Commandant du 2ème Bureau : Capitaine Amy Fodé
  • Commandant du 3ème Bureau : Capitaine Somparé
  • Officier Section Judiciaire : Capitaine Sankon

Et dans ce tableau de Monsieur Lansana Conté sur les 29 postes-clés nous avons :

Ethnie
Officiers supérieurs
Soussou (ethnie du Président Conté) 20
Malinke 8
Peulh 1
Forestier 0
Minorités 0

 

Hierarchie superieure de l'armee sous Lansana Conte
Tout un chacun peut se faire une idée sur les mobiles et les arrières-pensées qui motivent les auteurs de ces aberrations. Mais force est de constater que dans les deux cas on a ignoré le Peulh, le Forestier et les minorités.

Alors a-t-on peur d’eux ? Ou bien ne les aime-t-on pas ? Ou encore ne sont-ils pas dignes de confiance ? Et pourtant la Guinée étant au pluriel, il faut absolument faire confiance à tous les Guinéens de toutes les ethnies sinon nous allons sûrement casser la Guinée un jour et tout le monde en pâtirait.

Alors je demande solennellement à tous les Chefs et Commandants actuels des Armées de se remettre en cause et démissionner afin de permettre à Mr. Lansana Conté de répartir les postes de commandement proportionnellement entre toutes les ethnies guinéennes. Moi je conteste à Mr Lansana Conté le droit de nommer uniquement les siens – s’il ne me fait pas confiance moi non plus je ne lui ferai pas confiance car son principe sacro-saint selon lequel «ton parent peut te tromper mais il ne te trahira jamais » est aussi vrai pour moi. Et je suis bien averti par l’assassinat de feu Mamadou Alpha Diallo, cuisinier à Sogetrag, à Matam le 28 Septembre 1993 à 10h 30 par ce militaire qui a haineusement crié en tirant sur lui à bout portant :

N’gbe fe muna carte fema Fule naara.
« Je me moque du problème de carte car c’est un Peulh. »

Et ce n’est pas non plus la vaine tentative de l’avocat du diable Mr. Mohamed Sampil, Directeur adjoint de Sogetrag, de faire dire au témoin oculaire, Abdoul Kabirou Diallo, conducteur à Sogetrag, que Mamadou Alpha Diallo a été victime d’une balle perdue ou les menaces proférées contre lui à la suite de son refus de cacher la vérité comme on le voulait, qui me feront démordre. Je suis aussi averti par la descente du « vaillant et valeureux chef guerrier » Sama Panival Bangoura à Simbaya, le 29 Septembre 1993, à la tête d’une compagnie de Bérets Rouges assoiffés de sang. Laquelle compagnie sema la terreur dans le quartier et se distingua horriblement en assassinant gratuitement et lâchement des gamins

  • Ibrahima Diallo, 14 ans
  • Abdourahmane Diallo, 13 ans

dont le seul crime était d’appartenir à une autre ethnie qu’eux.

L’Armée et les forces de sécurité doivent être au service de la Nation et non à la dévotion d’un individu ou d’une ethnie. C’est pourquoi nous ne devons plus et ne pouvons plus accepter, admettre ou tolérer que leurs chefs soient de la même ethnie.

Il faut aussi renvoyer toutes les recrues de cette année afin de mettre définitivement fin à la tentative de soussouiser l’Armée Guinéenne. Nos forces armées doivent fidèlement refléter la physionomie de la Guinée tout entière : ce qui nous éviterait les malheurs du Togo ou du Burundi.

Et pourquoi les commandos que les Marines américains sont entrain de former à Labé dans les anciens locaux de l’ex-4ème Compagnie des Paras sont à 80% Soussous ?

Pourquoi encore certains militaires n’ont eu aucun avancement alors que les favoris sont avancés de 4 à 5 fois depuis 1984 ?

Les camarades de classe de Harouna Conté, jeune frère de Monsieur Lansana Conté, – classe 1970 – se demandent et moi avec eux comment et pourquoi ce sieur qui ne sait ni lire ni écrire est aujourd’hui Sous-Lieutenant alors que eux ils sont sergents ou sergents-chef et eux ils savent lire, compter et écrire ?

Il y a aussi lieu de se demander pourquoi Nestor Bangoura, frère de Mme Henriette Conté, qui s’est rendu coupable de vol de plus de 400,000 000 de FG à Kindia a été promu Sous-lieutenant et affecté à Monrovia (Ecomog) dans les mêmes fonctions de Trésorier au lieu d’aller en prison ?

Notre Armée est assurément malade de ses chefs mais j’espère qu’elle se portera mieux après le changement que Mr. Lansana Conté est obligé de faire. Chacun se sentira mieux car seront du passé les anomalies par exemple de la Marine que son Chef, le Lt. Col. Amara Bangoura a transformée en une entreprise soussou à sa dévotion :

  1. Chef d’Etat-Major : Lt-Col. Amara Bangoura
  2. Adjoint : Cdt. Morlaye Camara
  3. Commandant ROM Nord : Cdt. Fode Boubacar Camara
  4. Commandant ROM Sud : Cdt. Fode O. Moussa Camara
  5. Administration : Cdt. Kanfory Sylla
  6. Commandant Dock Flottant : Cdt. Aboubacar Diarra

Cette entreprise soussou, disé-je, est au seul service de son Président-Directeur général, le Lt.-Col. Amara Bangoura, et ses sources sont :

  1. Les recettes du transport effectué par les chalans
  2. Les recettes du Dock Flottant (en devises)
  3. Les saisies en mer
  4. Le trafic de carburant et lubrifiants

Ou encore, le cas de l’aviation militaire où le Lt. Colonel Raymond Bangoura, le Chef d’Etat-major, est personnellement et directement impliqué dans le trafic de kérosène.

Armée Guinéenne, il est regrettable de constater que tous les véhicules en situation irrégulière du point de vue immatriculation ou taxes uniques appartiennent à des hommes en tenu. Quel dommage, il est souhaitable que les auteurs de ces pratiques anormales fassent amende honorable afin de préserver le prestige et la réputation de l’Armée.

Officiers, sous-officiers et hommes de troupes de l’Armée Guinéenne, pour l’amour de la patrie, refusez d’être les bourreaux de vos concitoyens. Votre noble mission est de défendre la Guinée et tous les citoyens guinéens et leurs biens. Vous ne devez en aucun cas verser le sang de vos concitoyens.

Armée Guinéenne, la traversée du désert a été jusqu’à maintenant rude et longue, mais un jour que je souhaite être très prochain elle finira. Et tu auras tes casernes, ton équipement et même ton Centre hospitalier entre autres, ta patrie te le doit, elle te le donnera. Les injustices et les iniquités disparaîtront définitivement de la réalité de l’Armée, qui deviendra le creuset de l’unité nationale.

Armée Guinéenne, Bon Anniversaire.
Vive la Guinée – Vive la République.

Conakry, le 1er Novembre 1993

Mamadou Kaly Bah

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Droits de l'Homme

Ces 28 militaires mauritaniens pendus le 28 novembre 1990

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Capture d’ écran des 28 soldats exécutés le jour de l’indépendance – Video de Ibrahima Sow

Révisé le 28 novembre 2020

Depuis 1990, chaque 28 novembre une partie des mauritaniens réclament que justice soit rendue pour 28 militaires pendus dans la nuit du 27 au 28 novembre pour fêter l’anniversaire de l’accession à l’indépendance de leur pays. Ils furent minutieusement sélectionnés parmi ceux qui avaient été arrêtés les jours précédents. Comble de l’horreur, ils furent pendus l’un après l’autre au même endroit.

Mais, il ne s’agit là que d’un cas parmi tant de massacres des Noirs mauritaniens, comme le révélait dans une interview concédée à Assanatou Baldé, en 2011 publiée sur le site afrik.com, le président du comité Inal-France, Youba Dianka:

Je tiens à préciser qu’Inal n’est qu’un exemple; il y’ a eu plusieurs Inal en Mauritanie. Des horreurs ont eu lieu à Azlatt, à Sory Malé, à Wothie, à Walata, à Jreida et dans toute la vallée. A l’intérieur de la caserne militaire d’Inal et environs, il y a eu des militaires écartelés, enterrés vifs, tués à bout portant, et pendus pour célébrer la fête de l’indépendance du pays en 1990.

Dans un billet publié sur cridem.org, Kaaw Elimane Bilbassi Touré dénonce le fait que tandis que tous les mauritaniens se sont retrouvés pour fêter la qualification de leur équipe nationale de football, composé uniquement de noirs, pour la 1ère fois à la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN)

Les morts furent nombreux au moins 530 personnes sont mortes dans les camps de détention mais sans compter les assassinats repétés, perpétrés tout au long de la vallée du fleuve Sénégal depuis le début du conflit sénégalo-mauritanien…

Les organisateurs de ces inqualifiables sacrifices de ces boucheries d´un anniversaire à l´autre, sont toujours là et continuent à diriger notre armée raciale à commandement monocolore et restent toujours protégés par l´Etat raciste…

Depuis, ils gisent dans la solitude des fosses anonymes. Depuis, ils attendent des sépultures décentes…

La video ci-dessous resume l’episode tragique du contexte de ces executions:

Le 28 novembre 2018, Kiné-Fatim Diop, chargée de campagnes pour l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International rappelle le contraste entre ce que toute la nation mauritanienne devrait ressentir, en ce jour anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, et ce que vivent les familles des victimes:

Chaque année, pendant que les officiels célèbrent dans la joie l’accession à la souveraineté du pays, les familles des victimes pleurent et manifestent dans la tristesse pour demander justice et réparation. Face à elles, les autorités mauritaniennes s’efforcent d’ensevelir cette face hideuse de l’histoire, comme lorsqu’elles faisaient voter, en catimini en 1993, une loi d’amnistie confirmant l’amnésie de l’Etat sur les tueries des militaires il y a 30 ans.

C’est la tragédie des deux frères Diallo pendus l’un après l’autre et le comportement inhumain de leurs bourreaux qui a retenu l’attention du site du Forum pour la lutte contre l’impunité et l’injustice en Mauritanie (fliim90.canalblog.com):

Absolument, une malédiction gratuite s’était battue sur les 28 officiers noirs ce soir-là. Telle la pendaison de deux frères Diallo Oumar Demba et son frère Diallo Ibrahima qui portaient des numéros successifs écrits par le moyen d’un feutre. Triste mort que celle d’assister placidement à la mort de son frère aîné. Les bourreaux tuaient avec précision, d’ailleurs, ils ne se limitaient pas seulement-là, ils trainaient les pendus et s’asseyaient sur leur cadavre.

Les témoignages des survivants abondent. Dans son livre L’enfer d’Inal publié en 2000, Mamadou Sy, qui a occupé les fonctions de commandant d’escadron, d’adjoint au commandant de base puis de commandant de base dans l’armée mauritanienne, avant son arrestation, décrit la scène de torture à laquelle il a été soumis avec d’autres camarades:

Le lieutenant Anne Dahirou est attache’ derrière une Land Rover, le véhicule de commandement du capitaine SIDINA OULD TALEB BOUYA, il est à l’autre extrémité sur ma gauche, ensuite viennent respectivement Mohamed Mansour, puis le lieutenant Sall Abdoulaye Moussa attachés eux derrière des Sovamags. Quant a moi, on me destine un camion… Le caporal OULD DEMBA nous met les bandeaux. On m’asperge d’eau sale et puante. Le camion, une Mercedes type 11/13 se met à rouler. J’essaie de suivre en courant mais cela ne peut durer longtemps avec des pieds enchaînes’…

Un autre militaire, qui a pu rejoindre la France pour se soigner, après sa sortie de prison, avec l’aide de l’Association catholique d’aide aux victimes de la torture (ACAT) témoignage sur flamnet.info:

Je suis un militaire de carrière, brigadier-chef de la Garde Nationale, ancien commandant de brigade de T., une ville qui se trouve non loin de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. J´ai derrière moi vingt quatre ans de service militaire.

Aussi loin que je remonte dans ma vie, depuis que j´ai commencé à comprendre, j´ai toujours constaté que les noirs n´avaient aucun droit, et que les Maures blancs étaient privilégiés. Chez nous, sur vingt ministres au gouvernement il y a un quart seulement pour les noirs, à l´armée, un seul Noir pour dix officiers. Dans un stage, si un Maure a mal travaillé, il l’emporte portant sur n´importe quel Noir. Et pas question de protester…

Il décrit une forme de torture particulièrement horrible à laquelle les victimes étaient soumises:

Les tortures étaient pratiquées de différentes facons. Par exemple, on creusait des trous dans le sable, on nous enterrait jusqu´au coup, la tête immobilisée, le visage nu tourné vers le soleil. Si on essayait de fermer les yeux, les gardes nous y jetaient du sable. Ensuite on nous remettait nos bandeaux.

Maimouna Alpha Sy, secrétaire générale du Collectif des veuves et du passif humanitaire, est la veuve de Ba Baïdy Alassane, qui fut lieutenant contrôleur des douanes qui, d’après, fut parmi les victimes:

assassiné en 1990 à la brigade de la gendarmerie de Nouadhibou”. « Nous avons fait trois mois et dix jours à la recherche de mon mari sans pouvoir le retrouver, a-t-elle expliqué. La Douane nous a dit qu’il est mort d’un arrêt cardiaque, ce qui n’est pas vrai. Il y a des témoins qui ont été arrêtés, ligotés et torturés avec lui. Il a été tué devant ces gens-là ».

Cette année, à l’occasion du 28 novembre, il y a eu la manifestation des immigrés mauritaniens en face de l’ambassade de leur pays à Paris pour dénoncer l’oubli dans lequel les autorités mauritaniennes veulent reléguer ce triste épisode. Il y a eu aussi ce discours remarquable de la députée Kardiata Malick Diallo au parlement mauritanien pour essayer d’empêcher cette tentative d’oubli:

Même si votre pouvoir ne peut être tenu comme directement responsable de ces actes qui ont définitivement souillé le 28 novembre, il n’en demeure pas moins qu’il avait la charge de trouver une solution adéquate basée sur le droit des victimes à la vérité et à la justice.

Hors, M. le Premier ministre, les actes que vous avez posés ont consisté à protéger les coupables des crimes dont certains occupent encore de très hautes fonctions dans l’état et ne proposant aux ayant droit des victimes que l’oubli.
Les grandes nations et les grands peuples ne cherchent jamais à gommer un épisode sombre de leur histoire mais le matérialisent par des symboles visibles pour les maintenir dans la mémoire afin de dire « PLUS JAMAIS CA ». M. le Premier ministre, votre pouvoir a préféré poursuivre et parachevé un processus de marginalisation et d’exclusion.

Tant qu’une minorité continuera à occuper presque tous les postes de responsabilité, il sera difficile que ces victimes connaissent un jour une réhabilitation. Hors il se retrouve que dans le dernier gouvernement (d’octobre 2018), sur 24 postes ministériels seulement 5 vont aux Noirs qui représentent de 73 à 80 pour cent, de la population selon les sources. On retrouve cette même sous-représentation de la majorité de la population parmi les élus, les membres des forces de sécurité, les fonctionnaires et les administrateurs locaux.

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Ce billet que j’ai écrit pour globalvoices.org a été publié le 4 décembre 2018

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Abdoulaye Bah konakryexpress

Je concentre mes articles surtout sur les violations des droits humains sous le régime de Sékou Touré, le Camp Boiro et les autres camps de concentration qu’il avait semés dans tout le pays en publiant des extraits et des témoignages des nombreux ouvrages qui ont été écrits par d’anciennes victimes qui ont survécu aux tortures.

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